Ecrire, c’est facile… Raconter des histoires, c’est plus dur !

En pleine écriture de la suite des aventures d’Eléonore, Le sang des Lumières, je suis confrontée ces derniers temps à une panne d’écriture. Pas une panne d’inspiration, non. Pas non plus un problème de motivation. J’ai mis quelques jours à cerner mon problème, afin d’y trouver une solution.

En fait, j’avais un problème d’histoire. Pas l’Histoire de France, hein, celle-là, ça va, je sais où trouver ce qu’il me faut pour mon roman. J’avais un problème avec l’histoire d’Eléonore, ce qui lui arrive, pourquoi, comment, etc. J’étais arrivée à un moment où mon héroïne ne faisait que passer à travers les événements de la Révolution. Pas terrible pour maintenir le lecteur en haleine (en plus, il connait la fin ! 😉 ). Il lui arrive bien des choses, plus ou moins terribles, mais il n’y avait pas pour elle de réel enjeu, celui qui fait dire au lecteur « oh mon Dieu, va-t-elle s’en sortir ? » Bref, je n’étais pas satisfaite de mon scénario à cette étape-ci de l’écriture.

Le plus frustrant, c’est que j’ai vraiment envie d’écrire, j’ai plein d’idées dans la tête, des images, des lieux, des personnages, des dialogues… mais tant que je n’ai pas résolu ce problème de scénario, ça ne veut pas sortir.

Alors je me suis posée, j’ai pris une semaine de vacances (en emportant mon manuscrit au cas où quand même 😀 ) et puis, j’ai pris le taureau par les cornes.

20170417_165345.jpgD’abord, j’ai repris du papier brouillon, un crayon et des ciseaux. Puis j’ai écrit tout ce que je voulais qu’il arrive à Eléonore et aux héros secondaires d’ici la fin du roman (là aussi c’était un peu nébuleux). Ensuite j’ai découpé, puis j’ai classé tout ça par ordre logique et chronologique. L’affinage viendra plus tard, je sais que j’ai besoin de temps de maturation une fois les grandes lignes posées.

Ceci étant fait, je voyais plus clair sur où je voulais arriver et j’espérais ainsi débloquer mon problème, qui se situait à peu près au milieu du roman. Cette fois, j’ai choisi d’en discuter avec mon alpha-lectrice, en lui disant ce qui n’allait pas à mes yeux. Au fil des discussions, je lui ai raconté ce qui arrivait ensuite, on a réfléchi à deux voix... Je lui ai dit toutes les idées qui m’étaient passées par la tête mais que je n’avais pas suivies… et finalement, on a fini par faire germer l’idée géniale (enfin j’espère !) pour débloquer mon scénario.

Je me suis rendu compte que cette discussion m’avait permis de formaliser toutes les idées que j’avais dans la tête, de les énoncer : ce faisant, elles prennent du corps, de l’épaisseur, on voit si ça colle ou pas, elles s’articulent entre elles. C’est plus difficile à faire tout seul car on n’a pas forcément la même prise de recul ou bien au contraire on a tendance à s’autocensurer. D’où l’intérêt d’avoir ce que j’appelle un alpha-lecteur qui est présent bien avant l’étape de relecture : pour l’instant, elle n’a rien lu ! Je lui ai juste raconté ce qu’il se passait, mais grâce à ces échanges, j’ai peu à peu construit mon scénario.

Pour revenir à mon titre, volontiers provocateur (mais pas tant que ça), je voulais dire que l’écriture en soi est assez facile, naturelle (si, si !). Par contre, imaginer des histoires, les construire, les façonner, y mettre des personnages, des lieux, des événements… ça, c’est une autre paire de manches, à laquelle on ne pense pas forcément d’emblée lorsqu’on se lance dans l’écriture. Et pourtant c’est une portion importante, voire primordiale, dans le roman. Je comprends ce que voulait dire David Meuleumans dans le Mooc Draftquest, au sujet des manuscrits qu’il reçoit en tant qu’éditeur : beaucoup d’auteurs savent écrire, mais peu savent raconter une histoire. Or, pour avoir un bon roman, il faut les deux. Impérativement. 🙂

 

« Le vent des Lumières », bientôt en librairie !

