Un tour en Brocéliande (2)

Suite de la petite balade que je vous propose sur les lieux emblématiques de Brocéliande, en compagnie de Gabriel et de Marion, les héros de mon dernier roman Les ombres de Brocéliande. La première partie de la promenade est à découvrir ici.

Le château de Comper

Le château de Comper est situé tout au nord de la forêt. Ce jour-là, avec ma fille et ses copines, nous n’y avons fait qu’un arrêt express car je savais que pour visiter le Centre de l’imaginaire arthurien et ses magnifiques expositions, il faut prendre le temps (et nous n’avions qu’une après-midi pour tout faire !). Je ne peux que vous conseiller d’y faire une longue pause, cela vaut le détour. Toute l’histoire de la forêt est là et bien plus encore : on y évoque aussi le Moyen-Âge, les fées, les dragons, tout ça… et les légendes arthuriennes, bien sûr.

 

Le château de Comper et le lac qui le borde sont connus pour être le domaine de la fée Viviane, l’amoureuse de Merlin l’enchanteur. C’est là que le magicien construisit pour elle un palais invisible : il paraît que quand on se penche sur l’eau du lac, on peut voir les tours se détacher des profondeurs. On surnomme aussi Viviane « La dame du lac ». C’est dans ce palais que Viviane a aussi élevé Lancelot (du lac, donc), le chevalier au coeur pur qui lèvera entre autres le sortilège de Morgane au Val sans retour (ça va, vous suivez ?).

— Si mes souvenirs sont bons, le testament parlait de cette entrée monumentale, expliqua Marion en désignant la voûte sous laquelle ils se tenaient et qui marquait le début de la cour du château.
Malgré lui, Gabriel ne put s’empêcher de scruter les pierres du mur, posant ses doigts sur les joints qui s’effritaient, interrogeant chaque anfractuosité à la recherche d’un indice. Il n’insista pourtant pas très longtemps, comme s’il avait acté le fait qu’il ne trouverait rien.
— Je reviendrai, je reviendrai, murmura-t-il en revenant vers la voiture avec Marion. J’aime bien ce château, il ressemble au mien… enfin au futur mien !
(Chapitre 25, Les ombres de Brocéliande).

Concoret et le chêne à Guillotin

Non loin du petit village de Concoret (où Gabriel et Marion dînent un soir) se trouve le très remarquable chêne à Guillotin, que l’on appelle aussi Chêne Eon. Cet arbre vénérable a, dit-on, plus de mille ans.

A l'ombre du chêne à Guillotin Brocéliande

Il doit son nom à un prêtre réfractaire, Guillotin. Sous la Révolution française, ce brave homme d’église refusa de prêter serment sur la Constitution civile du Clergé décrétée par l’Assemblée nationale : il devint proscrit. Pour échapper aux Gardes Nationaux, il se cacha dans le tronc du chêne et s’y abrita le temps que les soldats s’éloignent. Aujourd’hui, on ne peut plus entrer dans le tronc mais celui-ci fait toujours une circonférence impressionnante. Une plateforme l’entoure et soutient ses plus grosses branches, pour encore quelques années sûrement…

Chene Guillotin Brocéliande

La fontaine de Jouvence

En continuant vers l’est en direction de Saint-Malon-sur-Mel, on arrive sur un parking à proximité du Tombeau de Merlin et de la Fontaine de jouvence. Il faut être vigilant sur la route, car tous les sites ne sont pas indiqués très clairement (ou alors au dernier moment !). Même moi qui connaît la forêt par coeur, j’ai fait demi-tour une ou deux fois…

Fontaine jouvence brocéliandeLa fontaine de Jouvence est moins spectaculaire que Barenton, à mon sens, et pourtant elle est plus grande. Mais elle est moins sauvage, plus policée, moins surprenante. En revanche, si vous poussez quelques mètres plus loin, vous découvrirez une drôle de clairière où les gens de passage s’amusent à empiler des cailloux (on voit ça souvent). Ici, la légende a « récupéré » ça en racontant que les lutins déplacent les monticules dès que vous avez le dos tourné. La tradition veut que l’on marque son passage dans la clairière en faisant aussi son petit monticule, mais surtout sans détruire ou démonter ceux qui existent. On a juste le droit de ramasser les cailloux qui sont déjà tombés…

