Les avis des bêta-lecteurs sur Le Sang des Lumières

La semaine dernière, je vous ai parlé de mon plan de bataille pour intégrer les retours des bêta-lecteurs. Pour être honnête, j’ai déjà revu mon planning car le début est plus lourd à réécrire que je ne le pensais ! Aujourd’hui j’avais envie de vous dévoiler le contenu de ces retours… en essayant de ne pas trop en dire sur l’histoire !

D’abord, je tiens à saluer le travail de mon équipe de bêta-lecteurs, qui a été non seulement rapide, mais de plus très efficace et précis. Je n’ai pas reçu les retours de tout le monde, mais ce n’est pas grave (il n’y avait pas d’obligation de résultat non plus !).

Je vous livre donc dans ce billet ce que les bêta-lecteurs ont relevé, parfois unanimement, et aussi ce que j’en ai tiré comme conclusion… parfois à l’encontre des avis 🙂 .

La précision historique

books-2158773__340Tous ont souligné la qualité et la précision des recherches historiques… parfois à l’excès (on ne se refait pas !). Pourtant j’avais essayé de freiner mon souci du détail (déjà souligné dans Le Vent des Lumières), mais chassez le naturel…

Les historiens, notamment un, ont aussi salué le fait que « j’intègre de la complexité » dans les personnages historiques et la lecture des événements. En fait, j’avais à coeur de « démonter » certains mythes (notamment la cruauté froide de Robespierre) et faire aussi réfléchir les lecteurs sur la manière dont on leur a enseigné l’histoire de France (bon, là je rêve peut-être un peu !).

=> Je vais donc alléger certaines scènes « historiques », surtout lorsqu’elles n’apportent pas forcément grand chose au récit.

L’intrigue

Tous les bêta-lecteurs ont souligné le même gros point faible du début : les personnages assistent aux événements de la Révolution, sans en être véritablement acteurs. L’un de mes bêta-lecteurs dit très justement qu’on est d’abord dans la chronique historique avant de basculer, à un moment donné, dans le roman historique proprement dit.

Vous pourriez me dire : pourquoi pas, si c’est bien raconté. Mais le propre du roman historique, c’est de raconter l’histoire d’un personnage en s’appuyant sur l’Histoire… et non le contraire. Surtout, la plupart des lecteurs faisaient état d’une vraie difficulté à entrer dans le roman, à se laisser emporter, justement parce qu’on est trop dans un rôle de spectateur, assis à côté d’Éléonore pour regarder la Révolution commencer. Or les premiers chapitres sont déterminants : si on n’accroche pas le lecteur tout de suite, c’est fichu.

J’avais conscience de cette faiblesse du début, mais j’avais l’impression d’être coincée par le foisonnement des événements de la période 1789-1792, je ne savais pas trop par quel bout prendre ça. Ce qui me rassure, c’est que ça ne concerne que le début (et pas tout le roman, sinon je pense que j’aurais abandonné la réécriture !).

=> Il faut donc que je retravaille les premiers chapitres (on va dire la moitié de la première partie) pour imaginer l’histoire d’Éléonore (et non raconter Éléonore qui assiste aux événements). Certains bêta-lecteurs m’ont donné des pistes et une discussion avec mon alpha-lectrice de compète Fanfan a débloqué ce qui bloquait. J’ai donc pas mal de travail sur le début pour inverser complètement la manière de raconter et inventer des choses qui arrivent à Éléonore (j’essaie de ne pas spoiler !).

Pour le reste, l’intrigue semble tenir la route, malgré quelques petites incohérences qui vont demander des ajustements mineurs. Certains ont remarqué que le rythme s’accélère dans la troisième partie où il y a beaucoup de rebondissements alors que la première partie est plutôt lente (mais cela tient beaucoup au problème de chronique évoqué plus haut). Je pense donc que le roman sera plus équilibré une fois que j’aurais corrigé ce défaut.

Il y a une scène qui a divisé les bêta-lecteurs : l’épisode de la reprise de la frégate, à la fin. Certains trouvent cet épisode génial car il montre une faiblesse d’Éléonore, d’autres l’ont trouvé incohérent et tiré par les cheveux. Là, il va falloir que je fasse un choix 🙂 .

