Une nouvelle Petite mouette s’envole…

Comme vous le savez peut-être (je vous en parle depuis le début de l’année, à peu près !), j’ai réécris mon troisième roman Petite mouette pour l’étoffer et lui donner de l’épaisseur (au propre comme au figuré !). D’ici quelques jours, la nouvelle version e-book sera en ligne sur vos plateformes de vente préférées (Amazon, Kobo, iBooks…) et aussi en broché très bientôt (le temps d’adapter la couverture au nouveau format papier.

Petite Mouette Nouvelle version Lynda Guillemaud broché ebook

Qu’est-ce qui change ?

Le nombre de pages

On passe de 146 pages à 347. Donc plus de lecture, plus de plaisir (j’espère !). La mouette 2.0 affiche un peu plus de 60 000 mots au compteur (contre 32 000 avant).

Le nombre de chapitres

50 chapitres au lieu de 10. Il y a donc beaucoup de chapitres supplémentaires mais les 10 initiaux ont aussi été étoffés, parfois coupés en plusieurs scènes.

Des personnages plus présents

La mère d’Amandine, Suzanne, devient un personnage à part entière. Vous allez partager ses sentiments, ses pensées, ses doutes aussi. Julien, le petit copain d’Amandine, n’est plus seulement un prénom jeté au hasard d’une conversation avec Paul, il prend une vraie place dans l’histoire. Marianne, la patronne du Café du Port, tient un rôle plus important aussi.

Une narration différente

Là, c’est un peu de la technique et peut-être que vous ne verrez pas la subtilité, mais pour aborder la réécriture de ce roman, j’ai adopté une démarche narrative radicalement différente. Dans la première version, l’histoire était racontée essentiellement du point de vue d’Amandine et parfois de Paul (c’est à dire que toi, lecteur, tu vivais l’histoire à travers les yeux de ces deux personnages). Le narrateur était plutôt omniscient, mais finalement pas très bien défini.

Pour cette nouvelle version, chaque chapitre est écrit du point de vue d’un personnage principal : Amandine, Paul mais aussi Suzanne. Vous allez donc vivre la même histoire, mais racontée à travers les pensées de chacun de ces trois personnages. Cela permet de donner plus de profondeur car, du côté de l’écriture elle-même, ça m’a obligée à entrer vraiment dans la tête de chaque personnage (surtout Suzanne qui était un peu laissée de côté dans la première version).

Le prix de la version en broché

Il passera de 10€ à 12€, juste pour couvrir les frais supplémentaires du fait du nombre de pages plus important.

Ce qui ne change pas

L’histoire

C’est la même histoire, avec le même début et la même fin, les mêmes personnages, les mêmes interrogations… Mais aussi des réflexions supplémentaires occasionnées par des scènes qui ont été ajoutées ou étoffées.

Les lieux

Vous irez toujours vous balader en presqu’île guérandaise. J’ai étoffé aussi certaines descriptions et de nouveaux lieux sont évoqués (la pointe de Merquel, le chemin des douaniers entre Piriac et Quimiac…).

Quimiac Piriac-sur-Mer Petite Mouette Lynda Guillemaud
Le refuge des douaniers sur le chemin côtier entre Piriac et Quimiac.

Le prix de l’ebook

Toujours 2,99€. Celles et ceux qui ont acheté la première version et qui n’ont pas désactivé l’option sur leur liseuse auront automatiquement la mise à jour dès qu’elle sera en ligne, vous n’avez donc pas besoin de racheter la nouvelle version. Par contre, vous avez le droit de mettre des commentaires une fois que vous aurez lu la nouvelle version ! 😉

J’espère que cette deuxième mouture vous plaira. Elle a en tout cas beaucoup plu à mon agent littéraire de Librinova et elle va permettre de prospecter les éditeurs pour lui trouver une maison… Si vous n’avez pas craqué pour la première version, peut-être allez vous craquer pour la deuxième ? C’est ici pour acheter.

 

 

Publicités

Comment et pourquoi je planifie mon roman

Le mois d’octobre, quand on est auteur et qu’on participe au NaNoWriMo (ce challenge international où l’objectif est d’écrire un roman de 50.000 mots pendant le mois de novembre) est souvent consacré à la préparation dudit challenge. Cette année, pour la troisième fois, je m’y suis inscrite. Mon objectif : avancer le premier jet du Sang des Lumières, la suite des aventures d’Eléonore. J’avais en effet profité du Nano 2016 pour écrire la première partie de ce roman.

