5 indiscrétions à propos d’Oraison pour une île…

Tiens, on parle encore de mon 2ème roman cette semaine ? Ce n’est pourtant pas mon actualité la plus brûlante (j’en ai écris 2 autres depuis et je suis en train d’écrire le cinquième…). En fait, il y a une raison (qui vous fera sourire, sans doute !) et cette raison m’a fait penser que vous aviez peut-être envie d’en savoir plus sur les coulisses de ce roman. On y va ?

Le roman a-t-il eu toujours ce titre ?

Non, c’est un de mes romans qui a changé le plus de titre au cours de sa vie 🙂 . Vu que je l’ai commencé lorsque j’étais ado, il a évolué en même temps que moi (et que son contenu – voir l’indiscrétion 3). Pêle-mêle il s’est appelé :

  • Pages blanches
  • Il est temps de vivre
  • Granites (avec le « e » !)
  • Sans ailes
  • Oraison pour un ange

Pour finalement prendre son titre actuel : Oraison pour une île. D’ailleurs, je n’exclue pas de rechanger encore le titre, car je finis par penser que le mot « oraison » fait fuir des lecteurs : trop compliqué, trop religieux, trop funèbre… Pourtant, le terme d’oraison ne s’applique pas qu’à une prière funéraire, j’avais choisi ce mot car il reflétait bien l’hommage que le texte rend à l’île de Bréhat, mais aussi à cause de l’histoire de Joshua.

L’autre titre auquel je pense est « De l’autre côté » : il se justifierait à plus d’un titre, par rapport à la fin du roman, par rapport au statut de Joshua mais aussi en référence à l’expression qu’utilisent les Bréhatins  (ils disent ne disent jamais qu’ils vont sur le continent, ils disent qu’ils vont « de l’autre côté »). Et vous, qu’en pensez-vous ? Dites-le moi en commentaire !

Le prix Draftquest/Librinova obtenu en 2015 était-il le premier pour ce roman ?

Eh bien non ! Une des versions du roman, à l’époque où il s’appelait « Granites » a obtenu le premier accessit dans la catégorie Romans du Concours international littéraire d’Arts et Lettres de France. C’était en 2004, la remise des prix m’avait permis de découvrir Bordeaux. C’était aussi mon premier prix littéraire, j’étais fière comme une jeune première !

Diplome OPUI

Pourquoi le roman est-il si court ?

Parce qu’il a été trèèèèèès long. Trop long, même. Les versions précédentes faisaient le triple de celle qui est en vente aujourd’hui, mais ça partait trop dans tous les sens. Erreur de débutant : on veut dire plein de choses, trop de choses. Finalement on s’y perdait.

Versions OPUI
Quatre boîtes d’archives rien que pour les différentes versions d’Oraison pour une île

Cela dit, je n’exclue pas de proposer une réécriture du roman avec des chapitres supplémentaires, qui permettent notamment de mieux connaître le passé de Caroline (c’est une « critique » qui revient souvent chez mes lecteurs : pourquoi en est-elle arrivée là ?). Moi je le sais (normal, je suis l’auteur !) mais je n’avais pas envie de raconter sa vie d’avant. Sauf que manifestement, ça manque. Idem pour Joshua : il manque des éléments de sa vie antérieure pour le cerner complètement… et le rendre peut-être moins « évanescent » 🙂 . Qu’en pensez-vous ?

Pourquoi cites-tu Bono, le chanteur de U2, dans tes remerciements ?

Remerciements OPUIPour ceux qui ne le savent pas encore, je suis une grande fan de U2 et je me suis rendu compte que certaines paroles de chansons entraient curieusement en résonance avec le texte de ce roman.

Je dois avouer aussi que la dégaine de Bono dans les années 87-89 a fortement inspiré l’image que je me fais de Joshua (mais c’est mon image personnelle, vous avez tout à fait le droit de ne pas la partager !) : physiquement, mais aussi sa manière de bouger, ses allusions à la foi, la philosophie, son côté faussement mégalo… etc. Personnage très ambivalent qui m’a amusée (séduite aussi, un peu :p ). Si je publie ce billet aujourd’hui, c’est parce que c’est l’anniversaire de Bono (ça m’amuse 🙂 ).

Bref, en relisant mon manuscrit, j’ai découvert que certaines de mes phrases étaient d’exactes traductions d’extraits de chansons… Je ne sais pas si c’est le subconscient qui agissait mais je me suis amusée à les conserver dans la version finale, d’abord comme un clin d’oeil au groupe, mais aussi parce que ces mots, finalement, s’appliquaient parfaitement à ce que je voulais faire passer.

