Réécrire « Petite mouette » : pourquoi et comment…

Comme je vous le suggère depuis quelques temps, je suis en train de réécrire mon troisième roman Petite Mouette, parallèlement à l’écriture de la suite du Vent des Lumières. Pourquoi une réécriture, alors que le roman fonctionne plutôt bien depuis sa sortie ? Je vous dis tout dans ce billet peut-être un peu technique si vous êtes simple lecteur, mais vous serez dans le secret de la Création ! 🙂

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J’ai publié Petite Mouette sur Librinova le 19 juin 2016 et ça a été tout de suite un beau succès : en quelques mois seulement, il a dépassé les 1000 exemplaires numériques. J’en suis aujourd’hui à 1800. Les retours sont plutôt bons, le roman fonctionne, il a peu de commentaires sur Amazon mais d’un côté, je comprends les lecteurs : pas facile de faire un commentaire sans spoiler l’histoire (et je remercie les commentateurs d’avoir joué le jeu jusque là !).

Pourquoi réécrire ?

Pour plusieurs raisons, qui rejoignent un peu toutes la même volonté : améliorer. Lorsque le roman a intégré le programme « En route vers le papier » de Librinova, j’ai eu une longue discussion avec mon agent littéraire, Andrea, au sujet du livre. Car il avait un gros défaut, dont j’étais consciente : il était court (à peine 200 000 signes alors que la moyenne d’un roman est 350 000). Certes il existe des romans courts qui fonctionnent très bien et la longueur n’est pas un argument pour ou contre en soi. Si le roman est suffisamment dense, il peut s’exonérer de longueurs inutiles.

Sauf que pour Petite Mouette, ce n’était pas le cas (il faut être réaliste et lucide) : la fin était trop rapide, pas assez creusée, pas assez fouillée. C’était déséquilibré par rapport au début qui était, lui, beaucoup plus lent. Certains personnages n’étaient pas assez consistants. En réalité, ça ne faisait que confirmer un sentiment de « pas fini » dont j’étais consciente sans pouvoir mettre le doigt sur ce qui clochait.

On avait deux options : soit Andrea prospectait les éditeurs avec le roman tel quel, au risque que sa longueur lui fasse préjudice d’emblée (certains éditeurs n’acceptent même pas de lire un roman de moins de 350 000 signes), soit je le retravaillais pour présenter aux éditeurs une version modifiée, plus longue et aussi plus étoffée.

Il ne s’agissait donc pas de rallonger pour rallonger (ça n’a aucun intérêt) mais de rajouter de la matière là où ça en manquait. Approfondir certains personnages secondaires. Ajouter des scènes là où j’étais clairement dans le « dire » et pas dans le « montrer » (si la nuance ne vous dit rien, je vous conseille cet article). Fouiller les personnages principaux, surtout sur la fin.

Comment j’ai procédé

Au départ, bien que motivée, je ne savais pas trop par quel bout prendre la chose. En effet, rien n’est plus difficile que de revenir sur un texte déjà écrit. C’est déjà compliqué quand on en est au stade des corrections et de la relecture, ça l’est encore plus lorsque le texte a été publié et apprécié par les lecteurs. Il faut refaire ce qui pèche sans défaire ce qui est bon. Andrea m’a donné un bon coup de main (et je l’en remercie ❤ ) en me donnant des pistes d’améliorations, de son point de vue : elle m’a fait une liste de ce qui fonctionnait ou pas, ce qui lui avait manqué, là où j’avais de la matière pour approfondir… Je me suis aussi basée sur les retours de lectures et les chroniques : parfois, les faiblesses du roman sont pointées.

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Je m’y suis mise au début de l’année 2017, j’ai commencé par me fixer un objectif chiffré : 350 000 signes, soit environ 60 000 mots. Puis j’ai repris chaque chapitre un par un et je les ai découpés en scènes. Mes chapitres étaient assez longs et couvraient parfois plusieurs scènes. J’ai réécrit le plan détaillé de chaque scène telle qu’elle existait, en ajoutant ça et là les idées d’amélioration (développer telle réaction, tel personnage, etc).

