Les avis des bêta-lecteurs sur Le Sang des Lumières

La semaine dernière, je vous ai parlé de mon plan de bataille pour intégrer les retours des bêta-lecteurs. Pour être honnête, j’ai déjà revu mon planning car le début est plus lourd à réécrire que je ne le pensais ! Aujourd’hui j’avais envie de vous dévoiler le contenu de ces retours… en essayant de ne pas trop en dire sur l’histoire !

D’abord, je tiens à saluer le travail de mon équipe de bêta-lecteurs, qui a été non seulement rapide, mais de plus très efficace et précis. Je n’ai pas reçu les retours de tout le monde, mais ce n’est pas grave (il n’y avait pas d’obligation de résultat non plus !).

Je vous livre donc dans ce billet ce que les bêta-lecteurs ont relevé, parfois unanimement, et aussi ce que j’en ai tiré comme conclusion… parfois à l’encontre des avis 🙂 .

La précision historique

books-2158773__340Tous ont souligné la qualité et la précision des recherches historiques… parfois à l’excès (on ne se refait pas !). Pourtant j’avais essayé de freiner mon souci du détail (déjà souligné dans Le Vent des Lumières), mais chassez le naturel…

Les historiens, notamment un, ont aussi salué le fait que « j’intègre de la complexité » dans les personnages historiques et la lecture des événements. En fait, j’avais à coeur de « démonter » certains mythes (notamment la cruauté froide de Robespierre) et faire aussi réfléchir les lecteurs sur la manière dont on leur a enseigné l’histoire de France (bon, là je rêve peut-être un peu !).

=> Je vais donc alléger certaines scènes « historiques », surtout lorsqu’elles n’apportent pas forcément grand chose au récit.

L’intrigue

Tous les bêta-lecteurs ont souligné le même gros point faible du début : les personnages assistent aux événements de la Révolution, sans en être véritablement acteurs. L’un de mes bêta-lecteurs dit très justement qu’on est d’abord dans la chronique historique avant de basculer, à un moment donné, dans le roman historique proprement dit.

Vous pourriez me dire : pourquoi pas, si c’est bien raconté. Mais le propre du roman historique, c’est de raconter l’histoire d’un personnage en s’appuyant sur l’Histoire… et non le contraire. Surtout, la plupart des lecteurs faisaient état d’une vraie difficulté à entrer dans le roman, à se laisser emporter, justement parce qu’on est trop dans un rôle de spectateur, assis à côté d’Éléonore pour regarder la Révolution commencer. Or les premiers chapitres sont déterminants : si on n’accroche pas le lecteur tout de suite, c’est fichu.

J’avais conscience de cette faiblesse du début, mais j’avais l’impression d’être coincée par le foisonnement des événements de la période 1789-1792, je ne savais pas trop par quel bout prendre ça. Ce qui me rassure, c’est que ça ne concerne que le début (et pas tout le roman, sinon je pense que j’aurais abandonné la réécriture !).

=> Il faut donc que je retravaille les premiers chapitres (on va dire la moitié de la première partie) pour imaginer l’histoire d’Éléonore (et non raconter Éléonore qui assiste aux événements). Certains bêta-lecteurs m’ont donné des pistes et une discussion avec mon alpha-lectrice de compète Fanfan a débloqué ce qui bloquait. J’ai donc pas mal de travail sur le début pour inverser complètement la manière de raconter et inventer des choses qui arrivent à Éléonore (j’essaie de ne pas spoiler !).

Pour le reste, l’intrigue semble tenir la route, malgré quelques petites incohérences qui vont demander des ajustements mineurs. Certains ont remarqué que le rythme s’accélère dans la troisième partie où il y a beaucoup de rebondissements alors que la première partie est plutôt lente (mais cela tient beaucoup au problème de chronique évoqué plus haut). Je pense donc que le roman sera plus équilibré une fois que j’aurais corrigé ce défaut.

Il y a une scène qui a divisé les bêta-lecteurs : l’épisode de la reprise de la frégate, à la fin. Certains trouvent cet épisode génial car il montre une faiblesse d’Éléonore, d’autres l’ont trouvé incohérent et tiré par les cheveux. Là, il va falloir que je fasse un choix 🙂 .