Les personnages

Pour les besoins de l’histoire, Éléonore croise des personnages historiques, comme dans Le Vent des Lumières. Sauf que là, j’ai manifestement trop exagéré le trait : à chaque fois qu’elle rencontre quelqu’un, c’est un futur personnage célèbre. Comme le dit un bêta-lecteur : « ça manque un peu de second couteaux ! ».

=> Je vais donc en supprimer quelques-uns, mais garder ceux qui sont utiles au roman (…ou au suivant !).

87a03a06994f84eaf337b1b930d361aaCertains ont aussi souligné le côté trop parfait d’Éléonore, même si elle s’en prend plein la tronche : elle est toujours là quand il faut, elle a toujours raison (ou presque), le roi la consulte comme si elle était premier ministre, tout le monde tombe amoureux d’elle… Bref, un peu trop dans le trop.

Quelques-uns ont aussi apprécié le côté féministe d’Éléonore : c’est assez étrange, car pour moi, Éléonore n’est pas féministe. Une de mes bêta-lectrice a même regretté qu’elle ne s’engage pas plus dans la défense du droit des femmes. Sauf que ce n’est pas son combat : elle réagit comme un homme parce que c’est son caractère, parce qu’elle a été élevée comme un garçon. Mais elle n’est pas dans la revendication, mais dans l’action.  Comme le disait à juste titre Thierry, c’est plus un garçon manqué qu’une féministe (d’ailleurs je ferais peut-être un billet complet là-dessus !).

=> Je vais donc retravailler Éléonore pour la rendre un peu plus discrète (ou plutôt : juste normale) 🙂 . Je ne pense pas changer d’optique sur le côté féministe/pas féministe, mais peut-être expliciter par quelques petits épisodes pourquoi elle ne s’engage pas plus.

Le personnage d’Olivier a suscité des réactions très contrastées : certains l’ont trouvé franchement antipathique alors que d’autres ont aimé son évolution au cours du roman. Quant aux autres personnages, ils existent à peu près bien en terme de caractérisation, mais il leur manque une apparence physique qui n’est pas assez décrite, une image qui peut rester dans l’esprit du lecteur. Un regret qui ressort beaucoup aussi : les enfants d’Éléonore qui ont un rôle trop effacé, alors que le roman s’ouvre sur une scène avec Alexandre qui plait beaucoup.

=> Il faut donc que je travaille sur les descriptions des personnages afin de leur donner du corps. Je pense que ce problème vient du fait qu’il s’agit d’une suite et que je connais déjà mes personnages (ce qui n’est pas forcément le cas des lecteurs). En revanche, j’aime bien le contraste sur Olivier, je pense que je vais le garder tel quel, peut-être en adoucissant certains traits de caractère qui peuvent le rendre antipathique. Quant aux enfants, je vais essayer de leur donner plus d’importance dans le récit.

L’écriture

Le manuscrit du Sang des Lumières corrigé
Quand Leslie corrige, elle ne fait pas semblant 🙂

Elle est qualifiée de fluide, enlevée, rythmée, même si mon manuscrit est encore truffé de phrases interminables, de répétitions, de lourdeurs

Là dessus, je tiens à tirer mon chapeau à Leslie qui m’a retourné une correction hyper précise de mon texte (je suis d’ailleurs partie de son manuscrit pour y reporter les remarques des autres bêta-lecteurs).

Je n’étais pas trop surprise de retrouver mon manuscrit tout barbouillé de couleurs, car je n’avais pas vraiment relu la forme : effectivement, je savais que j’aurais des passages à réécrire, voire à supprimer, je ne me suis donc pas trop attardée sur la forme.

C’est ce qu’on corrige en dernier, en général, une fois que le fond est fixé. Mais le travail des bêta-lecteurs va me permettre de gagner du temps sur cette étape.

En conclusion

J’appréhendais le retour des bêta-lecteurs (comme toujours, je crois !). D’une part parce qu’il s’agit d’une suite et c’est toujours un exercice délicat car il faut garder l’âme du personnage tout en renouvelant ses aventures. D’autre part sur l’aspect historique, j’avais peur d’être inexacte ou incohérente : manifestement, j’ai encore péché par excès, au contraire, mais d’un autre côté beaucoup ont apprécié ces détails qui permettent à la fois de s’immerger dans l’époque et d’en apprendre sur elle.

