Siddartha / Hermann HESSE

  • Tout cela ne semblait pas mériter un de ses regards, tout mentait, tout sentait le mal, tout sentait le mensonge, tout n’était que feintes : la raison, le bonheur et la beauté, tout n’était qu’une décomposition cachée. Le monde avait un goût bien amer et la vie n’était qu’une torture.
  • Un but, un seul se présentait aux yeux de Siddartha : vider son coeur de tout son contenu, ne plus avoir d’aspirations, de désirs, de rêves, de joies, de souffrances, plus rien. Il voulait mourir à lui-même, ne plus être soi, chercher la paix dans le vide de l’âme et, par une abstraction complète de sa propre pensée, ouvrir la porte au monde qui l’attendait.
  • Il n’y a qu’un savoir, qui est partout, c’est l’Atman qui est en toi, en moi et dans chaque être. Et voila pourquoi je commence à croire qu’il n’est pas de plus grand ennemi du vrai savoir que de vouloir savoir à tout prix, d’apprendre.
  • Il semblait sourire à son âme, avec ce sourire imperceptible et calme, Bouddha avait quelque chose d’un enfant. (…) Cet homme était, jusque dans les mouvements de son petit doigt, la sérénité même.
  • Souffrir c’était vivre, le monde était plein de souffrances mais le moyen de s’en délivrer existait.
  • Qu’il était beau le monde pour qui le contemplait ainsi, naïvement, simplement, sans autre pensée que d’en jouir ! (…) Rien de tout cela n’était nouveau, mais il ne l’avait jamais vu, sa pensée l’en avait toujours tenu éloigné.
  • Quand tu jettes une pierre dans l’eau elle descend vers le fond par le chemin le plus court. Il en est de même quand Siddartha s’est proposé d’atteindre un but, d’exécuter un projet. Siddharta ne bouge pas ; il attend, il réfléchit, il jeûne ; mais il passe à travers les choses du monde comme la pierre à travers l’eau, sans rien faire, sans bouger ; attiré par son but, il n’a qu’à se laisser aller, car dans son âme plus rien ne pénètre de ce qui pourrait l’en distraire.
  • La chose qu’il leur enviait le plus, parce qu’elle lui faisait entièrement défaut, c’était l’importance qu’ils savaient donner à leur existence, la passion qu’ils mettaient à leur plaisir et à leur peine, le bonheur anxieux mais doux qu’ils trouvaient à leurs éternelles manies amoureuses.
  • Il lui semblait que toute l’existence qu’il avait menée jusqu’à présent était absurde et vide et qu’il n’en avait rien retiré de réconfortant, de précieux ou qui valût seulement la peine d’être conservé.
  • La première chose qu’il apprit ce fut à écouter, à écouter d’un coeur tranquille, l’âme ouverte et attentive, sans passion, sans désir, sans jugement, sans opinion.
  • Rien ne fut, rien ne sera ; tout est, tout a sa vie et appartient au présent.
  • Quand on cherche, il arrive facilement que nos yeux ne voient que l’objet de nos recherches. Qui dit chercher dit avoir un but. Mais trouver, c’est être libre, c’est être ouvert à tout, c’est n’avoir aucun but déterminé.

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