Les avis des bêta-lecteurs sur Le Sang des Lumières

La semaine dernière, je vous ai parlé de mon plan de bataille pour intégrer les retours des bêta-lecteurs. Pour être honnête, j’ai déjà revu mon planning car le début est plus lourd à réécrire que je ne le pensais ! Aujourd’hui j’avais envie de vous dévoiler le contenu de ces retours… en essayant de ne pas trop en dire sur l’histoire !

D’abord, je tiens à saluer le travail de mon équipe de bêta-lecteurs, qui a été non seulement rapide, mais de plus très efficace et précis. Je n’ai pas reçu les retours de tout le monde, mais ce n’est pas grave (il n’y avait pas d’obligation de résultat non plus !).

Je vous livre donc dans ce billet ce que les bêta-lecteurs ont relevé, parfois unanimement, et aussi ce que j’en ai tiré comme conclusion… parfois à l’encontre des avis 🙂 .

La précision historique

books-2158773__340Tous ont souligné la qualité et la précision des recherches historiques… parfois à l’excès (on ne se refait pas !). Pourtant j’avais essayé de freiner mon souci du détail (déjà souligné dans Le Vent des Lumières), mais chassez le naturel…

Les historiens, notamment un, ont aussi salué le fait que « j’intègre de la complexité » dans les personnages historiques et la lecture des événements. En fait, j’avais à coeur de « démonter » certains mythes (notamment la cruauté froide de Robespierre) et faire aussi réfléchir les lecteurs sur la manière dont on leur a enseigné l’histoire de France (bon, là je rêve peut-être un peu !).

=> Je vais donc alléger certaines scènes « historiques », surtout lorsqu’elles n’apportent pas forcément grand chose au récit.

L’intrigue

Tous les bêta-lecteurs ont souligné le même gros point faible du début : les personnages assistent aux événements de la Révolution, sans en être véritablement acteurs. L’un de mes bêta-lecteurs dit très justement qu’on est d’abord dans la chronique historique avant de basculer, à un moment donné, dans le roman historique proprement dit.

Vous pourriez me dire : pourquoi pas, si c’est bien raconté. Mais le propre du roman historique, c’est de raconter l’histoire d’un personnage en s’appuyant sur l’Histoire… et non le contraire. Surtout, la plupart des lecteurs faisaient état d’une vraie difficulté à entrer dans le roman, à se laisser emporter, justement parce qu’on est trop dans un rôle de spectateur, assis à côté d’Éléonore pour regarder la Révolution commencer. Or les premiers chapitres sont déterminants : si on n’accroche pas le lecteur tout de suite, c’est fichu.

J’avais conscience de cette faiblesse du début, mais j’avais l’impression d’être coincée par le foisonnement des événements de la période 1789-1792, je ne savais pas trop par quel bout prendre ça. Ce qui me rassure, c’est que ça ne concerne que le début (et pas tout le roman, sinon je pense que j’aurais abandonné la réécriture !).

=> Il faut donc que je retravaille les premiers chapitres (on va dire la moitié de la première partie) pour imaginer l’histoire d’Éléonore (et non raconter Éléonore qui assiste aux événements). Certains bêta-lecteurs m’ont donné des pistes et une discussion avec mon alpha-lectrice de compète Fanfan a débloqué ce qui bloquait. J’ai donc pas mal de travail sur le début pour inverser complètement la manière de raconter et inventer des choses qui arrivent à Éléonore (j’essaie de ne pas spoiler !).

Pour le reste, l’intrigue semble tenir la route, malgré quelques petites incohérences qui vont demander des ajustements mineurs. Certains ont remarqué que le rythme s’accélère dans la troisième partie où il y a beaucoup de rebondissements alors que la première partie est plutôt lente (mais cela tient beaucoup au problème de chronique évoqué plus haut). Je pense donc que le roman sera plus équilibré une fois que j’aurais corrigé ce défaut.

Il y a une scène qui a divisé les bêta-lecteurs : l’épisode de la reprise de la frégate, à la fin. Certains trouvent cet épisode génial car il montre une faiblesse d’Éléonore, d’autres l’ont trouvé incohérent et tiré par les cheveux. Là, il va falloir que je fasse un choix 🙂 .

