Journalisme, histoire, communication : mon parcours universitaire

Ce soir, je serai à la soirée de gala de l’Ecole publique de journalisme de Tours, qui fête ses 50 ans et dont je suis sortie diplômée en 1994… À cette occasion, je me suis dit que vous aviez peut-être envie de savoir quelle était ma formation et mon parcours universitaire (eh oui, je n’ai pas fait d’école d’écrivain !).

Au lycée : littéraire… par hasard ?

Pour la petite histoire, quand j’étais petite, je ne voulais pas être écrivain (même si j’écrivais déjà), mais vétérinaire (original, n’est-ce-pas ?) puis ingénieur agronome. Carrière rapidement abandonnée au lycée pour cause d’incompatibilité d’humeur avec les maths. Mon année de seconde fut donc intense en questionnements pour savoir ce que j’avais envie de faire. J’écrivais déjà, mais sans avoir pensé un seul instant en faire un métier. De toutes façons, le diplôme d’écrivain, ça n’existait pas. Les écoles non plus (la fac de Lettres, à mes yeux, ne m’apprendrait pas à être écrivain, mais à être prof – et je n’avais pas envie d’être prof).

Les filière scientifiques m’étant fermées, j’ai envisagé un temps intégrer une filière technique (oui, en seconde j’avais une option « technique des systèmes automatisés » dans laquelle je m’éclatais !). Puis la raison a pris le dessus et j’ai intégré la filière littéraire (ça s’appelait encore le bac « A » à l’époque), avec l’option maths (par défaut : je n’avais pas envie de prendre une troisième langue et j’étais nulle en arts plastiques). Tout ça en épluchant par le menu la totalité de la documentation Onisep pour trouver le métier qui pouvait s’apparenter le plus à celui d’écrivain (c’est-à-dire, dans mon cerveau de lycéenne : être payé pour écrire). Ce fut journaliste qui sortit du chapeau… Bon, pourquoi pas (en fait, je me voyais bien éditorialiste).

Cela dit, je me suis quand même éclatée en filière littéraire (à tel point que j’ai continué le français en option en Terminale juste pour le plaisir).

Un Tours à l’École de journalisme

Avant même d’avoir mon bac, j’ai donc passé le concours d’entrée à l’IUT de Tours (qui s’appelle donc aujourd’hui l’Ecole publique de Journalisme de Tours), seul établissement avec Bordeaux, à proposer une formation post-bac reconnue par la Convention collective des journalistes (c’est-à-dire au même titre que les prestigieuses écoles de Lille et Paris notamment, qui recrutaient au niveau bac+3). J’ai donc intégré l’IUT de Tours à la rentrée 1993, avec une vingtaine d’autres étudiants, recrutés comme moi sur dossier, concours et entretien. A l’issue de mon entretien, d’ailleurs, je n’aurais pas parié un kopeck sur ma pomme, je me souviens avoir surtout parlé avec mon jury de la campagne bretonne et des querelles de clochers !

macintocsh LC III PAO journalisme ordinateur école 1993
J’ai appris la PAO là-dessus…

J’ai beaucoup appris à Tours, non seulement en presse écrite (mon domaine de prédilection, évidemment), mais aussi en radio et en télé (j’ai ainsi découvert que j’aimais bien présenter des émissions, voire même un journal et que j’étais plutôt à l’aise à l’oral). J’ai des souvenirs inénarrables de sessions presse écrite où nous devions sortir en deux jours une feuille de chou que nous réalisions de A à Z. C’était les débuts de la PAO (publication assistée par ordinateur), à l’époque, et on bossait sur des Mac LC II ou III qui plantaient (évidemment) à la dernière minute du bouclage. 🙂

À la sortie de l’IUT, après un stage à la locale d’Ouest-France et un autre à l’Echo de la Presqu’île (à Guérande), je me suis rendu compte que le métier ne me correspondait pas forcément. Ou, pour être honnête, que la vision du métier que j’avais ne correspondait pas à la réalité de ce qui m’attendait. Moi, je voulais écrire des éditos et articles de réflexion (des textes plus proches du magazine, pour schématiser) et ce qui m’attendait était plutôt la presse régionale, avec ses rubriques chiens écrasés et ses interviews d’édiles locaux en campagne… De plus, je me trouvais trop jeune pour aller travailler (j’avais 20 ans !).

