Un homme à distance / Katherine PANCOL

  • Il ne faut jamais dire les secrets si l’autre n’est pas préparé, s’il n’est pas passé par les mêmes tourments que vous, parce qu’alors votre secret lui paraît si pitoyable ou si encombrant qu’il vous laisse seul avec votre souffrance.
  •  Je suis obsédé par les destins qui se croisent et qui se manquent, faute de communication, d’explication, de courage pour s’affronter.
    J’aime l’amour fulgurant, impossible, au dessus de tout, impitoyable, intransigeant. Je ne pardonne pas à l’amour qui compromise, qui s’arrange, qui descend sur terre et obéit aux lois idiotes de notre société…
  • Est-ce qu’on sait tout de l’autre quand on aime les mêmes livres ?
    Un matin où passait le facteur, un petit matin gris et froid, un matin où il ouvrait sa grande sacoche jaune et pleine, soufflant de la buée en cherchant le courrier, j’ai ressenti un frisson qui a couru dans tout mon corps et m’a effarée. Un frisson qui m’a gelée sur place, un frisson qui s’est transformé en éclair et m’a foudroyé la nuque : j’ai compris que j’attendais vos lettres, j’attendais vos mots, j’attendais vos descriptions d’auberges, de routes, de familles françaises, de soupe aux choux… J’étais en train de vous attendre. J’allais donc souffrir de vous.
  • La frontière est mince, et que de mots avez-vous pour frôler les limites, les effleurer, les caresser sans jamais les dépasser ?
  • Dans un ménage, quand on s’entend bien, qu’on a très longtemps vécu ensemble, qu’on s’est usé l’un près de l’autre, on se sent lié par des sentiments profonds, une espèce d’entente sans explications, intérieure, inconsciente et qui ne ressemble à rien d’autre, n’est-ce pas ? C’est ça qui fait qu’on forme un couple… Eh bien, nous, on a connu ça tout de suite, cette espèce d’entente secrête des vieux ménages…
  • Un amour commence à exister quand chacun offre à l’autre le fond de ses pensées, les secrets les plus verrouillés. Sinon, ce n’est pas de l’amour, c’est de l’échange de peaux, de désir immédiat et l’on se retrouve détroussé, comme après le passage d’un cambrioleur.
  • Si pouvoir — équivalait à vouloir
    Ténu serait — le critère —
    C’est l’ultime de la Parole —
    Que l’impuissance à dire. (Emily Dickinson)
  • Car l’amour est une sainte enfance (Barbey d’Aurevilly)
  • La souffrance, c’est magnifique… C’est magnifique quand le mal est passé parce qu’on apprend, parce qu’on comprend, parce qu’on peut se mettre à la place de l’autre.
  • L’amour était devenu trop d’amour (…) J’ai tout, mais je n’ai rien puisque je t’ai perdue.

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