J-7 : « Le vent des Lumières » sera en librairie le 28 juin !

C’est officiel : mon premier roman historique Le vent des Lumières sera en librairie « pour de vrai » le 28 juin, mercredi prochain. Il sera disponible au format papier évidemment, mais aussi en numérique. Ceux d’entre vous qui ont déjà un exemplaire papier de ce roman ont donc un collector (gardez-le précieusement, il vaudra peut-être une fortune un jour ! :p ).

Comme je l’ai annoncé déjà en début d’année, c’est donc la maison Terre d’Histoires du groupe City Editions qui a la lourde charge de faire vivre sa deuxième vie à ce roman… Pour l’occasion, mon éditeur (désolée, c’est trop de plaisir de le dire ! 😀 ) a réalisé une nouvelle couverture (tout en conservant l’esprit de la précédente qui lui plaisait beaucoup). Je vous laisse la découvrir… Dites-moi ce que vous en pensez !

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Frédéric Thibaud, le directeur de City Editions, a eu un vrai coup de coeur pour mon roman, que mon agent littéraire Andrea lui a présenté dans le cadre du programme « En route vers le papier » de Librinova. Il a tellement aimé qu’il n’y a eu que peu de changements par rapport au texte initial, hormis les corrections orthographiques et grammaticales de rigueur, évidemment. Vous pouvez découvrir sur le site de Terre d’Histoires le nouveau résumé (les infos seront mises à jour sur mon site prochainement).

Inutile de vous dire que j’ai le trac : même si ça va faire deux ans que mon Eléonore existe sous format numérique et qu’elle a déjà séduit plus de 2000 lecteurs, cette fois, il s’agit du grand saut de l’écrivain en herbe. Un rêve de petite fille qui se réalise. Il faut l’avouer, je vis cette publication comme la reconnaissance du milieu professionnel de l’édition : ce que j’écris vaut quelque chose…

C’est l’aboutissement d’années de travail, d’espoirs, de doutes, de joies, d’enthousiasme… mais c’est surtout le début de quelque chose de nouveau, une nouvelle page. Et même un nouveau livre. Je me sens un peu moins « auteur indépendante » et un peu plus « écrivain », comme mes idoles. Bientôt, dans une semaine, mon nom sera à côté d’eux sur les tranches des livres dans les libraires de toute la France… et, promis, j’essaie de me dire que je le mérite aussi 🙂

J’espère que vous serez au rendez-vous avec Eléonore !

« Petite Mouette » en promo :)

Alors que mon premier roman est en train de se faire beau pour être sur les rayons des librairies dans quelques semaines, mon petit 3ème a été choisi par Amazon pour faire partie de la sélection de l’été : du 19 juin au 16 juillet, Petite Mouette sera à moitié prix, soit 1,49€ au lieu de 2,99€ (en numérique).

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C’est l’occasion de découvrir cette jolie histoire qui se passe dans la non moins jolie région de Piriac-sur-Mer (en lice pour être le « Village préféré des Français » !). Une histoire d’amour impossible, mais pas que : ce roman parle aussi des liens mère-fille, de l’adolescence, de la différence (ou pas !) entre amour et amitié… et bien sûr de la mer.

Le 19 juin, cela fera un an tout juste que le livre sera sorti. Il a déjà séduit plus de 1700 lecteurs, principalement sur ebook. Par contre, il n’a pas beaucoup de commentaires 🙂 (alors si vous avez aimé, n’hésitez pas à en mettre un… sans raconter la fin, hein 😉 ).

Je vous dis tout sur ce roman sur la page qui lui est dédiée, mais ça vous dit un petit extrait ?