Les personnages

Pour les besoins de l’histoire, Éléonore croise des personnages historiques, comme dans Le Vent des Lumières. Sauf que là, j’ai manifestement trop exagéré le trait : à chaque fois qu’elle rencontre quelqu’un, c’est un futur personnage célèbre. Comme le dit un bêta-lecteur : « ça manque un peu de second couteaux ! ».

=> Je vais donc en supprimer quelques-uns, mais garder ceux qui sont utiles au roman (…ou au suivant !).

87a03a06994f84eaf337b1b930d361aaCertains ont aussi souligné le côté trop parfait d’Éléonore, même si elle s’en prend plein la tronche : elle est toujours là quand il faut, elle a toujours raison (ou presque), le roi la consulte comme si elle était premier ministre, tout le monde tombe amoureux d’elle… Bref, un peu trop dans le trop.

Quelques-uns ont aussi apprécié le côté féministe d’Éléonore : c’est assez étrange, car pour moi, Éléonore n’est pas féministe. Une de mes bêta-lectrice a même regretté qu’elle ne s’engage pas plus dans la défense du droit des femmes. Sauf que ce n’est pas son combat : elle réagit comme un homme parce que c’est son caractère, parce qu’elle a été élevée comme un garçon. Mais elle n’est pas dans la revendication, mais dans l’action.  Comme le disait à juste titre Thierry, c’est plus un garçon manqué qu’une féministe (d’ailleurs je ferais peut-être un billet complet là-dessus !).

=> Je vais donc retravailler Éléonore pour la rendre un peu plus discrète (ou plutôt : juste normale) 🙂 . Je ne pense pas changer d’optique sur le côté féministe/pas féministe, mais peut-être expliciter par quelques petits épisodes pourquoi elle ne s’engage pas plus.

Le personnage d’Olivier a suscité des réactions très contrastées : certains l’ont trouvé franchement antipathique alors que d’autres ont aimé son évolution au cours du roman. Quant aux autres personnages, ils existent à peu près bien en terme de caractérisation, mais il leur manque une apparence physique qui n’est pas assez décrite, une image qui peut rester dans l’esprit du lecteur. Un regret qui ressort beaucoup aussi : les enfants d’Éléonore qui ont un rôle trop effacé, alors que le roman s’ouvre sur une scène avec Alexandre qui plait beaucoup.

=> Il faut donc que je travaille sur les descriptions des personnages afin de leur donner du corps. Je pense que ce problème vient du fait qu’il s’agit d’une suite et que je connais déjà mes personnages (ce qui n’est pas forcément le cas des lecteurs). En revanche, j’aime bien le contraste sur Olivier, je pense que je vais le garder tel quel, peut-être en adoucissant certains traits de caractère qui peuvent le rendre antipathique. Quant aux enfants, je vais essayer de leur donner plus d’importance dans le récit.

L’écriture

Le manuscrit du Sang des Lumières corrigé
Quand Leslie corrige, elle ne fait pas semblant 🙂

Elle est qualifiée de fluide, enlevée, rythmée, même si mon manuscrit est encore truffé de phrases interminables, de répétitions, de lourdeurs

Là dessus, je tiens à tirer mon chapeau à Leslie qui m’a retourné une correction hyper précise de mon texte (je suis d’ailleurs partie de son manuscrit pour y reporter les remarques des autres bêta-lecteurs).

Je n’étais pas trop surprise de retrouver mon manuscrit tout barbouillé de couleurs, car je n’avais pas vraiment relu la forme : effectivement, je savais que j’aurais des passages à réécrire, voire à supprimer, je ne me suis donc pas trop attardée sur la forme.

C’est ce qu’on corrige en dernier, en général, une fois que le fond est fixé. Mais le travail des bêta-lecteurs va me permettre de gagner du temps sur cette étape.

En conclusion

J’appréhendais le retour des bêta-lecteurs (comme toujours, je crois !). D’une part parce qu’il s’agit d’une suite et c’est toujours un exercice délicat car il faut garder l’âme du personnage tout en renouvelant ses aventures. D’autre part sur l’aspect historique, j’avais peur d’être inexacte ou incohérente : manifestement, j’ai encore péché par excès, au contraire, mais d’un autre côté beaucoup ont apprécié ces détails qui permettent à la fois de s’immerger dans l’époque et d’en apprendre sur elle.

