Objectifs 2017, côté écritures… #CoulissesDuBlog n°2

Je m’inscris de nouveau dans l’événement #CoulissesDuBlog organisé par Mia (en savoir plus ici) pour vous parler de mes objectifs pour cette année. Je ne parle pas de résolutions parce que ce n’en sont pas 🙂 et que, pour la plupart d’entre eux, je m’inscris dans la continuité de 2016.

Comme ce blog est plutôt orienté sur mon activité d’écriture, je ne vais pas m’étendre sur mes objectifs personnels mais plutôt sur ceux qui concernent mes romans, le blog et tout ce qui tourne autour…

Objectif #1 : Finir l’écriture du tome 2 des aventures d’Eléonore

Vous êtes à l’heure actuelle plus de 2300 lecteurs du Vent des Lumières… A la demande récurrente (et aussi parce que l’envie m’en est venue !), j’ai décidé d’écrire la suite des aventures de l’héroïne, Eléonore, que nous avons laissée… mais chut ! ne dévoilons pas la fin pour ceux qui ne l’ont pas encore lu 😉 .

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« Marie-Antoinette », film de Sofia Coppola (2006)

J’ai déjà commencé pendant le Nanowrimo en novembre 2016, pendant lequel j’ai écris grosso modo cinquante mille mots, c’est-à-dire la petite moitié du volume final (j’estime ce dernier entre cent et cent vingts mille mots). Depuis, le rythme est moins soutenu mais j’aligne entre 500 et 1000 mots par jour d’écriture (on va dire 4 jours sur 7 🙂 ). Actuellement j’en suis à un peu moins de soixante-dix mille mots… et je suis au milieu de la deuxième partie.

Ce deuxième volume sera plus sombre que le précédent (on est en plein dans la période de la Révolution) mais il ne sera pas exempt de rebondissements (enfin, j’espère !). Après quelques tâtonnements au niveau de l’intrigue, je commence à bien m’éclater…

L’objectif est de finir l’écriture du premier jet (c’est-à-dire, grosso modo, sans relecture) d’ici début mars afin d’avoir mon histoire en entier. Je vais ensuite la laisser reposer un peu (le temps de me consacrer à mon objectif #2) tout en approfondissant la documentation : en écrivant, je cerne en effet assez précisément ce que j’ai besoin de savoir (tel événement, tel aspect de la vie quotidienne, telle biographie de personnage…).

Si tout va bien, j’entamerais la première relecture/réécriture cet été, sans doute couplée à une première « alpha-lecture » par ma complice afin de dégager dès le départ les incohérences, les choses non crédibles, les situations impossibles. En bref : valider le scénario avant d’attaquer la réécriture de correction proprement dite (à l’automne).

Si vous me suivez bien, je pense donc que ce tome 2 ne verra pas le jour au mieux avant la fin de l’année 2017, voire vraisemblablement pour début 2018. Je sais que ça paraît long, mais je n’ai pas envie de me mettre la pression et j’ai surtout envie de faire les choses bien. Promis, je ne mettrais pas 20 ans à l’écrire, comme le tome 1 ! 😉

Objectif #2 : proposer une nouvelle édition de Petite mouette

Pub sortie PMCe fut la surprise de 2016 (pour moi) car je ne pensais pas que ce roman marcherait aussi bien (il a dépassé les mille exemplaires en quatre mois et est aujourd’hui à 1400 vendus). Je suis étonnée de ce succès car c’est un roman « de jeunesse » que j’ai certes retravaillé lors du Mooc Draftquest en 2016 mais qui souffre encore de défauts rédhibitoires à mes yeux. En tout cas, je savais qu’il était moins abouti qu’Oraison pour une île ou Le vent des Lumières (qui ne sont pas parfaits non plus, de toutes façons !).

Vous me direz peut-être que pour vous, le roman est très bien comme cela, mais je me suis toujours dit que la fin n’était pas suffisamment travaillée, approfondie. Certains lecteurs m’ont fait part aussi de leur impression de « fin en queue de poisson ». En réalité, pendant longtemps je n’ai pas su comment finir cette histoire… ça se ressent sans doute dans l’écriture, même si, encore une fois, ça n’enlève pas son intérêt.

Dans le cadre du programme de la recherche d’un éditeur traditionnel dans le cadre du programme « En route vers le papier », j’ai décidé, en commun accord avec Librinova qui pilote ce programme, de retravailler le roman et notamment la fin, pour lui donner plus d’épaisseur, plus de « chair », travailler la psychologie des personnages (notamment les personnages secondaires : Suzanne, Marianne, Eric…).