La première quinzaine d’août, Amandine passa en réalité plus de temps à Quimiac qu’à La Turballe. Elle connaissait par cœur les horaires de bus à force de prendre la ligne qui desservait le petit village dans les rues duquel elle aimait déambuler. Paul la ramenait chez elle le soir, par principe plus que par envie, car souvent la soirée se prolongeait très tard, entre promenades sur la plage et discussions animées à la belle étoile. Mais des tonnes de scrupules l’empêchaient de la garder chez lui, même si – et c’était peut-être ce qui le gênait le plus – Amandine semblait ne rien y voir d’inconvenant.
Contrairement à ce qu’elle avait promis, Suzanne ne revint pas le premier week-end d’août, ni le suivant mais trouva quand même deux jours pour venir avant la mi-août. Amandine ne s’étonnait plus des faux-bonds de sa mère et elle se rendait même compte que cela l’indifférait, en fait. Pourtant, elle fut contente de la présence de Suzanne ces quelques jours et elle en profita même pour lui faire découvrir quelques coins qu’elle commençait à connaître.
Une fois sa mère partie, Amandine se retrouvait seule la journée, mais sa solitude n’avait plus ce goût de définitif qui la rendait si amère autrefois. Elle se promenait beaucoup, faisant souvent la route à vélo lorsque le temps le permettait, les sens aux aguets. Elle aimait particulièrement longer le chemin des douaniers entre Quimiac et Piriac-sur-Mer et elle découvrait d’autres ports, d’autres plages, des criques à l’abri du vent. Souvent, elle s’arrêtait, fascinée par cette tranquillité qui semblait caractériser les paysages marins.
En arrivant en vue de Piriac, elle s’asseyait souvent sur le banc d’un ancien refuge de douanier, une toute petite maisonnette de pierre bâtie sur la falaise, les bras autour de ses genoux. Seuls, les goélands, fort nombreux, troublaient le silence. Au loin, engoncées dans les rochers, des maisons faisaient face à la mer basse.
Une odeur d’algues et d’iode se mélangeait à celle, plus fugace, des pins. Quelques estivants se promenaient le long du rivage et regardaient les quelques bateaux qui semblaient attendre la marée, leurs quilles décolorées plantées dans le sable et les galets. Elle inspirait profondément en regardant les oiseaux lutter contre le vent, en regardant le monde.
Sans penser à rien. Surtout, ne penser à rien.

(Chapitre 7).

Et si vous vous demandez à quoi ressemble la petite maison de douaniers face à la mer, là voilà !

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Alors, conquis ? Si vous l’avez déjà lu, n’hésitez pas à laisser un commentaire sur le site où vous l’avez acheté… Bonne lecture !

Un tour en Brocéliande (2)

Suite de la petite balade que je vous propose sur les lieux emblématiques de Brocéliande, en compagnie de Gabriel et de Marion, les héros de mon dernier roman Les ombres de Brocéliande. La première partie de la promenade est à découvrir ici.

Le château de Comper

Le château de Comper est situé tout au nord de la forêt. Ce jour-là, avec ma fille et ses copines, nous n’y avons fait qu’un arrêt express car je savais que pour visiter le Centre de l’imaginaire arthurien et ses magnifiques expositions, il faut prendre le temps (et nous n’avions qu’une après-midi pour tout faire !). Je ne peux que vous conseiller d’y faire une longue pause, cela vaut le détour. Toute l’histoire de la forêt est là et bien plus encore : on y évoque aussi le Moyen-Âge, les fées, les dragons, tout ça… et les légendes arthuriennes, bien sûr.

 

Le château de Comper et le lac qui le borde sont connus pour être le domaine de la fée Viviane, l’amoureuse de Merlin l’enchanteur. C’est là que le magicien construisit pour elle un palais invisible : il paraît que quand on se penche sur l’eau du lac, on peut voir les tours se détacher des profondeurs. On surnomme aussi Viviane « La dame du lac ». C’est dans ce palais que Viviane a aussi élevé Lancelot (du lac, donc), le chevalier au coeur pur qui lèvera entre autres le sortilège de Morgane au Val sans retour (ça va, vous suivez ?).

— Si mes souvenirs sont bons, le testament parlait de cette entrée monumentale, expliqua Marion en désignant la voûte sous laquelle ils se tenaient et qui marquait le début de la cour du château.
Malgré lui, Gabriel ne put s’empêcher de scruter les pierres du mur, posant ses doigts sur les joints qui s’effritaient, interrogeant chaque anfractuosité à la recherche d’un indice. Il n’insista pourtant pas très longtemps, comme s’il avait acté le fait qu’il ne trouverait rien.
— Je reviendrai, je reviendrai, murmura-t-il en revenant vers la voiture avec Marion. J’aime bien ce château, il ressemble au mien… enfin au futur mien !
(Chapitre 25, Les ombres de Brocéliande).

Concoret et le chêne à Guillotin

Non loin du petit village de Concoret (où Gabriel et Marion dînent un soir) se trouve le très remarquable chêne à Guillotin, que l’on appelle aussi Chêne Eon. Cet arbre vénérable a, dit-on, plus de mille ans.