La fac d’histoire, année sabbatique

J’ai donc décidé de m’octroyer une année de réflexion. Au lieu de ne rien faire pendant mon année sabbatique, j’ai décidé de m’inscrire en fac d’histoire à Rennes (parce que j’ai toujours aimé l’histoire – ça vous surprend, hein ? 😀 ). Je dois avouer que j’ai énormément apprécié cette année de transition, parce qu’elle m’a permis de me poser et surtout de flirter avec la vraie vie d’étudiant à la fac 😀 (ses restos U, ses grèves et ses manifs, ses amphis bondés ou déserts, selon la capacité du prof à donner envie d’être là, la liberté revancharde des étudiants de Rennes 2, ce « repaire de gauchistes » – clin d’oeil à mon copain Jeff…).

Tag sur les murs de Rennes 2
« Vive la dictariat du prolétature » : j’ai toujours vu ce tag sur les murs de Rennes 2 et je me demande s’il n’y est pas encore…

J’ai aussi constaté que les cours en eux-même me passionnaient : l’Histoire de la Bretagne, l’histoire médiévale, mais aussi les techniques d’analyse des documents historiques, l’historiographie… Et puis surtout, je pouvais passer des heures à la BU (bibliothèque universitaire), dans la salle d’Histoire (en général désertée par les étudiants studieux parce que c’était la plus bruyante vu qu’elle était au 1er étage !). J’y compulsais des tonnes de bouquins, de thèses et de documents… pour écrire mon roman historique, Le Vent des Lumières, qui est donc né sur les tables de la BU de Villejean-Rennes 2.

Salle bibliothèque universitaire BU Rennes 2
Une des salles de la BU Centrale de Rennes 2. Certains détestaient cette ambiance froide et austère, moi j’aimais bien.

J’ai failli poursuivre en Licence, mais le module « projet professionnel » m’a fait découvrir le cursus en Communication proposé par le département Infocom de Rennes 2 : l’IUP Métiers de la communication. Comme je le dis souvent, après avoir été journaliste recevant les dossiers de presse des institutions et entreprises, j’avais envie de savoir rédiger ces derniers… Bref, je suis passée de l’autre côté de la barrière et du côté obscur de la Force : à cette époque, le directeur de la communication (dircom pour les intimes) était le grand méchant qui cherchait toujours à manipuler la presse… Bon, quelquefois, j’ai l’impression qu’on n’a pas beaucoup évolué à ce niveau-là !

Maîtrise métiers de la communication

Dernière étape de ma formation : la communication, donc. Rappelez-vous, on est en 1996 : on commence à installer les premières versions (révolutionnaires !) de Windows 95, les téléphones portables pèsent 2 kilos et le réseau Internet en est à ses balbutiements auprès du grand public. Néanmoins, la formation intègre ces évolutions « multimédias » et nous forme aux « nouvelles technologies ». C’est un IUP (institut universitaire professionnalisé, mais je crois que ce type de formation n’existe plus aujourd’hui) et je sors avec un diplôme d’ingénieur-maître (ouais, ça claque hein 😀 ).

Je n’oublie pas mes premières amours (le journalisme et l’histoire) et je participe à la création de la radio étudiante Radio Campus Rennes (qui émet toujours aujourd’hui et qui s’appelle C Lab). C’était une super expérience et j’ai vraiment apprécié d’avoir fait partie de cette aventure. Je me souviens y avoir animé quelques numéros d’une émission historique (mensuelle ou hebdomadaire, je ne sais plus). Mon premier numéro parlait de la cuisine et de la gastronomie au Moyen-Âge. J’ai retrouvé une vidéo sur l’INA au sujet du premier anniversaire de la radio et c’est rigolo de revoir des anciennes têtes ! (note : je ne suis pas dans le reportage :p ).

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Mon mémoire de maîtrise portait sur le journalisme à l’heure d’Internet et je l’avais intitulé, de manière assez provocatrice : « Internet va-t-il tuer les journalistes ? ». Ce qui me fait assez sourire aujourd’hui, c’est que l’on se pose toujours cette question… alors qu’à mon sens les journalistes ont toujours (et même encore plus) leur place à l’heure d’Internet. Leur rôle a simplement changé : de fournisseurs d’informations, ils sont devenus filtres, analystes, explicitateurs (si on me permet le néologisme). Bref, le débat est encore entier ! Après mon stage de fin d’études, je suis entrée dans la vie active… mais ça, c’est une autre histoire !

Je n’ai donc pas fait « d’école d’écrivain », mais finalement, mes différentes formations m’ont beaucoup apporté pour l’écriture d’un roman (et je m’en rends compte après coup). Déjà, on travaille son écriture. En Histoire comme en Journalisme, on apprend et on expérimente l’importance de croiser ses sources ou celle de préférer l’information originelle à son interprétation. Grâce à mes études en communication, j’ai appris à écrire pour être lue, à cibler mon public… mais aussi à être efficace pour promouvoir son livre !