Sur certains, vous verrez des petits mots, des fleurs, parfois même des morceaux de bijoux, autant d’ex-voto émouvants assez caractéristiques de ces croyances païennes qui émaillent les traditions bretonnes (un jour, je vous parlerais peut-être de la Tombe à la Fille, en forêt de Teillay…).

clairière des lutins brocéliande
La clairière des lutins…

Qui a dit que tu allais revenir dans ce trou perdu, d’abord ? Gabriel Mauny, tu as autre chose à faire que de te balader à la recherche des enchanteurs sous les pierres et des fées dans les arbres ! Si Gilles m’entendait, il me rigolerait au nez, tiens.
— Oh ! C’est quoi, ça ?
Levant la tête, il venait de tomber en arrêt sur une image complètement décalée : devant lui, dans une sorte de petite carrière creusée à même la roche, se trouvaient des centaines de petits tas de pierres empilées les unes sur les autres. Certains édifices atteignaient même le mètre de hauteur, ressemblant parfois à des dolmens, serrés les uns contre les autres.
(Chapitre 12, Les ombres de Brocéliande)

Le tombeau de Merlin

Ce site peut décevoir si on s’attend à quelque chose de grandiose. Au contraire, moi je le trouve émouvant parce qu’il est intime. On entre dans une petite clairière bien délimitée par une sorte de petite palissade noyée sous les arbustes et au milieu de laquelle se trouvent trois grosses pierres. Avant, un houx poussait entre les deux plus grosses : aujourd’hui, il a disparu (coupé ? tombé ?).

Tombeau merlin Brocéliande 2

Là aussi on retrouve des offrandes multiples et diverses que beaucoup de touristes mal renseignés prennent pour des déchets : des fruits, des papiers avec des messages, des tickets de loto (!), des branches, des fleurs… Le jour où nous sommes venus, il y avait de magnifiques roses blanches sur la pierre, mais aussi deux petites statuettes de fées cachées entre les deux roches.

anges tombeau de merlin broceliande

A chaque fois que je suis face au tombeau de Merlin, je ne peux m’empêcher de penser aux personnes qui ont déposé ces objets : pourquoi l’ont-elles fait ? qu’ont-elles demandé à Merlin ? leur voeu s’est-il réalisé ? Je trouve que cela rajoute à l’ambiance mystique qu’on ressent ici.

Est-ce Merlin qui nous ensorcelle ? Je ne le sais. La légende raconte que Viviane a enfermé ici pour l’éternité l’enchanteur dans neuf cercles d’air, retournant contre lui son sort le plus puissant…

 

 

En fait, il se retrouvait sans mots pour décrire ce qu’il ressentait. Curieusement, lui si cartésien, si rationaliste, ressentait presque la présence de l’enchanteur au milieu de cette forêt. Quelque chose — ou quelqu’un ? — l’interpellait. Gabriel ferma les yeux comme pour s’imprégner de cette présence. Marion le regardait, troublée ; elle n’imaginait pas que le jeune homme serait sensible à ce point au site légendaire.
— Pourquoi Viviane l’a-t-elle enfermé là ? demanda-t-il en se relevant pour rejoindre Marion.
— Afin de le garder à ses côtés pour toujours, répondit la jeune femme. Merlin lui a appris le secret pour retenir un homme éternellement… Elle l’a utilisé contre lui. Mais c’était par amour. On dit qu’ils sont toujours dans la forêt, ensemble, et qu’ils prennent désormais des formes différentes : oiseaux, papillons, cerfs… C’est le symbole des amants éternels.
— C’est une belle histoire…
(Chapitre 11, Les ombres de Brocéliande)

Le chêne des Hindrés

On finit cette balade par un arbre, sur la route qui rejoint Paimpont : il faut s’arrêter sur un parking en pleine ligne droite, puis faire huit cent mètres dans la forêt.

