10 raisons pour lesquelles j’aime écrire

writing-1209121_960_720

En écho aux articles de Marièke sur Mécanismes d’Histoires et Aude Réco, j’ai eu envie moi aussi de réfléchir sur les dix raisons pour lesquelles j’aime écrire (et pas seulement celles pour lesquelles j’écris tout court !)…

Inventer des mondes, des vies, des histoires

Et pourtant je n’écris pas de la fantasy ! Plus qu’inventer, il s’agit surtout pour moi d’arranger le réel à ma sauce : tel personnage habite dans cette maison, il lui arrive telle chose, il dit telle autre… J’invente des vies, des dialogues, je suis le maître du monde, quoi ! 🙂

Sauf quand les personnages se rebellent et m’emmènent là où je n’avais pas prévu d’aller… mais là, c’est encore un autre plaisir : celui d’improviser et de réagir en s’adaptant. Puis, aussi, d’avoir ce privilège quasi-divin de rayer d’un trait de plume un mot, une existence, voire un personnage complet…

Faire vivre des personnages

Mes personnages n’existent pas dans le sens où ils ne sont pas le portrait de personnes que je connais (y compris de moi). Par contre, je m’inspire souvent de traits de caractère ou même de caractéristiques physiques de personnes réelles. Là encore il y a un côté démiurge dans la démarche : j’enfante ces personnages comme je fabrique mes histoires, je les modèle à ma sauce (pas à mon image !), je les aime, je les maltraite parfois…

Quand j’écris mes dialogues, je me mets souvent à leur place, il m’est même arrivé parfois de mimer la conversation, pour mieux décrire les ressentis, les réactions… C’est clair que ça casse le mythe, imaginer son écrivain préféré en train de hausser les sourcils, sourire ou pleurer devant son écran 🙂 !

Partager

Quand j’écris, je pense souvent à ce que va ressentir le lecteur en lisant mon histoire. Je me dis « il faudrait qu’il ait pitié de ce personnage » ou bien « là, j’ai envie de le faire rire »… J’aime beaucoup décrire des paysages, des atmosphères, des ambiances parce que j’aime l’idée que mon lecteur va se retrouver transporté dans les lieux où se déroulent l’action. Et l’expérience montre que c’est le cas : j’ai de nombreux retours de lecteurs qui m’avouent avoir envie de visiter Bréhat après avoir lu Oraison pour une île ou qui aimerait bien connaître Beaumarchais !

J’aime aussi l’idée d’offrir du rêve ou un moment de réflexion à mes lecteurs, les inviter à prendre le temps de se poser, de regarder le monde avec mes yeux pour pouvoir, peut-être, réussir à le regarder avec leurs yeux…

Être dans ma bulle

Ceux qui me connaissent le savent : j’aime être dans ma bulle, seule avec mon cahier ou mon ordinateur… Souvent c’est pour écrire, parfois pour simplement rêvasser (mais en fait, ces « rêvassages » sont créatifs : je nourris mes histoires, mes personnages, mes descriptions). J’ai une forte capacité de concentration, donc je peux facilement m’isoler intellectuellement même au milieu d’une foule (résultat de nombreuses années de pratique de la bibliothèque notamment universitaire !) et je laisse vagabonder mon imagination. Je pense que c’est pour moi une forme de méditation, aussi (je le fais souvent face à la mer, d’ailleurs), c’est apaisant.

woman-sitting-1232880_960_720

Me relire…

… et trouver que ce que j’ai produit est plutôt pas mal ! C’est une forme d’autosatisfaction, certes, mais il m’arrive régulièrement de « redécouvrir » mes propres phrases en me disant « ouaw, c’est pas mal du tout ce que tu as écris ! ». Bon, je vous accorde qu’il y a aussi pas mal de moments où je me dis que ce passage est complètement nul… Mais se relire c’est aussi se remettre en question, progresser, essayer d’atteindre la perfection.