Voilà, un petit tour dans mon passé universitaire à l’occasion de l’anniversaire de l’école de journalisme qui va me permettre de retrouver certains camarades de promo… J’espère que cette petite évocation vous a intéressé-e ; posez-moi d’autres questions si vous avez envie d’en savoir plus !

 

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Écrivain, ça rapporte ?

Cette semaine, on parle gros sous ! Mes deux derniers billets sont entrés en résonance avec l’actualité récente de la vie littéraire : le salaire des auteurs. Alors, combien gagne un écrivain ? Je lève le voile… en tout cas pour ce qui me concerne.

La récente polémique #payetonauteur (relative au refus des organisateurs du Salon Livre Paris de rémunérer équitablement les auteurs intervenant sur le salon) a permis au moins de mettre sur le devant de la scène la question du salaire des écrivains. Contrairement à ce que beaucoup pensent, l’auteur n’est pas un fainéant payé une fortune pour coucher trois mots sur un clavier (bon, ça existe, mais ce n’est quand même pas la majorité !).

La semaine dernière, j’ai écrit pour le site d’Anaïs Vivre de ses romans un article où je donnais mon avis sur la plateforme d’auto-édition Librinova. La semaine précédente, en vous présentant mes outils d’écriture, j’ai dévoilé le tableau avec lequel je suis chaque mois mes revenus liés à la vente de mes livres. Sur ce tableau, j’ai flouté volontairement les sommes reçues.

Ce n’est pas parce que j’ai des choses à cacher, mes revenus d’auto-édition et droits d’auteurs sont déclarés en bonne et due forme (enfin j’espère !) aux impôts. C’était plutôt parce que je ne voulais pas balancer des chiffres bruts sans explication. Aujourd’hui, je lève le voile sur ce que « ça rapporte » l’écriture (spoiler : en fait, pas encore grand-chose !).

Combien je touche sur la vente d’un livre ?

Livres numériques (ebooks)

Mes ebooks sont commercialisés via Librinova sur des librairies en ligne (Amazon, Fnac.com, Cultura.fr, etc.). Sur le prix hors taxe (TVA à 5,5%), ces librairies prennent environ 30% de commission, Librinova prend 10% (au titre du programme Agent littéraire) et me reverse le reste. Mes 3 romans auto-édités (Oraison pour une île, Petite Mouette et Les Ombres de Brocéliande) sont vendus 2,99€ TTC sur lesquels je touche donc 1,78€ par exemplaire vendu.

Pour Le Vent des Lumières, il s’agit de droits d’auteurs qui me sont versés par l’éditeur City Editions. L’ebook est vendu 13,99€ TTC (j’en conviens, c’est très cher, mais je n’ai pas eu mon mot à dire !). L’éditeur me verse 15% de droits d’auteurs sur le prix hors taxe, donc je touche à peu près 2€ par ebook vendu.

Les ventes en numérique représentent l’essentiel des revenus générés (90%).

Livres papiers

Répartition des gains pour un livre vendu 20 €
Répartition des gains pour un livre vendu 20 € (source éditions Humanis).

Sur les livres auto-édités, je touche entre 2,50€ et 3€ en fonction du prix de vente (entre 9€ et 12€) : le reste va à la plateforme d’impression à la demande pour couvrir les frais de fabrication du livre et la commission de la plateforme (CreateSpace ou BoD).

Pour Le Vent des Lumières, je touche là aussi des droits d’auteurs : entre 8 et 15% en fonction du volume des ventes. En fait, l’éditeur m’a déjà versé une avance sur mes droits (on appelle ça un « à-valoir ») : j’ai ainsi eu 3000€ (- 20% de commission d’agent de Librinova soit 2400 €) de la part de City Editions pour les ventes du premier tirage du roman (après, charge à l’éditeur de rentrer dans ses frais !).

Je gagne combien avec mes romans ?

Mes chiffres de vente

Voici un tableau simplifié de mes ventes et des revenus depuis que j’ai publié mon premier roman, en août 2015 (vous voyez, je ne cache rien !).

Ventes (ebooks +  papiers)

Revenus nets (imposables)

septembre- décembre 2015 (auto-édition)

1262

1 370 €

2016 (auto-édition)

4227

6 596 €

2017 (auto-édition)
2017 (édition traditionnelle)

3251
1100

4 698 €
2 400 €

Brut de pomme, comme ça, ça parait énorme (quand on reçoit la somme sur son compte aussi, j’avoue !). Mais sur 28 mois, cela représente 538 € par mois. C’est une moyenne car les ventes sont fluctuantes en fonction des périodes : certains mois vont rapporter 1000€ et d’autres 70€ !