Autour des Hindrés Brocéliande

Les arbres ici sont tous très hauts, sinueux, majestueux, avec cet air vénérable qui les rend vivants. Ma fille m’a dit « On est chez les Ents du Seigneur des Anneaux ! » et je crois qu’elle a raison : on s’attend presque à ce que les arbres parlent.

Vers les Hindrés Brocéliande
Sur le chemin des Hindrés.

Le chêne des Hindrés est moins vieux que celui de Guillotin mais il a tout de même quatre à cinq cents ans. Ses branches maîtresses sont pleines de rondeurs, comme des tentacules figées.

A l'ombre des Hindrés Brocéliande
Le chêne des Hindrés.

Un peu plus loin, vous trouverez une reconstitution des fouées de charbonniers : Brocéliande a été, au 19ème siècle, un grand centre industriel. On extrayait du sous-sol du plomb aurifère (c’est-à-dire qu’il contenait d’infimes quantités d’or) et l’on fondait le plomb aux Forges de Paimpont (celles de la chanson !). Pour alimenter les forges, on avait besoin de charbon et la population de la forêt brûlait donc du bois selon la technique des fouées pour fabriquer du charbon. Fin de la minute pédagogique 🙂 .

fouée de charbonnier Brocéliande

Trécesson

Nous n’avons pas eu le temps de le voir ce jour-là, mais c’est un des sites les plus célèbres de la forêt. Château de conte de fées, il fait rêver les petites filles avec ses tourelles, son pont-levis et son étang mystérieux.

La légende, elle, est moins joyeuse : on dit que le fantôme d’une jeune mariée enterrée vivante le soir de ses noces revient errer la nuit sur les eaux du lac…

6464764447_5061385029_b
Le château de Trécesson (photo Philippe Manguin)

— Les bourreaux n’étaient pourtant pas des psychopathes, répondit Marion en riant. Il semblerait qu’il s’agisse des deux frères de la fiancée. Ceux-ci n’acceptaient pas l’époux qu’elle s’était choisie… On dit que le fiancé est entré ensuite dans les ordres. Depuis, on voit parfois une silhouette en robe blanche flotter au-dessus de l’étang de Trécesson.
— Tu n’as pas quelque chose de plus drôle ?
— Attends voir… Ah, il y a aussi la légende du Manoir du Pied d’Ânon, s’exclama Marion. Ou alors préfères-tu celle de la Chambre aux revenants ?
— Trécesson serait-il hanté ?
— On le raconte… Mais c’est peut-être une supercherie des propriétaires pour qu’on les laisse tranquilles !
Ils avaient continué leur promenade tout en parlant, sur le ton de la confidence, alors que l’obscurité commençait à envahir les lieux. Ils restèrent un long moment assis sur le mur qui bordait l’étang, regardant la nuit avaler progressivement le château qui dégageait quelque chose d’assez intense, comme une aura ou même un charme magnétique.
(Chapitre 37, Les ombres de Brocéliande).

Voilà, c’est la fin de ce petit tour en Brocéliande… Je ne peux que vous inciter à contacter l’Office de tourisme Destination Brocéliande, ils sauront vous guider pour découvrir cette magnifique forêt. Alors, vous venez quand ? 😉

 

Enregistrer

Tag : ma vie en 20 questions

Histoire de parler de moi (un peu) et de faire une pause rigolote entre deux pages d’écriture, je me suis amusée à répondre à ce tag que j’ai trouvé sur un blog… 🙂

Quelle est ta couleur préférée ? Le violet, sous toutes ses nuances. ça a longtemps été le bleu, mais j’aime les tons plus chauds du violet…

Quel est ton chiffre préféré ? Je n’ai pas vraiment de chiffre préféré… Disons le 9 (c’est l’addition des 2 chiffres de mon jour de naissance 😉 ) !

Quelle est la carrière de tes rêves ? Euh… écrivain (étonnant, hein ?). J’aimerais vraiment pouvoir vivre de mon écriture, un jour… En tout cas, j’essaie d’y parvenir.

