Par-dela le bien et le mal / Friedrich NIETZSCHE

  • Tout homme d’élite aspire instinctivement à sa tour d’ivoire, à sa retraite mystérieuse, où il est délivré de la masse, du vulgaire, du grand nombre, où il peut oublier la règle « homme », étant lui-même une exception à cette règle : – sauf cas particulier où, obéissant à un instinct plus virulent encore, il va droit à cette règle, étant lui-même le Connaisseur, au sens grand et exceptionnel du mot.
  • En fin de compte, il faut tout faire soi-même pour apprendre quelque chose, ce qui fait beaucoup !
  • La foi chrétienne est dès l’origine un sacrifice ; sacrifice de toute indépendance, de toute fierté, de toute liberté de l’esprit, en même temps sénilité, auto-humiliation, auto-mutilation.
  •  Les poètes manquent de pudeur à l’égard de leurs aventures : ils les exploitent.
  •  Ce qui se fait par amour se fait par-delà le bien et le mal.
  • Une fois qu’une décision est prise, il faut fermer les oreilles aux meilleurs arguments contraires. C’est l’indice d’un caractère fort. A l’occasion, il faut donc faire triompher sa volonté jusqu’à la sottise.
  • Il n’y a pas de phénomènes moraux, il n’y a que des interprétations morales des phénomènes.
  • Le criminel n’est souvent pas à la hauteur de son acte : il le rapetisse et le calomnie.
  • Ce fut un coup de maître de l’instinct anglais de sanctifier le dimanche dans les masses et de le leur rendre si ennuyeux que l’Anglais aspire à son travail toute la journée. (Custine : « On a rendu le délassement si pénible qu’il fait aimer la fatigue. »).
  • Le méchant n’est méchant que par erreur. Il ne le [le mal] ferait pas s’il savait que le mal est mauvais.
  • Ce que nous éprouvons en rêve, en supposant que nous l’éprouvions souvent, appartient, en fin de compte, aussi bien au cours général de notre âme que si c’était quelque chose de « réellement » vécu : grâce à notre rêve, nous sommes plus riches ou plus pauvres, nous possédons un besoin de plus ou de moins et, finalement, en plein jour et même dans les moments les plus lucides de notre esprit à l’état de veille, nous sommes un peu gouvernés par les habitudes de nos rêves. Le métis qu’est l’européen – un assez vilain plébéien, somme toute – a absolument besoin d’un costume : il se sert de l’histoire comme d’un magasin de déguisements. Il s’aperçoit, il est vrai, qu’aucun costume n’est fait pour lui – il passe son temps à en changer.

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