L’île de Bréhat… à travers Oraison pour une île

A l’instar de ma visite de Paris au temps de mon roman Le vent des Lumières, je vous propose une petite découverte en images et en mots de l’île de Bréhat, théâtre de mon second roman Oraison pour une île.

Situation

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L’île de Bréhat est située dans les Côtes d’Armor, en Bretagne, au large de Paimpol. On y accède par bateau uniquement (il y a de nombreuses navettes toute la journée), vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site de l’office de tourisme.

La journée suffit pour faire le tour de l’île et découvrir les sites importants, mais je vous conseille d’y rester au moins une nuit. En effet, après le départ de la dernière navette (et donc des nombreux touristes !), l’ambiance est très différente, plus apaisée. Sur l’île, il y a un camping, des chambres d’hôtes, des gîtes… donc n’hésitez pas. La meilleure période pour visiter est avril-mai, lorsque tout est en fleur (on surnomme Bréhat l’île aux fleurs !) et, si vous pouvez, éviter les week-end pour préférer la semaine.

Je vous fait rêver un peu avant de commencer ? 😉

L’arrivée sur l’île

On embarque à la pointe de l’Arcouest, à Ploubaznalec et on débarque à Port-Clos, après dix minutes environ de traversée (il est possible aussi de faire le tour de l’île avec une navette spécifique, qui dure 45 mn et débarque à Port-Clos à la fin).

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Cale de l’Arcouest à marée montante, côté continent. Photo Fred Henze.

La particularité, c’est qu’on embarque à des endroits différents en fonction de la marée : à marée haute, à mi-marée ou à marée basse. En fonction de l’horaire de la navette et de celle des marées, vous aurez donc plus ou moins de chemin à faire pour prendre le bateau ou en descendre…

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La cale de marée basse, côté Bréhat (photo François Madic).

Caroline reçut les prémices de l’île avec un coup au cœur lorsque le taxi aborda le dernier virage avant le parking de l’embarcadère de la pointe de l’Arcouest. La revoir lui donnait le vertige, des frissons dans le dos et elle étouffa une exclamation dans le creux de sa main, émue aux larmes.
Elle resta un moment sur le parking, puis se dirigea vers l’embarcadère, au bout duquel une vedette attendait. Elle trouva un banc et s’assit. Au loin, là-bas devant elle, Port-Clos semblait l’attendre. Elle avait encore la possibilité de changer d’avis. De faire demi-tour.
Avait-elle fait le bon choix ?
(Chapitre 14)

Chez Cordelia

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Le portail rouge (photo perso).

Je ne mets pas la photo de la maison car il s’agit d’une propriété privée. Elle est assez bien cachée mais on peut en voir des morceaux depuis le chemin. Si vous lisez bien ma description dans le livre, vous devriez pouvoir la retrouver 😉

La première fois, je suis tombée par hasard devant ce portail rouge un peu décrépi (il a été repeint depuis) et le côté mystérieux de ce dernier m’a tout de suite séduite. J’ai eu envie d’y faire vivre la vieille dame de mon roman. Dans le jardin, se trouvaient des statues, perdues au milieu de la pelouse, regardant vers la mer… ça m’a inspirée.

Elle grimpa lentement le sentier étroit de chaque côté duquel on devinait de grandes propriétés refermées sur elles-mêmes derrière les murs et les haies touffues.
Un portail de bois grenat, encadré par deux immenses pins, surgit au détour du chemin.
— C’est là…
Le son ténu de sa propre voix arrêta la jeune femme plusieurs dizaines de mètres avant le portail. Elle mettait les pieds ici pour la première fois de sa vie, mais elle devinait qu’elle était au bon endroit. Elle sonna, sans oser pousser le portail de bois disjoint.
(Chapitre 1)

La chapelle Keranroux

C’est le repaire de Joshua, situé au milieu de l’île, sur la partie nord, juste après le pont Vauban qui relie les deux parties. C’est une petite chapelle qui comporte un chevet à pans coupés du XIXème siècle. La petite maison attenante appartenait au poète Edmond Haraucourt qui la légua, à sa mort, à l’Université de Paris. C’est un de ses vers qui ouvre le roman.