Que fais-tu de tes temps libres ? J’écris, je lis, je marche. Je rêve aussi… En fait non : j’écris dans ma tête. J’aime jouer à World of Warcraft aussi, mais j’ai un peu mis en pause car c’est très chronophage comme occupation !

Quel est ton pays de rêve pour voyager ? La Nouvelle-Zélande. Pas à cause du Seigneur des anneaux, ce rêve date d’avant, même si le film n’a fait que renforcer cette envie… Parce que les paysages sont grandioses… et pour le fait de se retrouver aux antipodes (j’aime bien l’idée d’être au bout du monde, en fait…).

mountains-2104556__340
La Nouvelle-Zélande (source Pixabay).

Quelles sont tes séries préférées ? Je n’en ai pas vraiment, je ne regarde quasiment jamais la télé car j’ai l’impression de vite m’ennuyer. Bon, quelquefois je me laisse entraîner par un épisode de séries policières américaines que la famille regarde (genre Esprits Criminels, les Experts) mais c’est surtout le côté scénaristique qui m’intéresse.

Quel est ton magasin préféré ? Euh, pfff… J’aime faire du shopping (souvent sans rien acheter d’ailleurs !), avec mes filles ou ma maman, mais je n’ai pas d’enseigne favorite en tant que telle. Cela dit, j’aime bien traîner dans les magasins de déco style Maisons du monde.

Quel est ton film préféré ? Pas facile… Je vais très peu au cinéma aussi. Il y a des incontournables qui ont marqué ma vie : Le cercle des poètes disparus (j’avais 14 ans !) qui m’a ouverte à la littérature (avec un grand L), Le nom de la rose (parce que Sean Connery hein), j’aime toujours re-re-re-garder le Titanic de James Cameron parce que je trouve ce film vraiment bien scénarisé et assez exemplaire dans la manière de traiter un événement historique de façon romancée. Il y a aussi Les ailes du désir de Wim Wenders, dont j’adore la poésie. Cela dit, de manière générale, je ne suis pas trop « film d’auteur », je suis assez bon public pour les blockbusters où ça explose partout !

Trois choses dont tu as besoin pour vivre ? Du soleil, de la mer (ou à défaut de l’eau) et… manger 🙂 .

Tu ne peux pas dormir sans… ? Quelque chose sur moi (une nuisette, un drap, une couette, ça dépend). Et même si ça ne reste pas toute la nuit ! 😉

Quelle est ta chanteuse/ton chanteur préféré-e ? Bon, vous devinez, non ? U2 au hasard. 🙂 En chanteuse j’ai toujours aimé les voix puissantes du style de Whitney Houston.

Quel est ton plat préféré ? J’adore les légumes, les fruits frais et le camembert (je peux faire un repas sans dessert mais jamais sans fromage). Cela dit, je reste une incorrigible carnivore donc mon plat préféré c’est une bonne côte de boeuf au feu de bois. Sinon, le navarin d’agneau avec des petits pois de printemps et des jeunes carottes de ma môman 😉 .

Quel est ton animal préféré ? Le chat, évidemment. Quand je serai morte, je voudrais me réincarner en chat : dormir, manger, avoir de la compagnie mais que quand je l’ai décidé, c’est tout à fait moi 🙂 .

Clin d'oeil à David Meulemans ;)

Quelle est ta saison préférée ? L’été. Parce qu’il fait chaud (normalement !) et que c’est les vacances :p

Quel est ton dessin animé préféré ? Quand j’étais petite, je ne ratais jamais un épisode de Candy (oui, chacun ses casseroles !). Plus grande, j’étais fan d’Olive et Tom (ce qui m’a amenée à écrire ma nouvelle La dernière mi-temps, d’ailleurs !). Aujourd’hui j’aime bien les Disney, les Pixar et cie.

Tu es plutôt salé ou sucré ? Salé, salé et resalé. Je peux me passer de dessert, à tel point qu’il m’arrive d’oublier de prévoir un dessert quand je reçois du monde à manger (heureusement j’avais de la glace dans le congélateur !).

