Défi : Les 5 livres qui ont marqué ma vie

Les 5 livres qui ont marqué ma vie

Sur Twitter, j’ai croisé cette info : « les 33 livres qu’il faut avoir lu avant d’avoir 30 ans » (en anglais). J’y ai jeté un coup d’oeil, histoire de voir si je n’avais pas raté ma vie (mais j’ai été un peu déçue, c’est assez orienté anglo-saxon comme liste… cela dit, ça va, j’en ai lu quand même quelques-uns !). J’ai eu envie, cette semaine, de vous partager une petite liste des 5 livres qui m’ont marquée, jusqu’à présent, en espérant, peut-être, vous donner envie de les découvrir…

 

Quelques blogs amis m’ont suivie sur ce même thème, je vous invite à découvrir leur Top 5 : Azel Bury, Louise Caron, Jean Heffeder, Marilyse Trécourt, Anne-Cerise Luzy, Elef Day… Si vous souhaitez apparaître dans cette liste, répondez en commentaire ! Les commentaires sont là aussi si vous avez envie de partager votre Top 5 sans faire un article…

Lambeaux – Charles JULIET

9782070400867J’ai découvert ce livre par hasard, je ne sais plus comment. Je ne sais plus pourquoi je l’ai acheté non plus, car je ne connaissais ni l’auteur, ni le livre. Peut-être à cause de la 4ème de couverture, qui délivrait un extrait de texte. Je me souviens avoir lu Lambeaux presque d’une traite, à Belle-Île, lors d’une semaine de vacances. Ma première fille avait un an et je profitais des siestes pour me plonger dans mon livre avec délectation.

J’ai rarement eu autant le sentiment d’être absorbée dans ma lecture et même littéralement absorbée par le livre : l’écriture de Charles Juliet – en tout cas dans Lambeaux – est très particulière, comme une sorte de litanie psalmodiée, une mélopée lancinante qui me laissait à bout de souffle, quasi physiquement, après chaque page. Les phrases sont d’une poésie époustouflante, à la fois profonde et prenante. Je ne me souviens plus tellement de l’histoire, je me souviens simplement que l’auteur parlait de sa mère.

Une grande partie du texte est écrite à la deuxième personne du singulier et je pense que c’est ça qui m’a le plus touchée : j’avais l’impression que l’auteur m’interpellait. Car en plus l’histoire qu’il racontait, la femme qu’il haranguait, j’avais l’impression que c’était moi. Sans doute que ce livre m’a prise à un moment où j’avais besoin de lire ces mots-là, mais je me souviens encore de l’émotion presque physique que j’ai ressentie à ma lecture. C’est le genre de livre qui nous laisse pantois, sans voix, assommé. Je ne l’ai jamais relu en entier, depuis. J’ai peur de le relire, en réalité. Comme si j’avais peur de ne pas retrouver cette émotion première et de gâcher mon souvenir. Pourtant, à relire mes braconnages ici, les frissons sont toujours intacts.

Ce monde que tu découvres en toi, il te passionne. Tu aimes ces instants où tu es seule, n’as rien à faire et où tu t’absorbes en toi-même, écoutes le murmure de cette voix que tu entends toujours mieux. (…) Ce monde qu’il te faut explorer, quand tu t’avances en lui, il se défait, se dilue, perd la réalité qu’il semblait avoir à l’instant où tu éprouvais le besoin d’y pénétrer. Tu voudrais rencontrer en toi la terre ferme de quelque certitude et tu n’y trouves au contraire que sables mouvants.

Le sorcier de la montagne de feu – Steve JACKSON et Ian LIVINGSTONE

01_sorcier_montagne_feu_ed_specialNon, ce n’est pas un gag… Je me souviens très bien de ma première rencontre avec ce livre, j’avais une dizaine d’années et c’était mon premier livre dont vous êtes le héros. C’est d’ailleurs le premier du genre, je crois, le premier livre interactif, dix ans avant le web et les hypertextes (la première édition date de 1982, le mien date de 1990). Il est toujours vendu et a engendré toute une série de collections de livres-jeux.