Voilà pour l’essentiel des retours sur Le Sang des Lumières : c’est maintenant à mon tour de travailler pour corriger les points faibles… sans altérer la force de mon roman. J’aimerais finir mes corrections pour la fin mai. Si certains bêta-lecteurs ont envie de relire la nouvelle version pour voir les changements, faites-moi signe en commentaire ou en m’envoyant un petit mail !

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Mon plan de bataille pour intégrer les retours des bêta-lecteurs

Depuis le début de la semaine, j’ai commencé les corrections du manuscrit de mon 5ème roman Le Sang des Lumières, à la suite des retours de mes bêta-lecteurs. Dans ce billet, je vous explique comment je m’y prends pour prendre en compte les remarques des uns et des autres. La semaine prochaine, je lèverai le voile sur la teneur de ces retours (sans spoiler !).

Quand on a plusieurs bêta-lecteurs (12 pour moi !), on peut être vite perplexe à la manière de procéder pour intégrer les retours de tout le monde et ne rien oublier. Je vous avoue que ce fut d’ailleurs mon premier réflexe. J’ai donc été voir chez les copines comment elles se débrouillaient : vous pouvez retrouver la technique de Nathalie Bagadey ici et celle de Marièke Poulat là. Puis j’ai adapté à ma manière de fonctionner.

1) Lire les retours et prendre des notes

Je commence toujours par lire les retours en entier avant de prendre des notes. D’abord parce que je suis trop pressée de connaître le contenu 😀 . Ensuite parce qu’il faut un petit temps pour digérer les remarques (surtout s’il y en a des négatives). Enfin parce que ça permet de mettre à distance et d’avoir un peu de recul au moment de prendre des notes.

Grâce au questionnaire que j’ai envoyé à mes bêta-lecteurs, j’ai des réponses par thématique, donc plus structurées, même si certains m’ont fait un rapport de lecture à part. Lors de la deuxième lecture des retours, j’ai donc pris mon carnet d’écriture et, pour chacun d’entre eux, j’ai noté ce qui me paraissait le plus important, en positif (c’est bon pour le moral !) comme en négatif. Pour cette étape, je ne fais pas de tri : je note tout, même des choses que je n’appliquerai certainement pas.

En mode corrections sur Le Sang des Lumières
Prise de notes sur les retours de bêta-lecteurs.

Je lis aussi le manuscrit qui m’a été retourné, avec les commentaires, lorsqu’il y en a (tous ne l’ont pas fait et ce sont contentés d’un retour général, mais heureusement car je pense que les corrections précises auraient fini par être redondantes !). Je note aussi les commentaires les plus importants. À cette étape, je m’attache surtout aux remarques de fond, celles évoquées en début de billet. Les détails, c’est pour après.

2) Laisser reposer

C’est un conseil qui m’a été donné par Stéphane Arnier : ne pas se précipiter sur son manuscrit dès le premier ou le deuxième retour pour commencer à corriger. J’avoue que c’est assez difficile (d’ailleurs vous constatez que je n’ai pas attendu tous les retours pour commencer), mais je pense qu’il a raison. Ce temps de maturation permet (encore une fois) de digérer les remarques et surtout de réfléchir à la manière dont on va rectifier le tir, surtout si on envisage de gros remaniements. ça permet aussi d’avoir une vue d’ensemble : l’avis d’un bêta-lecteur peut être contredit par tous les autres, par exemple. Par contre, si les retours soulignent tous le même problème, c’est qu’il y a quelque chose à revoir.

C’est là aussi qu’intervient sa propre vision des choses : on reste l’auteur malgré tout. C’est là qu’on choisit aussi de ne pas tenir compte de telle ou telle remarque : mais par contre, il faut l’assumer ensuite.

Notes sur les retours de bêta-lecteurs
Réflexions personnelles post-bêta et notes sur un retour (dans mon carnet d’écriture agenda publicitaire recyclé 😉 )

Pour ma part, j’ai attendu d’avoir cinq ou six retours pour ouvrir mon manuscrit et commencer à corriger. Ce n’est pas la majorité, mais comme j’avais les retours des bêta-lecteurs appartenant au groupe des « historiens » et ceux du groupe « technique d’écriture », je pense avoir une vision des problèmes de fond assez représentative. Je pense que les avis des « simples lecteurs » (donc un avis moins technique) va confirmer ce que cette première salve a souligné. Surtout, ces six premiers retours allaient quasiment tous dans le même sens, relevant les mêmes défauts et les mêmes qualités.