Quelle est ta phobie ? Les araignées (bon, les grosses hein !). Sinon je n’aime pas les portes fermées, donc tout est toujours ouvert chez moi ou dans mon bureau (à tel point qu’on a supprimé certaines portes), je dois être un peu claustrophobe.

Ton Disney préféré ? J’hésite entre Le Roi Lion et Aladdin.

Quelle est ton actrice et acteur préférés ? Comme les films, je n’ai pas tellement de préféré-e en la matière. En général je ne vais pas voir un film pour son acteur ou actrice 🙂

Quelles sont tes passions ? L’écriture, la mer, les chats… et U2. J’aime aussi la déco. En fait, je suis assez curieuse de tout, j’aime découvrir de nouvelles choses, mais je reste assez « monomaniaque » dans certains domaines (la musique, notamment).

Voilà, vous en savez un peu plus sur moi… Si ça vous dit, répondez-y aussi sur votre blog ou votre page FB et postez le lien en commentaire ! On se retrouve la semaine prochaine avec la suite de la visite de Brocéliande.

#CoulissesDuBlog : Pourquoi mon site s’appelle « L’espace du dehors » ?

Retour de la rubrique #CoulissesDuBlog cette semaine, dans le cadre de l’événement interblogueurs organisé par Mia de Trucs de Blogueuse. Aujourd’hui, on parle du titre des blogs : pourquoi on l’a choisi, ce qu’il veut dire…

Depuis le début du commencement de ma présence numérique sur Internet (c’est-à-dire vers 2003 !), mes différents blogs se sont appelés « L’Espace du Dehors »… C’est un titre que j’ai toujours apprécié, pour plusieurs raisons.

Il est esthétique

Chasing WavesVous le savez peut-être si vous me lisez, j’aime la sonorité des mots et des expressions, non seulement pour leur sens mais aussi pour ce qu’elles évoquent en moi. J’aime la manière dont on utilise ici le mot « dehors » un peu à contre-courant de la syntaxe habituelle (on ne dit pas « le dehors »). Et pourtant l’expression a du sens, elle est jolie, invite au rêve…

Il est poétique

Ce n’est pas un hasard, car il fait écho au titre d’un des recueils du poète Henri Michaux : l’Espace du Dedans, que j’ai découvert dans les années 2002-2003 justement. Cette anthologie de poésies a été établie par l’auteur lui-même (en 1944 puis en 1966).

henri-michaux-sans-titre-1949
Henri Michaux, Sans titre (1949).

Henri Michaux est non seulement poète mais aussi peintre, d’origine belge, il est mort en 1984. J’aime chez Michaux son balancement entre poésie et prose, la manière dont il joue avec les mots. Sa peinture est très puissante, torturée, parfois colorée, souvent très noire.

Il est symbolique

l-espace-du-dedansCe titre est d’abord né d’une boutade. Un jour lointain où je voulais offrir l’anthologie d’Henri Michaux à un ami, celui-ci m’a rendu le livre, car il l’avait déjà, en me disant « garde-le, et écris-moi plutôt « L’espace du dehors »… ». J’ai gardé le livre… et j’ai écris. Quelques semaines plus tard, je baptisais mon premier site avec ce nom et j’y publiais mes premières bribes et tentatives poétiques…

Et vous, comment avez-vous choisi vos noms de blogs ou de sites ?

 

Ecrire, c’est facile… Raconter des histoires, c’est plus dur !

En pleine écriture de la suite des aventures d’Eléonore, Le sang des Lumières, je suis confrontée ces derniers temps à une panne d’écriture. Pas une panne d’inspiration, non. Pas non plus un problème de motivation. J’ai mis quelques jours à cerner mon problème, afin d’y trouver une solution.

En fait, j’avais un problème d’histoire. Pas l’Histoire de France, hein, celle-là, ça va, je sais où trouver ce qu’il me faut pour mon roman. J’avais un problème avec l’histoire d’Eléonore, ce qui lui arrive, pourquoi, comment, etc. J’étais arrivée à un moment où mon héroïne ne faisait que passer à travers les événements de la Révolution. Pas terrible pour maintenir le lecteur en haleine (en plus, il connait la fin ! 😉 ). Il lui arrive bien des choses, plus ou moins terribles, mais il n’y avait pas pour elle de réel enjeu, celui qui fait dire au lecteur « oh mon Dieu, va-t-elle s’en sortir ? » Bref, je n’étais pas satisfaite de mon scénario à cette étape-ci de l’écriture.