Le principe était simple : le livre était découpé en de multiples paragraphes, imprimés dans le désordre et numérotés. A chaque fin de scène, le héros-lecteur devait choisir une option et se rendre au paragraphe indiqué. Parfois, il y avait des combats contre des créatures maléfiques et l’on se munissait alors d’un dé pour mener la bataille. Car l’histoire se déroulait dans un univers d’héroïc-fantasy, avec des chevaliers, des dragons, des sorciers… Le tout était évidemment inspiré par le jeu de rôle, mais ici on pouvait jouer tout seul, avec son livre, et inventer son histoire.

Pourquoi ce livre m’a-t-il marquée ? Sûrement par sa forme avant-gardiste, cette manière de lire « dans le désordre » ou plutôt en construisant soi-même l’histoire. Parfois le lecteur meurt au bout de deux pages, alors on recommence en ne faisant pas le même choix, en prenant l’autre chemin, en buvant l’autre potion… On pouvait lire le livre dix fois sans avoir la même histoire. Ce fut aussi mon premier contact avec le médiéval-fantastique) et c’est ce qui m’a amené à Bilbo le Hobbit avant de passer au Seigneur des Anneaux de JRR TOLKIEN.

Je pensais n’avoir plus le livre (je croyais l’avoir emprunté à la bibliothèque) mais je l’ai retrouvé dans mes étagères… Il est toujours là comme une relique et je me souviens de mes lectures, armée de mon crayon à papier, ma fiche de personnage à portée de main…

La série des Angélique, Anne et Serge GOLON

Couverture du tome 1Je ne pouvais pas passer sous silence les romans qui ont bercé mon adolescence et que j’ai relus il y a quelques années en me désolant que les films de Bernard Borderie leur aient donné si mauvaise presse… Même si, comme toutes les adolescentes, je crois, j’ai bavé d’admiration devant les minauderies de Michèle Mercier. Et puis, Robert Hossein, quoi.

Cela dit, les romans sont loin, très loin de la bluette mièvre que sont les films. Les livres sont marqués par la mort et la douleur, certains sont même très sombres. En tout cas, ils sont tous remarquablement documentés, historiquement et géographiquement. C’est ce qui m’a marquée naguère et ce qui m’a encore marquée à ma relecture il y a peu.

Je me souviens m’être dit que j’en avais appris beaucoup plus sur le règne de Louis XIV que dans n’importe quel manuel d’histoire. Tout simplement parce que les personnages ne sont plus seulement des noms, mais des êtres humains avec leurs histoires, leurs sentiments, leurs détresses, leurs questions… qui rejoignent souvent les nôtres. C’est aussi ces livres qui m’ont donné le goût de l’Histoire et du roman historique, ainsi que Maurice DRUON, dans une moindre mesure. En passant, la prouesse qui m’a toujours épatée dans les Rois Maudits, c’est de parvenir à n’avoir QUE des personnages réels : des rois de France jusqu’à la dernière chambrière, ils ont tous leur biographie en bonne et due forme à la fin du volume.

Chez les Golon, on retrouve même des travers qu’on me reproche parfois : en faire trop, être trop dans le détail, dans la leçon d’histoire. Mais qu’est-ce qu’on apprend sans s’en rendre compte ! Je me suis surprise à consulter après coup un atlas pour savoir où se trouvaient les différentes régions traversées par l’héroïne en Amérique…

Cela étant, j’aime aussi le côté populaire de ces romans, qu’on retrouve d’ailleurs dans beaucoup de romans historiques (au premier rang desquels les Dumas et les Paul Féval). Ils s’adressent à un lecteur qui a simplement envie qu’on lui raconte une histoire, pas qu’on lui fasse de la littérature avec un grand L. Ce qui n’empêche pas, la plupart du temps, de grandes qualités littéraires, que ce soit sur le fond ou sur la forme.

