Et Nietzsche a pleuré / Irvin YALOM

  • Ma journée se divisait en deux parties : voir Bertha et attendre de la revoir !
  • Peut-être que ce n’est qu’en étant un homme qu’un homme libère la femme chez la femme.
  • Vous voulez voler de vos propres ailes, mais vous ne pouvez pas commencer à voler en volant. Je dois d’abord vous apprendre à marcher et la première étape  est de comprendre que celui qui ne s’obéit pas à lui-même tombe sous la coupe des autres.
  • Ce n’est pas la pente descendante qui m’inquiète, c’est le fait de ne plus remonter.
  • La vie est un examen sans bonnes réponses… Si je devais la refaire, je referais exactement la même chose, je commettrais les mêmes erreurs.
  • L’individu ne choisit pas sciemment ses buts suprêmes : ce sont des accidents de l’histoire.
  • Ne pas s’emparer du cours de sa vie, c’est réduire l’existence à un simple accident.
  • Je hais ceux qui me privent de ma solitude sans pour autant me tenir compagnie.
  • L’horreur de la mort disparait dès lors que l’on meurt en ayant vécu jusqu’au bout !
  • – Vous répondez à mes questions par d’autres questions, Friedrich.
    – Mais vous me posez des questions dont vous connaissez la réponses, rétorqua Nietzsche.
    – Si je connaissais la réponse, pourquoi poserais-je la question ?
    – Pour éviter d’entendre votre propre réponse !
  • Cette pression précordiale que vous ressentez est tout simplement due au fait que vous débordez d’une vie non vécue.
  • Nous pouvons bavarder des heures durant, mais je ne peux pas changer ma vie, dont les fils sont trop intimement liés à d’autres vies.
  • Puisque le temps s’étend à l’infini dans le passé, ne doit-il pas s’étendre aussi à l’infini dans l’avenir ? Ne sommes-nous pas, à chaque instant, dans l’éternel retour ?
  • Pour élever vos enfants, vous devez d’abord vous élever vous-même. Sans quoi vous ne verrez en eux qu’un moyen de combler vos lacunes et votre solitude, comme mû par vos seuls instincts animaux.
  • J’ai compris que le meilleur maître est celui qui apprend de son disciple.
  • C’est une erreur de faire des enfants par nécessité, d’utiliser l’enfant comme un rempart à sa solitude, d’assigner un but à sa vie en reproduisant une pâle copie de soi-même. Erreur également de chercher l’immortalité en crachant sa semence vers l’avenir, comme si elle contentait notre conscience !
  • Tout ça continue sans moi, rien ni personne n’a besoin de moi pour exister.
  • Nous devons vivre comme si nous étions libres. Bien que l’on ne puisse échapper à son destin, il faut toujours foncer dedans tête baissée et faire en sorte qu’il s’accomplisse. Il faut l’aimer, ce destin…
  • La relation de couple idéale n’existe que lorsqu’elle n’est pas nécessaire à la survie des deux personnes liées (…). Pour établir une relation entière avec autrui, il faut d’abord établir une relation avec soi-même. Si nous sommes incapables d’affronter notre propre solitude, nous ne faisons qu’utiliser les autres comme des boucliers. (…) Si l’homme est incapable d’abandonner son couple, alors celui-ci est condamné.
  • Le secret d’une vie heureuse est d’abord de vouloir ce qui est nécessaire et ensuite d’aimer ce qu’on a voulu (…). Amor fati : aimer son destin. (…) Je comptais vous apprendre à surmonter votre désespoir en transformant le « il en est ainsi » en « je le veux ainsi ».
  • A mon avis, Friedrich, vous désirez trouver un foyer mais vous craignez votre désir !
  • La solitude n’existe que par la solitude. Une fois partagée, elle s’évapore aussitôt.
  • – Votre devoir ? Mais comment le devoir pourrait-il primer sur l’amour que l’on se porte, ou que l’on porte à sa propre quête d’une liberté sans conditions ? Si vous ne vous êtes pas trouvé vous-même, alors le « devoir » n’est qu’un doux euphémisme pour signifier l’utilisation des autres à seule fin de mieux grandir soi-même.
    Breuer trouva assez de force en lui pour une dernière réfutation.
    «Le devoir à l’égard des autres existe, et je m’y suis toujours tenu. Dans ce cas précis, au moins, j’ai le courage de mes idées.
    – Mieux vaut, Josef, et de loin, avoir le courage de changer ses convictions. le devoir et la fidélité sont des mensonges, des masques derrière lesquels on se cache. La délivrance exige d’y opposer un “non” sacré, y compris au devoir envers les autres.»
    Breuer, inquiet, fixa Nietzsche droit dans les yeux.
    Ce dernier s’empressa de continuer. «Vous souhaitez devenir vous-même. Combien de fois vous ai-je entendu dire cela? Combien de fois vous ai-je entendu vous plaindre de n’avoir jamais connu la liberté, votre liberté? Votre bonté, votre devoir, votre fidélité, voilà les barreaux de votre prison! Ces petites vertus finiront par vous tuer! Aussi devez-vous apprendre à connaître vos vices et votre méchanceté. Vous ne pouvez pas être à moitié libre : vos instincts, eux aussi, ont soif de liberté, comme des chiens sauvages… tendez l’oreille : vous ne les entendez pas qui hurlent pour leur liberté?

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