A l'ombre du chêne à Guillotin Brocéliande

Il doit son nom à un prêtre réfractaire, Guillotin. Sous la Révolution française, ce brave homme d’église refusa de prêter serment sur la Constitution civile du Clergé décrétée par l’Assemblée nationale : il devint proscrit. Pour échapper aux Gardes Nationaux, il se cacha dans le tronc du chêne et s’y abrita le temps que les soldats s’éloignent. Aujourd’hui, on ne peut plus entrer dans le tronc mais celui-ci fait toujours une circonférence impressionnante. Une plateforme l’entoure et soutient ses plus grosses branches, pour encore quelques années sûrement…

Chene Guillotin Brocéliande

La fontaine de Jouvence

En continuant vers l’est en direction de Saint-Malon-sur-Mel, on arrive sur un parking à proximité du Tombeau de Merlin et de la Fontaine de jouvence. Il faut être vigilant sur la route, car tous les sites ne sont pas indiqués très clairement (ou alors au dernier moment !). Même moi qui connaît la forêt par coeur, j’ai fait demi-tour une ou deux fois…

Fontaine jouvence brocéliandeLa fontaine de Jouvence est moins spectaculaire que Barenton, à mon sens, et pourtant elle est plus grande. Mais elle est moins sauvage, plus policée, moins surprenante. En revanche, si vous poussez quelques mètres plus loin, vous découvrirez une drôle de clairière où les gens de passage s’amusent à empiler des cailloux (on voit ça souvent). Ici, la légende a « récupéré » ça en racontant que les lutins déplacent les monticules dès que vous avez le dos tourné. La tradition veut que l’on marque son passage dans la clairière en faisant aussi son petit monticule, mais surtout sans détruire ou démonter ceux qui existent. On a juste le droit de ramasser les cailloux qui sont déjà tombés…

Sur certains, vous verrez des petits mots, des fleurs, parfois même des morceaux de bijoux, autant d’ex-voto émouvants assez caractéristiques de ces croyances païennes qui émaillent les traditions bretonnes (un jour, je vous parlerais peut-être de la Tombe à la Fille, en forêt de Teillay…).

clairière des lutins brocéliande
La clairière des lutins…

Qui a dit que tu allais revenir dans ce trou perdu, d’abord ? Gabriel Mauny, tu as autre chose à faire que de te balader à la recherche des enchanteurs sous les pierres et des fées dans les arbres ! Si Gilles m’entendait, il me rigolerait au nez, tiens.
— Oh ! C’est quoi, ça ?
Levant la tête, il venait de tomber en arrêt sur une image complètement décalée : devant lui, dans une sorte de petite carrière creusée à même la roche, se trouvaient des centaines de petits tas de pierres empilées les unes sur les autres. Certains édifices atteignaient même le mètre de hauteur, ressemblant parfois à des dolmens, serrés les uns contre les autres.
(Chapitre 12, Les ombres de Brocéliande)

Le tombeau de Merlin

Ce site peut décevoir si on s’attend à quelque chose de grandiose. Au contraire, moi je le trouve émouvant parce qu’il est intime. On entre dans une petite clairière bien délimitée par une sorte de petite palissade noyée sous les arbustes et au milieu de laquelle se trouvent trois grosses pierres. Avant, un houx poussait entre les deux plus grosses : aujourd’hui, il a disparu (coupé ? tombé ?).

Tombeau merlin Brocéliande 2

Là aussi on retrouve des offrandes multiples et diverses que beaucoup de touristes mal renseignés prennent pour des déchets : des fruits, des papiers avec des messages, des tickets de loto (!), des branches, des fleurs… Le jour où nous sommes venus, il y avait de magnifiques roses blanches sur la pierre, mais aussi deux petites statuettes de fées cachées entre les deux roches.

anges tombeau de merlin broceliande

A chaque fois que je suis face au tombeau de Merlin, je ne peux m’empêcher de penser aux personnes qui ont déposé ces objets : pourquoi l’ont-elles fait ? qu’ont-elles demandé à Merlin ? leur voeu s’est-il réalisé ? Je trouve que cela rajoute à l’ambiance mystique qu’on ressent ici.

Est-ce Merlin qui nous ensorcelle ? Je ne le sais. La légende raconte que Viviane a enfermé ici pour l’éternité l’enchanteur dans neuf cercles d’air, retournant contre lui son sort le plus puissant…

 

 

En fait, il se retrouvait sans mots pour décrire ce qu’il ressentait. Curieusement, lui si cartésien, si rationaliste, ressentait presque la présence de l’enchanteur au milieu de cette forêt. Quelque chose — ou quelqu’un ? — l’interpellait. Gabriel ferma les yeux comme pour s’imprégner de cette présence. Marion le regardait, troublée ; elle n’imaginait pas que le jeune homme serait sensible à ce point au site légendaire.
— Pourquoi Viviane l’a-t-elle enfermé là ? demanda-t-il en se relevant pour rejoindre Marion.
— Afin de le garder à ses côtés pour toujours, répondit la jeune femme. Merlin lui a appris le secret pour retenir un homme éternellement… Elle l’a utilisé contre lui. Mais c’était par amour. On dit qu’ils sont toujours dans la forêt, ensemble, et qu’ils prennent désormais des formes différentes : oiseaux, papillons, cerfs… C’est le symbole des amants éternels.
— C’est une belle histoire…
(Chapitre 11, Les ombres de Brocéliande)