Mettre en forme

Je rejoins Marièke sur ce point et c’est peut-être une déformation professionnelle (je travaille dans la communication), mais j’aime l’étape de la mise en page du manuscrit : trouver la bonne police, une manière de présenter mes chapitres, agencer le fichier pour avoir les bons alignements… C’est aussi ce qui est appréciable dans l’auto-édition, c’est qu’on maîtrise aussi cette partie de la chaîne.

Écrire à la main

J’aime la calligraphie, les brouillons, les notes manuscrites. Même si je suis passée depuis mon dernier roman à l’ordinateur pour le premier jet, je n’ai pas abandonné pour autant mes cahiers. Pour chaque projet il y a un (ou plusieurs) cahier(s) qui reçoit mes idées, mes essais de dialogue, mes notes, mes gribouillages… Avant de passer à l’ordinateur, je noircissais des cahiers entiers de mes premiers jets parfois écrits d’une seule traite. Je me souviens d’un petit cahier 96 pages que j’ai rempli en une seule nuit (où je n’ai pas dormi, donc) : c’était une des premières réécritures d’Oraison pour une île, et la première fois que le personnage de Joshua apparaissait…

writing-427527_960_720

Jouer avec les mots

Certains ont pu me reprocher ma manie d’utiliser des mots « compliqués ». On m’a conseillé d’avoir un vocabulaire simple pour pouvoir toucher plus de monde, mais j’ai résisté, après mûres réflexions : j’aime trop les mots pour les abandonner. Je me dis qu’utiliser des mots inusités est une manière de les faire survivre, à ma petite échelle.

J’aime aussi les utiliser pour leur sonorité, pour ce qu’ils évoquent comme images, comme univers. Un mot est parfois tout un monde. Et j’aime bien quand un lecteur me dit qu’il a dû aller consulter un dictionnaire pour apprendre le sens d’un mot : la littérature est là aussi pour ça, non ?

Apprendre

J’aime écrire parce que j’aime apprendre : pour écrire une histoire, on est obligé de passer par la case documentation (et a fortiori lorsqu’on écrit des romans historiques). J’ai toujours aimé cette phase de recherche, où l’on prend des notes tous azimuts, où la moindre phrase déclenche des idées de situations, de dialogues, de personnages même…

Je découvre des choses et j’aime aussi partager ces découvertes avec mes lecteurs, j’aime l’idée de leur « apprendre » quelque chose aussi (ça rejoint le dictionnaire du point précédent !). Aussi, lorsqu’une lectrice (prof) me dit que Le vent des Lumières pourrait servir de support pour aborder le 18ème siècle et la condition féminine avant la Révolution, je suis… aux anges !

Démolir (et « remolir »)

Ou faire et défaire, comme on dit souvent dans la communication… Écrire, c’est savoir aligner des mots, certes, mais c’est aussi savoir raturer, refaire, reprendre à zéro. Faire preuve d’humilité lorsque votre correcteur (ou votre bêta-lecteur) vous dit qu’il n’a pas compris tel passage, que tel personnage n’est pas assez approfondi ou qu’il est passé à côté de telle situation… Il faut avoir le courage de supprimer des pans entiers de l’histoire, voire d’enlever un personnage s’il n’est pas pertinent.

Mais c’est un bonheur aussi de reprendre tout depuis le début pour reconstruire, patiemment, pierre après pierre, mot après mot. L’écriture, c’est un peu comme les Légo : on prend autant de plaisir à bâtir qu’à démolir (parce que c’est pour tout refaire, mais en mieux !). 🙂

lego-674363_960_720

Si vous voulez ne rien rater du blog, n’oubliez pas de vous abonner (en haut à droite) !

 

 

 

 

Publicités

2 réflexions sur “10 raisons pour lesquelles j’aime écrire

  1. iotop 12 mai 2016 / 23 h 06 min

    Bon jour,
    Je n’ ai pas toutes les mêmes raisons, mais une chose est sûre, je ne me vois pas ne pas écrire. 🙂
    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

Les commentaires sont fermés.