3) Préparer les corrections

Là-dessus, je me suis beaucoup inspirée de la routine de Nathalie Bagadey. J’ai pris le manuscrit qui avait le plus de commentaires et de corrections. C’est celui de Leslie, qui a endossé, en plus de la casquette de bêta-lectrice, celle de correctrice et je la remercie du fond du cœur du travail qu’elle a fourni.

Le manuscrit du Sang des Lumières corrigé
Voilà à quoi ressemble un manuscrit corrigé…

J’ai imprimé le manuscrit retouché et j’y ai reporté ensuite, une à une, les remarques des autres bêta-lecteurs. Elles se recoupaient donc c’était assez simple, mais il y a eu aussi des ajouts très intéressants. J’ai utilisé une couleur pour chaque bêta-lecteur (même si Leslie en a utilisé 4 à elle toute seule :p ).

4) Planifier

Avant de planifier, j’ai fait un test sur le premier chapitre pour voir combien de temps je passais à la correction : environ 6h (c’était un chapitre qui nécessitait beaucoup de travail !).

Dans mon bullet journal, je me suis fait un calendrier, ma date butoir idéale étant fin mai et j’ai réparti mes différents chapitres à corriger, à raison d’un ou deux par jour. J’ai enlevé une semaine de vacances où je ne serai pas chez moi (et pas disponible pour écrire, surtout !), mais j’ai compté les week-end. En revanche, je n’ai rien prévu le vendredi, mon jour « off », afin de rattraper éventuellement mon retard de la semaine (j’ai appelé ce jour « soupape », il me semble que c’est une technique de gestion de rendez-vous dans les professions médicales pour résorber l’accumulation des retards dans une journée).

Planning de corrections Sang des Lumières

5) S’y coller !

Yapluka… Ce n’est pas la partie la plus évidente, mais j’aime bien ce moment où l’on interroge sa propre histoire, sa propre écriture. L’avantage de prévoir un chapitre ou deux par jour, c’est que ça découpe la difficulté en petites tranches et ça semble moins insurmontable.

Corrections en direct Sang des Lumières

Je fais mes corrections sur Scribbook : en bleu les scènes à corriger, en vert celles qui sont corrigées, en jaune celle qui est en cours. Je me suis créée aussi un fichier « morceaux » dans lequel je colle des paragraphes que j’aime bien mais qui sont supprimés (ça pourra resservir !).

Lorsque j’aurais terminé toutes mes corrections, il y aura une nouvelle relecture de ma part et peut-être aussi de la part de bêta-lecteurs qui voudront bien relire la même histoire, mais avec les modifications 🙂 (faites-moi signe !).

Voilà, ce petit tour dans les coulisses des corrections est terminé, j’espère que ça vous a plu. On se retrouve la semaine prochaine pour en savoir plus sur les remarques des bêta-lecteurs !

 

Voulez-vous être bêta-lecteur ?

Depuis que j’ai fini le premier jet de mon prochain roman, je vous parle souvent de bêta-lecture et de bêta-lecteur. Certains d’entre vous se demandent peut-être ce que ce vocable recouvre vraiment… Voici quelques explications, qui vous donneront peut-être envie (ou pas !!) de tenter l’aventure.

C’est quoi, un bêta-lecteur ?

Ce n’est pas un lecteur qui est bête – bon, je sais, elle était facile ! Le terme de « bêta » est utilisé ici comme on le fait dans le domaine informatique : avant de lancer un nouveau logiciel, un site, une application… on la teste en grandeur réelle, en « presque vrai ». Des utilisateurs cobayes utilisent donc le produit comme ils le feraient en réalité. Leur rôle est de remonter les bugs, les choses qui ne fonctionnent pas, ou mal, ce qu’ils ont aimé ou pas, etc… Cela permet aux développeurs informatiques de corriger les erreurs, de rectifier le tir s’ils se rendent compte qu’ils ont raté leur cible, d’améliorer ce qui ne donne pas entière satisfaction.

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En écriture, le bêta-lecteur est donc un lecteur qui lit une version « test » d’un roman : soit le roman n’est pas achevé, soit il est terminé mais il conserve des passages à retravailler. Dans tous les cas, ce n’est pas sa version définitive, c’est plutôt une version de travail.

Quel est le rôle du bêta-lecteur ?