Puis j’ai laissé mariner quelques semaines, surtout parce que je n’avais pas le déclic pour me lancer dans la rédaction. Un jour, en lisant un article sur les points de vue et les narrateurs, j’ai eu l’illumination : et si je réécrivais mes scènes en changeant de point de vue ? Il y a déjà plusieurs points de vue dans le roman, mais ils sont mélangés dans la narration (le narrateur est dans la tête de tous les personnages en même temps), le point de vue dominant étant celui d’Amandine.

J’ai décidé de garder un narrateur omniscient, mais en focalisant, pour chaque scène, sur un seul personnage : quelquefois je raconte du point de vue de Paul, quelquefois de celui d’Amandine, quelquefois de celui de Suzanne (ce procédé m’a permis, d’ailleurs, de creuser le personnage de la mère d’Amandine). Ce qui a été magique, c’est qu’une fois que j’avais décidé ça, ça s’est débloqué presque tout seul, notamment pour la fin. Par contre, ça m’a forcée à réécrire certaines scènes de A à Z pour coller au point de vue choisi.

Balise Piriac
La balise du port de Piriac-sur-Mer.

Actuellement, il me reste 11 000 mots à écrire pour atteindre mon objectif, mais j’ai laissé de côté certaines scènes du début pour pouvoir réécrire la fin de manière plus cohérente. Je pense aussi ajouter des descriptions d’endroits de la presqu’île que j’ai juste survolé jusqu’à présent et qui seront peut-être le théâtre d’une ou deux scènes supplémentaires.

Une fois que j’aurai fini, j’enverrai le tout à Andrea pour savoir ce qu’elle en pense. Si ça convient, elle pourra présenter cette nouvelle version à des éditeurs… J’espère en tout cas que Petite Mouette rejoindra un jour Le vent des Lumières sur les rayons des librairies !

Voilà pour ce petit tour dans les coulisses de l’écriture, j’espère que ça vous a intéressé… Sinon dites-le moi en commentaires ! 🙂

Retour sur le salon du livre de Mesquer-Kercabellec

Dimanche dernier, j’étais au Salon du livre de Mesquer Kercabellec, en Loire-Atlantique. Un salon très bien organisé, que j’ai découvert, avec des bénévoles aux petits soins pour les exposants. La marraine de cette année était Madeleine Chapsal.

C’était intéressant pour moi d’aller présenter mes livres là où se déroule une partie de l’action de Petite Mouette, mais bizarrement ce n’est pas celui-là que j’ai vendu ! Le « butin » fut modeste (2 ventes-dédicaces) mais ce fut une belle journée de rencontres et de soleil.

Salon livre Kercabellec 2017 Lynda Guillemaud

J’avais choisi d’être à l’extérieur (la salle de l’Artymès étant très jolie mais un peu sombre…) et malgré le froid de canard le matin, je me suis félicitée de ce choix car le soleil a été généreux l’après-midi, incitant les gens à flâner dans les allées. Autour de moi, pas mal d’auto-édités mais aussi des petits éditeurs.

Lynda Guillemaud Kercabellec-Mesquer Salon du livre 06 08 2017

J’avais décidé de mettre le prix de mes livres bien en évidence, avec une petite phrase d’accroche que je me suis amusée à calligraphier le matin… ça a plutôt bien fonctionné, beaucoup de gens ont lu le résumé des livres. Sans acheter, certes, mais quand ils lisaient, je leur donnais un marque-page. Je ne suis pas du genre à « alpaguer » les gens pour leur vendre mes livres, je sais que c’est peut-être plus efficace, mais ce n’est pas mon tempérament et surtout, en tant que lectrice, je déteste ça 🙂 . Si un livre m’attire, je m’arrête, je lis et je demande des renseignements…

J’ai ainsi vendu un Vent des Lumières (version auto-éditée) à une charmante dame prénommée Maryline qui a été attirée par la couverture et par le résumé du livre : « J’ai envie de savoir ce qu’elle va devenir, cette jeune fille qui se déguise en garçon ! ». Elle m’a confiée être une grande fan des romans d’Anne Golon (les « Angélique ») alors je lui ai dit qu’elle était au bon endroit !