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Le soleil joue dans les vitraux de Keranroux (photo perso).

 

Par la fenêtre de la cuisine, grande ouverte, les accords tumultueux de La Mer de Debussy répandaient la violence des vagues sur les pavés de la chapelle de Keranroux derrière lui. Joshua appréciait d’ouvrir la porte de bois un peu décrépie, le matin, pour libérer les odeurs d’encens, de cierge brûlé et les murmures oubliés des prières laissées là en suspens. Il prenait ainsi son café sur le seuil de schiste poli par l’usure du passage en écoutant de la musique.
(Chapitre 7)

La chapelle Saint-Michel

Ile-de-Bréhat-Chapelle-Saint-MichelC’est l’autre chapelle célèbre de Bréhat : curieusement perchée en haut d’un monticule, elle domine la partie sud de l’île et l’étang du Birlot, le moulin à marée. C’est une chapelle minuscule, d’un blanc immaculé et un toit orange, avec une croix de granit qui ponctue le ciel d’un bleu pur. C’est l’un de mes endroits préférés de l’île.

La chapelle Saint-Michel, minuscule, se dressait sur un monticule étroit à trente-trois mètres au-dessus du niveau de la mer, comme un défi à Dieu et aux éléments. Le soleil commençait à se griffer de noir derrière les arbres en dessinant de grandes ombres sur le chemin qui s’accidentait, parsemé de gros blocs rocheux parmi lesquels grimpait un escalier.
Caroline entra dans la chapelle par l’unique porte et se retrouva au milieu de la toute petite nef. La lumière silencieuse sentait la cire fondue et l’humidité et rehaussait le bois poussiéreux du retable ceint d’une barrière, à sa droite. Sur sa gauche, assis sur l’un des deux bancs patinés, les regards perdus dans la voûte basse qui ressemblait à une coque de bateau renversée, quelqu’un priait, coupé du monde.
C’était Joshua.
(Chapitre 11)

La croix Maudez

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La croix Maudez (photo perso).

On considère que c’est le calvaire le plus ancien de l’île, la légende dit qu’il fut fondé par Saint-Maudez lui-même, un moine du Vème siècle. Lorsqu’il débarqua sur Bréhat, il fut rejeté par toute la population et dut coucher dehors. Peu de temps après, l’île fut accablée par de nombreux malheurs : les insulaires pensèrent qu’ils étaient punis par Dieu pour avoir mal accueilli le moine. Ils allèrent alors le trouver pour demander pardon et bâtirent un calvaire en face de son ermitage.

— La croix de Maudez, déclara Joshua en posant sa main sur le granit. Le plus ancien calvaire de Bréhat, il date du cinquième siècle.
Caroline laissa traîner ses doigts sur la pierre grumeleuse et froide, sans pouvoir détacher ses yeux de la main de Joshua. Elle songea qu’elle aimait aussi les mains du jeune homme, courtes, carrées, charnues. Des mains de marin, avec quelque chose de fruste, de rude, de solide qui tranchait avec la délicatesse et la sensualité avec laquelle il caressait la pierre. Leur lenteur calculée, presque idolâtre émouvait Caroline.
(Chapitre 11)

Le phare du Paon

A tout seigneur, tout honneur : celui de boucler cette visite virtuelle. Le phare du Paon est situé tout au nord de Bréhat et regarde vers le large. C’est un édifice plutôt trapu, qui n’a rien d’exceptionnel, en fait. Son environnement, perdu au milieu de nulle part, en fait cependant un endroit hors du commun. On se sent vraiment seul au monde (bon, quand il n’y a pas de touristes, disons !).