Les personnages

Pour les besoins de l’histoire, Éléonore croise des personnages historiques, comme dans Le Vent des Lumières. Sauf que là, j’ai manifestement trop exagéré le trait : à chaque fois qu’elle rencontre quelqu’un, c’est un futur personnage célèbre. Comme le dit un bêta-lecteur : « ça manque un peu de second couteaux ! ».

=> Je vais donc en supprimer quelques-uns, mais garder ceux qui sont utiles au roman (…ou au suivant !).

87a03a06994f84eaf337b1b930d361aaCertains ont aussi souligné le côté trop parfait d’Éléonore, même si elle s’en prend plein la tronche : elle est toujours là quand il faut, elle a toujours raison (ou presque), le roi la consulte comme si elle était premier ministre, tout le monde tombe amoureux d’elle… Bref, un peu trop dans le trop.

Quelques-uns ont aussi apprécié le côté féministe d’Éléonore : c’est assez étrange, car pour moi, Éléonore n’est pas féministe. Une de mes bêta-lectrice a même regretté qu’elle ne s’engage pas plus dans la défense du droit des femmes. Sauf que ce n’est pas son combat : elle réagit comme un homme parce que c’est son caractère, parce qu’elle a été élevée comme un garçon. Mais elle n’est pas dans la revendication, mais dans l’action.  Comme le disait à juste titre Thierry, c’est plus un garçon manqué qu’une féministe (d’ailleurs je ferais peut-être un billet complet là-dessus !).

=> Je vais donc retravailler Éléonore pour la rendre un peu plus discrète (ou plutôt : juste normale) 🙂 . Je ne pense pas changer d’optique sur le côté féministe/pas féministe, mais peut-être expliciter par quelques petits épisodes pourquoi elle ne s’engage pas plus.

Le personnage d’Olivier a suscité des réactions très contrastées : certains l’ont trouvé franchement antipathique alors que d’autres ont aimé son évolution au cours du roman. Quant aux autres personnages, ils existent à peu près bien en terme de caractérisation, mais il leur manque une apparence physique qui n’est pas assez décrite, une image qui peut rester dans l’esprit du lecteur. Un regret qui ressort beaucoup aussi : les enfants d’Éléonore qui ont un rôle trop effacé, alors que le roman s’ouvre sur une scène avec Alexandre qui plait beaucoup.

=> Il faut donc que je travaille sur les descriptions des personnages afin de leur donner du corps. Je pense que ce problème vient du fait qu’il s’agit d’une suite et que je connais déjà mes personnages (ce qui n’est pas forcément le cas des lecteurs). En revanche, j’aime bien le contraste sur Olivier, je pense que je vais le garder tel quel, peut-être en adoucissant certains traits de caractère qui peuvent le rendre antipathique. Quant aux enfants, je vais essayer de leur donner plus d’importance dans le récit.

L’écriture

Le manuscrit du Sang des Lumières corrigé
Quand Leslie corrige, elle ne fait pas semblant 🙂

Elle est qualifiée de fluide, enlevée, rythmée, même si mon manuscrit est encore truffé de phrases interminables, de répétitions, de lourdeurs

Là dessus, je tiens à tirer mon chapeau à Leslie qui m’a retourné une correction hyper précise de mon texte (je suis d’ailleurs partie de son manuscrit pour y reporter les remarques des autres bêta-lecteurs).

Je n’étais pas trop surprise de retrouver mon manuscrit tout barbouillé de couleurs, car je n’avais pas vraiment relu la forme : effectivement, je savais que j’aurais des passages à réécrire, voire à supprimer, je ne me suis donc pas trop attardée sur la forme.

C’est ce qu’on corrige en dernier, en général, une fois que le fond est fixé. Mais le travail des bêta-lecteurs va me permettre de gagner du temps sur cette étape.

En conclusion

J’appréhendais le retour des bêta-lecteurs (comme toujours, je crois !). D’une part parce qu’il s’agit d’une suite et c’est toujours un exercice délicat car il faut garder l’âme du personnage tout en renouvelant ses aventures. D’autre part sur l’aspect historique, j’avais peur d’être inexacte ou incohérente : manifestement, j’ai encore péché par excès, au contraire, mais d’un autre côté beaucoup ont apprécié ces détails qui permettent à la fois de s’immerger dans l’époque et d’en apprendre sur elle.

