Alexis ou le traité du vain combat / Marguerite YOURCENAR

  • La musique n’est pas indiscrète et lorsqu’elle se lamente, elle ne dit pas pourquoi.
  • Je ne vois pas pourquoi le plaisir serait méprisable de n’être qu’une sensation, puisqu’on ne méprise pas la douleur, et que la douleur en est une. On respecte la douleur, parce qu’elle n’est pas volontaire, mais c’est une question de savoir si le plaisir l’est toujours et si nous ne le subissons pas.
  • On ne doit plus craindre les mots une fois qu’on a consenti aux choses.
  • Il y a beaucoup de vrai dans les rêves des poètes, mais ils ne sont pas toute la vie. La vie est quelque chose de plus que la physiologie et même que la morale. (…) Elle est tout cela et bien davantage encore : elle est la vie. Elle est notre seul bien et notre seule malédiction.
  • Il en était de leur présence comme de ces lampes basses, très douces, qui éclairent à peine mais dont le rayonnement égal empêche qu’il ne fasse trop noir et qu’on ne soit jamais vraiment seul.
  • Chaque fois qu’on les ouvre [les livres], on s’attend à quelque révélation surprenante, mais chaque fois qu’on les ferme, on se sent plus découragé. (…) Mais les livres ne contiennent pas la vie ; ils n’en contiennent que la cendre : c’est là, je suppose, ce qu’on nomme l’expérience humaine.
  • J’étais habitué à envelopper les femmes de tous les préjugés du respect, je les haïssais dès qu’elles n’en étaient plus dignes. (…) J’avais l’illusion de la pureté.
  • Ma façon de concevoir la mort ne différait guère de mes imaginations sur l’amour : j’y voyais une défaillance, une défaite qui serait douce.
  • J’appris par la suite qu’il faut craindre le calme, où l’on s’endort lorsqu’on est près des événements. On se croit tranquille, peut-être parce que quelque chose, à notre insu, s’est déjà décidé en nous.
  • Tout bonheur est une innocence.
  • Ce qui rend la volupté si terrible, c’est qu’elle nous enseigne que nous avons un corps. Auparavant, il ne nous servait qu’à vivre.
  • On ne souffre pas de ses vices, on souffre seulement de ne pouvoir s’y résigner.
  • On est jamais tout à fait seul : par malheur on est toujours avec soi-même.
  • Tout homme, sans le savoir, cherche surtout dans la femme le souvenir du temps où sa mère l’accueillait.
  • Ce n’est rien que la vie soit atroce ; le pire est qu’elle soit vaine et sans beauté.

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