La pochette bleue

Publié le 3 novembre 2003

la-pochette-bleue.jpg

C’est une pochette en plastique toute simple. Bleue avec des élastiques jaunes. Une malle à souvenirs. Un carnet de route dont les pages non numérotées se mélangent au hasard des « voyages » – des sorties qui, pour la plupart, ne m’ont physiquement pas fait faire plus de trente kilomètres. Mais qui m’ont fait avancer.

Un « pass 3 jours » de la RATP mord le coin d’un billet de TER pour Paris (via Le Perche, arrêts à toutes les gares – éclectisme assuré). Le ticket de caisse de la Taverne Saint-Michel – thé nature (et une rondelle de citron qui n’est pas facturée) me rappelle la moitié de la pièce de théâtre que j’y ai lu, ce jour d’hiver où il faisait si froid (voir Court-métrage de Paris). J’attendais – où je faisais traîner. Peu importe : l’instant draînait une vraie magie.

Le plan-guide du musée du Louvre est plié en deux, trop grand pour être visité en un jour et pour rentrer docilement dans la pochette. Et les programmes de « Cosi Fan Tutte » à l’opéra, avec son personnage hallucinant de désinvolture dans sa perruque poudrée, du concert de l’Orchestre de Bretagne interprétant Beethoven et Sibelius, du « Dom Juan » de Molière par la Comédie-Française en tournée. Que de moments anodins, dits comme ça. Mais combien de bonheur, de rires, de larmes – émues, de tant de beauté, même dans la solitude, même dans la difficulté. Ne vivre que pour ça, n’être vivante que pour ces moments-là, enfermés dans ma pochette en plastique.

Bleue avec des élastiques jaunes.

(aujourd’hui, la pochette est trop petite, je l’ai remplacée par une boîte « Doudou et Compagnie »… car ce sont mes doudous à moi)

Publicités