Le plus frustrant, c’est que j’ai vraiment envie d’écrire, j’ai plein d’idées dans la tête, des images, des lieux, des personnages, des dialogues… mais tant que je n’ai pas résolu ce problème de scénario, ça ne veut pas sortir.

Alors je me suis posée, j’ai pris une semaine de vacances (en emportant mon manuscrit au cas où quand même 😀 ) et puis, j’ai pris le taureau par les cornes.

20170417_165345.jpgD’abord, j’ai repris du papier brouillon, un crayon et des ciseaux. Puis j’ai écrit tout ce que je voulais qu’il arrive à Eléonore et aux héros secondaires d’ici la fin du roman (là aussi c’était un peu nébuleux). Ensuite j’ai découpé, puis j’ai classé tout ça par ordre logique et chronologique. L’affinage viendra plus tard, je sais que j’ai besoin de temps de maturation une fois les grandes lignes posées.

Ceci étant fait, je voyais plus clair sur où je voulais arriver et j’espérais ainsi débloquer mon problème, qui se situait à peu près au milieu du roman. Cette fois, j’ai choisi d’en discuter avec mon alpha-lectrice, en lui disant ce qui n’allait pas à mes yeux. Au fil des discussions, je lui ai raconté ce qui arrivait ensuite, on a réfléchi à deux voix... Je lui ai dit toutes les idées qui m’étaient passées par la tête mais que je n’avais pas suivies… et finalement, on a fini par faire germer l’idée géniale (enfin j’espère !) pour débloquer mon scénario.

Je me suis rendu compte que cette discussion m’avait permis de formaliser toutes les idées que j’avais dans la tête, de les énoncer : ce faisant, elles prennent du corps, de l’épaisseur, on voit si ça colle ou pas, elles s’articulent entre elles. C’est plus difficile à faire tout seul car on n’a pas forcément la même prise de recul ou bien au contraire on a tendance à s’autocensurer. D’où l’intérêt d’avoir ce que j’appelle un alpha-lecteur qui est présent bien avant l’étape de relecture : pour l’instant, elle n’a rien lu ! Je lui ai juste raconté ce qu’il se passait, mais grâce à ces échanges, j’ai peu à peu construit mon scénario.

Pour revenir à mon titre, volontiers provocateur (mais pas tant que ça), je voulais dire que l’écriture en soi est assez facile, naturelle (si, si !). Par contre, imaginer des histoires, les construire, les façonner, y mettre des personnages, des lieux, des événements… ça, c’est une autre paire de manches, à laquelle on ne pense pas forcément d’emblée lorsqu’on se lance dans l’écriture. Et pourtant c’est une portion importante, voire primordiale, dans le roman. Je comprends ce que voulait dire David Meuleumans dans le Mooc Draftquest, au sujet des manuscrits qu’il reçoit en tant qu’éditeur : beaucoup d’auteurs savent écrire, mais peu savent raconter une histoire. Or, pour avoir un bon roman, il faut les deux. Impérativement. 🙂

 

Un petit retour sur mon Salon Livre Paris 2017

Samedi dernier, je suis allée pour la seconde fois au Salon Livre Paris. Cette fois, point de voyage dans le temps sur les traces de ma duchesse, c’était un aller-retour express d’une journée, surtout pour aller saluer mes bonnes fées de Librinova et mes copains auteurs indépendants.

billets train marque-pages Livre Paris 2017
Invitations, billets de train… et marque-pages : le kit de survie minimal pour Livre Paris 2017 !