Allez, on joue ? 😉

Les sentiers se croisaient et s’entrecroisaient continuellement en formant des boucles et des détours. À chaque fois, Caroline prenait une direction pour atteindre un endroit précis… et débouchait ailleurs. Sa promenade se construisait ainsi, au fil des imprévus, au hasard des découvertes. Elle avait bien pris une carte, mais les lieux-dits n’étaient pas signalés sur les chemins, à part les sites remarquables. Partout ailleurs, les villages, les hameaux, les rues n’avaient pas de nom*. Se repérer relevait de la navigation savante à la boussole et Caroline, enchantée, jouait à se perdre sans risques.

*Where the streets have no name, 1987.

— Je suis là !
Une ombre passa sur le plafond, au-dessus de Caroline endormie sur ses feuilles noircies d’encre. Ému, Joshua la regardait, sans oser se manifester.
Pourtant, ce qu’il lisait par-dessus son épaule remuait tout ce qu’il y avait de plus humain en lui, ce qu’il essayait désespérément d’étouffer depuis toutes ces semaines, pour ne pas faillir à sa mission. Mais il n’avait plus goût à rien, lui non plus. Il passait souvent de longues heures à la regarder. Simplement la regarder.
Rien n’avait changé. Sa fuite n’avait fait qu’empirer les manques. Elle sentait son ombre… et lui n’arrivait plus à la quitter.
Mais cette proximité intangible ne lui suffisait plus*.

Ce n’est pas proprement un extrait, mais la scène me fait penser au clip de Stay (Faraway, so close !) sorti en 1993, lui même inspiré de l’univers du film éponyme de Wim Wenders, qui est la suite des Ailes du désir (je vous conseille les deux, ces deux longs-métrages sont d’une poésie absolue).

Sur un rocher surplombant la mer, Caroline défiait les nuages gris, tournée vers le large. Les vagues commençaient à asperger ses pieds nus. Elle ne bougeait pas, les yeux clos, comme en attente.
Tu n’as rien à m’offrir… mais moi je n’ai plus rien à perdre*, cria-t-elle en direction du ciel avec un sourire baigné de pluie.

« Nothing to win, and nothing left to lose » (in With or without you, 1987… bon, vous la connaissez, celle-là ! 🙂 )

 

Le trémolo de cette voix ténue blessa le cœur de Cordélia. Un goéland passa en vol plané devant elles. Caroline soupira longuement et ferma les yeux.
— On ne recommence jamais une vie, vous savez, lâcha brusquement la jeune femme au bout d’un moment. On continue seulement. Il y a toujours du passé, des traces, du vécu… toutes ces choses qu’on ne peut laisser derrière soi*.

« All that you can’t leave behind » (in Walk on, 2000), c’est aussi le titre de l’album sorti en 2000.

A qui s’adresse la dédicace ?

À mes ombres,
celles qui se reconnaîtront,
et celles qui s’ignorent.

Mes ombres, ce sont tous ceux qui ont eu (ou ont encore) de l’importance dans ma vie. Il y a ceux qui ont été/sont importants tout en le sachant parce que je le leur ai dit… et puis ceux qui sont importants pour moi sans qu’ils l’aient jamais su.

Vous n’en saurez pas plus 😉

J’espère que ce billet en forme de clin d’oeil vous aura plu, en tout cas je me suis bien amusée… Maintenant je retourne à la relecture du Vent des Lumières !

 

 

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L’île de Bréhat… à travers Oraison pour une île

A l’instar de ma visite de Paris au temps de mon roman Le vent des Lumières, je vous propose une petite découverte en images et en mots de l’île de Bréhat, théâtre de mon second roman Oraison pour une île.

Situation

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L’île de Bréhat est située dans les Côtes d’Armor, en Bretagne, au large de Paimpol. On y accède par bateau uniquement (il y a de nombreuses navettes toute la journée), vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site de l’office de tourisme.

La journée suffit pour faire le tour de l’île et découvrir les sites importants, mais je vous conseille d’y rester au moins une nuit. En effet, après le départ de la dernière navette (et donc des nombreux touristes !), l’ambiance est très différente, plus apaisée. Sur l’île, il y a un camping, des chambres d’hôtes, des gîtes… donc n’hésitez pas. La meilleure période pour visiter est avril-mai, lorsque tout est en fleur (on surnomme Bréhat l’île aux fleurs !) et, si vous pouvez, éviter les week-end pour préférer la semaine.

Je vous fait rêver un peu avant de commencer ? 😉

L’arrivée sur l’île

On embarque à la pointe de l’Arcouest, à Ploubaznalec et on débarque à Port-Clos, après dix minutes environ de traversée (il est possible aussi de faire le tour de l’île avec une navette spécifique, qui dure 45 mn et débarque à Port-Clos à la fin).

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Cale de l’Arcouest à marée montante, côté continent. Photo Fred Henze.