Le chêne des Hindrés

On finit cette balade par un arbre, sur la route qui rejoint Paimpont : il faut s’arrêter sur un parking en pleine ligne droite, puis faire huit cent mètres dans la forêt.

Autour des Hindrés Brocéliande

Les arbres ici sont tous très hauts, sinueux, majestueux, avec cet air vénérable qui les rend vivants. Ma fille m’a dit « On est chez les Ents du Seigneur des Anneaux ! » et je crois qu’elle a raison : on s’attend presque à ce que les arbres parlent.

Vers les Hindrés Brocéliande
Sur le chemin des Hindrés.

Le chêne des Hindrés est moins vieux que celui de Guillotin mais il a tout de même quatre à cinq cents ans. Ses branches maîtresses sont pleines de rondeurs, comme des tentacules figées.

A l'ombre des Hindrés Brocéliande
Le chêne des Hindrés.

Un peu plus loin, vous trouverez une reconstitution des fouées de charbonniers : Brocéliande a été, au 19ème siècle, un grand centre industriel. On extrayait du sous-sol du plomb aurifère (c’est-à-dire qu’il contenait d’infimes quantités d’or) et l’on fondait le plomb aux Forges de Paimpont (celles de la chanson !). Pour alimenter les forges, on avait besoin de charbon et la population de la forêt brûlait donc du bois selon la technique des fouées pour fabriquer du charbon. Fin de la minute pédagogique 🙂 .

fouée de charbonnier Brocéliande

Trécesson

Nous n’avons pas eu le temps de le voir ce jour-là, mais c’est un des sites les plus célèbres de la forêt. Château de conte de fées, il fait rêver les petites filles avec ses tourelles, son pont-levis et son étang mystérieux.

La légende, elle, est moins joyeuse : on dit que le fantôme d’une jeune mariée enterrée vivante le soir de ses noces revient errer la nuit sur les eaux du lac…

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Le château de Trécesson (photo Philippe Manguin)

— Les bourreaux n’étaient pourtant pas des psychopathes, répondit Marion en riant. Il semblerait qu’il s’agisse des deux frères de la fiancée. Ceux-ci n’acceptaient pas l’époux qu’elle s’était choisie… On dit que le fiancé est entré ensuite dans les ordres. Depuis, on voit parfois une silhouette en robe blanche flotter au-dessus de l’étang de Trécesson.
— Tu n’as pas quelque chose de plus drôle ?
— Attends voir… Ah, il y a aussi la légende du Manoir du Pied d’Ânon, s’exclama Marion. Ou alors préfères-tu celle de la Chambre aux revenants ?
— Trécesson serait-il hanté ?
— On le raconte… Mais c’est peut-être une supercherie des propriétaires pour qu’on les laisse tranquilles !
Ils avaient continué leur promenade tout en parlant, sur le ton de la confidence, alors que l’obscurité commençait à envahir les lieux. Ils restèrent un long moment assis sur le mur qui bordait l’étang, regardant la nuit avaler progressivement le château qui dégageait quelque chose d’assez intense, comme une aura ou même un charme magnétique.
(Chapitre 37, Les ombres de Brocéliande).

Voilà, c’est la fin de ce petit tour en Brocéliande… Je ne peux que vous inciter à contacter l’Office de tourisme Destination Brocéliande, ils sauront vous guider pour découvrir cette magnifique forêt. Alors, vous venez quand ? 😉

 

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Un tour en forêt de Brocéliande

Cette semaine je vous emmène à Brocéliande, sur les lieux de mon dernier roman Les ombres de Brocéliande… Nous y avons fait une escapade début mai, pour l’anniversaire de ma grande fille… qui s’appelle Morgane (non, ce n’est pas un hasard ! 😉 ). Pour ne pas faire un billet trop long, je vous propose aujourd’hui la première partie, à l’ouest de la forêt : Paimpont, Tréhorenteuc et Barenton.

Comme les copines de mes filles ne connaissaient pas du tout la forêt, nous avons fait une boucle en voiture en faisant des pauses, en partant de Paimpont.