L’objectif est donc de m’y pencher à partir du mois de mars (même si ça rumine déjà dans mon cerveau !) et de proposer une réédition d’ici la fin du premier semestre. Je vais donc sans doute mener de front la fin de l’écriture du tome 2 de ma saga des Lumières et la réécriture de Petite mouette… On verra si ça marche !

Compte tenu de la dose de travail que ces deux objectifs vont me demander, il y a fort à parier que je n’aurais pas de nouvelle publication en 2017 (… sauf manifestation nationale de grande ampleur de votre désarroi 😉 ). En même temps, j’ai déjà quatre romans sur le marché et j’ai envie qu’ils continuent à vivre leur vie et mes autres objectifs vont donc consister à soutenir la promotion de ces quatre livres.

Objectif #3 : participer à des salons du livre

Pour l’instant je n’ai pas fixé de réelle stratégie pour participer à des salons du livre, mais je compte prospecter pour m’inscrire dans 3 ou 4 salons du livre en 2017. J’aimerais bien retourner à Livre Paris mais je pense que je vais viser les salons bretons dans un premier temps, vu qu’en plus mes romans sont quand même de beaux hommages à ma région 😉 .

Plus concrètement, je vais devoir faire mienne la technique de ma consoeur Nathalie Bagadey qui écume les salons avec brio 😉 et voir si ça marche avec moi ! Si vous connaissez des salons du livre en Bretagne qui acceptent les indépendants, vous pouvez aussi me laisser un petit mot en commentaire !

Objectif #4 : développer la fréquentation du blog et de la page Facebook

Même si je suis très satisfaite des statistiques de mon blog depuis l’an dernier, j’aimerais augmenter encore mon audience et je sais que ça passe par des billets plus fréquents. Déjà, je vais essayer de maintenir mon rythme d’un billet par semaine et, pourquoi pas, de vous en proposer un deuxième.

Je compte aussi augmenter le nombre d’abonnés à la page Facebook, de manière à toucher plus de monde, même si je ne sais pas trop encore la stratégie que je vais adopter (sans doute un petit concours, du contenu différent… à creuser !).

Je ne me suis pas fixé plus d’objectifs en ce qui concerne mon activité d’écriture en 2017 car les deux premiers sont déjà bien conséquents et je n’ai pas envie de m’éparpiller. Cela dit, il reste un gros : trouver un éditeur traditionnel pour un de mes romans… mais ça, c’est entre les mains de Librinova, mon agent (ça fait drôle de le dire comme ça ! 😀 ). J’espère de tout coeur que ça aboutira (mais je leur fais confiance…).

Cet article fait partie de l’événement interblogueurs #CoulissesDuBlog. Chaque semaine, je publie un article où je vous donne les dessous de mon blog. Vous pouvez également participer à cet événement, vous pouvez lire les conditions ici : www.trucsdeblogueuse.com/evenement-coulisses-du-blog-2017

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En octobre, « Petite mouette » en promo et prépa Nanowrimo :)

Un billet court cette semaine, pour vous annoncer que mon quatrième roman Petite mouette est en promo du mois du 4 au 31 octobre (en version numérique). Pour acheter c’est là : http://amzn.to/2drvIqB (lien affilié).

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Ceux qui me suivent sur Facebook et Twitter le savent déjà, ainsi que les abonnés à mon infolettre (et si vous n’êtes pas abonné-e à l’un ou à l’autre, suivez les liens !).

Ce troisième roman connait un succès qui m’étonne moi-même : avec ses 700 ventes (en numérique) il a presque dépassé Oraison pour une île (qui est à 730). Les retours sont plutôt positifs envers cette histoire pas facile de prime abord… mais je ne vous en dis pas plus !

En revanche, il y a peu de commentaires au regard du nombre de ventes, alors si vous avez envie de donner votre avis, n’hésitez pas (mais sans dévoiler la fin, hein, sinon ça gâche tout ! 😉 ). Pour commenter, c’est là aussi !