La particularité, c’est qu’on embarque à des endroits différents en fonction de la marée : à marée haute, à mi-marée ou à marée basse. En fonction de l’horaire de la navette et de celle des marées, vous aurez donc plus ou moins de chemin à faire pour prendre le bateau ou en descendre…

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La cale de marée basse, côté Bréhat (photo François Madic).

Caroline reçut les prémices de l’île avec un coup au cœur lorsque le taxi aborda le dernier virage avant le parking de l’embarcadère de la pointe de l’Arcouest. La revoir lui donnait le vertige, des frissons dans le dos et elle étouffa une exclamation dans le creux de sa main, émue aux larmes.
Elle resta un moment sur le parking, puis se dirigea vers l’embarcadère, au bout duquel une vedette attendait. Elle trouva un banc et s’assit. Au loin, là-bas devant elle, Port-Clos semblait l’attendre. Elle avait encore la possibilité de changer d’avis. De faire demi-tour.
Avait-elle fait le bon choix ?
(Chapitre 14)

Chez Cordelia

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Le portail rouge (photo perso).

Je ne mets pas la photo de la maison car il s’agit d’une propriété privée. Elle est assez bien cachée mais on peut en voir des morceaux depuis le chemin. Si vous lisez bien ma description dans le livre, vous devriez pouvoir la retrouver 😉

La première fois, je suis tombée par hasard devant ce portail rouge un peu décrépi (il a été repeint depuis) et le côté mystérieux de ce dernier m’a tout de suite séduite. J’ai eu envie d’y faire vivre la vieille dame de mon roman. Dans le jardin, se trouvaient des statues, perdues au milieu de la pelouse, regardant vers la mer… ça m’a inspirée.

Elle grimpa lentement le sentier étroit de chaque côté duquel on devinait de grandes propriétés refermées sur elles-mêmes derrière les murs et les haies touffues.
Un portail de bois grenat, encadré par deux immenses pins, surgit au détour du chemin.
— C’est là…
Le son ténu de sa propre voix arrêta la jeune femme plusieurs dizaines de mètres avant le portail. Elle mettait les pieds ici pour la première fois de sa vie, mais elle devinait qu’elle était au bon endroit. Elle sonna, sans oser pousser le portail de bois disjoint.
(Chapitre 1)

La chapelle Keranroux

C’est le repaire de Joshua, situé au milieu de l’île, sur la partie nord, juste après le pont Vauban qui relie les deux parties. C’est une petite chapelle qui comporte un chevet à pans coupés du XIXème siècle. La petite maison attenante appartenait au poète Edmond Haraucourt qui la légua, à sa mort, à l’Université de Paris. C’est un de ses vers qui ouvre le roman.

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Le soleil joue dans les vitraux de Keranroux (photo perso).

 

Par la fenêtre de la cuisine, grande ouverte, les accords tumultueux de La Mer de Debussy répandaient la violence des vagues sur les pavés de la chapelle de Keranroux derrière lui. Joshua appréciait d’ouvrir la porte de bois un peu décrépie, le matin, pour libérer les odeurs d’encens, de cierge brûlé et les murmures oubliés des prières laissées là en suspens. Il prenait ainsi son café sur le seuil de schiste poli par l’usure du passage en écoutant de la musique.
(Chapitre 7)

La chapelle Saint-Michel

Ile-de-Bréhat-Chapelle-Saint-MichelC’est l’autre chapelle célèbre de Bréhat : curieusement perchée en haut d’un monticule, elle domine la partie sud de l’île et l’étang du Birlot, le moulin à marée. C’est une chapelle minuscule, d’un blanc immaculé et un toit orange, avec une croix de granit qui ponctue le ciel d’un bleu pur. C’est l’un de mes endroits préférés de l’île.

La chapelle Saint-Michel, minuscule, se dressait sur un monticule étroit à trente-trois mètres au-dessus du niveau de la mer, comme un défi à Dieu et aux éléments. Le soleil commençait à se griffer de noir derrière les arbres en dessinant de grandes ombres sur le chemin qui s’accidentait, parsemé de gros blocs rocheux parmi lesquels grimpait un escalier.
Caroline entra dans la chapelle par l’unique porte et se retrouva au milieu de la toute petite nef. La lumière silencieuse sentait la cire fondue et l’humidité et rehaussait le bois poussiéreux du retable ceint d’une barrière, à sa droite. Sur sa gauche, assis sur l’un des deux bancs patinés, les regards perdus dans la voûte basse qui ressemblait à une coque de bateau renversée, quelqu’un priait, coupé du monde.
C’était Joshua.
(Chapitre 11)

La croix Maudez

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La croix Maudez (photo perso).