Avec la petite expérience que j’ai commencé à acquérir en écriture de roman (j’entame quand même mon cinquième !), j’ai peu à peu cerné comment je travaillais et surtout comment j’étais efficace. Désolée de vous décevoir, chers lecteurs qui croyez au mythe de l’auteur saisi par une inspiration soudaine suscitée par son esprit génial… ce n’est pas du tout comme ça que j’écris (comme beaucoup d’écrivains, en fait).

apollo-and-the-muses-876292__340
Apollon et les muses, huile sur toile, Charles Meynier (1768-1832).

Pour paraphraser Martin Winckler dans le Mooc Draftquest (saison 5 à visionner ici) : l’écriture, c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration (donc de travail !). Au début, quand j’écrivais, je faisais comme beaucoup d’auteurs en herbe : je prenais mon crayon (oui, l’ordinateur n’était pas aussi répandu qu’aujourd’hui, quand j’étais jeune 😉 ) et j’écrivais. Au fil de la plume. De manière linéaire, sans trop savoir où j’allais, comment mon histoire allait finir et où elle allait m’emmener.

Le fait est que tous les romans que j’ai commencé sur ce mode… n’ont jamais été terminés. Quand je les ai repris, des dizaines d’années plus tard, je me suis rendu compte que je n’avais pas suffisamment réfléchi et surtout construis mes histoires : les personnages, la structure, les péripéties, le dénouement. ça partait dans tous les sens et advienne que pourra (il n’advenait donc pas grand chose ou pas comme il fallait).

ac141959d569611f2f2fbdbfea7c54c4

Aujourd’hui, lorsque je me lance dans l’écriture d’un roman, comme c’est le cas avec Le Sang des Lumières, je ne pars pas bille en tête et clavier en main (maintenant j’ai un ordinateur ! 😀 ). Je commence d’abord par faire un plan.

J’ai découvert il y a quelques années la méthode flocon (grâce notamment au blog Espaces comprises, malheureusement un peu en sommeil depuis quelques temps) qui consiste à élaborer son histoire par séquences fractales (comme un flocon, donc), du plus général au plus précis. Vous trouverez un pas-à-pas assez bien fait sur le blog Mécanismes d’Histoires et je m’en suis inspirée pour créer ma propre méthode (que je n’applique pas non plus à la lettre) : mon premier plan est très sommaire, ce n’est parfois qu’une phrase pour résumer chaque partie. En général, j’ai déjà mes personnages principaux et le lieu de l’histoire. Je planifie donc la première partie, toujours de manière assez vague, avec les grandes étapes et les rebondissements. C’est à ce moment-là que je me mets à écrire, scène par scène. Souvent, l’écriture génère des épisodes que je n’avais pas forcément prévus (c’est là que les personnages m’échappent, parfois) : si ça me convient comme déroulement, je révise alors mon plan.

Pour Le Sang des Lumières, j’ai fait la même chose mais en pensant déjà à l’avance les deuxième et troisième parties : comme c’est un roman historique, il fallait en effet que je reste cohérente avec l’Histoire, quand même ! Mais, par exemple, ma troisième partie est pour l’instant un gruyère avec des trous, même si je sais ce qu’il va se passer grosso modo, je ne sais pas encore comment (dans le détail, s’entend). Et je le découvrirais sans doute quand j’aurais terminé ma deuxième partie et que je commencerais à rédiger la troisième.

plan de scènes
Exemple de plan de scènes, avec le début du Sang des Lumières.

Chose que je n’avais jamais encore fait jusqu’àlors, j’ai aussi discuté de mon plan avec mon alpha-lectrice : je lui ai raconté ce qu’il allait se passer dans le roman, les différents épisodes, les rebondissements,… pour savoir ce qu’elle en pensait et si ça tenait la route. Ce qui a été rigolo, c’est que, souvent, en verbalisant moi-même le scénario, je me rendais compte toute seule de ce qui n’allait pas ! Le fait de mettre au clair ce qu’on veut raconter, avant même de l’écrire, est bénéfique pour ne pas partir dans la mauvaise direction.

Voilà, vous savez presque tout sur ma manière d’aborder un nouveau roman… Une prochaine fois, je vous parlerais de ma méthode pour fixer des objectifs chiffrés d’écriture. Si ça vous intéresse… alors dites-le moi en commentaires !

