Auto, bio, graphie, etc…

Je suis née en 1975 dans une ville d’étudiants qu’on appelle Rennes, en Bretagne – c’est peut-être pour ça que j’ai attrapé le virus du vouloir-tout-savoir de très bonne heure : à deux ans et demi, j’ai faussé compagnie à ma mère, histoire d’aller à l’école, de l’autre côté du boulevard. Elle m’a retrouvé au bout d’une heure… et je suis restée en classe pendant 22 ans.

Mon électricien de papa avait rencontré ma maman à l’usine de confection où ils travaillaient tous les deux (elle cousait des petites culottes, il taillait des jeans…). Puis un jour, l’usine a fermé. Heureusement, à l’époque, on perdait son boulot le matin et on en retrouvait un autre à midi. Ma mère en a profité pour me faire une petite soeur pour que je sorte de mes livres (ça n’a pas marché…).

Chez moi, on lisait très peu, sauf moi qui lisait tout le temps, ainsi que ma soeur (mais elle, elle dessinait surtout). Même sous la couette avec ma lampe de chevet (si bien que mon électricien de papa m’a coupé le courant pour que je dorme enfin). A l’école, je finissais toujours première de ma classe pour avoir le droit de choisir en premier un livre à la bibliothèque scolaire.

Un jour, mon père a construit en quelques mois une maison en pleine campagne, parce que l’HLM, c’était vraiment trop petit pour cultiver des pommes de terre. Je venais d’avoir neuf ans.

Dans mes premières années campagnardes, mon grand bonheur était d’observer les oiseaux, regarder les vaches derrière chez moi, courir après mon chat, m’allonger dehors… et écouter le vent dans les arbres (c’était un bruit nouveau pour moi : au parc de Bréquigny que j’investissais souvent, on ne pouvait pas entendre le vent dans les arbres, à cause de la rocade qui passait derrière).

Au collège, j’ai commencé à réécrire les livres et les films dont le déroulement ne me plaisait pas : je jouais les démiurges, changeais les répliques, permettais les impossibles. Ma prof de français se régalait toujours des trois ou quatre copies doubles que je lui remettais à chaque rédaction (forcément, mes camarades me considérait au pire comme une demeurée, au mieux comme une fayotte).

Un petit frère inattendu fit son apparition alors que j’avais quatorze ans. L’année suivante, je rencontrai celui qui allait partager ma vie. L’année encore suivante, je suis entrée au lycée et à l’internat à Redon (ma cambrousse était vraiment isolée !).

En Seconde, je décidai de devenir écrivain mais découvris avec horreur qu’il n’existait pas de diplôme pour ça. Je ne voulais surtout pas être prof, je ne voulais plus être vétérinaire, je ne pouvais pas être agronome (pour cause d’incompatibilité d’humeur avec les maths). J’étais plutôt douée dans mon option Techniques des Systèmes Automatisés (qui n’a strictement rien à voir avec l’écriture, mais qui m’a drôlement servie pour dépanner la machine à laver… et comprendre le fonctionnement des ordinateurs) mais je me voyais mal mener une carrière d’ingénieure.

En désespoir de cause, je me suis rabattue sur le journalisme. J’ai écrit la première version d’une histoire mettant en scène Caroline, obtenu mon bac de français avec trente points d’avance (c’est toujours utile quand on a 5 en maths…) puis mon bac littéraire avec mention. Je suis ensuite partie faire mes armes à l’école de journalisme de Tours, j’en suis revenue bien désillusionnée sur la réalité du métier, et me suis consolée en passant un Deug d’Histoire. Puis, le professionnalisme reprenant le dessus, j’ai passé une maîtrise en communication. Aujourd’hui, je suis responsable du service communication et animation culturelle d’une petite ville de l’agglomération rennaise (après avoir débuté comme animatrice multimédia).

Pendant tout ce temps, j’ai trouvé cinq minutes pour me marier, faire deux filles, réécrire cinquante fois l’histoire de Caroline, commencer un roman historique, plus deux ou trois prémices d’autres écrits. Et maintenant je cherche un éditeur (et du rab de temps pour écrire !).

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