On considère que c’est le calvaire le plus ancien de l’île, la légende dit qu’il fut fondé par Saint-Maudez lui-même, un moine du Vème siècle. Lorsqu’il débarqua sur Bréhat, il fut rejeté par toute la population et dut coucher dehors. Peu de temps après, l’île fut accablée par de nombreux malheurs : les insulaires pensèrent qu’ils étaient punis par Dieu pour avoir mal accueilli le moine. Ils allèrent alors le trouver pour demander pardon et bâtirent un calvaire en face de son ermitage.

— La croix de Maudez, déclara Joshua en posant sa main sur le granit. Le plus ancien calvaire de Bréhat, il date du cinquième siècle.
Caroline laissa traîner ses doigts sur la pierre grumeleuse et froide, sans pouvoir détacher ses yeux de la main de Joshua. Elle songea qu’elle aimait aussi les mains du jeune homme, courtes, carrées, charnues. Des mains de marin, avec quelque chose de fruste, de rude, de solide qui tranchait avec la délicatesse et la sensualité avec laquelle il caressait la pierre. Leur lenteur calculée, presque idolâtre émouvait Caroline.
(Chapitre 11)

Le phare du Paon

A tout seigneur, tout honneur : celui de boucler cette visite virtuelle. Le phare du Paon est situé tout au nord de Bréhat et regarde vers le large. C’est un édifice plutôt trapu, qui n’a rien d’exceptionnel, en fait. Son environnement, perdu au milieu de nulle part, en fait cependant un endroit hors du commun. On se sent vraiment seul au monde (bon, quand il n’y a pas de touristes, disons !).

Le phare est construit sur une sorte de plateforme en granit rose posée sur les rochers battus par la mer. Devant, on trouve le Gouffre, une anfractuosité de la roche dont les formes étranges rappellent la légende du Paon : contrairement à ce qu’on pense, le mot Paon n’évoque pas l’oiseau mais vient du mot penn qui veut dire tête en breton. On raconte que Gwill et Isselgert, les deux fils de Mériadec, comte de Goëlo, voulaient jeter à la mer le corps de leur père qu’ils avaient assassiné pour se venger de lui (leur père les avait enfermé après qu’ils eurent pillé l’abbaye de Beauport). La colère de Dieu les changea en rocher et un gouffre sans fond se forma autour d’eux.

Le phare du Paon
Le phare du Paon sur sa plateforme de granit rose (photo Philippe Dufour).
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Le Gouffre… et ses drôles de personnages pétrifiés dans la pierre. (photo perso)

Quelle que fut la direction que l’on prît, à Bréhat on finissait toujours tôt ou tard au phare du Paon qui, d’endroit le plus solitaire, en devenait le plus fréquenté. Joshua évita le promontoire et s’aventura sur les rochers qui s’élançaient vers ce qu’on appelait « le Gouffre ».
À marée haute, les vagues, somptueuses, se soulevaient vers le large, grossissant, grossissant au fur et à mesure qu’elles approchaient. Qu’un rocher trois fois plus haut qu’elles se trouvât sur leur chemin, peu importe : elles se désintégraient contre la paroi en une formidable explosion de gouttes mais, loin de perdre de leur vigueur, les vagues, sournoises, contournaient l’obstacle en une fraction de seconde et engloutissaient la base du rocher en bouillonnant dans un murmure d’avalanche. L’eau de mer se vautrait alors dans chaque anfractuosité de la roche avec des bruits de déglutition gargantuesque.
(Chapitre 8)

J’espère que ce petit tour à Bréhat vous aura donné envie d’y poser votre sac pour une heure, une journée… ou une vie, pourquoi pas ? Sinon, vous pouvez toujours ouvrir mon roman, il paraît qu’on y voyage sans bouger de son fauteuil… 😉 (c’est ici si vous voulez l’acheter : 2,99€ le billet aller/retour, pas cher, non ?). Et puis, dites-moi ce que vous en avez pensé !

 

Oraison pour une île en promo flash

Mon deuxième roman Oraison pour une île est en promo flash à 0,99€ toute la journée du mardi 13 décembre… C’est le moment d’en profiter si vous n’avez pas encore osé plonger dans cette histoire qui est sans doute mon roman le plus personnel.

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Pour l’occasion, j’ai réécris le résumé du livre, parce qu’il me semblait que le précédent était peut-être un peu trop « métaphysique » (déjà qu’avec le titre… 😀 ).

Voilà donc le nouveau. Dites-moi ce que vous en pensez !

En pleine crise existentielle, Caroline échoue son mal-être sur une île bretonne, quelque part entre ciel et mer : Bréhat. Sur cette île – pas déserte, mais presque – Cordélia, la propriétaire de la maison d’hôte qui accueille Caroline, lui réapprend à vivre, avec douceur et bienveillance.

Ce fragile équilibre que Caroline essaie de retrouver va être soudain bouleversé avec l’arrivée de Joshua, jeune homme énigmatique et mystérieux, à la personnalité ambivalente. Il n’a rien à lui offrir… et pourtant c’est peut-être tout ce qu’elle a.