Voilà pour l’essentiel des retours sur Le Sang des Lumières : c’est maintenant à mon tour de travailler pour corriger les points faibles… sans altérer la force de mon roman. J’aimerais finir mes corrections pour la fin mai. Si certains bêta-lecteurs ont envie de relire la nouvelle version pour voir les changements, faites-moi signe en commentaire ou en m’envoyant un petit mail !

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Mon plan de bataille pour intégrer les retours des bêta-lecteurs

Depuis le début de la semaine, j’ai commencé les corrections du manuscrit de mon 5ème roman Le Sang des Lumières, à la suite des retours de mes bêta-lecteurs. Dans ce billet, je vous explique comment je m’y prends pour prendre en compte les remarques des uns et des autres. La semaine prochaine, je lèverai le voile sur la teneur de ces retours (sans spoiler !).

Quand on a plusieurs bêta-lecteurs (12 pour moi !), on peut être vite perplexe à la manière de procéder pour intégrer les retours de tout le monde et ne rien oublier. Je vous avoue que ce fut d’ailleurs mon premier réflexe. J’ai donc été voir chez les copines comment elles se débrouillaient : vous pouvez retrouver la technique de Nathalie Bagadey ici et celle de Marièke Poulat là. Puis j’ai adapté à ma manière de fonctionner.

1) Lire les retours et prendre des notes

Je commence toujours par lire les retours en entier avant de prendre des notes. D’abord parce que je suis trop pressée de connaître le contenu 😀 . Ensuite parce qu’il faut un petit temps pour digérer les remarques (surtout s’il y en a des négatives). Enfin parce que ça permet de mettre à distance et d’avoir un peu de recul au moment de prendre des notes.

Grâce au questionnaire que j’ai envoyé à mes bêta-lecteurs, j’ai des réponses par thématique, donc plus structurées, même si certains m’ont fait un rapport de lecture à part. Lors de la deuxième lecture des retours, j’ai donc pris mon carnet d’écriture et, pour chacun d’entre eux, j’ai noté ce qui me paraissait le plus important, en positif (c’est bon pour le moral !) comme en négatif. Pour cette étape, je ne fais pas de tri : je note tout, même des choses que je n’appliquerai certainement pas.

En mode corrections sur Le Sang des Lumières
Prise de notes sur les retours de bêta-lecteurs.

Je lis aussi le manuscrit qui m’a été retourné, avec les commentaires, lorsqu’il y en a (tous ne l’ont pas fait et ce sont contentés d’un retour général, mais heureusement car je pense que les corrections précises auraient fini par être redondantes !). Je note aussi les commentaires les plus importants. À cette étape, je m’attache surtout aux remarques de fond, celles évoquées en début de billet. Les détails, c’est pour après.

2) Laisser reposer

C’est un conseil qui m’a été donné par Stéphane Arnier : ne pas se précipiter sur son manuscrit dès le premier ou le deuxième retour pour commencer à corriger. J’avoue que c’est assez difficile (d’ailleurs vous constatez que je n’ai pas attendu tous les retours pour commencer), mais je pense qu’il a raison. Ce temps de maturation permet (encore une fois) de digérer les remarques et surtout de réfléchir à la manière dont on va rectifier le tir, surtout si on envisage de gros remaniements. ça permet aussi d’avoir une vue d’ensemble : l’avis d’un bêta-lecteur peut être contredit par tous les autres, par exemple. Par contre, si les retours soulignent tous le même problème, c’est qu’il y a quelque chose à revoir.

C’est là aussi qu’intervient sa propre vision des choses : on reste l’auteur malgré tout. C’est là qu’on choisit aussi de ne pas tenir compte de telle ou telle remarque : mais par contre, il faut l’assumer ensuite.

Notes sur les retours de bêta-lecteurs
Réflexions personnelles post-bêta et notes sur un retour (dans mon carnet d’écriture agenda publicitaire recyclé 😉 )

Pour ma part, j’ai attendu d’avoir cinq ou six retours pour ouvrir mon manuscrit et commencer à corriger. Ce n’est pas la majorité, mais comme j’avais les retours des bêta-lecteurs appartenant au groupe des « historiens » et ceux du groupe « technique d’écriture », je pense avoir une vision des problèmes de fond assez représentative. Je pense que les avis des « simples lecteurs » (donc un avis moins technique) va confirmer ce que cette première salve a souligné. Surtout, ces six premiers retours allaient quasiment tous dans le même sens, relevant les mêmes défauts et les mêmes qualités.