 

#RaysDay : Les 5 premières scènes de la suite du Vent des Lumières

Aujourd’hui 22 août, c’est le Ray’s Day. Cette initiative, lancée par un blogueur il y a quelques années, célèbre les livres, mais surtout les lecteurs et la lecture. Pourquoi le 22 août ?  Car c’est la date de naissance de Ray Bradbury, l’auteur de Fahrenheit 451, un livre excellent qui décrit une société où les livres sont interdits…

Il est d’usage, pour fêter le Ray’s Day, d’offrir gratuitement quelque chose en rapport avec la lecture : un livre à télécharger, des extraits, un bookcrossing, organiser un marathon de lecture ou d’écriture… L’an dernier j’avais offert aux abonnés de mon infolettre mon roman Oraison pour une île.

Cette année, j’ai décidé de vous offrir les cinq premières scènes de la suite des aventures d’Eléonore : Le sang des Lumières. Attention, je vous préviens, il s’agit d’un premier jet, donc il est fort probable que la version définitive soit très différente.

Pour lire cet extrait, cliquez là => SDL_scenes1-5

Le sang des Lumières Roman historique Révolution Française Eléonore Histoire

J’espère que ça vous plaira ! Dites-moi si ça vous donne envie de découvrir la suite… (sinon j’arrête d’écrire haha 😀 ).

Réécrire « Petite mouette » : pourquoi et comment…

Comme je vous le suggère depuis quelques temps, je suis en train de réécrire mon troisième roman Petite Mouette, parallèlement à l’écriture de la suite du Vent des Lumières. Pourquoi une réécriture, alors que le roman fonctionne plutôt bien depuis sa sortie ? Je vous dis tout dans ce billet peut-être un peu technique si vous êtes simple lecteur, mais vous serez dans le secret de la Création ! 🙂

Pub PM

J’ai publié Petite Mouette sur Librinova le 19 juin 2016 et ça a été tout de suite un beau succès : en quelques mois seulement, il a dépassé les 1000 exemplaires numériques. J’en suis aujourd’hui à 1800. Les retours sont plutôt bons, le roman fonctionne, il a peu de commentaires sur Amazon mais d’un côté, je comprends les lecteurs : pas facile de faire un commentaire sans spoiler l’histoire (et je remercie les commentateurs d’avoir joué le jeu jusque là !).

Pourquoi réécrire ?

Pour plusieurs raisons, qui rejoignent un peu toutes la même volonté : améliorer. Lorsque le roman a intégré le programme « En route vers le papier » de Librinova, j’ai eu une longue discussion avec mon agent littéraire, Andrea, au sujet du livre. Car il avait un gros défaut, dont j’étais consciente : il était court (à peine 200 000 signes alors que la moyenne d’un roman est 350 000). Certes il existe des romans courts qui fonctionnent très bien et la longueur n’est pas un argument pour ou contre en soi. Si le roman est suffisamment dense, il peut s’exonérer de longueurs inutiles.

Sauf que pour Petite Mouette, ce n’était pas le cas (il faut être réaliste et lucide) : la fin était trop rapide, pas assez creusée, pas assez fouillée. C’était déséquilibré par rapport au début qui était, lui, beaucoup plus lent. Certains personnages n’étaient pas assez consistants. En réalité, ça ne faisait que confirmer un sentiment de « pas fini » dont j’étais consciente sans pouvoir mettre le doigt sur ce qui clochait.

On avait deux options : soit Andrea prospectait les éditeurs avec le roman tel quel, au risque que sa longueur lui fasse préjudice d’emblée (certains éditeurs n’acceptent même pas de lire un roman de moins de 350 000 signes), soit je le retravaillais pour présenter aux éditeurs une version modifiée, plus longue et aussi plus étoffée.

Il ne s’agissait donc pas de rallonger pour rallonger (ça n’a aucun intérêt) mais de rajouter de la matière là où ça en manquait. Approfondir certains personnages secondaires. Ajouter des scènes là où j’étais clairement dans le « dire » et pas dans le « montrer » (si la nuance ne vous dit rien, je vous conseille cet article). Fouiller les personnages principaux, surtout sur la fin.