L’image vous sera peut-être tombée sous les yeux sur les réseaux sociaux : grâce à mes bonnes fées de Librinova, mon premier roman Le vent des Lumières a trouvé un éditeur traditionnel… Frédéric Thibaud, le directeur de City Editions a eu un vrai coup de coeur pour mon roman et c’est le début d’une nouvelle aventure pour Eléonore, direction la librairie !

C’est l’aboutissement d’années de travail, ponctuées d’abandons et d’espoirs, de joies et de déceptions aussi… J’écris depuis que j’ai 14 ans et quand on me demandait, au collège puis au lycée, ce que je voulais faire plus tard, je répondais : « écrivain ». Je me souviens encore avoir écrit dans mon journal intime de l’époque ma déception en découvrant que les écoles d’écrivains, ça n’existait pas… Alors, j’ai fait une école de journalisme (c’était ce qui se rapprochait le plus de l’écriture !).

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Un roman historique = une demi-tonne de notes 🙂 (photo perso)

Je n’ai jamais abandonné l’idée de publier un jour mes romans chez un éditeur (à l’époque, l’auto-édition n’existait pas vraiment). Je n’avais pas les moyens de publier à compte d’auteur et, de toutes façons, je partais du principe que si aucun éditeur ne me faisait confiance, c’est que mes romans n’en valaient pas la peine (oui, j’étais encore un peu naïve quant à la réalité du milieu de l’édition !).

La première version du Vent des Lumières doit dater de mes 16 ans et je l’avais fait lire à ma prof de français du collège, accessoirement prof d’histoire-géo et aussi animatrice de mon club théâtre. Elle est devenue une amie depuis… et je peux dire sans exagérer que Jeannine m’a vraiment accompagnée dans mes premières années d’écriture, me faisant découvrir aussi les livres absolument passionnants de Claude Manceron, Les hommes de la liberté

J’ai continué à écrire, avec des pauses plus ou moins longues, le temps d’entrer dans la vie active, de faire des enfants, tout ça… 🙂 mais je n’avais jamais pu (ou voulu ?) terminer Le vent des Lumières. Un peu par manque de temps mais aussi par démotivation et l’impression que ça n’intéressait personne d’autre que moi…

Vers 2012-2013, j’ai commencé à publier en ligne les premiers chapitres sur un forum d’auteurs en herbe, surtout pour exorciser cette mauvaise impression et savoir si je devais continuer à écrire ou bien s’il fallait mieux passer à autre chose (si tant est que ce fut possible !). Et là, ce fut le choc : plusieurs dizaines de lecteurs ont avalé mes mots à une vitesse incroyable, lisant mes chapitres à peine publiés et réclamant à grands cris la suite et la fin du roman…

En 2014, je me suis dit qu’il fallait que je me donne un coup de pied dans le derrière et que je finisse ce satané roman historique. J’ai profité de mon inscription au Mooc Draftquest Ecrire une oeuvre de fiction pour remettre le nez dans mon histoire et dans l’Histoire. Le Mooc était clôturé par un concours, auquel j’envoyai mon manuscrit encore inachevé (même si je l’avais beaucoup avancé), en me disant que je n’avais aucune chance.

Et là, deuxième choc : Le vent des Lumières remporta le deuxième prix, avec les compliments du jury, littéralement emballé par mon histoire ! Mon prix consistait en la gratuité des frais de création de mon livre au format numérique sur la plateforme Librinova. Cette fois, je n’avais plus le choix : il fallait que je termine mon roman !

