L’Hermione, une frégate au Vent des Lumières

Dimanche dernier, pour mon plus grand bonheur, j’ai enfin pu découvrir en vrai la réplique grandeur nature de l’Hermione, la « frégate de la Liberté », construite à l’identique par une association de passionnés depuis près de vingt ans. C’était un grand moment pour moi, car pour la première fois, je me rendais compte des proportions d’un tel bateau et de ce qu’aurait pu être la vie de mon Eléonore à bord. Car l’Hermione est un peu la cousine de l’Audacieuse, le bateau que le chevalier de Chaulanges fait construire dans la 2ème partie du Vent des Lumières

Lorsque j’ai découvert le projet de l’Hermione, j’étais en vacances dans les Charentes-Maritimes et nous étions allés visiter Rochefort. C’était en 2008, le projet avait un peu plus de dix ans (il a démarré en 1997). A cette époque, la reconstruction de l’Hermione était un peu plus qu’un doux rêve mais encore loin d’être une réalité. Dans l’enceinte de la Corderie Royale, un hangar abritait la coque en construction (c’était impressionnant !).

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Le chantier de l’Hermione, 2008.

J’étais déjà à ce moment en pleine écriture du Vent des Lumières, mon roman historique, et déjà Eléonore entreprenait de construire une frégate… Forcément, ça m’a interpellée. D’autant que j’ai toujours adoré les voiliers et les vieux gréements. Alors, voir une frégate, en vrai, comme au XVIIIème siècle ? Mais je signe tout de suite !

D’autant que le défi fou de ces passionnés était un challenge à plusieurs titres : historique évidemment, patrimonial, mais aussi artisanal. Il s’agissait de reconstruire à l’identique et en utilisant le plus possible les techniques anciennes ce bateau de 45 mètres de long avec ses 2 200 m² de voiles qui a emmené, en 1780, le marquis de La Fayette annoncer aux Insurgents américains le soutien de la France dans leur lutte pour l’indépendance. Si ça vous intéresse, vous pouvez découvrir ici les différentes étapes de ce long chantier et toute l’histoire de ce superbe bateau.

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La maquette de l’Hermione, exposée à la Corderie royale de Rocherfort, en 2008.

En 2008, j’avais déjà pris des photos pour essayer de m’imaginer la vie à bord (comment pouvaient tenir plus de deux cents bonhommes sur ce navire pendant plusieurs semaines ?) mais je m’étais promis de voir la frégate terminée et, si possible, de la visiter, pour visualiser les choses… et m’imaginer dans la peau de mon héroïne.

Après avoir bavé devant les photos et les vidéos de la frégate tout au long de 2014 et 2015 lorsque l’Hermione a enfin pris la mer pour refaire le voyage de La Fayette vers les Amériques, j’ai enfin pu monter à bord, lors de son escale à Saint-Malo dimanche dernier. Beaucoup d’émotion, j’en ai pris plein les yeux, mon cerveau a enregistré à toute vitesse et mon téléphone a pris beaucoup de photos !

Je n’ai qu’un seul regret : ne pas l’avoir vue en mer, toutes voiles déployées (mais c’est mon prochain objectif !). J’admire aussi les membres de l’équipage et le capitaine Yann Cariou (que l’on voit sur une des photos) de vivre cette aventure « de l’intérieur »…Qu’est-ce que j’aurais voulu en être !

Un petit extrait du Vent des Lumières avec Eléonore en action, non pas sur la frégate, mais sur la flûte du duc de Flogeac :

« Le Petiot » n’eut guère le temps de découvrir réellement l’Amérique. Ses investigations se limitèrent au port car le bateau fut délesté de ses marchandises et rechargé aussitôt de tabac, de sucre et d’indigo. Cette fois, Éléonore prit part activement à la manœuvre de départ, montant aux mâts avec ses compagnons pour larguer les voiles. Flogeac la suivait des yeux du haut de la dunette et la voyait faire la course dans les vergues, pieds nus et hilare, avec les autres gabiers. Il ne parvenait pas à se faire à l’idée que c’était une femme.
D’un seul coup, il eut peur. Éléonore se balançait sur la vergue du mât pour accrocher le grand volant, aidée par quatre autres matelots. En bas, le reste hissait la voile. Un seul faux mouvement, et elle pouvait tomber sur le pont. Il l’imagina, disloquée, au pied du mât, et secoua la tête nerveusement.
Il ne voulait pas perdre de marins, mais pourquoi s’inquiétait— il soudain des risques qu’elle encourrait ? Parce que c’était une femme ?

Non, non. Ne nous laissons pas prendre au piège.
Mais son regard revenait sans cesse à la silhouette juchée sur le hauban du grand mât. Il fallait avouer qu’elle se débrouillait plutôt bien pour une fille. (Le vent des Lumières, chapitre 8).

Pour finir, des images de l’Hermione en mer et de son équipage. Frissonnez… et rêvez 🙂 !

 

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