Le même que dans le domaine informatique : lire pour remonter à l’auteur ce qui ne fonctionne pas (et aussi ce qui fonctionne !). Le bêta-lecteur va donc lire comme un lecteur normal, mais en ayant toujours un oeil critique. Attention, critique ne veut pas dire qu’il va assassiner l’auteur à toutes les lignes. Au contraire, il va essayer de prendre du recul sur ce qu’il lit (voir plus loin les qualités d’un bêta-lecteur) pour être le plus objectif possible (la vraie objectivité étant un leurre, mais ça, c’est un autre débat 🙂 ).

Concrètement, la forme de la bêta-lecture dépend de chacun : certains bêta-lecteurs vont lire tout d’une traite et donner un avis général, d’autres vont lire très méticuleusement et souligner chaque incohérence, chaque faute, chaque maladresse. Les deux sont utiles et nécessaires : il est important de savoir si le roman dans son ensemble fonctionne bien (et sinon, où cela pèche), mais aussi de pouvoir corriger tous les petits défauts qui peuvent plomber une bonne histoire.

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Le rôle des bêta-lecteurs est très important, notamment en auto-édition, car l’auteur est tout seul avec son texte. En édition traditionnelle un peu moins car il est normalement entouré d’une équipe de travail éditorial, mais ça ne l’empêche pas d’avoir envie de soumettre son premier jet à des lecteurs qu’il connait bien.

Les qualités du bon bêta-lecteur

A mon sens, il y en a trois principales et les deux premières sont indissociables.

  • la bienveillance et la sincérité : Les deux vont ensemble. Comme je le disais plus haut, votre rôle en tant que bêta-lecteur n’est pas d’assassiner l’auteur. Vous êtes là pour signaler ce qui ne fonctionne pas, relever les incohérences, les erreurs, etc. Mais bienveillance ne veut pas dire monde des Bisounours : restez sincère ! Si vous dites que vous avez adoré alors que vous vous êtes ennuyé comme un rat mort, cela ne vas pas aider l’auteur. C’est au contraire très intéressant pour lui de savoir que vous vous êtes ennuyé (vous pouvez peut-être dire à partir de quel moment, pour quelle raison…) : ainsi il pourra corriger le tir.
  • l’humilité : vous êtes un bêta-lecteur, vous n’êtes pas auteur à la place de l’auteur ! Vos remarques doivent être constructives, justifiées, argumentées, non seulement pour que l’auteur sache ce que vous pensez, mais aussi pour lui permettre de décider si oui ou non il corrige. S’il laisse le texte tel quel, ce sera en toute connaissance de cause… mais dans tous les cas, ne lui en veuillez pas de n’avoir pas forcément pris en compte vos corrections.

D’autres qualités sont intéressantes, mais pas forcément obligatoires :

  • être bon lecteur : si vous avez l’habitude de lire beaucoup de livres, notamment dans le domaine du roman dont vous faites la bêta-lecture, c’est encore mieux. Cela dit, j’aime aussi avoir des avis de gens qui ne lisent pas beaucoup, pour savoir si le roman les a intéressés (ou pas.
  • avoir de l’expérience en bêta-lecture / en écriture : c’est un plus pour aider l’auteur à prendre du recul sur ce qu’il a écrit. Pour faire une image, c’est un peu comme quand vous devez donner votre avis sur un gâteau : ce n’est pas la même chose si vous êtes un simple amateur de pâtisserie et si vous êtes pâtissier. Dans le premier cas, votre avis va porter sur le goût, l’aspect, l’odeur… tandis qu’en tant que pâtissier vous aurez sans doute des remarques plus techniques, voire des conseils.

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Envie de tenter l’expérience ?

Dans quelques semaines, je vais lancer la première bêta-lecture de mon roman historique Le Sang des Lumières, la suite des aventures d’Eléonore et je souhaite m’entourer d’une petite équipe de bêta-lecteurs.

Ce que je cherche

  • J’ai déjà deux personnes qui se sont proposées, auteurs aussi et qui pourront donc m’apporter un oeil « technique » (mais si vous voulez les rejoindre, pas de souci !).
  • J’aimerais aussi trouver une ou deux personnes qui n’écrivent pas et qui pourront m’apporter un oeil de simple lecteur.
  • S’il y a des personnes aguerries sur la langue (orthographe, grammaire, syntaxe, vocabulaire…), je suis preneuse également (je pense qu’il y a peu de fautes de ce genre, mais plusieurs paires d’yeux valent mieux qu’une !).
  • Cerise sur le gâteau, s’il y a parmi vous des historiens ou des passionnés d’Histoire, votre oeil m’intéresse énormément aussi pour une validation plus historique du contenu.