Voilà pour l’essentiel des retours sur Le Sang des Lumières : c’est maintenant à mon tour de travailler pour corriger les points faibles… sans altérer la force de mon roman. J’aimerais finir mes corrections pour la fin mai. Si certains bêta-lecteurs ont envie de relire la nouvelle version pour voir les changements, faites-moi signe en commentaire ou en m’envoyant un petit mail !

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Mon plan de bataille pour intégrer les retours des bêta-lecteurs

Depuis le début de la semaine, j’ai commencé les corrections du manuscrit de mon 5ème roman Le Sang des Lumières, à la suite des retours de mes bêta-lecteurs. Dans ce billet, je vous explique comment je m’y prends pour prendre en compte les remarques des uns et des autres. La semaine prochaine, je lèverai le voile sur la teneur de ces retours (sans spoiler !).

Quand on a plusieurs bêta-lecteurs (12 pour moi !), on peut être vite perplexe à la manière de procéder pour intégrer les retours de tout le monde et ne rien oublier. Je vous avoue que ce fut d’ailleurs mon premier réflexe. J’ai donc été voir chez les copines comment elles se débrouillaient : vous pouvez retrouver la technique de Nathalie Bagadey ici et celle de Marièke Poulat là. Puis j’ai adapté à ma manière de fonctionner.

1) Lire les retours et prendre des notes

Je commence toujours par lire les retours en entier avant de prendre des notes. D’abord parce que je suis trop pressée de connaître le contenu 😀 . Ensuite parce qu’il faut un petit temps pour digérer les remarques (surtout s’il y en a des négatives). Enfin parce que ça permet de mettre à distance et d’avoir un peu de recul au moment de prendre des notes.

Grâce au questionnaire que j’ai envoyé à mes bêta-lecteurs, j’ai des réponses par thématique, donc plus structurées, même si certains m’ont fait un rapport de lecture à part. Lors de la deuxième lecture des retours, j’ai donc pris mon carnet d’écriture et, pour chacun d’entre eux, j’ai noté ce qui me paraissait le plus important, en positif (c’est bon pour le moral !) comme en négatif. Pour cette étape, je ne fais pas de tri : je note tout, même des choses que je n’appliquerai certainement pas.

En mode corrections sur Le Sang des Lumières
Prise de notes sur les retours de bêta-lecteurs.

Je lis aussi le manuscrit qui m’a été retourné, avec les commentaires, lorsqu’il y en a (tous ne l’ont pas fait et ce sont contentés d’un retour général, mais heureusement car je pense que les corrections précises auraient fini par être redondantes !). Je note aussi les commentaires les plus importants. À cette étape, je m’attache surtout aux remarques de fond, celles évoquées en début de billet. Les détails, c’est pour après.

2) Laisser reposer

C’est un conseil qui m’a été donné par Stéphane Arnier : ne pas se précipiter sur son manuscrit dès le premier ou le deuxième retour pour commencer à corriger. J’avoue que c’est assez difficile (d’ailleurs vous constatez que je n’ai pas attendu tous les retours pour commencer), mais je pense qu’il a raison. Ce temps de maturation permet (encore une fois) de digérer les remarques et surtout de réfléchir à la manière dont on va rectifier le tir, surtout si on envisage de gros remaniements. ça permet aussi d’avoir une vue d’ensemble : l’avis d’un bêta-lecteur peut être contredit par tous les autres, par exemple. Par contre, si les retours soulignent tous le même problème, c’est qu’il y a quelque chose à revoir.

C’est là aussi qu’intervient sa propre vision des choses : on reste l’auteur malgré tout. C’est là qu’on choisit aussi de ne pas tenir compte de telle ou telle remarque : mais par contre, il faut l’assumer ensuite.

Notes sur les retours de bêta-lecteurs
Réflexions personnelles post-bêta et notes sur un retour (dans mon carnet d’écriture agenda publicitaire recyclé 😉 )

Pour ma part, j’ai attendu d’avoir cinq ou six retours pour ouvrir mon manuscrit et commencer à corriger. Ce n’est pas la majorité, mais comme j’avais les retours des bêta-lecteurs appartenant au groupe des « historiens » et ceux du groupe « technique d’écriture », je pense avoir une vision des problèmes de fond assez représentative. Je pense que les avis des « simples lecteurs » (donc un avis moins technique) va confirmer ce que cette première salve a souligné. Surtout, ces six premiers retours allaient quasiment tous dans le même sens, relevant les mêmes défauts et les mêmes qualités.