Ma deuxième vente fut pour les Ombres de Brocéliande et à ma grande surprise, c’est moi qui a été photographiée… en train de dédicacer ! Un grand merci au photographe, Michel Iordanov, qui m’a gentiment offert les photos. Je vous conseille d’aller visiter son site.

Lynda Guillemaud- Festival du livre- Mesquer 08-2017 -1
Photo Michel Iordanov.

J’étais assez contente de ma plume à dédicace (une vraie plume de goéland, ramassée sur la plage la veille, à laquelle j’ai administré une mine de stylo bic #macgyver :p ). Elle a fait son petit effet, je dois l’avouer. Je trouvais ça plutôt raccord avec mon roman historique… d’ailleurs, je me demande si je ne vais pas pousser le bouchon jusqu’à me trouver une robe d’esprit XVIIIème 🙂

J’ai également vu une dame très charmante qui était super contente de me voir « en vrai » car elle a déjà acheté et lu tous mes livres (une vraie fan, ouaw !). Elle était même déçue de n’avoir pas amené ses exemplaires pour me les faire dédicacer… et que je n’ai pas encore écrit de nouveau livre ! 😀 On a passé un bon moment à discuter et je vous avoue que ça m’a fait très plaisir…

Bref, ce fut une belle journée de salon et nul doute que j’y reviendrais de nouveau l’année prochaine avec plaisir (si je ne suis pas en vacances à cette époque-là). En attendant, je vous donne rendez-vous le mercredi 27 septembre au Cultura de Rennes Chantepie pour une séance de dédicaces (ma première en librairie !) et au salon « La plume et le trait » les 21 et 22 octobre à Châteaubriant (halle de Béré).

 

 

Besoin de lecture pour les vacances ?

L’été se profile… C’est le moment où on remplit ses valises de livres ou sa liseuse d’ebooks, afin de lire sur la plage, à la montagne, à la campagne, sur un transat… bref : tranquille ! Si vous n’avez pas d’idées de lecture, je vous donne trois idées (lesquelles sont très égo-centrées puisqu’elles concernent mes livres :p )… mais pas que !

Envie de lire mes romans ?

Je vous rappelle que mon premier roman Le vent des Lumières sort en librairie chez les Editions Terre d’Histoires (City Editions) en ce moment même (peut-être avec quelques jours de retard, n’hésitez pas à demander au libraire !).

J’ai reçu mes exemplaires cette semaine et je peux vous dire que la fabrication est particulièrement réussie, une très belle mise en page et une couverture qui tape à l’oeil ! La version papier est au prix de 18,90€ (en librairie, donc) et en ebook à 13,99€.

Si c’est le numérique qui vous tente, sachez que deux autres de mes romans seront en promotion à -50% (soit 1,49€) cet été : Petite Mouette  jusqu’au 16 juillet et Oraison pour une île du 4 au 31 juillet. Et si jamais la mer ne vous tente pas, il vous reste Les ombres de Brocéliande (pas de promo, mais à 2,99€ ça reste moins cher qu’une glace !).

Promo de l'été 2017

Envie de lire autre chose ? Mes coups de coeur du moment !

Voilà les dernières lectures qui m’ont enthousiasmée, je vous conseille de vous y plonger car vous passerez un bon moment.

Rien d’autre que la vie / Claire Casti de Rocco

couv ames foret2Anna et Laurent se sont aimés il y a quinze ans. Apprendre la mort de son premier amour, c’est parfois être contrainte à revivre le passé. C’est peut-être aussi s’aventurer à découvrir des vérités bien cachées. Quel est le lien entre la lettre bouleversante que Laurent a écrite à Anna avant de mourir, et la rupture d’un amour inébranlable ? La vie qui danse, rit, hurle, révèle ses joies et ses peines, voilà le fil rouge de ce livre. Un livre tout en émotions où la tentation du bonheur et le doute ne sont jamais très éloignés l’un de l’autre. Avec en toile de fond le somptueux décor des falaises normandes, une invitation au voyage entre présent et passé, une ode à l’amitié et à l’amour. Un hymne à la vie, rien d’autre que la vie.