Comment j’ai procédé

Au départ, bien que motivée, je ne savais pas trop par quel bout prendre la chose. En effet, rien n’est plus difficile que de revenir sur un texte déjà écrit. C’est déjà compliqué quand on en est au stade des corrections et de la relecture, ça l’est encore plus lorsque le texte a été publié et apprécié par les lecteurs. Il faut refaire ce qui pèche sans défaire ce qui est bon. Andrea m’a donné un bon coup de main (et je l’en remercie ❤ ) en me donnant des pistes d’améliorations, de son point de vue : elle m’a fait une liste de ce qui fonctionnait ou pas, ce qui lui avait manqué, là où j’avais de la matière pour approfondir… Je me suis aussi basée sur les retours de lectures et les chroniques : parfois, les faiblesses du roman sont pointées.

2016-02-16 10.00.16

Je m’y suis mise au début de l’année 2017, j’ai commencé par me fixer un objectif chiffré : 350 000 signes, soit environ 60 000 mots. Puis j’ai repris chaque chapitre un par un et je les ai découpés en scènes. Mes chapitres étaient assez longs et couvraient parfois plusieurs scènes. J’ai réécrit le plan détaillé de chaque scène telle qu’elle existait, en ajoutant ça et là les idées d’amélioration (développer telle réaction, tel personnage, etc).

Puis j’ai laissé mariner quelques semaines, surtout parce que je n’avais pas le déclic pour me lancer dans la rédaction. Un jour, en lisant un article sur les points de vue et les narrateurs, j’ai eu l’illumination : et si je réécrivais mes scènes en changeant de point de vue ? Il y a déjà plusieurs points de vue dans le roman, mais ils sont mélangés dans la narration (le narrateur est dans la tête de tous les personnages en même temps), le point de vue dominant étant celui d’Amandine.

J’ai décidé de garder un narrateur omniscient, mais en focalisant, pour chaque scène, sur un seul personnage : quelquefois je raconte du point de vue de Paul, quelquefois de celui d’Amandine, quelquefois de celui de Suzanne (ce procédé m’a permis, d’ailleurs, de creuser le personnage de la mère d’Amandine). Ce qui a été magique, c’est qu’une fois que j’avais décidé ça, ça s’est débloqué presque tout seul, notamment pour la fin. Par contre, ça m’a forcée à réécrire certaines scènes de A à Z pour coller au point de vue choisi.

Balise Piriac
La balise du port de Piriac-sur-Mer.

Actuellement, il me reste 11 000 mots à écrire pour atteindre mon objectif, mais j’ai laissé de côté certaines scènes du début pour pouvoir réécrire la fin de manière plus cohérente. Je pense aussi ajouter des descriptions d’endroits de la presqu’île que j’ai juste survolé jusqu’à présent et qui seront peut-être le théâtre d’une ou deux scènes supplémentaires.

Une fois que j’aurai fini, j’enverrai le tout à Andrea pour savoir ce qu’elle en pense. Si ça convient, elle pourra présenter cette nouvelle version à des éditeurs… J’espère en tout cas que Petite Mouette rejoindra un jour Le vent des Lumières sur les rayons des librairies !

Voilà pour ce petit tour dans les coulisses de l’écriture, j’espère que ça vous a intéressé… Sinon dites-le moi en commentaires ! 🙂

L’île de Bréhat… à travers Oraison pour une île

A l’instar de ma visite de Paris au temps de mon roman Le vent des Lumières, je vous propose une petite découverte en images et en mots de l’île de Bréhat, théâtre de mon second roman Oraison pour une île.

Situation

carte-bretagne

L’île de Bréhat est située dans les Côtes d’Armor, en Bretagne, au large de Paimpol. On y accède par bateau uniquement (il y a de nombreuses navettes toute la journée), vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site de l’office de tourisme.

La journée suffit pour faire le tour de l’île et découvrir les sites importants, mais je vous conseille d’y rester au moins une nuit. En effet, après le départ de la dernière navette (et donc des nombreux touristes !), l’ambiance est très différente, plus apaisée. Sur l’île, il y a un camping, des chambres d’hôtes, des gîtes… donc n’hésitez pas. La meilleure période pour visiter est avril-mai, lorsque tout est en fleur (on surnomme Bréhat l’île aux fleurs !) et, si vous pouvez, éviter les week-end pour préférer la semaine.

Je vous fait rêver un peu avant de commencer ? 😉

L’arrivée sur l’île

On embarque à la pointe de l’Arcouest, à Ploubaznalec et on débarque à Port-Clos, après dix minutes environ de traversée (il est possible aussi de faire le tour de l’île avec une navette spécifique, qui dure 45 mn et débarque à Port-Clos à la fin).

cale_de_l_arcouest
Cale de l’Arcouest à marée montante, côté continent. Photo Fred Henze.

