Tu es comme le granite

Le Gouffre à Bréhat, au pied du Phare du Paon.

Tu es comme le granit.

A la fois unique et multiple par ses teintes toutes différentes : ocre, gris, rose… Rugueux à l’état brut, quand il affleure la terre juste au moment où la mer et le vent s’apparient pour transformer la roche en sculpture complexe. Lisse quand on le polit, il ne révèle sa couleur qu’à qui y consacre du temps, de l’attention, de l’affection… et la main glisse alors sur une surface brillante, douce, froide. Austère, massif, rigide, comme un défi aux éléments, il dégage une puissance intemporelle, séculaire, millénaire…

Pourtant, le coeur est tourmenté, torturé, résultant de l’enchevêtrement de milliers, de millions de morceaux multicolores, blancs, gris, noirs, toute la gamme des roses et tout l’éventail des ocres. Il est d’aspect rude et froid mais le matériau est extrêmement malléable et sensible sous la main du sculpteur habile. Il faut du doigté pour sublimer sa beauté, en respectant le sens du fil, sans effriter le bloc et sans briser l’harmonie des teintes. Alors il devient tendre, d’une chaleur qui n’ose dire son nom, et s’offre à l’oeil qui le contemple sans vergogne, sans trembler.

Sa séduction est à l’emporte-pièce, sans demi-mesure : ça passe ou ça casse, on aime ou on n’aime pas.

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