3) Préparer les corrections

Là-dessus, je me suis beaucoup inspirée de la routine de Nathalie Bagadey. J’ai pris le manuscrit qui avait le plus de commentaires et de corrections. C’est celui de Leslie, qui a endossé, en plus de la casquette de bêta-lectrice, celle de correctrice et je la remercie du fond du cœur du travail qu’elle a fourni.

Le manuscrit du Sang des Lumières corrigé
Voilà à quoi ressemble un manuscrit corrigé…

J’ai imprimé le manuscrit retouché et j’y ai reporté ensuite, une à une, les remarques des autres bêta-lecteurs. Elles se recoupaient donc c’était assez simple, mais il y a eu aussi des ajouts très intéressants. J’ai utilisé une couleur pour chaque bêta-lecteur (même si Leslie en a utilisé 4 à elle toute seule :p ).

4) Planifier

Avant de planifier, j’ai fait un test sur le premier chapitre pour voir combien de temps je passais à la correction : environ 6h (c’était un chapitre qui nécessitait beaucoup de travail !).

Dans mon bullet journal, je me suis fait un calendrier, ma date butoir idéale étant fin mai et j’ai réparti mes différents chapitres à corriger, à raison d’un ou deux par jour. J’ai enlevé une semaine de vacances où je ne serai pas chez moi (et pas disponible pour écrire, surtout !), mais j’ai compté les week-end. En revanche, je n’ai rien prévu le vendredi, mon jour « off », afin de rattraper éventuellement mon retard de la semaine (j’ai appelé ce jour « soupape », il me semble que c’est une technique de gestion de rendez-vous dans les professions médicales pour résorber l’accumulation des retards dans une journée).

Planning de corrections Sang des Lumières

5) S’y coller !

Yapluka… Ce n’est pas la partie la plus évidente, mais j’aime bien ce moment où l’on interroge sa propre histoire, sa propre écriture. L’avantage de prévoir un chapitre ou deux par jour, c’est que ça découpe la difficulté en petites tranches et ça semble moins insurmontable.

Corrections en direct Sang des Lumières

Je fais mes corrections sur Scribbook : en bleu les scènes à corriger, en vert celles qui sont corrigées, en jaune celle qui est en cours. Je me suis créée aussi un fichier « morceaux » dans lequel je colle des paragraphes que j’aime bien mais qui sont supprimés (ça pourra resservir !).

Lorsque j’aurais terminé toutes mes corrections, il y aura une nouvelle relecture de ma part et peut-être aussi de la part de bêta-lecteurs qui voudront bien relire la même histoire, mais avec les modifications 🙂 (faites-moi signe !).

Voilà, ce petit tour dans les coulisses des corrections est terminé, j’espère que ça vous a plu. On se retrouve la semaine prochaine pour en savoir plus sur les remarques des bêta-lecteurs !

 

Marraine d’un concours d’écriture

J’ai fait durer le suspense sur ma page Facebook car il fallait garder le secret jusqu’à aujourd’hui 🙂 Mais, ça y est, je peux le dire : je suis marraine. Marraine d’un concours d’écriture organisé par Librinova sur le thème des « secrets de famille ». Ouaw, rien que ça.

Heureusement, j’étais assise quand j’ai reçu le mail d’Anaïs, la semaine dernière, car je ne m’attendais pas du tout à cette demande. Le premier moment de surprise passée, j’ai relu deux ou trois fois le mail pour vérifier que j’avais bien lu. Bien compris. Que je ne m’étais pas fait une fausse joie. Évidemment, j’ai dit oui.

J’ai dit oui parce que c’est grâce au concours organisé par Draftquest et Librinova que je me suis lancée dans l’aventure de l’auto-édition avec Le Vent des Lumières, aujourd’hui publié par un éditeur traditionnel. C’est même grâce à ce concours que j’ai terminé ce roman, dont je suis aujourd’hui en train d’écrire la suite ! C’était donc tout naturel d’encourager à mon tour les auteurs en herbe (et même les aguerris qui auront envie de tenter l’aventure !). En plus d’être marraine, je serai donc membre du jury qui désignera trois manuscrits parmi ceux postés sur la plateforme concours (entre le 6 avril et le 24 août).