L’abbaye de Paimpont et la Porte des Secrets

Si vous n’êtes jamais venu en Brocéliande, je ne peux que vous conseiller de commencer par poser votre voiture à Paimpont, en plein coeur de la forêt, sur le parking de la majestueuse abbaye qui abrite aujourd’hui la mairie. Vous trouverez dans les rues du bourg plein de petites boutiques celtiques et médiévales, si vous aimez le shopping.

Le lac de l’abbaye était majestueux, d’un calme olympien lui aussi, à peine troublé par les promeneurs qui parsemaient les berges. Tout autour, la forêt barrait l’horizon d’une masse sombre et imposante. Il se tourna vers l’abbaye, en pierres grises, admirablement restaurée, avec des huisseries d’un très beau grenat. En montant vers elle, il vit sur la gauche, l’office de tourisme, au fond d’une sorte de petite placette située au carrefour des deux rues principales commerçantes du bourg. Cafés, restaurants, boutiques d’artisans se succédaient dans cette artère.
(Les ombres de Brocéliande, Chapitre 9)

Tout près de l’abbaye, l’office de tourisme de Brocéliande a ouvert depuis quelques années la Porte des secrets, un parcours scénographique de 45 mn qui vous fait littéralement plonger dans la magie de la forêt. Même pour moi qui connait ça par coeur, je me laisse embarquer à chaque fois… Je dis que c’est bien pour commencer car, après ça, vous ne regardez plus la forêt de la même façon : ce n’est plus une simple forêt, c’est… Brocéliande. 🙂

Si vous êtes attentif, vous devriez trouver le bar dans lequel Marion donne rendez-vous à Gabriel dans le roman (si, si, là sur la place !).

Le Val sans retour

De Paimpont, direction Tréhorenteuc (le village où se trouve le manoir dont hérite Gabriel, dans le roman), via une loooongue route qui m’impressionnait quand j’étais petite car on a toujours l’impression que l’on monte vers les cieux 😉 .

Cela faisait un moment que je n’y étais pas retournée et depuis mes souvenirs d’enfants, les lieux ont été aménagés pour la promenade, sans toutefois dénaturer la forêt. Il faut laisser la voiture sur le parking à la sortie du village et prendre le chemin de gauche pour commencer par les hauteurs du Val (si vous prenez à droite vous commencerez par le bas… mais à mon avis c’est moins joli).

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Le Miroir aux Fées, dans le fond du Val sans retour…

Le Val sans Retour, c’est le repaire de la fée Morgane : au fond du val se trouve un petit lac qu’on appelle le Miroir aux fées. On raconte que les fées viennent y admirer leur reflet car jamais aucun souffle de vent ne perturbe la surface des eaux. Dans la légende, Morgane, trahie par son amoureux le chevalier Guyomard, lui jette un sort pour qu’il erre sans fin dans le val sans jamais trouver la sortie : ce sera aussi le lot de tous les hommes infidèles qui franchissent les portes du Val (faites attention si c’est votre cas ! 😀 ). Cela dit, apparemment, le chevalier Lancelot du Lac, grâce  sa fidélité à sa dame Guenièvre, a, semble-t-il, déjoué les sortilèges de Morgane…

Enfin, au bout d’une vingtaine de minutes, Marion bifurqua sur un parking — toujours violet.
— Encore de la marche ? plaisanta le jeune homme.
— On ne rencontre pas les fées et les enchanteurs en voiture !
On accédait au Val sans retour par un chemin bitumé qui laissait peu à peu la place à une piste caillouteuse semée de schistes et de roches grises serpentant sous les arbres. L’après-midi touchait à sa fin et le soleil baignait les champs et la forêt d’une lumière admirable. Au bout d’un moment, ils arrivèrent en crête d’une vallée, en bas duquel un lac aux eaux parfaitement immobiles était bordé par la forêt qui en protégeait la surface des coups de vent.
(Les ombres de Brocéliande, chapitre 12).

Le siège de Merlin

En arrivant en haut du chemin, au milieu de la lande, vous trouverez le siège de Merlin (bon, en soi, c’est juste un creux dans un rocher de schiste 😀 , mais comme le dit Gabriel, les Bretons ont cette manie rigolote de mettre de la légende dans chaque élément naturel !).

Le siège de Merlin, à Brocéliande
Je me prends pour Merlin 🙂

Le rocher des Faux Amants

Tout près se trouve également  le rocher des Faux Amants : un rocher violet en forme de coeur qui domine le Miroir aux fées. On dit qu’il symbolise Guyomard l’infidèle et sa copine, tous deux pétrifiés par Morgane furieuse d’avoir été trahie.