Le phare est construit sur une sorte de plateforme en granit rose posée sur les rochers battus par la mer. Devant, on trouve le Gouffre, une anfractuosité de la roche dont les formes étranges rappellent la légende du Paon : contrairement à ce qu’on pense, le mot Paon n’évoque pas l’oiseau mais vient du mot penn qui veut dire tête en breton. On raconte que Gwill et Isselgert, les deux fils de Mériadec, comte de Goëlo, voulaient jeter à la mer le corps de leur père qu’ils avaient assassiné pour se venger de lui (leur père les avait enfermé après qu’ils eurent pillé l’abbaye de Beauport). La colère de Dieu les changea en rocher et un gouffre sans fond se forma autour d’eux.

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Le phare du Paon sur sa plateforme de granit rose (photo Philippe Dufour).
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Le Gouffre… et ses drôles de personnages pétrifiés dans la pierre. (photo perso)

Quelle que fut la direction que l’on prît, à Bréhat on finissait toujours tôt ou tard au phare du Paon qui, d’endroit le plus solitaire, en devenait le plus fréquenté. Joshua évita le promontoire et s’aventura sur les rochers qui s’élançaient vers ce qu’on appelait « le Gouffre ».
À marée haute, les vagues, somptueuses, se soulevaient vers le large, grossissant, grossissant au fur et à mesure qu’elles approchaient. Qu’un rocher trois fois plus haut qu’elles se trouvât sur leur chemin, peu importe : elles se désintégraient contre la paroi en une formidable explosion de gouttes mais, loin de perdre de leur vigueur, les vagues, sournoises, contournaient l’obstacle en une fraction de seconde et engloutissaient la base du rocher en bouillonnant dans un murmure d’avalanche. L’eau de mer se vautrait alors dans chaque anfractuosité de la roche avec des bruits de déglutition gargantuesque.
(Chapitre 8)

J’espère que ce petit tour à Bréhat vous aura donné envie d’y poser votre sac pour une heure, une journée… ou une vie, pourquoi pas ? Sinon, vous pouvez toujours ouvrir mon roman, il paraît qu’on y voyage sans bouger de son fauteuil… 😉 (c’est ici si vous voulez l’acheter : 2,99€ le billet aller/retour, pas cher, non ?). Et puis, dites-moi ce que vous en avez pensé !

 

Ecrire, c’est facile… Raconter des histoires, c’est plus dur !

En pleine écriture de la suite des aventures d’Eléonore, Le sang des Lumières, je suis confrontée ces derniers temps à une panne d’écriture. Pas une panne d’inspiration, non. Pas non plus un problème de motivation. J’ai mis quelques jours à cerner mon problème, afin d’y trouver une solution.

En fait, j’avais un problème d’histoire. Pas l’Histoire de France, hein, celle-là, ça va, je sais où trouver ce qu’il me faut pour mon roman. J’avais un problème avec l’histoire d’Eléonore, ce qui lui arrive, pourquoi, comment, etc. J’étais arrivée à un moment où mon héroïne ne faisait que passer à travers les événements de la Révolution. Pas terrible pour maintenir le lecteur en haleine (en plus, il connait la fin ! 😉 ). Il lui arrive bien des choses, plus ou moins terribles, mais il n’y avait pas pour elle de réel enjeu, celui qui fait dire au lecteur « oh mon Dieu, va-t-elle s’en sortir ? » Bref, je n’étais pas satisfaite de mon scénario à cette étape-ci de l’écriture.

Le plus frustrant, c’est que j’ai vraiment envie d’écrire, j’ai plein d’idées dans la tête, des images, des lieux, des personnages, des dialogues… mais tant que je n’ai pas résolu ce problème de scénario, ça ne veut pas sortir.

Alors je me suis posée, j’ai pris une semaine de vacances (en emportant mon manuscrit au cas où quand même 😀 ) et puis, j’ai pris le taureau par les cornes.