La fin de ce roman m’a émue aux larmes (ça n’arrive pas très souvent, pourtant…) tellement l’auteure sait nous emporter avec elle dans cette histoire. Elle parle d’amour mais surtout d’amitié, en nous replongeant dans la période des amours de jeunesse, des folies qu’on fait à 16 ans, de ces histoires qui nous marquent jusqu’à l’âge adulte… Un très beau livre (et ce n’est pas parce qu’il est chez le même éditeur que moi que je le dis !) 🙂

En broché (City Editions), 18,90 € / En ebook sur Amazon, 3,99€ (liens affiliés)

La délicatesse du homard / Laure Manel

41qeefmy6rlElle est partie aussi loin qu’elle a pu, pour rejoindre le début du bout du monde… et venir s’échouer au pied d’un rocher face à la mer d’Iroise. Elle dit s’appeler Elsa.
Elle ne veut pas qu’on lui pose de questions.
Qui est-elle ? Que cache-t-elle ?
Et lui, que cache sa rudesse ? Lui qui l’accueille sans même savoir pourquoi…
Un roman à deux voix. Deux voix qui se racontent, et se taisent. Deux voix qui laissent place aux pas des chevaux, au vent qui plie les herbes sur la dune, au ressac sur le rivage et aux souvenirs échoués sur le sable.

C’est encore un livre qui nous plonge dans le passé, mais c’est surtout l’histoire d’une reconstruction, patiente, à petites touches. Comme on découvre à petites touches qui est l’héroïne, au fur et à mesure qu’elle se dévoile à son « sauveur »… C’est un livre écrit à deux voix, tantôt par lui, tantôt par elle. C’est aussi un hommage aux superbes paysages bretons du Finistère… et aux chevaux qui ont un rôle à jouer dans cette histoire.

En broché (Michel Lafon), 18,95€ / En ebook (Amazon), 3,99€ (liens affiliés)

Le blog va faire une pause pendant les vacances… Le temps pour moi de me reposer et d’écrire, bien sûr. Je vous souhaite un bel été… plein de livres 🙂

 

 

 

« Petite Mouette » en promo :)

Alors que mon premier roman est en train de se faire beau pour être sur les rayons des librairies dans quelques semaines, mon petit 3ème a été choisi par Amazon pour faire partie de la sélection de l’été : du 19 juin au 16 juillet, Petite Mouette sera à moitié prix, soit 1,49€ au lieu de 2,99€ (en numérique).

Promo Petite Mouette juin17

C’est l’occasion de découvrir cette jolie histoire qui se passe dans la non moins jolie région de Piriac-sur-Mer (en lice pour être le « Village préféré des Français » !). Une histoire d’amour impossible, mais pas que : ce roman parle aussi des liens mère-fille, de l’adolescence, de la différence (ou pas !) entre amour et amitié… et bien sûr de la mer.

Le 19 juin, cela fera un an tout juste que le livre sera sorti. Il a déjà séduit plus de 1700 lecteurs, principalement sur ebook. Par contre, il n’a pas beaucoup de commentaires 🙂 (alors si vous avez aimé, n’hésitez pas à en mettre un… sans raconter la fin, hein 😉 ).

Je vous dis tout sur ce roman sur la page qui lui est dédiée, mais ça vous dit un petit extrait ?