Je précise que l’ensemble de ces revenus sont déclarés et que je paye donc des impôts dessus.

Pas de quoi faire un salaire !

Pour vous donner une idée, 538€, ça fait un peu plus de 40% d’un Smic net à 39h. En introduction de ce billet, je disais que l’écriture ne rapportait « pas grand-chose ». Il faut relativiser : pour quelqu’un qui n’a pas de revenus (ou de faibles revenus), c’est déjà une belle somme. Mais c’est loin d’être le pactole quand même, surtout que le ventes sont très aléatoires et cycliques.

J’ai la chance d’avoir un boulot bien payé et je ne peux donc pas encore compter remplacer mon salaire par mes revenus d’écriture. Pour l’instant, ces revenus sont donc du bonus… mais c’est aussi une juste rémunération de mon travail d’écriture.

Des revenus qui ne tombent pas du ciel

En effet, il faut se rappeler surtout que ces revenus ne sont pas de l’argent facile qui tombe du ciel sans rien faire. Ces sommes ont été générées par la vente de 4 romans. Or, ces romans, il faut les écrire, les corriger, les promouvoir, etc. Bref, c’est du travail. Même quand on fait une séance de dédicace, un salon, une intervention dans une école, une médiathèque, c’est du temps que l’on passe en tant qu’auteur : c’est du travail (et c’est la raison pour laquelle les auteurs réclamaient rémunération au Salon du Livre à Paris).

L’écriture d’un roman me prend en moyenne entre 12 et 18 mois, quant à la promotion, c’est un travail quotidien, surtout en auto-édition où l’on est seul à bord. J’estime donc que je n’ai pas volé cet argent, je ne l’ai pas gagné honteusement non plus, bref, que je le mérite !

salaire des auteurs campagne Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse
Campagne de sensibilisation de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse sur le salaire des auteurs.

Contrairement à ce que l’on croit aussi souvent, les revenus en auto-édition sont plus intéressants, financièrement parlant, que via l’édition traditionnelle. Donc signer un contrat d’édition n’est pas forcément synonyme de jackpot. Il s’agit plutôt (à mes yeux en tout cas) d’une certaine reconnaissance professionnelle (et de talent ?).

Non, je ne vis pas (encore) de mes romans

Je ne vis pas de mes romans, mais j’espère bien y arriver un jour ! J’aimerais en tout cas pouvoir générer suffisamment de revenus pour pouvoir travailler à temps partiel, voire pour arrêter mon activité salariée et me consacrer entièrement à l’écriture. Je n’y suis pas encore, mais Rome ne s’est pas faite en un jour…

Cela dit, pour pouvoir générer plus de revenus issu de l’écriture, il faut écrire plus, pour écrire plus, il faut du temps, pour libérer plus de temps, il faut gagner plus d’argent… c’est le serpent qui se mord la queue !

Marketing d'urgence pour auteurs salaire des auteurs

J’avais envie de faire ce billet d’une part pour être transparente et d’autre part pour montrer qu’être écrivain n’est pas forcément synonyme de best-seller et de grosse fortune. Les écrivains qui vivent effectivement de leur plume ne sont pas si nombreux que ça. Sans parler de la situation des auto-édités (auteurs indépendants) qui ne sont pas vraiment reconnus et qui n’ont pas de statut (fiscal, social, juridique) bien défini. Mais ça, c’est une autre histoire !
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L’inspiration, mythe ou réalité ?

La semaine dernière, j’entamais mon billet sur les outils d’écriture en parlant du mythe de l’écrivain penché sur son manuscrit, assailli par l’inspiration. Apparemment, vous avez été quelques-uns à trouver mes outils utiles… et que parfois, ce sont les outils qui font défaut, plutôt que l’inspiration. Alors, l’inspiration, ça sert à quelque chose ?

« L’écriture, c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration »

J’aime beaucoup cette maxime, professée (assénée !) par l’écrivain Martin Winckler dans chaque épisode de la saison 5 du Mooc Draftquest écrire une oeuvre de fiction (il l’a adaptée de la célèbre phrase d’Edison concernant le génie). Je l’aime beaucoup parce qu’elle résume ce que je pense depuis longtemps sur l’écriture : un peu de talent et surtout beaucoup de travail. Non, contrairement à ce que beaucoup de lecteurs pensent, aucun écrivain n’écrit un roman en une seule fois, d’un trait, sans revenir dessus. Il y a des brouillons, un premier jet, parfois un second, des réécritures, des corrections, on rature, on élague, on étoffe… c’est ça, l’écriture. Un constant aller-retour sur le manuscrit, jusqu’à ce qu’il soit parfait. Et encore : la perfection existe-t-elle ?