20170417_165345.jpgD’abord, j’ai repris du papier brouillon, un crayon et des ciseaux. Puis j’ai écrit tout ce que je voulais qu’il arrive à Eléonore et aux héros secondaires d’ici la fin du roman (là aussi c’était un peu nébuleux). Ensuite j’ai découpé, puis j’ai classé tout ça par ordre logique et chronologique. L’affinage viendra plus tard, je sais que j’ai besoin de temps de maturation une fois les grandes lignes posées.

Ceci étant fait, je voyais plus clair sur où je voulais arriver et j’espérais ainsi débloquer mon problème, qui se situait à peu près au milieu du roman. Cette fois, j’ai choisi d’en discuter avec mon alpha-lectrice, en lui disant ce qui n’allait pas à mes yeux. Au fil des discussions, je lui ai raconté ce qui arrivait ensuite, on a réfléchi à deux voix... Je lui ai dit toutes les idées qui m’étaient passées par la tête mais que je n’avais pas suivies… et finalement, on a fini par faire germer l’idée géniale (enfin j’espère !) pour débloquer mon scénario.

Je me suis rendu compte que cette discussion m’avait permis de formaliser toutes les idées que j’avais dans la tête, de les énoncer : ce faisant, elles prennent du corps, de l’épaisseur, on voit si ça colle ou pas, elles s’articulent entre elles. C’est plus difficile à faire tout seul car on n’a pas forcément la même prise de recul ou bien au contraire on a tendance à s’autocensurer. D’où l’intérêt d’avoir ce que j’appelle un alpha-lecteur qui est présent bien avant l’étape de relecture : pour l’instant, elle n’a rien lu ! Je lui ai juste raconté ce qu’il se passait, mais grâce à ces échanges, j’ai peu à peu construit mon scénario.

Pour revenir à mon titre, volontiers provocateur (mais pas tant que ça), je voulais dire que l’écriture en soi est assez facile, naturelle (si, si !). Par contre, imaginer des histoires, les construire, les façonner, y mettre des personnages, des lieux, des événements… ça, c’est une autre paire de manches, à laquelle on ne pense pas forcément d’emblée lorsqu’on se lance dans l’écriture. Et pourtant c’est une portion importante, voire primordiale, dans le roman. Je comprends ce que voulait dire David Meuleumans dans le Mooc Draftquest, au sujet des manuscrits qu’il reçoit en tant qu’éditeur : beaucoup d’auteurs savent écrire, mais peu savent raconter une histoire. Or, pour avoir un bon roman, il faut les deux. Impérativement. 🙂

 

Un prix pour Les ombres de Brocéliande

Vous m’excuserez, j’espère, pour l’absence de billet depuis quinze jours : j’étais en formation puis en vacances… 🙂 En rentrant d’une petite escapade à la montagne, j’ai trouvé dans mon courrier une lettre très intéressante !

Il s’agissait du palmarès du 6ème concours littéraire international de Servon-sur-Vilaine, une commune bretilienne (située en Ille-et-Vilaine, donc !) : j’y avais envoyé en janvier mon dernier roman Les ombres de Brocéliande.

Le jury des « Ateliers d’art de Servon-sur-Vilaine » a semble-t-il été séduit par Merlin, Gabriel et Marion car le roman a obtenu la médaille de bronze dans la catégorie Roman ! Après Le vent des Lumières et Oraison pour une île, c’est donc mon 3ème prix littéraire. 🙂

C’est l’occasion de faire un petit bilan, après un peu plus de cinq mois de publication de ce roman.

bilan 5 mois

Moi, je vous dis : « Merci » 😉 ! Mon roman est depuis le début de l’année dans le programme « En route vers le papier » de Librinova et je ne doute pas que mon agent littéraire fasse encore une fois mouche… peut-être dans le sillage d’Eléonore ? Affaire à suivre !

Si vous avez lu le roman, il est encore temps d’ajouter votre pierre à mon édifice en allant mettre un commentaire sur votre site d’achat ou bien ici ❤

« Le vent des Lumières », bientôt en librairie !

