L’art de l’écrire

Retrouver mon plume préféré, comme un vieil ami fidèle qui ne me déçoit jamais… L’écriture est quelque chose d’étrange pour moi. C’est un processus créatif qui m’interroge. Pourquoi ai-je envie d’écrire parfois, envie et même besoin, même quand je n’ai rien à dire, rien à écrire ?

Je comprends bien les peintres, les sculpteurs qui crééent dans des instants d’inspiration qui ressemblent à une espèce de transe où l’esprit ne commande plus et où c’est la création qui guide le geste… mais écrire ? Il y a un côté « réfléchi » dans l’acte d’écrire, dans le sens où l’on est obligé de créer avec des mots. Il y a certes un côté réfléchi aussi dans la peinture ou la sculpture, mais ce n’est pas du même ordre : la création s’y différencie beaucoup plus de la réflexion qu’on en fait. On n’y travaille pas des mots, mais une matière concrête. Ou alors, l’écriture n’est pas un art ? Pourtant, il y a bien un aspect artistique dans la création littéraire.

Création, quel joli mot… Quand j’écris des histoires, j’aime cet instant de création où je me sens humblement -et dangereusement- comme le Dieu créateur de la Genèse : je façonne mes personnages, je créé un monde, je modèle une histoire, une vie, des vies… mais la plupart du temps, comme Adam et Eve, mes personnages n’en font qu’à leur tête, mangent la pomme et le beau monde s’écroule. Ah ! Je comprends la déception de ce pauvre Yahvé face à la déraison des hommes ! C’est rageant, mais cela a le mérite de nous montrer qu’on ne peut pas tout maîtriser – y compris des personnages fictifs que l’on créé de toutes pièces.

Publicités