Brouillon du chapitre 5 des Frères Karamazov
Brouillon du chapitre 5 des Frères Karamazov de Dostoïevski (source Wikipédia)

Ce n’est pas une notion facile à appréhender pour les lecteurs. Quand on annonce qu’on a posé le mot « FIN » sur le premier jet d’un roman, la première réaction du lecteur lambda, c’est de demander « à quand la publication ? ». Impatience bien légitime (et ô combien motivante !), mais l’auteur est souvent embêté pour répondre. Car finir le premier jet, c’est seulement la première étape, le brouillon. Si l’on est un peu organisé et qu’on a planifié la création du roman en question, on peut donner à peu près une date… mais sinon c’est advienne que pourra.

FIN !

Inspiration vs. technique

Il y a un débat récurrent chez les auteurs entre les tenants de la technique et les fanas du talent (je caricature exprès, les positions sont souvent plus nuancées). Les premiers considèrent que l’écriture est une technique comme une autre, que cela s’apprend et que n’importe qui d’un peu consciencieux est capable de produire un roman. Les seconds pensent que l’écriture est un don, un talent, que l’on peut écrire un chef d’oeuvre sans avoir une once de technique.

Évidemment, la vérité est un peu au milieu des deux, comme d’habitude. On peut écrire des milliers de pages parce qu’on est prolifique et très inspiré, ça ne suffira pas pour écrire un roman : il y faut un peu de structure, de scénario, de travail sur les personnages, etc… A contrario, être un expert de la technique d’écriture ne suffira pas non plus, car si l’on a aucune idée et que l’inspiration ne répond pas à l’appel, on va écrire un roman plat, sans intérêt, sans émotions. Un exercice de style, mais sans le style.

Comme le répète Martin Winckler, c’est le 5% d’inspiration qui fait d’un texte moyen ou correct un bon texte. L’inspiration est l’essence de l’écriture, même si le travail reste essentiel (subtil, hein 😉 ). Le travail, c’est ce qui va permettre à l’écrivain en herbe d’aller au bout de son projet de roman, là où l’inspiration lui permettra seulement de démarrer ou d’en écrire des bribes.

La technique des petits papiers pour écrire un roman

L’inspiration, ça tient à quoi ?

A peu de choses. Là, le mythe de l’écrivain armé de son carnet qui note tout et n’importe quoi n’est sans doute pas usurpé : un fait divers, un lieu, un personnage, une situation, tout est susceptible de faire naître dans le cerveau de l’écrivain une idée de roman. Mais là encore, l’idée ne suffira pas : il faudra la travailler, la malaxer, la triturer dans tous les sens pour en faire une histoire. Car un roman, c’est d’abord une bonne histoire (comme dit Alfred).

L’inspiration est une muse capricieuse : il y a des jours où l’on a décidé d’écrire et où rien ne sort (ou rien de bon). On se met devant sa page et c’est le trou noir, la panne. Il y a des techniques pour contrecarrer ces pannes, mais parfois il faut savoir faire son deuil de mots : aujourd’hui, on sera bon à rien, c’est comme ça.

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Quand ça m’arrive, j’essaie de ne pas laisser tomber pour autant et je fais des choses en rapport avec mon manuscrit en cours :

  • relire les chapitres précédents et corriger les fautes, la syntaxe, la tournure des phrases
  • travailler sur le plan, les personnages, documenter un lieu, un fait, un détail
  • créer des posts de promotion sur ma page Facebook pour les programmer, ou des billets de blog
  • travailler sur un autre projet d’écriture : un autre roman ou une nouvelle (je le fais peu car j’ai tendance à aimer me concentrer sur un seul projet à la fois).

La seule chose que je ne fais pas, c’est de procrastiner en faisant complètement autre chose (sauf si le blocage est vraiment énorme !) qui n’a aucun rapport avec l’écriture. Quand on est face à un obstacle, changer de chemin ne permet que de l’éviter, pas de le franchir (je cite cet adage souvent à ma fille aînée qui a tendance à esquiver les problèmes plutôt que de les affronter).

Pour résumer, l’inspiration n’est pas plus un mythe qu’une réalité, elle existe et elle est une part importante de l’écriture. Mais le travail est tout aussi important, car c’est lui qui va transformer l’inspiration en roman. Bon, d’ailleurs, je retourne de ce pas travailler sur la troisième et dernière partie du Sang des Lumières que je compte envoyer à mes bêta-lecteurs ce weekend !