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Ce fut chose faite en 2015, le roman est sorti en août et après un début timide, bénéficia d’une première vente flash sur Amazon en octobre qui le propulsa en tête du Top 100 (avec plus de 600 ventes en une seule journée). Mais ce qui m’intéressait surtout chez Librinova, c’était leur rôle d’agent littéraire : c’était Librinova qui s’occupait de prospecter des éditeurs en mon nom (moyennant une commission, évidemment). Certes, j’aurais pu le faire toute seule, mais en vieillissant ( 😀 ) j’ai compris que sans réseau, sans connaissances de ce milieu particulier, sans temps aussi, il était très difficile pour un auteur inconnu d’intéresser un éditeur. Les histoires à succès existent, certes, mais bon…

En faisant confiance à Laure et Charlotte, je ne doutais pas qu’un jour mon Eléonore séduirait un éditeur… mais j’espérais sans m’autoriser à y croire, pour ne pas être déçue (c’est un peu mon credo : ne pas trop attendre ni espérer, ça permet de ne pas tomber de trop haut…). D’ailleurs, ce fut long, d’abord parce que mon roman est… long (540 pages quand même !) et que le marché du roman historique est assez fermé. L’écriture nous apprend aussi la patience 😉 .

Enfin, un jour où tu ne t’y attends pas, tu lis dans ta boîte mail : « Offre d’édition !! » et tu sens ton coeur battre à cent à l’heure… Et puis tout s’accélère, « mon » éditeur me contacte pour me féliciter et me demander une première version informatique de mon manuscrit, puis je reçois les contrats, que je signe, après avoir déjà discuté de la couverture, des corrections et de tout ce qui va se passer « après »… C’est parti.

J’ai encore du mal à y croire, pour tout vous avouer.

D’ici l’été, Le vent des Lumières devrait donc être, cette fois, sur les rayons des librairies, publié par City Editions. Cette maison d’édition généraliste est basée en Normandie et mon roman sera au catalogue de la collection Terres d’Histoires : je trouve que cela lui correspond plutôt bien !

Voilà, c’est juste un rêve de toute une vie qui se réalise… Je vous donne rendez-vous ici pour la suite de mes nouvelles aventures… et si jamais ce n’est pas vrai, surtout ne me réveillez pas ! 😀 ❤

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En novembre, le mois du NaNoWriMo

Cette fin octobre est bien chargée pour moi (heureusement que j’ai une semaine de vacances !) entre la finalisation de mon quatrième roman et la préparation du NaNoWriMo (un challenge d’écriture qui dure tout le mois de novembre). Je vous en dis plus tout de suite !

Petite mouette en route vers le papier

1005-ventesD’abord, satisfaction : mon troisième roman Petite mouette vient de dépasser les 1000 ventes en numérique, en quatre mois presque tout rond (il a été publié le 19 juin 2016). Je suis assez estomaquée par ce succès inattendu mais je suis super fière. Normalement, ce palier va lui faire intégrer le programme « En route vers le papier » de Librinova, qui va se mettre en quête d’un éditeur traditionnel pour ce roman (comme pour Le vent des Lumières).

Projet Brocéliande : c’est presque fini !

Ensuite, mon quatrième roman, « Projet Brocéliande » est en phase finale de bêta-lecture et à en croire les premiers retours, c’est plutôt positif 🙂 . En novembre je vais donc mener de front les ultimes corrections pour publier le roman avant début décembre.

La couverture est déjà quasi-prête, il ne lui manque plus que le titre (mais je pense qu’on l’a trouvé, j’attends confirmation de mes bêta-lecteurs), j’ai réalisé la vidéo de présentation, les fichiers sont presque prêts pour être envoyés à Librinova et Createspace pour la publication : bref je suis plutôt bien avancée, et c’est tant mieux car le mois de novembre va être consacré à un autre gros projet.

