Le prince de la brume / Carlos RUIS ZAFON

Une lecture dédiée à mon petit muguet qui fête ses 12 ans en ce 1er mai...
Une lecture dédiée à mon petit muguet qui fête ses 12 ans en ce 1er mai…
La « note de l’auteur », en préambule, résume assez bien l’esprit du livre et ce qui m’y a plu:
« Le prince de la brume est le premier roman que j’ai publié, et il a marqué, en 1992, le début de ma carrière d’écrivain. Les lecteurs familiers de mes dernières oeuvres, comme L’ombre du vent ou Le jeu de l’ange, ne savent peut-être pas que mes quatre premiers romans ont été publiés « pour la jeunesse ». Bien qu’ils aient surtout visé un jeune public, mon souhait était qu’ils puissent plaire à des lecteurs de tous âges. Avec ces livres, j’ai tenté d’écrire le genre de roman que j’aurais aimé lire quand j’étais adolescent mais qui continueraient encore à m’intéresser à l’âge de vingt-trois, quarante-trois ou quatre vingt-trois ans. (…) J’aime croire que ces contes sont faits pour tous les âges et j’espère que les adultes auront envie d’explorer ces histoires de magie, de mystères et d’aventures. Pour terminer je souhaite à tous mes nouveaux lecteurs de prendre autant de plaisir à ces romans que lorsqu’ils ont commencé à s’aventurer dans le monde des livres. »
Le défi est relevé, et brillamment. J’y ai retrouvé pour ma part l’évasion et le plaisir que j’avais en lisant ado Jules Verne, Mark Twain et Maupassant…
  • Max avait lu un jour dans un des livres de son père que certaines images de l’enfance restent gravées dans l’album de l’esprit comme des photographies, comme des scènes auxquelles, quel que soit le temps écoulé, on revient toujours et qu’on n’oublie jamais. Max comprit le sens de cette affirmation la première fois qu’il vit la mer.
  • (…) Je te rappelle que ton père gagne sa vie en réparant des machines détraquées.
    Andréa Carver posa ses mains sur les épaules de son marie.
    – Je me réjouis d’entendre ça, monsieur Carver, parce qu’il faudrait que quelqu’un ait un brin de conversation avec la chaudière de la cave.
  • Les mauvais souvenirs vous poursuivent sans que l’ont ait besoin de les emporter avec soi.
  • La tempête s’abattit sur le village comme le train fantôme d’une foire ambulante.
  • Quand la pluie tombait ainsi, Max sentait que le temps s’arrêtait. C’était comme une trêve durant laquelle on pouvait laisser son occupation du moment et, simplement, contempler de sa fenêtre durant des heures le spectacle de cette chute sans fin de larmes célestes. Il reposa le livre sur la table de nuit et éteignit la lumière. Lentement, baignant dans le son hypnotique de la pluie, il se laissa vaincre par le sommeil.
  • Pour la première fois de sa vie, il sentait que le temps coulait plus vite qu’il ne le voulait et qu’il ne pourrait plus se réfugier dans les rêves des années précédentes.
  • Les amusements sont comme le laudanum : ils nous élèvent au dessus de la misère et de la douleur, bien que ce soit seulement pour un instant.
  • Quel qu’il fût vraiment, le docteur Caïn avait l’étonnante habileté de se planter en vous comme une de ces échardes qui, plus on s’acharne à les extraire, plus elles s’enfoncent sous la peau.
  • Il n’était pas encore sur le chemin de la plage que déjà son estomac réclamait à grands cris que lui soit administrée sa dose matinale. En arrivant au village, il fit un détour pour se rendre à la boulangerie de la place de la mairie. Les odeurs que l’on percevait à cinquante mètres de l’établissement et les subséquents gargouillements d’approbation de son estomac lui confirmèrent qu’il avait pris la bonne décision.
  • Alors seulement il put s’allonger sur la pierre dure et découvrir que la terreur qu’il éprouvait encore le rendait incapable de réaliser qu’il était toujours en vie.
  • Max le regarda en silence, voyant l’âme du pauvre vieux et la force qui l’avait maintenu durant toutes ces années en haut du phare disparaître comme une poignée de sable qui file entre les doigts.
  • Quels qu’aient pu être les événements qu’ils avaient vécus, Maximilian Carver sut, comme cela nous arrive parfois dans la vie sans qu’ils soit besoin de paroles ou de raisons, que derrière le regard triste de ses enfants il y avait la fin d’une étape de leur vie qui ne reviendrait jamais.

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