Mes outils d’écriture

L’imagerie traditionnelle représente l’écrivain armé d’une plume d’oie, penché sur son parchemin, la main sur le menton, assailli par l’inspiration… Bon, ça c’est le cliché. Aujourd’hui, l’arsenal des outils d’écriture à la disposition des écrivains est beaucoup plus développé. Je vous partage les miens ?

La base

Des carnets et des cahiers

Mes projets d’écriture commencent toujours sur papier. J’ai besoin de griffonner, raturer, poser des mots. J’ai surtout besoin du contact avec le papier. Il y a longtemps (je parle comme une vieille !), j’écrivais mes premiers jets sur des cahiers d’écolier (grand format). Aujourd’hui, j’utilise plutôt des carnets plus petits.

Le support papier me sert avant tout à la préparation du manuscrit : je prends des notes, je griffonne des idées de descriptions, de dialogues, j’y fais mes fiches personnages, mes synopsis, mon plan… C’est mon aide-mémoire.

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Si vous avez besoin d’un carnet didactique, ma consoeur Shealynn Royan a réalisé de superbes carnets de suivi de projet d’écriture, avec plein de pages préparées pour les fiches persos, le plan, le suivi des sessions d’écriture, etc. Il est magnifique et pas cher (10€). Elle sort bientôt aussi un carnet vierge pour l’écriture du manuscrit lui-même si vous souhaitez le faire à la main.

Sinon, il existe tout un tas de carnets et cahiers dans les papeteries et dans les boutiques de loisirs créatifs, mais si le support vous indiffère un banal cahier d’écolier suffira. Je vous déconseille les feuilles volantes car c’est plus difficile de s’y retrouver. Pour ma part, je recycle beaucoup : pour Le Sang des Lumières, par exemple, j’ai recyclé un agenda publicitaire « 1 page 1 jour » d’un distributeur d’huiles de vidanges 🙂 .

#Des stylos (plume, feutres, papier)

writing-1209121_960_720Pour écrire, c’est plus pratique. Je suis une adepte du stylo-plume, j’en ai plusieurs, mais malheureusement je ne les utilise pas énormément (puisque je ne rédige plus mes manuscrits à la main). L’image d’une plume effleurant le papier me donne tout de suite envie d’écrire (c’est pour ça qu’elle me sert de bannière pour ce blog !).

Pour mes notes, j’utilise en fait le crayon qui me tombe sous la main : crayon à papier (ou plutôt porte-mines 0,7 ou 1 mm), feutres (des stabilos point 0,5), des stylos à encre gel genre Pilot V5… Seul stylo que j’évite : les frixions et autres stylos à encre effaçable (parce que les encres ne tiennent pas bien dans le temps).

#Mon ordinateur portable

Oui, quand même, je ne fais pas tout à la main, même si dans mes premières années d’écriture, c’était le cas. J’ai même eu des machines à écrire…

J’ai longtemps travaillé sur un ordinateur fixe, posé dans mon bureau, mais ça avait l’inconvénient de me contraindre à travailler dans une seule pièce. Je piquais souvent le portable de mon chéri lorsque je voulais travailler ailleurs.

Finalement, l’an dernier, j’ai sauté le pas et me suis acheté un ordinateur portable pour moi toute seule… et j’en suis ravie. Désormais, je peux écrire n’importe où : dans mon bureau, dans le salon au coin du feu, dehors sur la terrasse, et même en vacances.

Les outils numériques

L’écrivain 2.0 a une multitude de logiciels à sa disposition pour travailler, voilà mes essentiels (la liste n’est pas exhaustive, il existe des tas d’autres outils, ici il s’agit des miens).

#Pour l’écriture

Scribbook

Développé bénévolement par Jonathan Kalfa, lui-même auteur, son gros avantage est d’être une application web, donc accessible en ligne, depuis un navigateur Internet. On peut donc écrire de partout, même sans avoir son propre ordinateur. Il y a aussi un mode offline. L’architecture s’apparente à celle de Scrivener (LE logiciel de référence pour l’écriture, j’en parle après) mais en plus simple et moins « usine à gaz ». Il propose aussi un historique des statistiques, contrairement à Scrivener.

J’utilise Scribbook pour écrire mon premier jet, faire mes corrections et mes restructurations (il y a un mode « carte » depuis la version bêta qui est vraiment pratique). Mon manuscrit est donc dans Scribbook jusqu’à la phase ultime de relecture.