Comme l’an dernier, je suis accompagnée de ma graphiste de compèt’. Il fallait quand même se lever aux aurores (et même avant !) pour pouvoir être à l’ouverture des portes (vivement la LGV et le Rennes-Paris en #1h25 !). Dans le métro, on croise de curieux passagers habillés de magnifiques cosplays et nous mettons quelques stations avant de comprendre pourquoi : en même temps que le salon du livre se tient le salon Paris Manga dans le pavillon d’à-côté. C’est assez rigolo de prendre le métro en compagnie de personnages de bande dessinée !

9h30. Nous voilà devant les portes avec nos invitations, le petit vent est frais (on se croirait en Bretagne !) mais ne décourage visiblement pas la foule. A 10h pétantes, les portes s’ouvrent et c’est la ruée à l’intérieur. A première vue, le salon me paraît plus aéré que l’an dernier, est-ce parce qu’il y a moins d’exposants ? Je trouve aussi qu’il y a plus d’espace pour les restaurants…

Je suis venue en « touriste » mais j’ai commencé par le stand de Librinova pour aller saluer Laure et Charlotte, les fondatrices, et bien sûr toute l’équipe. J’ai eu également le plaisir de rencontrer Andrea, mon agent littéraire (qu’est-ce que ça fait bien de le dire comme ça !) avec qui je n’avais échangé que par mail et par téléphone jusqu’à présent. Elles m’ont toutes félicité pour la signature du contrat chez City Editions. On a arrosé ça le soir-même avec du cidre et les petites gâteries de Bretagne que j’avais rapportées (pavés de sarrasin, craquelins chocolat au coeur caramel et les inévitables caramels au beurre salé). Avec le pop-corn maison d’Andrea, c’était top :p .

J’ai rencontré aussi les « collègues » de maison d’édition : Claire Casti de Rocco, l’excellente autrice de Rien d’autre que la vie que j’ai lu en fin d’année dernière et que j’avais beaucoup aimé, ainsi que Coralie Pascaud qui vient de signer après avoir remporté le concours organisé par Librinova sur le thème de Downtown Abbey. Elle a écrit un roman historique qui s’appelle Loin de Berkley Hall et je vais l’ajouter dans ma pile de livres à lire…

Ce fut une joie aussi de revoir les auteurs Librinova, nous avons fait une belle photo de famille après la petite cérémonie en fin d’après-midi où nous sommes repartis les uns et les autres avec notre petite étoile récompense.

Les auteurs Librinova
Photo de famille des Etoiles Librinova

Au gré des pérégrinations, on croise aussi Eric-Emmanuel Schmitt et Bernard Werber en train de signer, Amélie Nothomb, Charles Juliet, François Busnel… et puis l’inéluctable défilé d’hommes politiques (en fait, on les devine plus à la grosseur de l’attroupement qui se fait autour !).

C’est drôle aussi de voir qu’il y a toujours l’auteur star des ados (cette année c’était le youtubeur Jeremstar) qui génère des files d’attentes aussi longues que les allées du salon…! On fait aussi des rencontres improbables… comme le Loup d’Orianne Lallemand et Eléonore Thuillier en quête de câlins dans les allées !

20170325_115217
Une graphiste de compèt’, un Loup câlin et une romancière étoilée 😉

J’ai fait un saut du côté d’Amazon-KDP aussi, sur un immense stand quasiment à l’entrée du salon… Il y a beaucoup de mouvement et de bonne humeur, mais j’ai beau être une « indé » je me sens un peu exclue du microcosme : ils ont l’air de tous se connaître et d’avoir fait les quatre cent coups ensemble, c’est un peu intimidant, en fait. Je me sentais mieux sur le stand de Librinova (en même temps, c’est là que je connais du monde !) et j’ai assisté avec plaisir au Café littéraire de Marilyse Trécourt et Carène Ponte, mais aussi à la masterclass avec Elisabeth Sutton sur la promotion des livres (vidéos sur la page Facebook).

Les ombres de Brocéliande récompense étoile
Mon roman Les ombres de Brocéliande a été récompensé par une étoile

19h, nous avons les pieds moulus et la fatigue s’installe, il faut déjà repartir pour Montparnasse… Rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine… peut-être pour dédicacer cette fois ? 😉