Screenshot-2018-4-5 Secrets de famille

Je peux vous dire que lorsque j’ai vu mon portrait et ma biographie s’afficher sur le site à l’emplacement « marraine »… ça m’a fait drôle. Très drôle. Comme si j’avais sauté d’un cran dans la hiérarchie des écrivains. Une sorte de reconnaissance supplémentaire, qui s’ajoute à celle d’un éditeur, qui s’ajoute à celle de mes quelques dix mille lecteurs…

C’est un honneur immense pour moi de parrainer ce concours d’écriture, mais je n’oublie pas d’où je viens. Un jour, j’ai été comme vous. Toute petite. Intimidée en appuyant sur le bouton « envoyer mon manuscrit ». Avec cet espoir fou qui fait rêver du premier prix…

Il faut rêver. Il faut y croire. Oser. Écrire… et se lancer, enfin.

J’espère que vous serez à ma place, un jour… Travaillez bien. 😉

 

 

 

Retour sur Livre Paris 2018

Des rencontres, des retrouvailles, des échanges riches et… des kilomètres à pied : retour sur mon salon Livre Paris 2018.

Livre Paris 2018

J’étais partie sur une journée, le samedi, en compagnie de ma croupicopine graphiste qui a pris goût aux choses de la littérature (grâce à moi, dit-elle… je suis flattée). Départ aux aurores de Rennes et arrivée à Montparnasse 1h30 plus tard (merci la LGV !). L’avantage de venir le samedi, c’est que le métro est relativement calme. A 9h30 pétantes nous sommes devant les portes du pavillon 1 du Parc des expositions de Versailles (sous la pluie). Heureusement, il ne fait pas très froid, mais mon sac est un peu lourd avec mes 4 livres et toutes les gourmandises bretonnes que j’ai ramené pour le stand de Librinova.

A 10h30, nous voilà sur ledit stand, à retrouver toute l’équipe de Librinova au grand complet pour un petit déjeuner bienvenu à coup de pavés bretons, de galettes de Pont-Aven, de gavottes et des madeleines à la farine de sarrasin faites maison 🙂

Je cale un rendez-vous avec mon agent Andrea (j’adore dire ça :p ) dans l’après-midi, afin de discuter de la prospection des éditeurs et des prochains romans puis on part arpenter les allées du salon (toujours aussi mal repérées malgré les grands panneaux avec des lettres qui pendent du plafond !).

20180317_121338J’achète un manga (L’école des sorciers) au stand de Pika Editions pour ma grande et un roman (Zita, la fille de l’espace tome 3) pour ma cadette chez Rue de Sèvres. En flânant, on voit les files d’attentes qui s’allongent déjà pour les dédicaces et pas seulement devant les stands des grosses maisons : Elyxiria, Lumen, pour celles dont j’ai repéré le nom. Je remarque aussi qu’il y a pas mal de stands d’auteurs indépendants (et je découvre dans l’article d’IDboox qu’il y en avait près d’une quinzaine, ce que je trouve plutôt rassurant !).

Après un déjeuner sandwich qui nous permet de reposer un peu nos pieds fatigués, retour chez Librinova pour assister aux master-class : comment se faire repérer par un éditeur en 2018 ? comment promouvoir efficacement son livre ? Même s’il y a des choses que je sais déjà, j’en apprends aussi de nouvelles. Et puis on discute avec les copines, surtout.

Rendez-vous avec mon agent littéraire

C’est l’heure du rendez-vous avec Andrea, mon agent. On s’isole un peu pour pouvoir discuter tranquillement. On parle du Vent des Lumières, qui s’est écoulé avec City Editions à 1100 exemplaires (ce qui est très bien pour un premier roman sans beaucoup de pub) et on s’achemine vers une sortie en poche à l’automne. Andrea lui soumettra Le Sang des Lumières dès que j’aurais fini les corrections et on verra en fonction de la réponse de City Editions quel avenir réserver à cette suite

On parle aussi de mes autres romans, notamment Les Ombres de Brocéliande qui a du mal à convaincre les éditeurs (malgré son succès auprès des lecteurs !) principalement parce qu’il est « inclassable » : un peu fantastique mais pas assez, un peu romance mais pas assez, un peu terroir mais pas assez… Un des inconvénients de l’édition traditionnelle, c’est qu’elle est très cloisonnée, au contraire de l’auto-édition qui permet toutes les fantaisies. Mais on ne lâche rien et Andrea propose de se tourner vers les maisons d’éditions bretonnes… Affaire à suivre !