Le rocher des Faux Amants à Brocéliande, au Val sans retour.
Le rocher des Faux Amants à Brocéliande, au Val sans retour.

L’arbre d’Or

En passant devant le rocher des Faux Amants, vous descendez vers le fond du Val, vers l’étang du Miroir aux Fées. Lors de votre descente, vous pouvez déjà apercevoir l’Arbre d’Or, installé là après les incendies de 1990 qui ont été un traumatisme important pour les gens du secteur. Je me souviens encore du panache de fumée qu’on voyait depuis chez moi (j’habitais alors avec mes parents à une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau), pendant plusieurs jours. L’arbre d’or, une oeuvre de François Savin, symbolise la renaissance et l’immortalité de la forêt : en effet l’arbre d’or est entouré de cinq autres troncs restés complètement noirs.

L'arbre d'or, symbole de renaissance et d'immortalité de Brocéliande
L’arbre d’or, symbole de renaissance et d’immortalité de Brocéliande

Ce qui est marrant, c’est que l’Arbre d’Or n’existe donc que depuis 1990 mais il a déjà ses légendes : comme quoi, pas besoin de remonter aux mythes arthuriens pour raconter des histoires !

La chapelle du Graal

De retour dans le village de Tréhorenteuc, vous pouvez vous arrêter à l’église, que l’on appelle aussi Chapelle du Graal : c’est là qu’a « sévi » à partir de 1942 l’abbé Gillard, un prêtre un peu rebelle (il a été nommé au fin fond de la Bretagne par le diocèse par punition !) car il mélangeait un peu trop tradition chrétienne et rites païens. Mais comme l’abbé en question avait la tête dure, cet exil ne le calma pas (mais ce fut salutaire aussi, car il entreprit d’importants travaux de restauration).

Dans cette église, on retrouve donc mêlés les symboles catholiques mais aussi les légendes celtiques et les mythes arthuriens. Pour lui, le point commun entre ces trois mondes est le Graal : c’est ce que représente la mosaïque du Cerf blanc où des éléments des trois mondes vivent en harmonie.

J’aime beaucoup aussi le vitrail de la nef, où l’on trouve, tout en bas, des petits lapins ! Mais ils ne sont pas là par hasard…

Le vitrail de la nef de la chapelle du Graal, en Brocéliande.
Le vitrail de la nef de la chapelle du Graal, en Brocéliande. Vous avez vu les petits lapins en bas à gauche ?

Lapin Graal Brocéliande

En sortant (ou en entrant !), ne manquez pas non plus la mystérieuse inscription sur la voûte de la porte : « La porte est en dedans »… A vous de trouver votre propre interprétation 🙂 .

L'entrée de la chapelle du Graal à Tréhorenteuc, en Brocéliande
L’entrée de la chapelle du Graal à Tréhorenteuc, en Brocéliande

Marion et Gabriel ne passent pas à cet endroit mais j’avais envie de vous le faire découvrir, c’est cadeau !

La fontaine de Barenton

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La fontaine de Barenton n’a rien de spectaculaire… sauf si on ouvre bien les yeux !

En quittant Tréhorenteuc pour remonter vers le nord, on croise un petit hameau joliment nommé Folle-Pensée. Au bout de la route, encore un petit parking : la fontaine de Barenton est en pleine forêt (il faut environ 20 mn de marche). On arrive à une petite clairière où se trouve la fontaine, au milieu de pierres plates. L’une d’entre elles s’appelle le Perron de Merlin. On dit que si l’on verse de l’eau de la fontaine sur cette pierre, ça déclenche des orages et qu’un chevalier noir viendra vous défier à mort… Personnellement, je n’ai jamais testé, mais il y a toujours un peu d’eau sur le perron 😉 … vestiges d’imprudents qui ont été occis par le chevalier noir ?

Si vous êtes attentif (et patient !), vous verrez peut-être l’eau « faire des bulles » (évidemment il y a une légende rattachée à cette manifestation magique : si vous faites un voeu et qu’immédiatement il y a des bulles qui apparaissent, votre voeu se réalisera…). Scientifiquement parlant (oui, je suis une grande cartésienne malgré tout !), les bulles sont générées par des poches de méthane dans le sous-sol de la forêt.

La fontaine est connue pour être le lieu où se sont rencontrés Merlin l’enchanteur et la fée Viviane, là où ils sont tombés amoureux.