3) Préparer les corrections

Là-dessus, je me suis beaucoup inspirée de la routine de Nathalie Bagadey. J’ai pris le manuscrit qui avait le plus de commentaires et de corrections. C’est celui de Leslie, qui a endossé, en plus de la casquette de bêta-lectrice, celle de correctrice et je la remercie du fond du cœur du travail qu’elle a fourni.

Le manuscrit du Sang des Lumières corrigé
Voilà à quoi ressemble un manuscrit corrigé…

J’ai imprimé le manuscrit retouché et j’y ai reporté ensuite, une à une, les remarques des autres bêta-lecteurs. Elles se recoupaient donc c’était assez simple, mais il y a eu aussi des ajouts très intéressants. J’ai utilisé une couleur pour chaque bêta-lecteur (même si Leslie en a utilisé 4 à elle toute seule :p ).

4) Planifier

Avant de planifier, j’ai fait un test sur le premier chapitre pour voir combien de temps je passais à la correction : environ 6h (c’était un chapitre qui nécessitait beaucoup de travail !).

Dans mon bullet journal, je me suis fait un calendrier, ma date butoir idéale étant fin mai et j’ai réparti mes différents chapitres à corriger, à raison d’un ou deux par jour. J’ai enlevé une semaine de vacances où je ne serai pas chez moi (et pas disponible pour écrire, surtout !), mais j’ai compté les week-end. En revanche, je n’ai rien prévu le vendredi, mon jour « off », afin de rattraper éventuellement mon retard de la semaine (j’ai appelé ce jour « soupape », il me semble que c’est une technique de gestion de rendez-vous dans les professions médicales pour résorber l’accumulation des retards dans une journée).

Planning de corrections Sang des Lumières

5) S’y coller !

Yapluka… Ce n’est pas la partie la plus évidente, mais j’aime bien ce moment où l’on interroge sa propre histoire, sa propre écriture. L’avantage de prévoir un chapitre ou deux par jour, c’est que ça découpe la difficulté en petites tranches et ça semble moins insurmontable.

Corrections en direct Sang des Lumières

Je fais mes corrections sur Scribbook : en bleu les scènes à corriger, en vert celles qui sont corrigées, en jaune celle qui est en cours. Je me suis créée aussi un fichier « morceaux » dans lequel je colle des paragraphes que j’aime bien mais qui sont supprimés (ça pourra resservir !).

Lorsque j’aurais terminé toutes mes corrections, il y aura une nouvelle relecture de ma part et peut-être aussi de la part de bêta-lecteurs qui voudront bien relire la même histoire, mais avec les modifications 🙂 (faites-moi signe !).

Voilà, ce petit tour dans les coulisses des corrections est terminé, j’espère que ça vous a plu. On se retrouve la semaine prochaine pour en savoir plus sur les remarques des bêta-lecteurs !

 

Comment travailler avec un auteur : rencontre, café littéraire, atelier…

La rencontre d’un auteur avec ses lecteurs est aussi importante que l’écriture. Café littéraire, atelier d’écriture, conférence… je vous dis tout sur les interventions possibles d’un écrivain.

Longtemps, je me suis couché de bonne heure je suis restée cachée dans ma tanière d’autrice. Non seulement parce que je ne criais pas sur tous les toits que je me commettais dans l’écriture, mais aussi parce que je ne me sentais pas légitime à me revendiquer comme écrivain (si le syndrome de l’imposteur est une notion qui vous échappe, Julie en parle très bien ici).

Même une fois lancée dans l’auto-édition, avec un succès honorable (près de 10 000 lecteurs, quand même !), je ne me sentais pas plus légitime à oser m’afficher comme autrice et encore moins à aller en parler en public. Il a fallu attendre la reconnaissance d’un éditeur pour que je pense à franchir le pas et proposer des rencontres avec un écrivain. Enfin, avec moi, quoi 😉 .

Travailler avec moi

Je vous propose donc une nouvelle page sur le blog : « travailler avec moi ». Si vous êtes biblio-médiathèquaire, prof, responsable de structure socio-culturelle ou simplement quelqu’un d’intéressé par l’organisation d’une rencontre avec moi, il vous suffit de consulter cette page pour savoir comment faire et ce que je propose !

Mais avant, peut-être que vous vous posez des questions sur l’intérêt d’une rencontre avec un auteur.

Une rencontre avec un auteur, à quoi ça sert ?