 Il faut que la femme s’enfante avant que naisse la mère. (in Angélique se révolte.)

Le jeu des perles de verre – Hermann HESSE

Couverture Le jeu des perles de verreJ’ai hésité entre Le jeu des perles de verre et un « classique ». Car j’ai fait mon entrée en littérature par la voie royale, étant assez fada, au collège, pour passer mes récréations avec Zola ou Flaubert. Ce qui m’a valu une réputation d’intello dont j’ai souffert aussi sûrement que de la solitude qui allait avec !

J’ai découvert Hermann HESSE sur le tard, vers mes trente ans, au hasard (qui n’existe pas, bien entendu) d’une conversation sur un forum de littérature. Je me souviens d’une lecture difficile – car ce n’est pas mon style habituel de lecture – mais prenante : je n’ai pas mis longtemps pour arriver au bout.

Je parle de ma lecture dans cette bribe et je me souviens du sentiment de sérénité éprouvé en lisant. Le livre draine une sorte de paix, incite à la méditation sans en avoir l’air, pousse à la réflexion, à l’introspection. Je me souviens m’être arrêtée plusieurs fois pour réfléchir, ce qui m’arrive en général rarement car je lis vite et j’ai souvent hâte d’arriver à la fin. Point de ça avec Hesse. Ce fut mon premier livre de cet auteur, mais il m’a donné envie de lire ses autres livres, différents dans leur construction mais où l’on retrouve le style de l’auteur : Siddartha, le Loup des Steppes, Narcisse et Goldmund

Les carnets de Malte Laurids Brigge – Rainer Maria RILKE

Les carnets de Malte Laurids Brigge RilkeJe dis volontiers dans la bribe qui l’évoque que c’est LE livre qui a tout changé. En tout cas c’est celui qui m’a ramenée vers la lecture et l’écriture, après une longue période « sans ». C’est donc à juste titre qu’il devait figurer dans mon top 5. C’est aussi un livre que je n’ai pas relu depuis, un peu comme pour Lambeaux.

Les carnets de Malte Laurids Brigge sont moins connus que les Lettres à un jeune poète, du même auteur. J’ai lu les deux mais les lettres m’ont moins marquée, par contre j’ai été très touchée également par les poèmes de Rilke : Elégies de Duino et surtout Poèmes à la nuit.

Ce roman autobiographique a fait écho en moi, je pense, à cette époque-là : en évoquant son « double idéalisé » écrivain, Rilke m’a fait réfléchir sur moi-même, sur ma vie, sur mon écriture… Je me souviens m’être reconnue dans les déambulations du héros au cours desquelles il s’imagine la vie des passants : c’est mon « jeu » favori quand je suis dans la rue, à la terrasse d’un café, sur la plage… Il y a aussi cette propension à s’attarder sur des petits détails, sur des choses a priori insignifiantes de tous les jours… et d’en faire toute une histoire.

…on n’a pas le droit d’ouvrir un livre si on ne s’engage pas à les lire tous. A chaque livre, on entamait un peu plus le monde. Avant les livres, il était intact et peut-être se retrouvait-il intact longtemps après. (…) Dans mon désespoir, je relevai le défi et me précipitai, de livre en livre, et je me frayai un chemin à travers les pages comme quelqu’un qui doit entreprendre une besogne sans proportion avec ses forces.

(…) J’apprends à voir. Je ne sais pas à quoi cela tient, mais tout pénètre plus profondément en moi, sans s’arrêter à l’endroit où d’ordinaire tout s’achevait. J’ai un intérieur, que j’ignorais. Tout y entre désormais.

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Nous voilà au bout des 5 livres qui ont marqué ma vie, j’espère que ça vous donne envie de les découvrir ! Pour chaque livre, vous avez un lien « partenaire » vers la page Amazon (j’aurais quelques centimes de commission si vous achetez en cliquant sur ce lien).

 

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2 réflexions sur “Défi : Les 5 livres qui ont marqué ma vie

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