Le NaNoWriMo pour la suite du Vent des Lumières

nanowrimo_2016_webbadge_participantEn effet, en novembre, quelques milliers d’écrivains et scribouillards en tout genre se rassemblent (virtuellement et parfois physiquement !) dans le cadre d’un challenge qui s’appelle le NaNoWriMo. Cet acronyme est la contraction de National Novel Writing Month (en français : Mois national de l’écriture de roman). Le but est simple : écrire 50.000 mots en un mois, entre le 1er et le 30 novembre, soit une moyenne de 1667 mots par jour. Chaque jour, on doit valider sur le site du challenge le nombre de mots écrits. Qu’est-ce qu’on gagne ? Rien du tout ! 🙂 Si ce n’est la satisfaction d’être allé au bout et un joli diplôme. Mais le fait de se fixer un objectif quotidien et mensuel est une motivation supplémentaire et je dois dire que, l’an dernier, elle m’avait permis d’arriver au bout du premier jet du Projet Brocéliande.

20161023_172030_rue-du-moulinPour cette année, je me suis fixée comme objectif d’écrire le premier jet de la suite des aventures d’Eléonore dans Le vent des Lumières. Au départ, ce roman devait être un « one shot » mais sous la pression massive de mes lecteurs (haha), j’ai décidé de lui donner une suite. Je suis donc en train de (re)compulser ma documentation pour bâtir un plan et être prête pour le 1er novembre.

Pour cette préparation, je dois dire que les articles de Marièke de l’excellent blog Mécanismes d’Histoires m’ont bien aidée, notamment dans la phase synopsis. En effet, pour la première fois depuis… euh 20 ans (oups !), je pars de rien. Pour le Projet Brocéliande, l’année dernière, mon début de roman était déjà écrit et mes 3 premiers romans étaient des réécritures de textes écrits lorsque j’étais plus jeune. Ici je pars complètement dans l’inconnu, mais c’est un test aussi : suis-je encore capable d’écrire des histoires ? Réponse fin novembre ! 🙂

Et vous, est-ce que vous comptez participer au Nano ?

 

Le vent des Lumières : 1 an déjà !

Le 25 août 2015, je « balançais » enfin le manuscrit du Vent des Lumières sur la plateforme Librinova, après quelques (!) années d’efforts faits d’écriture, de ratures, de doutes, de joies… Bref tout un voyage.

Pour célébrer cette année de succès, je vous offre une nouvelle vidéo de présentation du roman :

En m’inscrivant au Mooc Draftquest en 2014, je m’étais donné comme objectif d’enfin terminer ce manuscrit du Vent des Lumières que je traînais depuis… plus de 20 ans. Oui, j’ai jeté les premières lignes des aventures d’Eléonore lorsque j’étais au lycée. J’ai continué un peu plus sérieusement lors de mes études (notamment lors de mon année de fac d’histoire où j’ai squatté la BU surtout pour faire des recherches sur le XVIIIème siècle…). Puis j’ai laissé de côté le manuscrit alors qu’il était écrit aux trois-quarts, la vie professionnelle et familiale prenant le dessus. Donc, 2014, je me somme moi-même de finir cette histoire, puisque tous ceux qui en avait lu le début avaient été enchantés…

Mi-2014, je termine le Mooc sans avoir terminé Le vent des Lumières (mais j’ai bien avancé quand même). Comme on peut envoyer un manuscrit inachevé au concours final du Mooc, je tente. Et, tadam, Eléonore remporte son premier prix ! Je gagne la publication numérique du roman par Librinova (une plateforme d’auto-édition). Il reste un écueil, et de taille : maintenant, il FAUT que je termine ce satané roman !

La finalisation me prendra encore une bonne année, en comptant le premier jet des derniers chapitres, les réécritures, la relecture d’ensemble… Et le 25 août 2015, c’est fait : Le vent des Lumières est lancé, toutes voiles dehors, comme l’Hermione en son temps 🙂

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Un an plus tard, où en est Eléonore ?