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Qu’est-ce qu’on gagne ?

Rien du tout ! 🙂 Le principe de la bêta-lecture est le bénévolat. Quel est l’intérêt pour vous, me direz-vous ? C’est certes la possibilité de découvrir un roman avant tout le monde, mais c’est surtout l’occasion de participer à l’élaboration du roman, d’en être partie prenante. D’ailleurs, je mets toujours un point d’honneur à remercier mes bêta-lecteurs à la fin de mes romans ! 🙂

Alors, ça vous tente ? Je vous invite à me laisser un commentaire sous ce billet, avec votre mail pour que je puisse vous recontacter. Des questions, des suggestions ? Ne soyez pas timides, la seule question bête est celle que l’on n’ose pas poser.

Ecrire le mot FIN… ce n’est qu’un début !

Le 14 décembre, j’ai posé le mot « FIN » sur le manuscrit de mon cinquième roman, Le Sang des Lumières, la suite des aventures d’Eléonore. Après le Nanowrimo, il ne me restait que quelques chapitres à écrire et je m’étais donnée comme objectif de les écrire avant la fin de l’année. Voilà qui est fait…

FIN !

C’est toujours difficile d’écrire la fin d’un roman, parce qu’on n’a pas envie de quitter ses personnages, parce qu’on est fatigué, et pour plein d’autres raisons. Cette fois, ça l’était d’autant plus que cette suite est à l’image de son titre, plus noire, plus violente, plus dure... et que ce n’est pas forcément ce qui est le plus facile à écrire pour moi.

La version brute du roman pèse quelques 155 000 mots (plus de 900 000 signes), il est donc pour l’instant plus long que le premier opus des aventures d’Eléonore. Mais il subira sans doute une cure d’amaigrissement pendant l’étape de réécriture.

Car la fin du premier jet n’est pas du tout la fin du processus d’écriture… Cela n’en est même que le début ! Maintenant vient le moment de la relecture et de la réécriture. A partir de cette matière que j’ai posée sur ces pages, dégager la structure, réorganiser, préciser, réécrire, tailler aussi… C’est un peu comme le sculpteur qui dégrossit les grandes lignes de sa pièce au début, puis, petit à petit, il peaufine.

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Au fil des romans, je me suis rendu compte que je préfère en fait cette étape de réécriture à celle de l’écriture du premier jet. J’aime travailler à partir de quelque chose (dans mon travail aussi, en fait : une page blanche m’inspire peu, en revanche une première proposition fait jaillir les idées).

Mais avant, un peu de repos, pour moi comme pour mon manuscrit. C’est comme une pâte à pain qui doit reposer pour lever, prendre l’air, se bonifier. Le manuscrit va dormir jusqu’à l’année prochaine et moi je vais pouvoir profiter de mes vacances et de mes proches. Prendre du recul sur ce que j’ai écrit, aussi, après m’être immergée pendant quelques mois dans les péripéties de mes héros.

Si vous avez raté un cadeau, sachez que Les Ombres de Brocéliande sera en promo de rattrapage de Noël du 25 décembre au 7 janvier !

Je vous souhaite un très beau Noël et on se retrouve la semaine prochaine pour le dernier billet de l’année.

 

 

Mon bilan du #NaNoWriMo2017

Le mois de novembre s’est terminé sur la fin du NaNoWriMo, ce challenge international d’écriture de roman pendant lequel il faut écrire 50.000 mots en un mois. Mon objectif, en dehors de l’officiel qui était de faire les 50.000 mots (donc), était de terminer le premier jet de la suite des aventures d’Eléonore, baptisé Le Sang des Lumières. Petit bilan de mon troisième Nano.

50.000 mots : fait !

J’ai terminé le challenge le 30 novembre (alors que les deux dernières fois j’avais terminé deux ou trois jours avant), avec 52.077 mots au compteur. Donc objectif rempli et même dépassé : en fait je me suis rendu compte que je n’avais pas compté deux chapitres les premiers jours, ce qui explique le « bond » de la fin.

Stats nano2017

La difficulté venait du fait que je suis partie d’un manuscrit déjà commencé (puisque j’écrivais la fin du Sang des Lumières), il est donc plus difficile de compter le nombre de mots (car j’ai fait des ajouts dans les chapitres déjà écrits…).