L’image vous sera peut-être tombée sous les yeux sur les réseaux sociaux : grâce à mes bonnes fées de Librinova, mon premier roman Le vent des Lumières a trouvé un éditeur traditionnel… Frédéric Thibaud, le directeur de City Editions a eu un vrai coup de coeur pour mon roman et c’est le début d’une nouvelle aventure pour Eléonore, direction la librairie !

C’est l’aboutissement d’années de travail, ponctuées d’abandons et d’espoirs, de joies et de déceptions aussi… J’écris depuis que j’ai 14 ans et quand on me demandait, au collège puis au lycée, ce que je voulais faire plus tard, je répondais : « écrivain ». Je me souviens encore avoir écrit dans mon journal intime de l’époque ma déception en découvrant que les écoles d’écrivains, ça n’existait pas… Alors, j’ai fait une école de journalisme (c’était ce qui se rapprochait le plus de l’écriture !).

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Un roman historique = une demi-tonne de notes 🙂 (photo perso)

Je n’ai jamais abandonné l’idée de publier un jour mes romans chez un éditeur (à l’époque, l’auto-édition n’existait pas vraiment). Je n’avais pas les moyens de publier à compte d’auteur et, de toutes façons, je partais du principe que si aucun éditeur ne me faisait confiance, c’est que mes romans n’en valaient pas la peine (oui, j’étais encore un peu naïve quant à la réalité du milieu de l’édition !).

La première version du Vent des Lumières doit dater de mes 16 ans et je l’avais fait lire à ma prof de français du collège, accessoirement prof d’histoire-géo et aussi animatrice de mon club théâtre. Elle est devenue une amie depuis… et je peux dire sans exagérer que Jeannine m’a vraiment accompagnée dans mes premières années d’écriture, me faisant découvrir aussi les livres absolument passionnants de Claude Manceron, Les hommes de la liberté

J’ai continué à écrire, avec des pauses plus ou moins longues, le temps d’entrer dans la vie active, de faire des enfants, tout ça… 🙂 mais je n’avais jamais pu (ou voulu ?) terminer Le vent des Lumières. Un peu par manque de temps mais aussi par démotivation et l’impression que ça n’intéressait personne d’autre que moi…

Vers 2012-2013, j’ai commencé à publier en ligne les premiers chapitres sur un forum d’auteurs en herbe, surtout pour exorciser cette mauvaise impression et savoir si je devais continuer à écrire ou bien s’il fallait mieux passer à autre chose (si tant est que ce fut possible !). Et là, ce fut le choc : plusieurs dizaines de lecteurs ont avalé mes mots à une vitesse incroyable, lisant mes chapitres à peine publiés et réclamant à grands cris la suite et la fin du roman…

En 2014, je me suis dit qu’il fallait que je me donne un coup de pied dans le derrière et que je finisse ce satané roman historique. J’ai profité de mon inscription au Mooc Draftquest Ecrire une oeuvre de fiction pour remettre le nez dans mon histoire et dans l’Histoire. Le Mooc était clôturé par un concours, auquel j’envoyai mon manuscrit encore inachevé (même si je l’avais beaucoup avancé), en me disant que je n’avais aucune chance.

Et là, deuxième choc : Le vent des Lumières remporta le deuxième prix, avec les compliments du jury, littéralement emballé par mon histoire ! Mon prix consistait en la gratuité des frais de création de mon livre au format numérique sur la plateforme Librinova. Cette fois, je n’avais plus le choix : il fallait que je termine mon roman !