Développer un projet d’animation littéraire

L’organisation d’une rencontre avec un auteur permet de s’inscrire dans le cadre d’une manifestation liée au livre et à la lecture : fête du livre, salon du livre, printemps des poètes…

Lynda Guillemaud Kercabellec-Mesquer Salon du livre 06 08 2017
Salon du livre de Kercabellec Mesquer (44)

Pour une médiathèque, c’est l’occasion de valoriser ses collections et d’animer les lieux par la présence de l’auteur dans les murs. Ce peut être aussi l’occasion de réaliser un travail collectif autour de l’écriture, du texte, ou d’une thématique abordée dans les ouvrages de l’auteur (ateliers d’écriture par exemple).

C’est aussi l’occasion de découvrir une œuvre et un univers artistique, à travers les thèmes abordés dans les ouvrages, mais aussi à travers leur esthétique : on n’aborde pas de la même façon de la poésie, du roman, du théâtre, un essai… Ce peut-être aussi une réflexion plus large sur la place de la lecture, de la culture dans notre société.

Un livre = un auteur : la dimension humaine de l’écrivain

Un livre, ce n’est pas qu’un objet : un livre, c’est aussi un auteur. Rencontrer celui qui a donné vie à l’histoire que l’on est en train de lire, cela apporte une touche « humaine » et vivante. Le livre s’incarne à travers son auteur : pas d’auteur = pas de livre !

Rencontrer l’auteur, c’est l’occasion de réfléchir sur la notion de création, d’écriture, de travail. Est-ce qu’écrivain, c’est un métier ? Un écrivain gagne-t-il sa vie en écrivant ? Comment écrit-il un livre ? Est-ce que c’est un métier solitaire ? etc.

Diffuser et soutenir la création littéraire et artistique

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Eric-Emmanuel Schmitt… File d’attente interminable quand même !

Accueillir un auteur, c’est lui permettre – très prosaïquement – de promouvoir ses livres et de les vendre. Souvent, entendre parler un auteur de son livre donne envie de l’acheter, pour aller plus loin, pour découvrir son univers, l’histoire qu’il a voulu raconter.

En achetant des livres, on soutient aussi toute la chaîne économique qui est liée : les éditeurs, les libraires, les bibliothèques-médiathèques… Ce peut être l’occasion d’associer les acteurs locaux et pas seulement liés au livre : accueillir un auteur qui évoque la Bretagne dans ses livres peut s’accompagner d’une dégustation de produits bretons avec l’épicerie fine du coin !

Et l’écrivain, qu’est-ce qu’il en retire ?

L’écrivain apprécie d’aller à la rencontre de ses lecteurs. Être invité, c’est une manière d’être reconnu comme auteur, d’acquérir une légitimité (et quand on émerge, c’est important !). Lors de la rencontre, l’auteur va s’efforcer de donner envie de lire ses livres, de faire découvrir son univers. L’écriture, pour moi, c’est d’abord un partage.

Il peut aussi transmettre un savoir ou un savoir-faire, expliquer son travail, sa manière d’écrire. C’est une façon de démystifier l’écriture : l’écrivain reste un être humain, pas un super héros. Il a seulement un talent particulier, certes, mais qui nécessite aussi beaucoup de travail, d’entraînement et d’accompagnement. Il a ses moments de doutes, ses peurs, ses découragements.

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La rencontre avec les lecteurs, c’est aussi un voyage, qui permet de puiser l’inspiration au contact de nouveaux lieux, de nouvelles personnes, d’univers inconnus. Cela permet d’avoir des retours de lecture aussi, pour s’améliorer et pourquoi pas, inventer d’autres histoires.

Une rencontre avec un auteur, c’est quoi ?

Une intervention ponctuelle…

Les interventions ponctuelles durent de 1h à 4h et peuvent s’échelonner sur 1 ou 2 journées (pour des ateliers d’écriture par exemple).