La première quinzaine d’août, Amandine passa en réalité plus de temps à Quimiac qu’à La Turballe. Elle connaissait par cœur les horaires de bus à force de prendre la ligne qui desservait le petit village dans les rues duquel elle aimait déambuler. Paul la ramenait chez elle le soir, par principe plus que par envie, car souvent la soirée se prolongeait très tard, entre promenades sur la plage et discussions animées à la belle étoile. Mais des tonnes de scrupules l’empêchaient de la garder chez lui, même si – et c’était peut-être ce qui le gênait le plus – Amandine semblait ne rien y voir d’inconvenant.
Contrairement à ce qu’elle avait promis, Suzanne ne revint pas le premier week-end d’août, ni le suivant mais trouva quand même deux jours pour venir avant la mi-août. Amandine ne s’étonnait plus des faux-bonds de sa mère et elle se rendait même compte que cela l’indifférait, en fait. Pourtant, elle fut contente de la présence de Suzanne ces quelques jours et elle en profita même pour lui faire découvrir quelques coins qu’elle commençait à connaître.
Une fois sa mère partie, Amandine se retrouvait seule la journée, mais sa solitude n’avait plus ce goût de définitif qui la rendait si amère autrefois. Elle se promenait beaucoup, faisant souvent la route à vélo lorsque le temps le permettait, les sens aux aguets. Elle aimait particulièrement longer le chemin des douaniers entre Quimiac et Piriac-sur-Mer et elle découvrait d’autres ports, d’autres plages, des criques à l’abri du vent. Souvent, elle s’arrêtait, fascinée par cette tranquillité qui semblait caractériser les paysages marins.
En arrivant en vue de Piriac, elle s’asseyait souvent sur le banc d’un ancien refuge de douanier, une toute petite maisonnette de pierre bâtie sur la falaise, les bras autour de ses genoux. Seuls, les goélands, fort nombreux, troublaient le silence. Au loin, engoncées dans les rochers, des maisons faisaient face à la mer basse.
Une odeur d’algues et d’iode se mélangeait à celle, plus fugace, des pins. Quelques estivants se promenaient le long du rivage et regardaient les quelques bateaux qui semblaient attendre la marée, leurs quilles décolorées plantées dans le sable et les galets. Elle inspirait profondément en regardant les oiseaux lutter contre le vent, en regardant le monde.
Sans penser à rien. Surtout, ne penser à rien.

(Chapitre 7).

Et si vous vous demandez à quoi ressemble la petite maison de douaniers face à la mer, là voilà !

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Alors, conquis ? Si vous l’avez déjà lu, n’hésitez pas à laisser un commentaire sur le site où vous l’avez acheté… Bonne lecture !

L’île de Bréhat… à travers Oraison pour une île

A l’instar de ma visite de Paris au temps de mon roman Le vent des Lumières, je vous propose une petite découverte en images et en mots de l’île de Bréhat, théâtre de mon second roman Oraison pour une île.

Situation

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L’île de Bréhat est située dans les Côtes d’Armor, en Bretagne, au large de Paimpol. On y accède par bateau uniquement (il y a de nombreuses navettes toute la journée), vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site de l’office de tourisme.

La journée suffit pour faire le tour de l’île et découvrir les sites importants, mais je vous conseille d’y rester au moins une nuit. En effet, après le départ de la dernière navette (et donc des nombreux touristes !), l’ambiance est très différente, plus apaisée. Sur l’île, il y a un camping, des chambres d’hôtes, des gîtes… donc n’hésitez pas. La meilleure période pour visiter est avril-mai, lorsque tout est en fleur (on surnomme Bréhat l’île aux fleurs !) et, si vous pouvez, éviter les week-end pour préférer la semaine.

Je vous fait rêver un peu avant de commencer ? 😉

L’arrivée sur l’île

On embarque à la pointe de l’Arcouest, à Ploubaznalec et on débarque à Port-Clos, après dix minutes environ de traversée (il est possible aussi de faire le tour de l’île avec une navette spécifique, qui dure 45 mn et débarque à Port-Clos à la fin).

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Cale de l’Arcouest à marée montante, côté continent. Photo Fred Henze.

La particularité, c’est qu’on embarque à des endroits différents en fonction de la marée : à marée haute, à mi-marée ou à marée basse. En fonction de l’horaire de la navette et de celle des marées, vous aurez donc plus ou moins de chemin à faire pour prendre le bateau ou en descendre…

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La cale de marée basse, côté Bréhat (photo François Madic).