Dans cet ouvrage court et intense, qui fait délibérément le choix de l’émotion et des sentiments, les paysages et l’ambiance de Bréhat sont magnifiés par une écriture poétique, imagée, émouvante. Loin d’être une romance traditionnelle, ce roman vous entraînera vers un chemin auquel vous ne vous attendez peut-être pas… Oserez-vous vous y perdre ?

« Une écriture pleine d’élégance et d’émotion… »

« La poésie des mots rend bien l’impression d’envoûtement qui saisit le promeneur dans ce lieu hors du temps. »

« Ce roman fait partie de ceux qui laissent en nous une empreinte, comme un souvenir réconfortant… »

Pour ceux qui hésitent encore quand même à cause du titre, je tiens à les rassurer : ce n’est pas un roman de grenouille de bénitier 😉 … Il y a certes un petit côté mystique mais ça reste avant tout une histoire d’amour… pas comme les autres. Dans un endroit… pas comme les autres (ceux qui sont déjà allés à Bréhat me comprendront… et pour ceux qui n’y sont pas encore allé, je vous invite à le faire !).

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Ce qui est intéressant, c’est que chaque lecteur a son interprétation de la fin du roman… Et si vous me donniez la vôtre en m’écrivant un petit mail à l’adresse qui est à la fin du livre ? 😉

« Oraison pour une île » a 1 an !

On sort un peu de Brocéliande pour revenir à Bréhat… Voici un an, mon deuxième roman Oraison pour une île était auto-publié, toujours grâce à Librinova, après avoir remporté ex-eaquo le 1er prix du concours Draftquest/Librinova en 2015.

Couv Oraison pour une ile

Un lancement perturbé…

J’avais fixé le jour du lancement un vendredi 13, parce que je ne suis pas superstitieuse, que j’aime bien les vendredis et j’aime bien le chiffre 13… Mais, l’année dernière, si la journée du vendredi 13 novembre avait bien commencé, avec des ventes honnêtes pour un deuxième roman, la suite des événements avec les tragiques attentats de Paris m’a coupé toute envie de faire de la publicité pour mon livre les jours suivants…

Conséquence, Oraison pour une île n’a pas eu beaucoup de visibilité sur les réseaux en novembre et début décembre, pour des raisons bien compréhensibles et je ne regrette pas de l’avoir fait « discrète ».

Cela dit, en décembre, le livre a bénéficié d’une belle mise en avant dans la liste des « coups de coeur » de Noël du site de la liseuse Nolim/Carrefour.

En mai 2016, c’était le jour de la vente flash Amazon à 0,99€ et si je n’ai pas crevé les plafonds comme avec Le vent des Lumières, j’ai néanmoins fait 280 ventes en une journée et le roman s’est classé à la 6ème place du top 100.

Un an après

J’en suis aujourd’hui à plus de 800 exemplaires numériques vendus (+ quelques dizaines en papier). Les retours des lecteurs sont en majorité positifs, même si certains sont visiblement passés à côté de l’histoire. C’est plus qu’honnête comme résultat, mais clairement en dessous des scores que j’ai atteint avec Le vent des Lumières et Petite mouette qui ont dépassé les 1000 ventes en moins de six mois…

A vrai dire, ce résultat ne m’étonne pas vraiment, car je sais que ce livre est un roman atypique. C’est sûrement mon roman préféré, celui que j’appelle mon « roman-doudou », mais je comprends qu’il puisse dérouter. Je pense qu’il est comme son héros Joshua, à double tranchant, sans nuances : on aime ou on n’aime pas. Bon, ça va, la plupart des lecteurs aiment ! 😉

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Je pense que le titre, aussi, n’est pas indifférent à cette relative contre-performance : un roman qui parle d’oraison, ça n’est pas forcément très vendeur : ça fait religieux, voire macabre (même si littéralement parlant une oraison n’est pas forcément funèbre) ! J’ai pensé un moment lui donner un autre titre, qui serait : De l’autre côté. Qu’en pensez-vous ? Je pense aussi que je vais modifier le résumé et la présentation, de manière à « tempérer »  le mot « oraison ».

En tout cas, je ne renonce pas à donner à ce livre une belle vie dans vos mains de lecteurs, car c’est sans doute le roman qui me ressemble le plus, celui où j’ai mis beaucoup de mes doutes, de mes peurs, de mes joies, de mes aspirations, de mes questions… J’ai mis des années à l’écrire, dans la douleur parfois, comme un exutoire mais je suis heureuse de vous l’avoir offert, de le laisser s’envoler et vivre sa vie.

Si vous avez envie de vous laisser tenter, c’est ici… Si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ? Envoyez-moi votre avis ou commentez directement sur votre site d’achat !