  • Lecture en public par l’auteur (ou par une autre personne) d’extraits d’une ou de plusieurs de ses œuvres, assortie d’une présentation orale de son travail et d’une discussion.
  • Rencontre publique autour de l’œuvre (un ouvrage en particulier ou une thématique abordée dans un des livres).
  • Conférence sur une thématique proche de l’œuvre ou un domaine de compétence particulier de l’auteur
  • Intervention dans une table ronde, un débat ou modération/animation
  • Atelier d’écriture en milieu scolaire, dans une médiathèque ou autre structure
  • Jury littéraire, parrainage d’une manifestation ou d’un lieu
  • Signature, dédicace : cette dernière intervention est souvent couplée aux précédentes (c’est en tout cas plus intéressant pour l’auteur comme pour la structure).
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Dédicace à Cultura Chantepie (35)

Des présences plus longues (séjours ou résidences)

L’auteur peut résider sur un territoire ou dans une structure pour une durée plus longue. On parle alors de séjour (entre deux jours et deux mois) ou de résidence (entre deux mois et un an). La présence dans la durée permet à l’écrivain de travailler sur son projet en cours tout en étant associé à un travail de médiation et de diffusion autour de son œuvre (attention, il reste associé, c’est-à-dire qu’il participe mais n’est pas l’organisateur ni le pilote des actions proposées).

De nouvelles formes de résidences émergent :

  • auteur associé : l’écrivain vient dans la structure de manière ponctuelle sur une période de plusieurs mois, sans résider sur place.
  • présence numérique : l’artiste est présent quasi-exclusivement sur le web, même si des rencontres physiques subsistent. Cela peut prendre la forme de correspondances, par exemple.

L’essentiel des informations reprises ici sont tirées de l’excellent petit guide publié par la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) disponible ici.

Vous êtes prêts à m’accueillir ? Rendez-vous ici pour les modalités pratiques ! Dites-moi en commentaire si vous aimez les rencontres avec les auteurs, si vous en avez déjà faites (en tant qu’auteur ou en tant que spectateur), vos avis m’intéressent.

Mes 3 conseils pour commencer à écrire un roman

A force de lire des blogs comme le mien et parce que vous aimez peut-être écrire, vous vous êtes dits : pourquoi pas écrire un roman moi aussi ? Histoire de ne pas risquer d’abandonner après trois pages, je vous donne trois conseils pour bien démarrer.

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1. Avoir une idée d’histoire

Cela paraît évident, mais il faut a minima savoir de quoi vous allez parler. Cette idée peut-être très vague ou au contraire précise et elle peut concerner soit un ou des personnages, soit un lieu particulier que vous avez envie d’évoquer, soit un fait divers qui vous inspire, soit un thème…

En fonction de votre idée de départ, vous allez développer une histoire autour de cette idée. Car, ainsi que le rappelle David Meuleumans dans le Mooc Draftquest Ecrire une oeuvre de fiction :

« Alfred Hitchcock disait que les trois ingrédients pour un bon film sont :

  1. une bonne histoire,
  2. une bonne histoire,
  3. une bonne histoire. 

Le roman, c’est pareil.

Les personnages, les lieux, les péripéties, tout cela va seulement servir cette histoire. Parfois, les personnages seront tellement typés que l’histoire va découler de leur caractère ou de leur histoire personnelle (c’est le cas d’Eléonore dans Le Vent des Lumières, par exemple), parfois c’est le lieu qui va susciter l’histoire (comme dans Bréhat dans Oraison pour une île ou Brocéliande dans Les Ombres de Brocéliande). Enfin, ça peut être un fait divers ou une thématique qui vous donne envie d’écrire ce roman (comme pour Petite Mouette).

Mais, à chaque fois, vous allez utiliser, mettre en place une histoire pour écrire sur ce thème, ces personnages ou ce lieu. Sinon, ce n’est pas un roman, c’est un essai, une biographie ou un documentaire. Mais pas un roman.

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2. Se documenter

Dans certains cas (roman historique, policier…), se documenter coule aussi de source. Cependant, même si vous décidez d’écrire un roman qui se passe de nos jours, ne négligez pas la documentation : cela donnera de la couleur à vos descriptions et surtout de la crédibilité à vos personnages et à votre histoire.

Certains auteurs se documentent bien en amont de l’écriture, mais le risque est de procrastiner méchamment en voulant trop en faire et retarder d’autant le moment d’écrire. D’autres se documentent au fil de l’écriture, mais cela peut avoir le même effet néfaste en vous coupant dans votre élan pour faire des recherches.