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Ce fut chose faite en 2015, le roman est sorti en août et après un début timide, bénéficia d’une première vente flash sur Amazon en octobre qui le propulsa en tête du Top 100 (avec plus de 600 ventes en une seule journée). Mais ce qui m’intéressait surtout chez Librinova, c’était leur rôle d’agent littéraire : c’était Librinova qui s’occupait de prospecter des éditeurs en mon nom (moyennant une commission, évidemment). Certes, j’aurais pu le faire toute seule, mais en vieillissant ( 😀 ) j’ai compris que sans réseau, sans connaissances de ce milieu particulier, sans temps aussi, il était très difficile pour un auteur inconnu d’intéresser un éditeur. Les histoires à succès existent, certes, mais bon…

En faisant confiance à Laure et Charlotte, je ne doutais pas qu’un jour mon Eléonore séduirait un éditeur… mais j’espérais sans m’autoriser à y croire, pour ne pas être déçue (c’est un peu mon credo : ne pas trop attendre ni espérer, ça permet de ne pas tomber de trop haut…). D’ailleurs, ce fut long, d’abord parce que mon roman est… long (540 pages quand même !) et que le marché du roman historique est assez fermé. L’écriture nous apprend aussi la patience 😉 .

Enfin, un jour où tu ne t’y attends pas, tu lis dans ta boîte mail : « Offre d’édition !! » et tu sens ton coeur battre à cent à l’heure… Et puis tout s’accélère, « mon » éditeur me contacte pour me féliciter et me demander une première version informatique de mon manuscrit, puis je reçois les contrats, que je signe, après avoir déjà discuté de la couverture, des corrections et de tout ce qui va se passer « après »… C’est parti.

J’ai encore du mal à y croire, pour tout vous avouer.

D’ici l’été, Le vent des Lumières devrait donc être, cette fois, sur les rayons des librairies, publié par City Editions. Cette maison d’édition généraliste est basée en Normandie et mon roman sera au catalogue de la collection Terres d’Histoires : je trouve que cela lui correspond plutôt bien !

Voilà, c’est juste un rêve de toute une vie qui se réalise… Je vous donne rendez-vous ici pour la suite de mes nouvelles aventures… et si jamais ce n’est pas vrai, surtout ne me réveillez pas ! 😀 ❤

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Combien de temps pour écrire un roman ? #CoulissesDuBlog11

Retour dans l’événement interblogueurs CoulissesDuBlog organisé par Mia de Trucs de blogueuses. Cette semaine, le thème porte sur le temps passé à écrire un article de blog. Comme mon activité est plutôt d’écrire des romans 😉 j’ai décidé d’extrapoler un peu le thème…

Je l’ai déjà évoqué dans d’autres billets, on me dit souvent (comme à tous les auteurs, je crois !) : « Mais ça doit prendre du temps d’écrire ! ». Je ne vais pas vous mentir, la réponse est oui. Cependant, tout est question de priorités : l’écriture est pour moi un plaisir, une passion, peut-être  même un besoin. Donc, écrire ne me « prend » pas du temps : c’est moi qui prend du temps pour écrire.

L’écriture d’un billet

Source Pixabay CC0
Source Pixabay

La rédaction des billets de ce blog n’est pas très chronophage : j’y passe environ une heure ou deux, la veille pour le lendemain (pas bien !) et je planifie la publication pour le mercredi matin pour avoir un rythme régulier. J’écris assez spontanément, sans trop de préparation (mais la plupart du temps, mes billets ne sont pas « compliqués » et ne nécessitent pas des recherches ou de la documentation, sauf exception).

Il me faudrait cependant quelques billets d’avance pour les semaines où mon emploi du temps ne me permet pas d’écrire quelque chose… Mais la plupart du temps, je préfère consacrer mon temps d’écriture à mon roman en cours et non au blog (sauf le mardi soir où j’ai mon échéance de publication ! 🙂 ).

L’écriture d’un roman

Je ne suis pas normande, mais le temps nécessaire pour écrire un roman est très variable en fonction du roman… Tout dépend aussi de ce qu’on met derrière l’expression « écrire un roman » : est-ce le premier jet seulement ? tout le projet depuis la première idée jusqu’à la publication finale ? la version finale uniquement ?