 

 

Oraison pour une île : promo et playlist

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Offre éclair Amazon le 7 mai

Si vous me suivez sur les réseaux, vous avez sans doute aperçu mon annonce : mon dernier roman Oraison pour une île sera en Vente éclair Amazon samedi 7 mai au prix exceptionnel de 0,99€ (au format kindle uniquement).

Pour profiter de cette offre éclair, il suffit de cliquer là entre 00h et minuit le samedi 7 mai, mettre dans son panier, payer, et hop le tour est joué !

Si vous ne l’avez pas encore acheté, c’est le moment où jamais (même si vous n’économisez que 2€… vous vous offrirez un apéro à ma santé 😉 )… Et si vous avez déjà acheté, je ne sais pas moi… le 29 mai c’est la fête des mères, pensez-y !

Lire en musique… mais pas n’importe laquelle !

Pour fêter cette offre promo, j’avais envie de vous offrir un petit cadeau, aussi : une playlist des morceaux musicaux qui sont évoqués dans le roman. Un de mes rêves d’écrivain, ce serait d’arriver un jour à fabriquer un livre que le lecteur pourrait lire avec la musique de fond au moment adéquat. Vous savez, comme une bande originale de film, en quelque sorte : quand on dit que Joshua écoute La Mer de Debussy, hop, le morceau commence et vous accompagne jusqu’à la fin du chapitre… J’imagine qu’on arrivera à faire cela, un jour, avec les technologies surprenantes qu’on invente tous les jours !

En attendant, on va se la jouer à l’ancienne : vous trouverez à suivre les morceaux musicaux  et l’extrait du roman qui s’y rapporte. Je vous invite à lire l’extrait en écoutant la musique… Allez, c’est parti !

La mer, trois esquisses symphoniques, Claude Debussy

J’ai découvert ce morceau grâce à mon prof de philo, en terminale. Il nous avait fait écouter les trois mouvements sans nous dire le titre ni le compositeur de l’oeuvre. Puis il nous avait demandé ce que la musique nous évoquait. ça n’a pas raté, on a tous parlé de la mer, de vagues, de bateaux, de tempêtes… Le but de la « leçon » du jour : montrer que la musique évoquait des images « universelles », même sans qu’on sache ce qui avait inspiré le musicien. Il s’agit ici du 2ème mouvement qui s’appelle « Jeux de vagues ». Pour écouter l’intégralité, c’est ici.

Joshua s’assit sur le pas de la porte perdu dans les touffes d’herbes folles, sa tasse à la main – le premier café du matin. Le soleil émergeait à peine et la mer se confondait avec le ciel dans les voiles brumeux de l’horizon. L’aube ; le moment de la journée qu’il préférait.

L’heure lui plaisait : celle des chassés-croisés, celles des réveils, des endormissements, celles où les mains de l’amant glissent sur les hanches de la femme étendue à son flanc. L’heure des débuts, celle des fins ; celle des continuités.

Par la fenêtre de la cuisine, grande ouverte, les accords tumultueux de La Mer de Debussy répandaient la violence des vagues sur les pavés de la chapelle de Keranroux derrière lui. Joshua appréciait d’ouvrir la porte de bois un peu décrépie, le matin, pour libérer les odeurs d’encens, de cierge brûlé et les murmures oubliés des prières laissées là en suspens. Il prenait ainsi son café sur le seuil de schiste poli par l’usure du passage en écoutant de la musique.

Un oiseau, peut-être une mésange, cherchait son petit déjeuner dans la haie vive d’en face. Joshua sourit ; il aimait ces petits instants anodins qui ne servaient à rien mais sans lesquels la vie, à ses yeux, était terne.

Dans ces moments matinaux, il s’émerveillait encore – toujours – du monde, des couleurs, des odeurs, des sons.

Le jour se levait, paresseux ; d’énormes nuages moutonnaient, d’une blancheur lumineuse, en développant leurs rondeurs aux contours tranchants au-dessus de la base, plus sombre, presque grise. Des soufflés débordant de leur moule trop étroit. Joshua connaissait ces nuages : le temps tournait à l’orage. Les jardiniers attendaient la pluie que les estivants redoutaient.

Le jeune homme soupira profondément en portant sa tasse à ses lèvres et constata qu’elle était déjà vide.

Voilà que je suis encore dans la lune… Oh, ne me harcelez pas comme ça, je sais ce que Vous pensez ! Je sais que je n’ai pas le droit… Et Vous savez comme j’aime ainsi goûter les joies de l’humanité… Oui, oui, l’homme Vous déçoit tous les jours. Moi, l’être humain me passionne. Vous devriez être plus indulgent. Comme Caroline, tenez, elle, elle mériterait d’être un ange. Elle n’a pas d’égoïsme, elle n’exige rien pour elle-même, elle n’attend rien de personne. Elle est incapable de s’imaginer compter pour quelqu’un mais elle pourrait aimer le monde entier sans rien demander en échange… Je l’envie, Seigneur, d’être capable de tant d’abnégation. Elle devrait être à ma place, je crois… Elle mérite bien plus que moi la confiance que Vous m’accordez… Non, non, je n’exagère pas.