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Je conseille une demi-mesure (j’aime bien les demi-mesures !) : se documenter suffisamment en amont pour savoir de quoi vous allez parler sans faire des contresens monstrueux et commencer à écrire. En général, quand j’écris et que j’ai un trou dans la documentation, je mets un signe dans mon brouillon (genre « faire des recherches sur machin bidule », « vérifier telle date »), je continue à écrire et j’y reviens après (c’est typiquement ce que je suis en train de faire actuellement avec Le Sang des Lumières). Seule exception : si l’élément qui me manque est capital pour avancer dans mon histoire. Dans ce cas, je fais une pause dans l’écriture et je recherche le renseignement manquant.

3. Faire un plan… ou pas

La encore il y a plusieurs écoles : ceux qui écrivent tout au fil de la plume (dans le Mooc Draftquest on les appelle des Jardiniers, comme ceux qui plantent plein de graines et qui désherbent une fois que ça a levé) et ceux qui n’écrivent pas une ligne avant d’avoir prévu toute l’action au paragraphe près (un coucou à mon confrère Stéphane Arnier qui est le meilleur représentant des Architectes, comme ceux qui dessinent la maison sous toutes ses coutures, du sol au plafond, avant de lancer les travaux).

Aucun choix n’est meilleur que l’autre. Cela dépend avant tout de votre tempérament, de votre capacité à organiser vos idées, de votre manière d’écrire.

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Personnellement, je vais vous étonner : je fais dans la demi-mesure (sans blague ! 🙂 ). Je suis plutôt archinière (architecte à tendance jardinière) : je construis un semblant de plan, assez vague au début et que je précise au fur et à mesure que j’écris. Quelquefois ce que j’ai écris ne correspond pas du tout à ce que j’ai planifié… Si ça me convient, je repense mon plan en conséquence, sinon, je réécris (mais souvent, c’est le plan que j’adapte). Certains seront plutôt jarditectes (jardinier à tendance architecte) : ils écrivent d’abord au fil de la plume et, au fur et à mesure, planifient les actions à venir en fonction de ce qui arrive. Savoir si l’on est architecte ou jardinier ou un peu des deux suppose de bien se connaître.

Si vous hésitez, sachez qu’un plan peut être utile si :

  • vous débutez : planifier permet souvent de se rassurer en posant un canevas des actions ;
  • vous écrivez un roman historique ou un roman dans lequel la chronologie est importante (un polar par exemple) : cela vous évitera d’avoir un personnage qui devient grand-père à 20 ans (sauf si cela fait partie de l’univers de votre roman !) ;
  • vous êtes un maniaque du détail.

N’oubliez pas que personne ne vous empêche de modifier le plan au fur et à mesure de votre écriture si le besoin s’en fait sentir.

Pour aller plus loin…

Si vous avez besoin de creuser le sujet, je ne peux que vous conseiller la lecture des blogs de mes confrères auteurs et autrices :

J’espère que ce billet vous a plu, même s’il est plutôt destiné à ceux qui écrivent : dites-moi en commentaire si cela vous intéresse d’avoir autres billets de ce type, plus orientés « technique d’écriture ».

Mon équipe de bêta-lecteurs est prête !

A la suite de mon billet de la semaine dernière, vous avez été nombreux-ses à vous manifester pour bêta-lire mon 5ème roman Le Sang des Lumières ! Comme il n’est pas nécessaire d’être 50 pour faire une bonne bêta-lecture, j’ai décidé de clore les inscriptions pour cette fois-ci…

Je pense qu’avoir précisé mes attentes par profil de bêta-lecteur vous a permis de vous positionner sans crainte d’être « à côté » ou de ne pas être « à la hauteur ». En tout cas, je suis ravie d’avoir suscité un tel enthousiasme.

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Mon équipe de bêta-lecture pour Le Sang des Lumières regroupe donc 12 personnes, avec différents profils :

  • les « techniciennes de l’écriture » (j’aime bien cette expression, tiens !) : Zia, Eleanor, Coralie et Pascale, plus Leslie en option « correctrice » ;
  • les lectrices : Fanfan, Lisa, Patricia et Hélène qui appartient un peu aussi aux deux autres catégories ;
  • les historien-ne-s : Stephanka, Thierry et Juliette.

Je les remercie déjà de s’être lancés dans cette aventure et j’espère qu’ils seront tous fiers autant que moi de vous offrir une belle suite pour les aventures d’Eléonore…

La bêta-lecture devrait commencer fin février. D’ici là, j’ai encore quelques (!) chapitres à finir de relire et corriger (car ce n’est pas parce que j’ai une super équipe que je ne dois rien faire ! 🙂 ).