ScribbookNano
Le canevas « Nanowrimo » de Scribbook

Scribbook est en version bêta et donc gratuit pour le moment, mais son développeur envisage de passer à une version payante avec un abonnement premium. Si vous voulez essayer, c’est là.

Scrivener

C’est un logiciel, contrairement à Scribbook. On l’installe donc sur son ordinateur et si l’on veut travailler sur son manuscrit, il faut avoir un ordi avec Scrivener d’installé dessus (ou trimballer son ordi). Sur le fond, c’est un outil très complet, voire peut-être trop pour des écrivains novices ou débutants. Il est parfaitement indiqué si l’on écrit de manière non linéaire (scène par scène), comme Scribbook d’ailleurs.

Son point fort, à mon avis, c’est la possibilité de travailler sur deux fichiers en même temps dans la même fenêtre (pratique pour déplacer des phrases par exemple). Scrivener est payant (environ 40€, mais si vous réussissez le Nanowrimo, vous avez un code pour avoir une belle réduction de 40 à 50% je crois).

#Pour le formatage et le maquettage : LibreOffice Writer

LibreOffice Writer est un traitement de texte (comme Word), mais gratuit et open source. Il est certes un peu moins joli que Word, mais il est tout aussi efficace (le seul bémol est sur la fonction publipostage, mais pour les manuscrits on s’en fiche).

Avec Writer, je donne à mon manuscrit sa forme finale, notamment pour la version papier que je réalise moi-même : typographie, style de chapitres, pagination, formatage, pages de faux texte, etc.

J’utilise l’extension Grammalecte qui est un correcteur orthographique et grammatical (pas aussi puissant qu’un logiciel comme Antidote, mais suffisant pour moi qui ne suis pas trop nulle en français 😀 ). Elle est aussi très utile pour le formatage notamment typographique (si les tirets cadratins et les espace insécables sont du chinois pour vous, elle va vous aider). Vous pouvez la télécharger ici gratuitement.

#Pour les suivis : LibreOffice Calc

Calc est un tableur (comme Excel). A première vue, étrange de se servir d’un outil de calcul pour écrire des romans ? Pas tant que ça, le tableur est très utile. Il me sert pour plusieurs choses.

Les tableaux de scènes

J’ai découvert cette utilisation sur le blog Mécanismes d’Histoires.  Le tableau de scène est très utile pour planifier les scènes, les chapitres, les parties etc… Il permet aussi de faire un suivi du nombre de mots écrits par rapport à votre objectif, de réagencer le plan. Il est particulièrement indiqué si vous écrivez votre manuscrit directement dans un traitement de texte (ou à la main).

plan de scènes
Exemple de plan de scènes commencé pour le Sang des Lumières.

J’utilise moins ce tableau depuis que je suis sur Scribbook puisque c’est l’application qui me sert de tableau de scènes (Scrivener marche comme ça aussi).

Le compteur de mots

Comme son nom l’indique, il sert à comptabiliser le nombre de mots qu’on écrit par jour. Utile quand on aime avoir un suivi de sa « productivité » (parfois on se rend compte qu’en fait on a écrit beaucoup plus qu’on ne le pense).

J’ai longtemps cherché un format qui me corresponde, ni trop compliqué ni trop « stressant ». J’ai bien aimé le « Compteur Maléfique » proposé ici par une grenouille du forum CoCyclics, mais en fait il me mettait trop la pression (rires).

Finalement, j’ai adapté à ma routine personnelle un super fichier créé par Joanne Wolf de Scribujo (que vous pouvez retrouver ici). Mon compteur de mots ressemble à ça :

CompteurMots

Ce tableau est utile pour voir son rythme d’écriture, mais il ne rend pas compte des sessions lorsqu’on est en phase de relecture/corrections (où parfois on enlève plus de mots qu’on en écrit !) : c’est le cas du premier semestre 2017 où j’étais en réécriture de Petite Mouette. On voit par contre que j’ai beaucoup écrit en novembre, mois du Nanowrimo !

Le suivi de mes ventes d’ebooks et formats papier

Là on est vraiment dans l’utilisation annexe à l’écriture, mais pouvoir suivre chaque semaine (ou mois) où on en est de ses ventes, c’est pratique aussi. L’idée m’en est venue en consultant le site de Nathalie Bagadey (mais je ne me souviens plus dans quel article c’était…).

J’ai créé un fichier tableur qui me permet de comptabiliser le nombre d’ebooks vendus par titre et par mois et les revenus générés. Je peux ainsi faire des statistiques et savoir où j’en suis.