Je dois avouer que je suis la première surprise du succès que rencontre ce roman. D’abord parce que c’est un pavé (540 pages !), ensuite parce que c’est de l’Histoire et que tout le monde n’aime pas ça et enfin parce que… c’est moi qui l’ai écrit (oui, je manque toujours de confiance en moi 😉 mais je me soigne !).

Cependant, les chiffres sont là :

  • 2052 exemplaires numériques vendus (toutes plateformes confondues) et 42 brochés
  • 27 commentaires sur Amazon dont 13 de 5 étoiles et quelques autres sur les autres plateformes
  • 112 étoiles sur Amazon
  • 3 chroniques de blogueurs
  • 1 premier prix (concours #osezlapublication Draftquest Librinova saison 2)

Les commentaires aussi sont là et, mis à part quelques aigris minoritaires, ils sont plutôt très bons (ici pour les lire). Il y a de nombreuses choses qui me font plaisir mais j’en retiendrai trois :

  • Celle qui me rend immensément fière de moi, c’est que la plupart des lecteurs me disent qu’ils ont appris quelque chose en suivant Eléonore à travers ces dix années précédant la Révolution. Comme c’était mon but premier, je suis ravie.
  • La deuxième chose qui me satisfait énormément, c’est que le roman parvient à embarquer les lecteurs même si on n’aime pas beaucoup l’Histoire. J’ai eu beaucoup de retours selon lesquels « une fois qu’on a commencé, on ne peut pas s’empêcher de vouloir savoir la fin ».
  • La dernière chose, c’est que le personnage d’Eléonore est pour beaucoup de lecteurs un vrai portrait de femme, attachante, parfois énervante mais souvent émouvante. On aime bien Beaumarchais, aussi, la plupart du temps ;)… Et, chose inattendue pour moi, le personnage d’Olivier ne laisse pas indifférent !

Après un démarrage timide (mais c’est mon premier roman), le livre connaît un vrai coup de boost grâce à la l’offre éclair d’Amazon le 23 octobre : 574 exemplaires numériques sont achetés en une seule journée, le roman se classe en tête des ventes Kindle durant quelques jours : la gloire (éphémère certes mais ça fait toujours plaisir).

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Les ventes continuent de grimper et en novembre 2015, j’intègre le programme En route vers le papier de Librinova. Depuis, mon manuscrit est en lecture chez certains éditeurs pour une publication traditionnelle (car l’inconvénient de l’auto-publication, c’est qu’on ne peut pas trouver mes livres dans une librairie traditionnelle).

En tout cas, Le vent des Lumières a un succès qui ne cesse de m’étonner (et j’imagine que ce n’est pas fini). Face à la demande générale, j’ai décidé de donner une suite aux aventures d’Eléonore (certains lecteurs m’ont en effet fait part de leur frustration en lisant le dernier chapitre !). J’ai commencé les lectures préparatoires et je réfléchis à la trame, ce second opus devrait voir le jour fin 2017…

Si vous ne vous êtes pas encore laissé tenter, c’est ici pour acheter.

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L’Hermione, une frégate au Vent des Lumières

Dimanche dernier, pour mon plus grand bonheur, j’ai enfin pu découvrir en vrai la réplique grandeur nature de l’Hermione, la « frégate de la Liberté », construite à l’identique par une association de passionnés depuis près de vingt ans. C’était un grand moment pour moi, car pour la première fois, je me rendais compte des proportions d’un tel bateau et de ce qu’aurait pu être la vie de mon Eléonore à bord. Car l’Hermione est un peu la cousine de l’Audacieuse, le bateau que le chevalier de Chaulanges fait construire dans la 2ème partie du Vent des Lumières

Lorsque j’ai découvert le projet de l’Hermione, j’étais en vacances dans les Charentes-Maritimes et nous étions allés visiter Rochefort. C’était en 2008, le projet avait un peu plus de dix ans (il a démarré en 1997). A cette époque, la reconstruction de l’Hermione était un peu plus qu’un doux rêve mais encore loin d’être une réalité. Dans l’enceinte de la Corderie Royale, un hangar abritait la coque en construction (c’était impressionnant !).