Seule sa fierté empêchait Joshua de retourner voir Cordélia, juste pour avoir une occasion de croiser Caroline. Il était incapable d’admettre qu’elle l’avait touché, comme si c’était un épouvantable aveu de faiblesse. Des réactions comme celles-là lui faisaient mesurer l’étendue des idioties que son stupide orgueil lui faisait faire.

Mon Dieu, Vous êtes vraiment sans pitié avec moi…

Joshua grommela en rentrant éteindre la musique avant de prendre son appareil photo. Puisque les voies du Ciel se montraient impénétrables ce matin, il allait quêter la lumière orageuse de Bréhat dans le nord de l’île.

Symphonie n°41 « Jupiter » K.551, Wolfgang Amadeus Mozart

Cette symphonie fut la dernière composée par Mozart. Moins connue que la précédente (la fameuse n°40), elle est à mon sens beaucoup plus profonde, comme si le musicien sentait déjà la mort s’approcher… Il s’agit ici du premier mouvement allegro vivace, mais vous pouvez l’écouter au complet ici (une de mes versions favorites, par Karl Böhm).

Caroline hocha la tête et, tandis que le jeune homme disparaissait de nouveau dans la cuisine, elle ôta son débardeur humide pour enfiler la chemise qu’il lui avait donnée. De la musique emplit subitement la pièce ; une symphonie.

Mozart, reconnut Caroline avec un sourire.

Le vêtement de Joshua mêlait son odeur de linge frais à celle, persistante, ambrée, du jeune homme. Caroline ferma brièvement les yeux ; elle se sentait bien. A l’abri. Les photos dispersées dans la maison représentaient des paysages marins et des portraits, originaux dans leur angle de prise de vue, mais il y avait surtout de grandes compositions plus complexes, plus abstraites, témoignant d’un véritable sens artistique auquel la jeune femme était sensible.

Aucun monde ne méritant d’être cloisonné, Joshua explorait donc tous les univers. La route de ce nomade ne connaissait qu’un seul horizon : les yeux de l’autre.

Il mettait son art au service de ses émotions, canalisait de cette manière ses angoisses, représentait des sensations. Ses photos lui permettaient de s’extérioriser, de nommer – ou plutôt de montrer – ce qui lui plaisait ou qui l’interpellait.

Sa démarche rappelait parfois les peintures surréalistes ; les matières et les textures se mélangeaient pour mieux se sublimer. Les montages surprenaient Caroline par leur complexité : chaque surface se découpait en une multitude de superpositions et de juxtapositions de détails minuscules.

— Tout est dans le détail, murmura Joshua soudain auprès d’elle. Le monde n’est qu’un assemblage de détails. Tous sont insignifiants… et importants. Chacun de ces détails a sa raison d’être, comme chacun d’entre nous. J’aime à croire que les choses n’existent pas par hasard…

— Le hasard, répéta Caroline à mi-voix. Alors, tu penses qu’il n’y a pas de hasard ?

— Exactement, répondit le jeune homme en posant son service à thé sur la table basse, devant un sofa recouvert de plaids en patchwork. Tout est significatif, tout est Signe.

Caroline plissa les yeux en le regardant brièvement, puis s’abîma de nouveau dans la contemplation des œuvres, les fouillant, les scrutant, comme hypnotisée par elles. Elle replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille et libéra une goutte d’eau. Elle coula dans son cou pour mourir sur la chaîne dorée qui palpitait au rythme d’une veine translucide.

Brutalement, Joshua s’avisa que l’émotion qu’il ressentait en la regardant n’avait plus rien d’esthétique. En fait, il la dévorait des yeux, d’un regard d’adoration et de désir dont il n’avait pas conscience jusque-là. Il voulait tout d’elle, toutes ces petites choses qui rendent belle une femme : des regards sans équivoques, des frôlements à peine évités, une lettre, un sourire, un souffle…

Il ne se lassait pas de détailler le mystère de son sourire.

Fortuitement, il venait de comprendre qu’il devait être amoureux d’elle – et la violence de cette révélation, sa soudaineté aussi, le déstabilisaient. Et puis, il n’avait pas le droit.

Caroline l’effrayait avec sa soif d’absolu, les démons qu’elle devait combattre, ses errances.

Et il n’avait pas le droit.

— La quarante-et-unième, Jupiter, c’est ma préférée…

Joshua mit un moment avant de comprendre qu’elle parlait de la symphonie de Mozart.

— Le thé est prêt.