 

Ecrire tous les jours : ok !

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J’ai réussi à écrire tous les jours, même si ce n’était que 50 mots (pour deux ou trois jours où j’étais en weekend ou en réunion !). Pour ça, Scribbook est vraiment pratique puisque j’ai pu me connecter à mon manuscrit depuis mon téléphone (même si l’écriture sur téléphone n’est vraiment pas pratique, par contre ! 😀 ). ça permet au moins de pouvoir ajouter une idée, une phrase qui tourne dans ta tête depuis une heure et que tu as peur de perdre…

Cependant, si j’ai été régulière, ma courbe personnelle est en dessous de la moyenne quotidienne : normalement il faut écrire 1667 mots par jour et, si j’ai eu des pics à 2000 ou 3000 mots par jour, ma moyenne était plutôt aux alentours de 1400-1500 mots (le bond à la fin m’a permis d’augmenter ma moyenne à 1753 mots).

Terminer le roman : pas (tout à) fait !

Si j’ai terminé le Nano avec le compte de mots requis, je n’ai pas encore posé le mot FIN à mon premier jet. Fin novembre, il me restait encore trois chapitres à écrire (aujourd’hui, il n’en reste plus que deux !). Donc le manuscrit n’est pas terminé, mais on va dire que c’est une question de jours (je me suis de toutes façons fixée comme objectif pour décembre d’écrire cette fin).

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Le beau diplôme gagné à l’issue du Nano !

Satisfactions et difficultés

Je suis contente d’avoir réussi à écrire cette troisième partie de mon roman car je l’appréhendais beaucoup : je pense que cela explique aussi pourquoi j’ai eu tant de mal à l’écrire, ce qui a été ma principale difficulté. Pour la première fois, j’ai vraiment « ramé » pour sortir mes mots et filer mon histoire.

J’ai deux explications  :

  • le manque de préparation à la fois du scénario (ce qui se passe) et de la documentation (le contexte historique) : je savais ce qui allait arriver à mes personnages, je savais où j’allais, j’avais de la doc, mais c’était encore trop flou dans les détails, ce qui fait que j’ai eu beaucoup de jours où je suis restée sèche faute d’idées, mais aussi par manque d’informations historiques que je n’ai pas eu le temps de chercher en amont (et comme je ne conçois pas d’inventer l’Histoire, j’ai du mal à écrire si je ne suis pas sûre de mes infos).
  • la période elle-même (le Directoire, entre 1795 et 1799) ne m’attirait pas d’avance, par méconnaissance sans doute et manque de préparation, et donc j’ai eu du mal à m’y projeter comme pour la première et deuxième partie du roman. Il me manquait le « souffle ».

J’ai failli laisser tomber et puis je me suis fait violence, en me disant qu’une fois que j’aurais au moins écrit le déroulement de ce qui arrive à Eléonore et Olivier, je pourrais revenir dessus pour corriger, étoffer ou supprimer si ça n’a aucun intérêt. ça m’a permis d’au moins préciser les détails du scénario et ça va m’aider, justement, à approfondir les points d’Histoire qui me manquaient. Je suis donc contente de ne pas avoir procrastiné en me disant qu’il fallait me documenter avant de continuer à écrire (c’est en général une très bonne excuse pour ne rien écrire du tout !).

Et maintenant (que vais-je faire) ?

(la chanson pourrie dans la tête pour la fin de la journée, c’est cadeau ! :p )

Une fois que j’aurais écrit les deux chapitres qui restent, je vais laisser reposer le manuscrit pendant quelques semaines (sans doute tout le mois de janvier). Mais je ne vais pas rester à rien faire parce que je vais en profiter pour approfondir ma documentation sur les points que j’ai identifiés pendant l’écriture. ça va sans doute aussi me permettre de mûrir le scénario (en prenant des notes de documentation, souvent le cerveau mouline et mijote à mon insu !).

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J’entamerais une première réécriture en février-mars, puis une première alpha-lecture pour voir si ça tient la route… Pour l’instant, mon objectif est de sortir pour l’été 2018, mais je ne veux pas me précipiter non plus.

Et vous, vous avez fait le Nano ? Comment ça s’est passé ? Si la suite de l’écriture vous intéresse, n’oubliez pas de vous abonner au blog 🙂 .