Gabriel trempa sa main dans l’eau de la fontaine. Elle était glacée.
— Tiens, l’eau fait des bulles !
— Oui, la légende dit que l’eau bout… En fait, c’est du gaz méthane qui remonte par intermittence, expliqua Marion. On dit qu’il faut faire un vœu et s’il y a des bulles qui apparaissent à la fin de ton vœu, il sera exaucé…
— ça, je peux essayer, ça ne nécessitera pas de parapluie !
Marion sourit en observant Gabriel qui regardait le fond de la fontaine. Seules ses lèvres bougeaient en une prière muette qui l’émut. Quelques bulles montèrent jusqu’à la surface de l’eau et il releva un regard outremer triomphant vers elle.
— Je suppose que je dois garder mon vœu secret mais j’espère que nous avons fait le même, murmura-t-il.
— Tu es superstitieux ?
— Je pensais que non… Mais cette forêt est une magicienne à elle toute seule : elle t’engage à y croire, que tu le veuilles ou non !
(Les ombres de Brocéliande, chapitre 27)

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! La prochaine fois, on continue la promenade avec Comper, Concoret, le tombeau de Merlin, la fontaine de Jouvence et des arbres remarquables. Et vous, vous connaissez la forêt ? Vous avez envie de la visiter ? Dites-moi tout !

 

 

5 indiscrétions à propos d’Oraison pour une île…

Tiens, on parle encore de mon 2ème roman cette semaine ? Ce n’est pourtant pas mon actualité la plus brûlante (j’en ai écris 2 autres depuis et je suis en train d’écrire le cinquième…). En fait, il y a une raison (qui vous fera sourire, sans doute !) et cette raison m’a fait penser que vous aviez peut-être envie d’en savoir plus sur les coulisses de ce roman. On y va ?

Le roman a-t-il eu toujours ce titre ?

Non, c’est un de mes romans qui a changé le plus de titre au cours de sa vie 🙂 . Vu que je l’ai commencé lorsque j’étais ado, il a évolué en même temps que moi (et que son contenu – voir l’indiscrétion 3). Pêle-mêle il s’est appelé :

  • Pages blanches
  • Il est temps de vivre
  • Granites (avec le « e » !)
  • Sans ailes
  • Oraison pour un ange

Pour finalement prendre son titre actuel : Oraison pour une île. D’ailleurs, je n’exclue pas de rechanger encore le titre, car je finis par penser que le mot « oraison » fait fuir des lecteurs : trop compliqué, trop religieux, trop funèbre… Pourtant, le terme d’oraison ne s’applique pas qu’à une prière funéraire, j’avais choisi ce mot car il reflétait bien l’hommage que le texte rend à l’île de Bréhat, mais aussi à cause de l’histoire de Joshua.

L’autre titre auquel je pense est « De l’autre côté » : il se justifierait à plus d’un titre, par rapport à la fin du roman, par rapport au statut de Joshua mais aussi en référence à l’expression qu’utilisent les Bréhatins  (ils disent ne disent jamais qu’ils vont sur le continent, ils disent qu’ils vont « de l’autre côté »). Et vous, qu’en pensez-vous ? Dites-le moi en commentaire !

Le prix Draftquest/Librinova obtenu en 2015 était-il le premier pour ce roman ?

Eh bien non ! Une des versions du roman, à l’époque où il s’appelait « Granites » a obtenu le premier accessit dans la catégorie Romans du Concours international littéraire d’Arts et Lettres de France. C’était en 2004, la remise des prix m’avait permis de découvrir Bordeaux. C’était aussi mon premier prix littéraire, j’étais fière comme une jeune première !

Diplome OPUI

Pourquoi le roman est-il si court ?

Parce qu’il a été trèèèèèès long. Trop long, même. Les versions précédentes faisaient le triple de celle qui est en vente aujourd’hui, mais ça partait trop dans tous les sens. Erreur de débutant : on veut dire plein de choses, trop de choses. Finalement on s’y perdait.

Versions OPUI
Quatre boîtes d’archives rien que pour les différentes versions d’Oraison pour une île

Cela dit, je n’exclue pas de proposer une réécriture du roman avec des chapitres supplémentaires, qui permettent notamment de mieux connaître le passé de Caroline (c’est une « critique » qui revient souvent chez mes lecteurs : pourquoi en est-elle arrivée là ?). Moi je le sais (normal, je suis l’auteur !) mais je n’avais pas envie de raconter sa vie d’avant. Sauf que manifestement, ça manque. Idem pour Joshua : il manque des éléments de sa vie antérieure pour le cerner complètement… et le rendre peut-être moins « évanescent » 🙂 . Qu’en pensez-vous ?

Pourquoi cites-tu Bono, le chanteur de U2, dans tes remerciements ?

