Ecrit tue rage

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Statue de Beaumarchais, à Paris.

Comme il parait que « le manuscrit par la Poste », ça marche, je continue à envoyer, de temps à autre mon roman chez quelques éditeurs (un ou deux par mois, pas plus, parce que, mine de rien, ça pèse lourd, mon bazar).

Pendant ce temps-là, j’apprends que ledit roman, envoyé « pour voir » au Concours international littéraire d’Arts et Lettres de France (sis à Bordeaux), a reçu le Premier Accessit dans la section roman… Le premier étonnement passé, je me dis que finalement ma prose doit avoir quelque valeur, compte tenu qu’en plus, sur mes dix premiers refus d’éditeurs, sept l’ont été après lecture en comité.

Forte de ses encouragements et des critiques constructives de quelques lecteurs éclairés, j’ai fais une réécriture. Celle-là, c’est la dernière, juré craché, il faut couper le cordon. Je traîne ce bouquin depuis trop longtemps. Il y a juste matière à encore ajuster, mais la trame y est et a redonné de la matérialité à mon écriture. Parce que, après tout, à quoi sert une belle langue si elle ne raconte pas « quelque chose » ?

Et puis je passe au suivant. J’ai deux romans qui dorment à demi-commencés depuis presque aussi longtemps que celui-là et j’ai déjà de nouveaux projets qui me chatouillent la plume…

Je me replonge donc dans ce roman historique qui raconte l’Histoire en racontant une histoire, celui où je peux m’amuser à papoter avec « mon » Beaumarchais (qui m’est devenu par ce truchement très proche). Au-delà de l’évocation de la période pré-révolutionnaire, ce livre aborde la situation de ces femmes très masculines de tempérament, ces pré-féministes, ces femmes d’affaires ou femmes politiques qui auraient dû naître hommes : l’héroïne, Eléonore, en est une, comme Olympe de Gouges, Manon Roland, Charlotte Corday, Sophie de Condorcet… et comme ces quelques femmes-pirates du milieu du XVIIIème siècle, Anne Bonny et Mary Read (car mon roman parlera aussi de marine, de guerre et de colonies antillaises…).

Ce sera à la fois une promenade au temps jadis, car je crois qu’on comprend mieux une époque quand on vit aux cotés de personnages pendant quelques pages, et à la fois une réflexion sur l’ambiguïté sexuelle, accrue à cette époque où l’on se targuait d’humanisme et de liberté, et où l’on considérait pourtant que la femme était sur terre pour « plaire à l’homme, le consoler et l’accompagner » (pour résumer Rousseau). Pour s’épanouir dans cette société d’homme, Eléonore ira jusqu’à se travestir, déroutant même Beaumarchais, l’homme à femmes. Rester délicieusement femme en étant terriblement homme, tout un programme, qui m’enchante…

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