Entretien avec Jonathan LITTELL

  • Il y a cette notion d’espace littéraire élaborée par Maurice Blanchot. Quand on est dedans, on ne sait jamais si on y est vraiment. On peut être sûr de faire de la « littérature » mais en fait, rester en deça, tout comme on peut être rongé de doutes alors que depuis bien longtemps déjà la littérature est là.
    Il faut juger chaque livre en fonction de ses objectifs et de ses exigences propres et non par rapport aux autres livres. C’est la raison pour laquelle je n’aime pas les prix littéraires. Ils ont tendance à naturellement mettre les livres les uns contre les autres (…). Mon livre est contre lui-même, il travaille contre sa propre exigence, qu’il n’atteindra bien entendu jamais.
  • Un livre est une expérience. Un écrivain pose des questions en essayant d’avancer dans le noir. Non pas vers la lumière, mais en allant encore plus loin dans le noir, pour arriver dans un noir encore plus noir que le noir de départ.
    L’écriture est un coup de dés. On ne sait jamais ce qui va se passer au moment où l’on écrit. On essaye de poser ses pièces le mieux possible, puis on fait. Au stade de l’écriture, on pense avec des mots, plus avec sa tête. ça vient d’un autre espace. On avance par l’écriture et on arrive à un endroit où l’on ne pensait jamais se retrouver.
Publicités