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Le chantier de l’Hermione, 2008.

J’étais déjà à ce moment en pleine écriture du Vent des Lumières, mon roman historique, et déjà Eléonore entreprenait de construire une frégate… Forcément, ça m’a interpellée. D’autant que j’ai toujours adoré les voiliers et les vieux gréements. Alors, voir une frégate, en vrai, comme au XVIIIème siècle ? Mais je signe tout de suite !

D’autant que le défi fou de ces passionnés était un challenge à plusieurs titres : historique évidemment, patrimonial, mais aussi artisanal. Il s’agissait de reconstruire à l’identique et en utilisant le plus possible les techniques anciennes ce bateau de 45 mètres de long avec ses 2 200 m² de voiles qui a emmené, en 1780, le marquis de La Fayette annoncer aux Insurgents américains le soutien de la France dans leur lutte pour l’indépendance. Si ça vous intéresse, vous pouvez découvrir ici les différentes étapes de ce long chantier et toute l’histoire de ce superbe bateau.

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La maquette de l’Hermione, exposée à la Corderie royale de Rocherfort, en 2008.

En 2008, j’avais déjà pris des photos pour essayer de m’imaginer la vie à bord (comment pouvaient tenir plus de deux cents bonhommes sur ce navire pendant plusieurs semaines ?) mais je m’étais promis de voir la frégate terminée et, si possible, de la visiter, pour visualiser les choses… et m’imaginer dans la peau de mon héroïne.

Après avoir bavé devant les photos et les vidéos de la frégate tout au long de 2014 et 2015 lorsque l’Hermione a enfin pris la mer pour refaire le voyage de La Fayette vers les Amériques, j’ai enfin pu monter à bord, lors de son escale à Saint-Malo dimanche dernier. Beaucoup d’émotion, j’en ai pris plein les yeux, mon cerveau a enregistré à toute vitesse et mon téléphone a pris beaucoup de photos !

Je n’ai qu’un seul regret : ne pas l’avoir vue en mer, toutes voiles déployées (mais c’est mon prochain objectif !). J’admire aussi les membres de l’équipage et le capitaine Yann Cariou (que l’on voit sur une des photos) de vivre cette aventure « de l’intérieur »…Qu’est-ce que j’aurais voulu en être !

Un petit extrait du Vent des Lumières avec Eléonore en action, non pas sur la frégate, mais sur la flûte du duc de Flogeac :

« Le Petiot » n’eut guère le temps de découvrir réellement l’Amérique. Ses investigations se limitèrent au port car le bateau fut délesté de ses marchandises et rechargé aussitôt de tabac, de sucre et d’indigo. Cette fois, Éléonore prit part activement à la manœuvre de départ, montant aux mâts avec ses compagnons pour larguer les voiles. Flogeac la suivait des yeux du haut de la dunette et la voyait faire la course dans les vergues, pieds nus et hilare, avec les autres gabiers. Il ne parvenait pas à se faire à l’idée que c’était une femme.
D’un seul coup, il eut peur. Éléonore se balançait sur la vergue du mât pour accrocher le grand volant, aidée par quatre autres matelots. En bas, le reste hissait la voile. Un seul faux mouvement, et elle pouvait tomber sur le pont. Il l’imagina, disloquée, au pied du mât, et secoua la tête nerveusement.
Il ne voulait pas perdre de marins, mais pourquoi s’inquiétait— il soudain des risques qu’elle encourrait ? Parce que c’était une femme ?

Non, non. Ne nous laissons pas prendre au piège.
Mais son regard revenait sans cesse à la silhouette juchée sur le hauban du grand mât. Il fallait avouer qu’elle se débrouillait plutôt bien pour une fille. (Le vent des Lumières, chapitre 8).

Pour finir, des images de l’Hermione en mer et de son équipage. Frissonnez… et rêvez 🙂 !