Mes projets pour octobre

Ces jours-ci, je suis en train de terminer la réécriture de mon quatrième roman sur Brocéliande (le dernier chapitre et l’épilogue passent à la moulinette ce soir). D’ici la semaine prochaine, je pense envoyer cette deuxième mouture en bêta-lecture chez une petite dizaine de volontaires. Je suis aussi en train de lui chercher un titre (vous pouvez déjà voter là si vous voulez, je ferai un article spécifique dans le courant du mois !) et ma super graphiste-maquettiste est en train de fignoler une couverture digne de la magnifique photo de Phillipe Manguin, photographe brocéliandais (restez connectés, je vous la dévoilerai bientôt !).

nanowrimo_2016_webbadge_participantPendant ce temps, je vais attaquer la préparation du NaNoWriMo 2016 qui démarrera le 1er novembre. Ce challenge très sympathique consiste à écrire un roman d’au moins 50 000 mots en un mois (entre le 1er et le 30 novembre). On ne gagne rien si ce n’est la satisfaction d’avoir été au bout, c’est un peu comme un marathon où l’important c’est de finir !

L’année dernière le Nano m’avait permis d’écrire le premier jet du roman sur Brocéliande. Cette année, je me suis fixée comme objectif de commencer le premier jet de la suite du Vent des Lumières. Commencer car le premier tome totalisait un peu plus de 100 000 mots soit 2 Nanos : j’envisage donc de poursuivre mon écriture en décembre et janvier.

 

Trouver du temps pour écrire

Lorsque je parle de mes romans à des gens (proches ou simples lecteurs), les réactions sont souvent admiratives puis parfois perplexes. En première position avant le « mais où vas-tu chercher tout ça ? », j’ai souvent eu droit au « j’aurais jamais le temps de faire ça ! ». Non, je n’ai pas plus de temps que les autres, j’ai juste appris à me dégager du temps. Je me suis dit que je pouvais vous expliquer comment j’y parvenais : ces astuces peuvent fonctionner pour n’importe quelle activité à laquelle vous souhaitez vous consacrer.

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Quand je serai grande, je serai écrivain ! Oui, mais pas encore à plein temps…

Je vous rassure tout de suite : mes journées font bien 24 heures, tout comme les vôtres. J’ai un boulot à plein temps, une famille, une maison, des amis, des loisirs autres que l’écriture…  et j’arrive même à faire du sport ! Cela dit, aujourd’hui mes filles sont grandes (11 et 15 ans), elles me laissent donc un peu plus de temps libre que quand elles étaient bébés. Mais même si le rythme s’était considérablement ralenti pendant leur petite enfance, j’avais quand même le temps d’écrire.

Une question de priorité

En réalité, je n’avais pas le temps d’écrire : je me suis aménagé du temps pour écrire. Marièke l’a très bien expliqué dans son blog : quand on veut écrire un roman, il faut se fixer des priorités. Et surtout fixer l’écriture comme une priorité (ou faisant partie des priorités). J’ai un grand avantage, peut-être, sur beaucoup de personnes : je n’aime pas regarder la télé. De fait, ça me libère déjà beaucoup de temps : le soir, lorsque la famille regarde un film, je ne suis pas très loin sur mon ordinateur et j’écris. ça ne veut pas dire que je le fais TOUS les soirs et TOUS les weekends : je sors aussi, je passe du temps en famille, je vais me balader…ça m’arrive aussi de regarder la télé mais parce que j’ai envie de voir tel ou tel programme : en résumé, je choisis mon activité (et non l’inverse).

Si vous avez envie de vous mettre à lire, à écrire, à créer des bijoux, peindre, bricoler, que sais-je : il faut choisir d’y consacrer du temps plutôt que de se dire qu’on s’y mettra quand on aura un moment libre. Nuance subtile, me direz-vous, mais elle est de taille.

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Cahier, ordinateur et playlist « concentration » : mes compagnons des soirs d’écriture (photo Pixabay).

C’est la deuxième clé : il faut se donner rendez-vous. On prévoit les rendez-vous chez le médecin, les réunions, les repas… pourquoi pas prévoir le temps de l’écriture ? Chez moi, c’est souvent le soir, après 21h. Sauf si on a des invités ou qu’on sort. Mais sinon j’écris, je lis ou je travaille autour des romans : la promotion, je fais des recherches, je discute avec des amis auteurs sur Facebook (attention aux réseaux sociaux, il faut aussi les maîtriser et ne pas se laisser embarquer, ils sont vite chronophages !). C’est « mon » temps à moi. Parfois j’y ajoute des heures sur le week-end.

La troisième clé c’est de se fixer des objectifs précis : finir le roman avant novembre, participer au Nanowrimo et écrire 50 000 mots en un mois, écrire un billet de blog toutes les semaines, écrire 10 minutes par jour, lire un livre par mois… Ecrire ses objectifs permet de les formaliser et de les rendre atteignables. Si on se dit seulement « je dois écrire » sans autre précision, ce n’est pas un objectif, c’est trop flou.