La particularité, c’est qu’on embarque à des endroits différents en fonction de la marée : à marée haute, à mi-marée ou à marée basse. En fonction de l’horaire de la navette et de celle des marées, vous aurez donc plus ou moins de chemin à faire pour prendre le bateau ou en descendre…

Cale Marée basse Bréhat
La cale de marée basse, côté Bréhat (photo François Madic).

Caroline reçut les prémices de l’île avec un coup au cœur lorsque le taxi aborda le dernier virage avant le parking de l’embarcadère de la pointe de l’Arcouest. La revoir lui donnait le vertige, des frissons dans le dos et elle étouffa une exclamation dans le creux de sa main, émue aux larmes.
Elle resta un moment sur le parking, puis se dirigea vers l’embarcadère, au bout duquel une vedette attendait. Elle trouva un banc et s’assit. Au loin, là-bas devant elle, Port-Clos semblait l’attendre. Elle avait encore la possibilité de changer d’avis. De faire demi-tour.
Avait-elle fait le bon choix ?
(Chapitre 14)

Chez Cordelia

FIL8042.JPG
Le portail rouge (photo perso).

Je ne mets pas la photo de la maison car il s’agit d’une propriété privée. Elle est assez bien cachée mais on peut en voir des morceaux depuis le chemin. Si vous lisez bien ma description dans le livre, vous devriez pouvoir la retrouver 😉

La première fois, je suis tombée par hasard devant ce portail rouge un peu décrépi (il a été repeint depuis) et le côté mystérieux de ce dernier m’a tout de suite séduite. J’ai eu envie d’y faire vivre la vieille dame de mon roman. Dans le jardin, se trouvaient des statues, perdues au milieu de la pelouse, regardant vers la mer… ça m’a inspirée.

Elle grimpa lentement le sentier étroit de chaque côté duquel on devinait de grandes propriétés refermées sur elles-mêmes derrière les murs et les haies touffues.
Un portail de bois grenat, encadré par deux immenses pins, surgit au détour du chemin.
— C’est là…
Le son ténu de sa propre voix arrêta la jeune femme plusieurs dizaines de mètres avant le portail. Elle mettait les pieds ici pour la première fois de sa vie, mais elle devinait qu’elle était au bon endroit. Elle sonna, sans oser pousser le portail de bois disjoint.
(Chapitre 1)

La chapelle Keranroux

C’est le repaire de Joshua, situé au milieu de l’île, sur la partie nord, juste après le pont Vauban qui relie les deux parties. C’est une petite chapelle qui comporte un chevet à pans coupés du XIXème siècle. La petite maison attenante appartenait au poète Edmond Haraucourt qui la légua, à sa mort, à l’Université de Paris. C’est un de ses vers qui ouvre le roman.

FIL9749
Le soleil joue dans les vitraux de Keranroux (photo perso).

 

Par la fenêtre de la cuisine, grande ouverte, les accords tumultueux de La Mer de Debussy répandaient la violence des vagues sur les pavés de la chapelle de Keranroux derrière lui. Joshua appréciait d’ouvrir la porte de bois un peu décrépie, le matin, pour libérer les odeurs d’encens, de cierge brûlé et les murmures oubliés des prières laissées là en suspens. Il prenait ainsi son café sur le seuil de schiste poli par l’usure du passage en écoutant de la musique.
(Chapitre 7)

La chapelle Saint-Michel

Ile-de-Bréhat-Chapelle-Saint-MichelC’est l’autre chapelle célèbre de Bréhat : curieusement perchée en haut d’un monticule, elle domine la partie sud de l’île et l’étang du Birlot, le moulin à marée. C’est une chapelle minuscule, d’un blanc immaculé et un toit orange, avec une croix de granit qui ponctue le ciel d’un bleu pur. C’est l’un de mes endroits préférés de l’île.

La chapelle Saint-Michel, minuscule, se dressait sur un monticule étroit à trente-trois mètres au-dessus du niveau de la mer, comme un défi à Dieu et aux éléments. Le soleil commençait à se griffer de noir derrière les arbres en dessinant de grandes ombres sur le chemin qui s’accidentait, parsemé de gros blocs rocheux parmi lesquels grimpait un escalier.
Caroline entra dans la chapelle par l’unique porte et se retrouva au milieu de la toute petite nef. La lumière silencieuse sentait la cire fondue et l’humidité et rehaussait le bois poussiéreux du retable ceint d’une barrière, à sa droite. Sur sa gauche, assis sur l’un des deux bancs patinés, les regards perdus dans la voûte basse qui ressemblait à une coque de bateau renversée, quelqu’un priait, coupé du monde.
C’était Joshua.
(Chapitre 11)

La croix Maudez

FIL9787
La croix Maudez (photo perso).