Remerciements OPUIPour ceux qui ne le savent pas encore, je suis une grande fan de U2 et je me suis rendu compte que certaines paroles de chansons entraient curieusement en résonance avec le texte de ce roman.

Je dois avouer aussi que la dégaine de Bono dans les années 87-89 a fortement inspiré l’image que je me fais de Joshua (mais c’est mon image personnelle, vous avez tout à fait le droit de ne pas la partager !) : physiquement, mais aussi sa manière de bouger, ses allusions à la foi, la philosophie, son côté faussement mégalo… etc. Personnage très ambivalent qui m’a amusée (séduite aussi, un peu :p ). Si je publie ce billet aujourd’hui, c’est parce que c’est l’anniversaire de Bono (ça m’amuse 🙂 ).

Bref, en relisant mon manuscrit, j’ai découvert que certaines de mes phrases étaient d’exactes traductions d’extraits de chansons… Je ne sais pas si c’est le subconscient qui agissait mais je me suis amusée à les conserver dans la version finale, d’abord comme un clin d’oeil au groupe, mais aussi parce que ces mots, finalement, s’appliquaient parfaitement à ce que je voulais faire passer.

Allez, on joue ? 😉

Les sentiers se croisaient et s’entrecroisaient continuellement en formant des boucles et des détours. À chaque fois, Caroline prenait une direction pour atteindre un endroit précis… et débouchait ailleurs. Sa promenade se construisait ainsi, au fil des imprévus, au hasard des découvertes. Elle avait bien pris une carte, mais les lieux-dits n’étaient pas signalés sur les chemins, à part les sites remarquables. Partout ailleurs, les villages, les hameaux, les rues n’avaient pas de nom*. Se repérer relevait de la navigation savante à la boussole et Caroline, enchantée, jouait à se perdre sans risques.

*Where the streets have no name, 1987.

— Je suis là !
Une ombre passa sur le plafond, au-dessus de Caroline endormie sur ses feuilles noircies d’encre. Ému, Joshua la regardait, sans oser se manifester.
Pourtant, ce qu’il lisait par-dessus son épaule remuait tout ce qu’il y avait de plus humain en lui, ce qu’il essayait désespérément d’étouffer depuis toutes ces semaines, pour ne pas faillir à sa mission. Mais il n’avait plus goût à rien, lui non plus. Il passait souvent de longues heures à la regarder. Simplement la regarder.
Rien n’avait changé. Sa fuite n’avait fait qu’empirer les manques. Elle sentait son ombre… et lui n’arrivait plus à la quitter.
Mais cette proximité intangible ne lui suffisait plus*.

Ce n’est pas proprement un extrait, mais la scène me fait penser au clip de Stay (Faraway, so close !) sorti en 1993, lui même inspiré de l’univers du film éponyme de Wim Wenders, qui est la suite des Ailes du désir (je vous conseille les deux, ces deux longs-métrages sont d’une poésie absolue).

Sur un rocher surplombant la mer, Caroline défiait les nuages gris, tournée vers le large. Les vagues commençaient à asperger ses pieds nus. Elle ne bougeait pas, les yeux clos, comme en attente.
Tu n’as rien à m’offrir… mais moi je n’ai plus rien à perdre*, cria-t-elle en direction du ciel avec un sourire baigné de pluie.

« Nothing to win, and nothing left to lose » (in With or without you, 1987… bon, vous la connaissez, celle-là ! 🙂 )

 

Le trémolo de cette voix ténue blessa le cœur de Cordélia. Un goéland passa en vol plané devant elles. Caroline soupira longuement et ferma les yeux.
— On ne recommence jamais une vie, vous savez, lâcha brusquement la jeune femme au bout d’un moment. On continue seulement. Il y a toujours du passé, des traces, du vécu… toutes ces choses qu’on ne peut laisser derrière soi*.

« All that you can’t leave behind » (in Walk on, 2000), c’est aussi le titre de l’album sorti en 2000.

A qui s’adresse la dédicace ?

À mes ombres,
celles qui se reconnaîtront,
et celles qui s’ignorent.

Mes ombres, ce sont tous ceux qui ont eu (ou ont encore) de l’importance dans ma vie. Il y a ceux qui ont été/sont importants tout en le sachant parce que je le leur ai dit… et puis ceux qui sont importants pour moi sans qu’ils l’aient jamais su.

Vous n’en saurez pas plus 😉

J’espère que ce billet en forme de clin d’oeil vous aura plu, en tout cas je me suis bien amusée… Maintenant je retourne à la relecture du Vent des Lumières !