Des rencontres…

Nathalie Bagadey Livre Paris 2018
Avec Nathalie Bagadey.

Sur le stand de Bookn’séries, je rencontre Nathalie Bagadey, avec qui j’échange depuis pas mal de temps, sur sa page FB ou son blog (que je recommande à tous les novices en auto-édition). Après un saut sur le stand d’Amazon où je peine à trouver ma place (c’est peut-être bête, mais je m’y sens perdue et désoeuvrée, ce qui est peut-être normal vu que je ne connais personne en particulier), retour chez Librinova où j’ai plus l’impression de faire partie de la famille 🙂 .

Je retrouve mes copines de Mooc (Marilyse Trécourt, Virginie Coëdelo, Pascale Rault-Delmas…), mais aussi des nouvelles têtes : Mélanie Taquet qui vient de publier chez Eyrolles ou Sophia Sagnot branchée sur 12.000 volts, etc. Je peux enfin rencontrer Laure Manel de passage sur le stand (on s’était ratées l’année dernière) qui me fait toujours rêver avec son parcours chez Michel Lafon… Je retrouve aussi avec plaisir Claire Casti de Rocco, ma copine éditée également chez City avec qui on échange beaucoup.

Des projets…

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Faire partie de la famille Librinova… (dans les photos en bas à droite, c’est moi !)

Je discute avec ma croupicopine Fanfan de la conversation avec Andrea (j’avoue que la nouvelle concernant Brocéliande est un peu dure à encaisser même si je m’y attendais un peu). On a parlé aussi du projet de futur roman (que j’ai évoqué aussi avec Andrea, qui m’a conseillé de m’y consacrer une fois que j’aurais fini Le Sang des Lumières au lieu de tenter une réécriture d’Oraison pour une île comme je comptais le faire). Les discussions avec Fanfan ont ceci de magique, c’est qu’elles débloquent des choses dans ma tête et me donnent une pêche folle pour me lancer dans l’écriture.

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Vers 19h, le salon commence à se vider (je ne sais pas si c’est la neige qui commence à tomber !) et on décide de casser une graine avant de retourner tranquillement vers Montparnasse. On s’octroie un sandwich foie-gras et vin rouge sur le stand des Petits producteurs du Quercy qui était délicieux !

21h14, départ pour Rennes, arrivée 23h… (re-merci la LGV). Mon téléphone affiche 8 kilomètres, je suis moulue ! Encore une très belle journée, avec des étoiles plein la tête et des projets qui mûrissent. Depuis samedi, mon idée de roman n°6 n’arrête pas de tourner et retourner dans ma cervelle… Il va falloir que j’ouvre un nouveau carnet d’écriture 😉

L’inspiration, mythe ou réalité ?

La semaine dernière, j’entamais mon billet sur les outils d’écriture en parlant du mythe de l’écrivain penché sur son manuscrit, assailli par l’inspiration. Apparemment, vous avez été quelques-uns à trouver mes outils utiles… et que parfois, ce sont les outils qui font défaut, plutôt que l’inspiration. Alors, l’inspiration, ça sert à quelque chose ?

« L’écriture, c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration »

J’aime beaucoup cette maxime, professée (assénée !) par l’écrivain Martin Winckler dans chaque épisode de la saison 5 du Mooc Draftquest écrire une oeuvre de fiction (il l’a adaptée de la célèbre phrase d’Edison concernant le génie). Je l’aime beaucoup parce qu’elle résume ce que je pense depuis longtemps sur l’écriture : un peu de talent et surtout beaucoup de travail. Non, contrairement à ce que beaucoup de lecteurs pensent, aucun écrivain n’écrit un roman en une seule fois, d’un trait, sans revenir dessus. Il y a des brouillons, un premier jet, parfois un second, des réécritures, des corrections, on rature, on élague, on étoffe… c’est ça, l’écriture. Un constant aller-retour sur le manuscrit, jusqu’à ce qu’il soit parfait. Et encore : la perfection existe-t-elle ?