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Source Pixabay

Je crois que chaque auteur a sa manière d’envisager le temps passé sur un roman, qui dépend aussi de sa manière d’écrire : ceux qui planifient tout de A à Z (les « architectes ») vont compter le temps passé à la préparation du roman (recherches, structuration, scénarisation, etc.) alors qu’ils ne commenceront effectivement à écrire la première ligne que des mois (voire des années plus tard). En revanche, ceux qui se laissent porter par le fil du texte (les « jardiniers ») vont comptabiliser le temps passé depuis la première ligne écrite.

Pour ce qui me concerne, je suis une architecte tendance jardinière (ou une jardinière tendance architecte, ça dépend !) : je planifie pas mal de choses mais je me laisse aussi porter par l’histoire, les personnages, les lieux (ce qui m’oblige parfois à remanier tout mon plan !). Je considère donc que mon roman commence une fois que j’ai entamé le processus de scénarisation (c’est à dire quand je commence à réfléchir à ce qui va se passer dans mon histoire).

De quelques mois à… quelques années !

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Phase de réécriture d’un chapitre d’Oraison pour une île… à la mer 🙂

Et là, je vous le donne en mille : c’est encore une fois très variable ! J’ai mis près de vingt ans à écrire Le vent des Lumières mais j’ai bouclé Les ombres de Brocéliande en un an (peut-être trop vite, d’ailleurs, mais c’est une autre histoire ! 😀 ), tout comme Petite mouette. Quant à Oraison pour une île, sa première version (qui n’a absolument rien à voir avec l’actuelle, j’en parle ici) date de mes quinze ans…

Pour ces quatre romans, j’étais partie de projets anciens, que j’ai retravaillés. Peut-être par crainte de me lancer dans l’inconnu mais aussi parce que chacun de ces projets me tenait à coeur. C’est une des raisons pour lesquelles le temps passé semble si démesuré. Le vent des Lumières et Oraison pour une île ont « dormi » pendant de longues années avant d’être repris. Ce temps a permis une certaine maturation, une prise de recul aussi, qui a été bénéfique.

Pour Les ombres de Brocéliande, le temps est plus facile à dater car c’est plus récent : j’ai écrit la première version en un mois (le mois du Nanowrimo) puis j’ai passé environ trois à quatre mois pour les réécritures et les corrections, entrecoupées à chaque fois de quelques semaines de « mûrissement ». La première ligne a été écrite le 1er novembre 2015, le roman est sorti le 29 novembre 2016, soit treize mois plus tard. Je me suis rendu compte que c’était un peu rapide, en fait. J’ai constaté que j’ai effectivement besoin de plus de temps pour fignoler mes romans, laisser le temps aux mots de prendre leur place, me laisser le temps de mûrir mon histoire, de restructurer, de reprendre… Je ne pense pas que mon roman soit mauvais, mais il aurait pu être meilleur.

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Le cahier de projet de Petite mouette, au stade de la scénarisation.

Pour mon prochain roman, Le sang des Lumières (la suite du Vent), j’ai donc décidé de prendre le temps nécessaire, d’autant plus que pour la première fois depuis longtemps, je pars complètement de zéro. J’avais pas mal de documentation qui me restait de la période du Vent des Lumières, mais j’ai passé une partie de l’année 2016 à continuer à me documenter. J’ai commencé mon premier jet en novembre 2016 (encore une fois pendant le Nanowrimo) en travaillant parallèlement sur la structure, l’intrigue, les personnages. Et tout cela évolue aussi au fur et à mesure de l’écriture. Je continue donc la documentation et beaucoup de choses risquent encore de changer d’ici la version finale ! Pour la petite histoire, j’ai décidé de dater officiellement le début du Sang des Lumières à octobre 2016… On verra dans quelques mois (pas années, j’espère !) combien de temps il m’aura fallu pour écrire ce roman 🙂 …

Et vous, combien de temps ça vous prend ?

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