Caroline reçut les prémices de l’île avec un coup au cœur lorsque le taxi aborda le dernier virage avant le parking de l’embarcadère de la pointe de l’Arcouest. La revoir lui donnait le vertige, des frissons dans le dos et elle étouffa une exclamation dans le creux de sa main, émue aux larmes.
Elle resta un moment sur le parking, puis se dirigea vers l’embarcadère, au bout duquel une vedette attendait. Elle trouva un banc et s’assit. Au loin, là-bas devant elle, Port-Clos semblait l’attendre. Elle avait encore la possibilité de changer d’avis. De faire demi-tour.
Avait-elle fait le bon choix ?
(Chapitre 14)

Chez Cordelia

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Le portail rouge (photo perso).

Je ne mets pas la photo de la maison car il s’agit d’une propriété privée. Elle est assez bien cachée mais on peut en voir des morceaux depuis le chemin. Si vous lisez bien ma description dans le livre, vous devriez pouvoir la retrouver 😉

La première fois, je suis tombée par hasard devant ce portail rouge un peu décrépi (il a été repeint depuis) et le côté mystérieux de ce dernier m’a tout de suite séduite. J’ai eu envie d’y faire vivre la vieille dame de mon roman. Dans le jardin, se trouvaient des statues, perdues au milieu de la pelouse, regardant vers la mer… ça m’a inspirée.

Elle grimpa lentement le sentier étroit de chaque côté duquel on devinait de grandes propriétés refermées sur elles-mêmes derrière les murs et les haies touffues.
Un portail de bois grenat, encadré par deux immenses pins, surgit au détour du chemin.
— C’est là…
Le son ténu de sa propre voix arrêta la jeune femme plusieurs dizaines de mètres avant le portail. Elle mettait les pieds ici pour la première fois de sa vie, mais elle devinait qu’elle était au bon endroit. Elle sonna, sans oser pousser le portail de bois disjoint.
(Chapitre 1)

La chapelle Keranroux

C’est le repaire de Joshua, situé au milieu de l’île, sur la partie nord, juste après le pont Vauban qui relie les deux parties. C’est une petite chapelle qui comporte un chevet à pans coupés du XIXème siècle. La petite maison attenante appartenait au poète Edmond Haraucourt qui la légua, à sa mort, à l’Université de Paris. C’est un de ses vers qui ouvre le roman.

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Le soleil joue dans les vitraux de Keranroux (photo perso).

 

Par la fenêtre de la cuisine, grande ouverte, les accords tumultueux de La Mer de Debussy répandaient la violence des vagues sur les pavés de la chapelle de Keranroux derrière lui. Joshua appréciait d’ouvrir la porte de bois un peu décrépie, le matin, pour libérer les odeurs d’encens, de cierge brûlé et les murmures oubliés des prières laissées là en suspens. Il prenait ainsi son café sur le seuil de schiste poli par l’usure du passage en écoutant de la musique.
(Chapitre 7)

La chapelle Saint-Michel

Ile-de-Bréhat-Chapelle-Saint-MichelC’est l’autre chapelle célèbre de Bréhat : curieusement perchée en haut d’un monticule, elle domine la partie sud de l’île et l’étang du Birlot, le moulin à marée. C’est une chapelle minuscule, d’un blanc immaculé et un toit orange, avec une croix de granit qui ponctue le ciel d’un bleu pur. C’est l’un de mes endroits préférés de l’île.

La chapelle Saint-Michel, minuscule, se dressait sur un monticule étroit à trente-trois mètres au-dessus du niveau de la mer, comme un défi à Dieu et aux éléments. Le soleil commençait à se griffer de noir derrière les arbres en dessinant de grandes ombres sur le chemin qui s’accidentait, parsemé de gros blocs rocheux parmi lesquels grimpait un escalier.
Caroline entra dans la chapelle par l’unique porte et se retrouva au milieu de la toute petite nef. La lumière silencieuse sentait la cire fondue et l’humidité et rehaussait le bois poussiéreux du retable ceint d’une barrière, à sa droite. Sur sa gauche, assis sur l’un des deux bancs patinés, les regards perdus dans la voûte basse qui ressemblait à une coque de bateau renversée, quelqu’un priait, coupé du monde.
C’était Joshua.
(Chapitre 11)

La croix Maudez

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La croix Maudez (photo perso).

