L’étonnement philosophique / Jeanne HERSCH

  • Savoir s’étonner, c’est le propre de l’homme(…). Tel est chez l’homme le processus créateur, capable d’amener le créateur à philosopher sur lui-même.
  •  C’est une constante dans toute notre tradition occidentale (y compris la tradition juive) : si l’on veut nommer ce qui est, ce qui n’est ni changeant ni éphémère, on parle de l’Eternel ou de l’Un. L’Un et l’Eternel, c’est ce qui ne change pas.
  • Héraclite répond à la question posée à Milet : qu’est ce qui persiste à travers le changement ? Sa réponse : le changement lui-même. Le changement, c’est l’être des choses.
  • Après Dostoievski nous ne pouvons plus être des stoïciens. Il a développé en nous une sensibilité selon laquelle la vulnérabilité est valorisée – elle appartient désormais à l’essence de l’homme, comme si sans elle on n’était pas tout à fait un être humain.
  • L’amour de Dieu engendre le monde. Tous ces mots n’ont de sens que pour la foi. Ils n’ont pas de sens littéral. Ils n’ont que le sens que la foi leur trouve.
  • Comme notre raison nous révèle elle-même ses limites, il est raisonnable de les reconnaître. Là où, dès lors, on ne peut ni démontrer ni réfuter [par exemple l’existence de Dieu] il est permis de croire – et on croit ou bien on ne croit pas. [Kant] « Il me fallait limiter le savoir pour faire place à la croyance. »
  • Il est difficile d’être un homme une fois qu’on a percé à jour la condition humaine.
  • Hegel : « Tout ce qui est réel est rationnel et tout ce qui est rationnel est réel.
  • Kieerkegaard utilisait l’expression indirecte : il n’énonçait pas de façon immédiate ce qu’il avait à dire mais à travers un détour, à l’aide d’un personnage inventé.
  • Si Kierkegaard a écrit Journal d’un séducteur, c’est sans doute en partie pour que son ex-fiancée se détache définitivement de lui. Le séducteur qui y est mis en scène joue avec les sentiments d’une jeune fille, avec un extraordinaire raffinement esthétique. Chaque geste de passion y est en même temps froidement stratégique, chaque geste de tendresse enveloppe un aiguillon de cruauté.
  • Selon Nietzsche, être un homme, c’est quelque chose qu’il faut sans cesse accepter et surmonter. Aussi y a-t-il en lui un rejet fondamental de tout ce qui est « réalité de fait », un refus d’accepter les choses « commes elles sont ».
  • Le sens du surhomme chez Nietzsche : l’homme ne se contente pas de ce qu’il est, il fait l’histoire. Il s’invente lui-même par dela ce qu’il est, et ce qu’il est déjà, il le rejette.
  • On se rend la tâche trop facile lorsqu’on consent, avec une certaine complaisance ou du moins une dose de paresse, à s’installer dans un pessimisme irrémédiable au sujet de notre monde occidental, déclaré vide de sens et de valeur. Ce qui permet d’y trouver une bonne place en se sentant supérieur à tout.
  • On ne comprend un philosophe que lorsqu’on a réussi à penser avec lui.

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