On considère que c’est le calvaire le plus ancien de l’île, la légende dit qu’il fut fondé par Saint-Maudez lui-même, un moine du Vème siècle. Lorsqu’il débarqua sur Bréhat, il fut rejeté par toute la population et dut coucher dehors. Peu de temps après, l’île fut accablée par de nombreux malheurs : les insulaires pensèrent qu’ils étaient punis par Dieu pour avoir mal accueilli le moine. Ils allèrent alors le trouver pour demander pardon et bâtirent un calvaire en face de son ermitage.

— La croix de Maudez, déclara Joshua en posant sa main sur le granit. Le plus ancien calvaire de Bréhat, il date du cinquième siècle.
Caroline laissa traîner ses doigts sur la pierre grumeleuse et froide, sans pouvoir détacher ses yeux de la main de Joshua. Elle songea qu’elle aimait aussi les mains du jeune homme, courtes, carrées, charnues. Des mains de marin, avec quelque chose de fruste, de rude, de solide qui tranchait avec la délicatesse et la sensualité avec laquelle il caressait la pierre. Leur lenteur calculée, presque idolâtre émouvait Caroline.
(Chapitre 11)

Le phare du Paon

A tout seigneur, tout honneur : celui de boucler cette visite virtuelle. Le phare du Paon est situé tout au nord de Bréhat et regarde vers le large. C’est un édifice plutôt trapu, qui n’a rien d’exceptionnel, en fait. Son environnement, perdu au milieu de nulle part, en fait cependant un endroit hors du commun. On se sent vraiment seul au monde (bon, quand il n’y a pas de touristes, disons !).

Le phare est construit sur une sorte de plateforme en granit rose posée sur les rochers battus par la mer. Devant, on trouve le Gouffre, une anfractuosité de la roche dont les formes étranges rappellent la légende du Paon : contrairement à ce qu’on pense, le mot Paon n’évoque pas l’oiseau mais vient du mot penn qui veut dire tête en breton. On raconte que Gwill et Isselgert, les deux fils de Mériadec, comte de Goëlo, voulaient jeter à la mer le corps de leur père qu’ils avaient assassiné pour se venger de lui (leur père les avait enfermé après qu’ils eurent pillé l’abbaye de Beauport). La colère de Dieu les changea en rocher et un gouffre sans fond se forma autour d’eux.

Le phare du Paon
Le phare du Paon sur sa plateforme de granit rose (photo Philippe Dufour).
FIL292 (1)
Le Gouffre… et ses drôles de personnages pétrifiés dans la pierre. (photo perso)

Quelle que fut la direction que l’on prît, à Bréhat on finissait toujours tôt ou tard au phare du Paon qui, d’endroit le plus solitaire, en devenait le plus fréquenté. Joshua évita le promontoire et s’aventura sur les rochers qui s’élançaient vers ce qu’on appelait « le Gouffre ».
À marée haute, les vagues, somptueuses, se soulevaient vers le large, grossissant, grossissant au fur et à mesure qu’elles approchaient. Qu’un rocher trois fois plus haut qu’elles se trouvât sur leur chemin, peu importe : elles se désintégraient contre la paroi en une formidable explosion de gouttes mais, loin de perdre de leur vigueur, les vagues, sournoises, contournaient l’obstacle en une fraction de seconde et engloutissaient la base du rocher en bouillonnant dans un murmure d’avalanche. L’eau de mer se vautrait alors dans chaque anfractuosité de la roche avec des bruits de déglutition gargantuesque.
(Chapitre 8)

J’espère que ce petit tour à Bréhat vous aura donné envie d’y poser votre sac pour une heure, une journée… ou une vie, pourquoi pas ? Sinon, vous pouvez toujours ouvrir mon roman, il paraît qu’on y voyage sans bouger de son fauteuil… 😉 (c’est ici si vous voulez l’acheter : 2,99€ le billet aller/retour, pas cher, non ?). Et puis, dites-moi ce que vous en avez pensé !