On considère que c’est le calvaire le plus ancien de l’île, la légende dit qu’il fut fondé par Saint-Maudez lui-même, un moine du Vème siècle. Lorsqu’il débarqua sur Bréhat, il fut rejeté par toute la population et dut coucher dehors. Peu de temps après, l’île fut accablée par de nombreux malheurs : les insulaires pensèrent qu’ils étaient punis par Dieu pour avoir mal accueilli le moine. Ils allèrent alors le trouver pour demander pardon et bâtirent un calvaire en face de son ermitage.

— La croix de Maudez, déclara Joshua en posant sa main sur le granit. Le plus ancien calvaire de Bréhat, il date du cinquième siècle.
Caroline laissa traîner ses doigts sur la pierre grumeleuse et froide, sans pouvoir détacher ses yeux de la main de Joshua. Elle songea qu’elle aimait aussi les mains du jeune homme, courtes, carrées, charnues. Des mains de marin, avec quelque chose de fruste, de rude, de solide qui tranchait avec la délicatesse et la sensualité avec laquelle il caressait la pierre. Leur lenteur calculée, presque idolâtre émouvait Caroline.
(Chapitre 11)

Le phare du Paon

A tout seigneur, tout honneur : celui de boucler cette visite virtuelle. Le phare du Paon est situé tout au nord de Bréhat et regarde vers le large. C’est un édifice plutôt trapu, qui n’a rien d’exceptionnel, en fait. Son environnement, perdu au milieu de nulle part, en fait cependant un endroit hors du commun. On se sent vraiment seul au monde (bon, quand il n’y a pas de touristes, disons !).

Le phare est construit sur une sorte de plateforme en granit rose posée sur les rochers battus par la mer. Devant, on trouve le Gouffre, une anfractuosité de la roche dont les formes étranges rappellent la légende du Paon : contrairement à ce qu’on pense, le mot Paon n’évoque pas l’oiseau mais vient du mot penn qui veut dire tête en breton. On raconte que Gwill et Isselgert, les deux fils de Mériadec, comte de Goëlo, voulaient jeter à la mer le corps de leur père qu’ils avaient assassiné pour se venger de lui (leur père les avait enfermé après qu’ils eurent pillé l’abbaye de Beauport). La colère de Dieu les changea en rocher et un gouffre sans fond se forma autour d’eux.

Le phare du Paon
Le phare du Paon sur sa plateforme de granit rose (photo Philippe Dufour).
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Le Gouffre… et ses drôles de personnages pétrifiés dans la pierre. (photo perso)

Quelle que fut la direction que l’on prît, à Bréhat on finissait toujours tôt ou tard au phare du Paon qui, d’endroit le plus solitaire, en devenait le plus fréquenté. Joshua évita le promontoire et s’aventura sur les rochers qui s’élançaient vers ce qu’on appelait « le Gouffre ».
À marée haute, les vagues, somptueuses, se soulevaient vers le large, grossissant, grossissant au fur et à mesure qu’elles approchaient. Qu’un rocher trois fois plus haut qu’elles se trouvât sur leur chemin, peu importe : elles se désintégraient contre la paroi en une formidable explosion de gouttes mais, loin de perdre de leur vigueur, les vagues, sournoises, contournaient l’obstacle en une fraction de seconde et engloutissaient la base du rocher en bouillonnant dans un murmure d’avalanche. L’eau de mer se vautrait alors dans chaque anfractuosité de la roche avec des bruits de déglutition gargantuesque.
(Chapitre 8)

J’espère que ce petit tour à Bréhat vous aura donné envie d’y poser votre sac pour une heure, une journée… ou une vie, pourquoi pas ? Sinon, vous pouvez toujours ouvrir mon roman, il paraît qu’on y voyage sans bouger de son fauteuil… 😉 (c’est ici si vous voulez l’acheter : 2,99€ le billet aller/retour, pas cher, non ?). Et puis, dites-moi ce que vous en avez pensé !