TabloSuiviEcriture
Le tableau de suivi de mes ventes. Les montants sont floutés (même si tout est déclaré en bonne et due forme !) car je ne souhaite pas « balancer » des chiffres bruts sans explications… Si ça vous intéresse, je ferais un article sur ces revenus 🙂

Si ce type de fichier vous intéresse pour suivre vos ventes, je peux en proposer une version à personnaliser en téléchargement, dites-moi si ça vous plairait !

Calc me sert aussi pour réaliser le suivi de plein d’autres choses : j’y mets mon planning éditorial pour le blog, celui pour Facebook, etc.

#Les réseaux sociaux

Ils font partie intégrante des outils à l’usage des écrivains 2.0 pour assurer leur promotion. J’utilise principalement Facebook, sur lequel j’ai une page « auteur » différente de mon profil personnel. Les posts sont relayés sur Twitter, mais je n’ai pas encore développé de stratégie particulière pour ce réseau.

Je suis aussi sur Instagram et Pinterest, mais plutôt à titre personnel, encore une fois (même si je relaie beaucoup de choses relevant de l’écriture, évidemment !).

#Pour les visuels : Canva

C’est une application en ligne là aussi très intuitive et super réussie, gratuite et avec une version premium. Je m’en sers pour réaliser tous mes visuels pour le blog, Facebook, etc… Je fais mes premiers essais de couverture, aussi (ensuite je passe la main à ma graphiste de choc !). Cela dit pour des ebooks, Canva fait très bien le boulot.

Les accessoires

J’avais envie de conclure ce billet par une note plus légère, avec les accessoires : ce qui est bien pratique ou confortable, mais dont on peut parfaitement se passer pour écrire.

#Une table de lit

61cw4kmyfml-_sl1024_ça ne sert pas qu’à l’hôpital ou pour manger au lit, c’est également très pratique pour écrire (je vous déconseille de poser votre ordinateur directement sur la couette, c’est le meilleur moyen de le faire cramer !).

La mienne est multi-orientable et réglable en hauteur, je peux aussi m’en servir pour écrire debout devant un bureau.

 

#Un coussin pour les genoux

Version light de la table, il me permet d’écrire dans le canapé sans me cramer les genoux et sans que l’ordinateur ne chauffe (encore une fois). J’ai acheté un modèle basique (son seul inconvénient : il est en polaire dessous, ça tient chaud l’hiver mais l’été ça doit être insupportable). sobuy-r-fbt28-sil-support-ergonomique-pour-tablet1

#Un bureau

Le meuble, bien sûr, qui peut être installé n’importe où pourvu que vous puissiez y laisser votre travail en court. J’ai la chance d’avoir une pièce complète pour moi toute seule (visite là !).

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#Les presque indispensables

  • Un feu de cheminée / Une terrasse / (n’importe où d’inspirant) : parce que l’endroit où l’on se pose pour écrire est très important… Certains aiment écrire dans des lieux publics, pour ma part je préfère le calme pour travailler sur mes manuscrits. Cela dit, j’aime les lieux publics pour prendre des notes, relire, griffonner des idées… regarder les gens 🙂
  • Un chat / des animaux : ça m’apaise de voir les miens dormir sur le rebord de la fenêtre. Parfois ils viennent squatter mes genoux, voire mon bureau ou même carrément mon clavier (là c’est plus compliqué d’écrire !). J’aime bien aussi observer les oiseaux sauvages qui viennent picorer les graines que je leur mets : il y a des dizaines de moineaux, des mésanges, des rouges-gorges et des pinsons. Des merles aussi, mais qui ne mangent pas (ils nichent dans la vieille cheminée de la maison). Tout ça se bagarre allègrement autour de la mangeoire, sous l’oeil blasé de mes chats-trop-nourris… 🙂
  • Un café / thé / boisson fraîche : pour tenir le coup pendant les longues sessions d’écriture (et même les courtes. Je n’ai pas besoin de choses à grignoter, en revanche, je ne suis pas une grignoteuse.

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Avec tout ça, vous voila parés pour l’écriture. Et vous, quels sont vous outils pour écrire ? Dites-moi tout en commentaire !

 

 

Comment s’organiser pour écrire un roman : mes 4 secrets

J’ai eu le plaisir d’écrire pour Librinova, ma plateforme d’auto-édition, un article-invité sur la manière dont je m’organisais pour écrire mes romans. Eh oui, parce que contrairement à ce que certains croient, je ne suis pas autrice à temps plein !

Comment trouver du temps pour écrire ? Comment réussir à tenir ses délais ? Comment ne pas se laisser submerger par le quotidien, le travail, la procrastination ? Je vous dis tout dans cet article et je vous révèle mes 4 secrets

Rendez-vous ici pour le lire !

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