 Tabula Rasa, Arvo Pärt

Un morceau très particulier, qui m’a profondément marquée pour diverses raisons. La musique, torturée et torturante, porte en elle une sorte de souffrance, comme une déchirure. Le morceau est assez long (c’est la version intégrale), mais il monte, monte, pour tomber d’un seul coup comme on saute d’une falaise…pour finir dans une espèce de néant post-apocalypse. Tout un univers, en somme.

Il correspondait bien à ce moment du roman… même si votre lecture durera moins longtemps que la musique. C’est aussi un hommage à ce compositeur contemporain méconnu.

Caroline enfouit son visage dans ses mains, pétrifiée par ce qu’elle mesurait, tandis que Cordélia la prenait dans ses bras avec affection, une moue soucieuse sur le visage. Elle savait que Joshua n’agissait jamais sur des pulsions incontrôlées, il mesurait toujours toutes les conséquences de ses actes. S’il donnait, il donnait tout. Et s’il avait choisi de donner, ce n’était effectivement ni inconsidéré, ni anodin.

— Tu ne crois pas que tu devrais aller lui expliquer tout cela ? proposa Cordélia au bout d’un moment.

— Lui dire que je n’ai pas le courage de tout quitter pour lui ?

— La lâcheté aussi doit être assumée, Caroline, répliqua doucement la vieille dame d’un air qu’elle aurait souhaité moins docte.

— Vous avez raison, mais…

— Ce sont des choses que Joshua peut entendre, tu sais.

Caroline hocha la tête en silence. Cordélia eut un sourire d’encouragement en regardant la jeune femme s’éloigner ; même si on ne lui en avait rien dit, elle devinait leur attirance mutuelle sur ce qui les différenciait. Caroline aimait la façon inquiète qu’avait Joshua d’être au monde, son regard tourmenté sous ses airs désinvoltes, cette fragilité qu’elle suspectait et qu’il cachait sous ce faux orgueil insupportable. Joshua était séduit par la sensualité qu’elle dégageait, dans son rapport au monde, aux autres, à elle-même. Elle n’était que sensation, là où il ne pouvait être que réflexion ; là où il était spiritualité, elle ne pouvait être que matérialiste. Caroline était gourmande de le côtoyer, il était froid dans le contact, réservé sur ce qui le concernait. Cordélia savait qu’il avait fait dire à la jeune femme des choses dont elle n’avait même pas conscience et qu’il l’avait révélée à ses propres yeux.

En arrivant devant la chapelle Keranroux, Caroline hésita et ralentit le pas en constatant que, là où logeait Joshua, tout était fermé. Sur la porte voûtée encadrée de géraniums, une enveloppe de kraft punaisée l’attendait sagement.

« Caroline,

« Je sais par avance que ce mot te heurtera. Mais peu m’importe finalement car ton attachement finit par m’effrayer.

« J’écoute Arvo Pärt en t’écrivant. Sa musique me donne envie d’imploser. Je sais que tu as déjà ressenti cela ; le désir de se dissoudre enfin en Tout… en Dieu peut-être. J’y réussirai un jour ou bien j’aurais été sur Terre pour rien ?

« C’est une curieuse sensation de mort alors qu’il y a une heure, j’étais prêt à vivre, littéralement, pour toi. Mais le sens du tragique et du désespoir a le dessus. J’ai tout perdu. Quand bien même je n’avais rien à perdre…

« La pièce musicale de Pärt s’appelle Tabula Rasa ; les jeux de violons sont une torture.

« Je ne sais pas si je reviendrais à Bréhat mais j’aimerais autant que tu n’y sois plus à mon retour. Tu m’as apporté quelque chose d’inestimable, qu’il t’est impossible de mesurer, alors que je savais de toute éternité que je n’aurai jamais rien à t’offrir. Je m’en veux d’avoir été comme cela avec toi et je t’en demande pardon.

« Oublie-moi, Caroline. Prends soin de toi et sois heureuse.

« Joshua. »

Livide, Caroline posa une main sur le mur pour s’y accrocher. Ses paupières se baissèrent lentement. Elle soupira. Déglutit, la gorge sèche. Chassa le vertige de toute sa volonté. Elle rouvrit les yeux, le cœur au bord des lèvres.

Les lignes de la lettre s’emmêlaient. Elle la replia soigneusement, avec une lenteur douloureuse. Chaque contact avec le papier meurtrissaient ses doigts aussi sûrement que si elle caressait le tranchant d’une lame.

Elle resta silencieuse un long moment, une grimace crispant ses lèvres et tout son visage.

Une goutte de sueur – ou une larme – glissa sur sa joue.

 Voilà, j’espère que ce petit voyage en musique vous aura plu et vous donnera envie de lire (ou relire) Oraison pour une île… n’oubliez pas de m’aider en relayant le message autour de vous  mais aussi en allant commenter et noter le livre sur Amazon !