Brouillon du chapitre 5 des Frères Karamazov
Brouillon du chapitre 5 des Frères Karamazov de Dostoïevski (source Wikipédia)

Ce n’est pas une notion facile à appréhender pour les lecteurs. Quand on annonce qu’on a posé le mot « FIN » sur le premier jet d’un roman, la première réaction du lecteur lambda, c’est de demander « à quand la publication ? ». Impatience bien légitime (et ô combien motivante !), mais l’auteur est souvent embêté pour répondre. Car finir le premier jet, c’est seulement la première étape, le brouillon. Si l’on est un peu organisé et qu’on a planifié la création du roman en question, on peut donner à peu près une date… mais sinon c’est advienne que pourra.

FIN !

Inspiration vs. technique

Il y a un débat récurrent chez les auteurs entre les tenants de la technique et les fanas du talent (je caricature exprès, les positions sont souvent plus nuancées). Les premiers considèrent que l’écriture est une technique comme une autre, que cela s’apprend et que n’importe qui d’un peu consciencieux est capable de produire un roman. Les seconds pensent que l’écriture est un don, un talent, que l’on peut écrire un chef d’oeuvre sans avoir une once de technique.

Évidemment, la vérité est un peu au milieu des deux, comme d’habitude. On peut écrire des milliers de pages parce qu’on est prolifique et très inspiré, ça ne suffira pas pour écrire un roman : il y faut un peu de structure, de scénario, de travail sur les personnages, etc… A contrario, être un expert de la technique d’écriture ne suffira pas non plus, car si l’on a aucune idée et que l’inspiration ne répond pas à l’appel, on va écrire un roman plat, sans intérêt, sans émotions. Un exercice de style, mais sans le style.

Comme le répète Martin Winckler, c’est le 5% d’inspiration qui fait d’un texte moyen ou correct un bon texte. L’inspiration est l’essence de l’écriture, même si le travail reste essentiel (subtil, hein 😉 ). Le travail, c’est ce qui va permettre à l’écrivain en herbe d’aller au bout de son projet de roman, là où l’inspiration lui permettra seulement de démarrer ou d’en écrire des bribes.

La technique des petits papiers pour écrire un roman

L’inspiration, ça tient à quoi ?

A peu de choses. Là, le mythe de l’écrivain armé de son carnet qui note tout et n’importe quoi n’est sans doute pas usurpé : un fait divers, un lieu, un personnage, une situation, tout est susceptible de faire naître dans le cerveau de l’écrivain une idée de roman. Mais là encore, l’idée ne suffira pas : il faudra la travailler, la malaxer, la triturer dans tous les sens pour en faire une histoire. Car un roman, c’est d’abord une bonne histoire (comme dit Alfred).

L’inspiration est une muse capricieuse : il y a des jours où l’on a décidé d’écrire et où rien ne sort (ou rien de bon). On se met devant sa page et c’est le trou noir, la panne. Il y a des techniques pour contrecarrer ces pannes, mais parfois il faut savoir faire son deuil de mots : aujourd’hui, on sera bon à rien, c’est comme ça.

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Quand ça m’arrive, j’essaie de ne pas laisser tomber pour autant et je fais des choses en rapport avec mon manuscrit en cours :

  • relire les chapitres précédents et corriger les fautes, la syntaxe, la tournure des phrases
  • travailler sur le plan, les personnages, documenter un lieu, un fait, un détail
  • créer des posts de promotion sur ma page Facebook pour les programmer, ou des billets de blog
  • travailler sur un autre projet d’écriture : un autre roman ou une nouvelle (je le fais peu car j’ai tendance à aimer me concentrer sur un seul projet à la fois).

La seule chose que je ne fais pas, c’est de procrastiner en faisant complètement autre chose (sauf si le blocage est vraiment énorme !) qui n’a aucun rapport avec l’écriture. Quand on est face à un obstacle, changer de chemin ne permet que de l’éviter, pas de le franchir (je cite cet adage souvent à ma fille aînée qui a tendance à esquiver les problèmes plutôt que de les affronter).

Pour résumer, l’inspiration n’est pas plus un mythe qu’une réalité, elle existe et elle est une part importante de l’écriture. Mais le travail est tout aussi important, car c’est lui qui va transformer l’inspiration en roman. Bon, d’ailleurs, je retourne de ce pas travailler sur la troisième et dernière partie du Sang des Lumières que je compte envoyer à mes bêta-lecteurs ce weekend !