Une question d’organisation

Je crois que c’est le mot qui vient à l’esprit de mes proches pour me définir : organisation. Je suis quelqu’un d’organisé, je n’aime pas me laisser déborder par les choses. Donc j’anticipe, je prévois… quitte à tout changer au dernier moment si ça ne convient pas. Organiser ne veut pas dire qu’on ne laisse aucune place à l’improvisation. Disons que je prévois l’imprévu !

D’ailleurs, ça se retrouve dans ma manière d’écrire : je planifie souvent mes histoires, leur déroulement etc. mais quand je me mets à écrire, ça change de direction en plein milieu et je me retrouve à refaire le plan en cours de route.

Pour revenir au quotidien, ce que j’organise surtout, ce sont les tâches domestiques et ces choses pas marrantes à faire dans toute maison : le ménage, la lessive etc… Pour que ce ne soit pas (trop) des corvées et surtout pour que je ne passe pas mon weekend à ça, j’en fais un peu tous les jours : 15-20 mn chaque soir avec une tâche différente à chaque fois (donner un coup de chiffon sur les meubles, nettoyer les salles de bains, mettre une machine en route ou la ranger…). Le weekend je prends une heure pour les choses plus longues (repassage, aspirateur…). Surtout, je range les choses au fur et à mesure que je les utilise (je dis souvent à mes filles que moi je n’ai jamais besoin de « ranger mes affaires » : elles sont toujours à leur place !). Le dimanche, je prévois aussi les repas de la semaine et je fais mes courses en une seule fois au drive : je gagne de l’argent mais surtout du temps !

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Mon bullet journal (ou cerveau de secours !) 😉

En fait, j’essaie d’organiser les choses de manière à ce qu’elles soient faites sans qu’elles ne me prennent trop temps ni d’énergie. Car une fois faites, ces « corvées » n’encombrent plus mon cerveau qui est totalement disponible.

Pour cette raison aussi (me libérer l’esprit), je note beaucoup et j’utilise depuis le début de l’année un bullet journal (un genre de liste de choses à faire + agenda personnalisé). Dès que je pense à quelque chose à faire, que ce soit pour la famille ou pour les romans, je note. Comme ça je n’y pense plus, sauf au moment où je dois le faire. Si ça vous intéresse, il y a des tas de sites qui expliquent comment démarrer son bullet journal (ou bujo) et notamment celui-ci et celui-là qui expliquent bien la démarche.

Savoir lâcher prise

C’est peut-être l’âge qui m’a permis d’en arriver là mais j’ai appris à prendre les choses comme elles viennent et à ne pas me prendre la tête. Comme tout le monde j’ai mes moments de stress, d’énervement, de découragement, de démotivation mais j’essaie de relativiser et de prendre du recul. Même pour les choses du quotidien. Si le ménage n’est pas fait à fond cette semaine, tant pis, personne n’en mourra 🙂 .

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Les chats sont des modèles de lâcher-prise 😉

J’avoue qu’il y a une motivation aussi à organiser les choses ainsi pour se libérer du temps : c’est la satisfaction d’avoir du temps libre, justement. De n’avoir plus rien à faire parce que tout est fait et pouvoir s’adonner sans culpabiliser à son occupation.

D’ailleurs, il ne faut pas culpabiliser non plus si, alors qu’on avait prévu d’écrire, on a préféré une sieste sous un arbre ou un bon bain…! Il faut savoir avant tout profiter de la vie !

J’espère que ce billet vous aura éclairé sur ma façon de me dégager du temps pour l’écriture. Et vous, avez-vous des trucs à partager pour vous ménager du temps libre ?

 

 

 

Pourquoi j’utilise Scribbook pour écrire

Un billet un peu particulier pour vous parler de Scribbook, l’application web que j’utilise depuis quelques mois pour écrire. D’abord parce que j’ai envie de défendre ce projet que je suis (en utilisatrice, je précise) depuis quasiment son lancement et surtout parce que je ne peux plus m’en passer pour écrire mes romans.

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Au départ, je voulais même titrer « pourquoi Scribbook est mieux que Scrivener » mais ç’aurait été déloyal car je n’ai jamais testé Scrivener, pourtant considéré comme la rolls de l’écrivain. Cela dit, le créateur de Scribbook s’est inspiré des fonctionnalités de base du logiciel.

Comment je suis venue à Scribbook

Je m’interrogeais sur l’opportunité d’acheter Scrivener : décris comme le logiciel ultime pour tout écrivain par beaucoup de mes pairs, je me disais que ça pouvait être un investissement intéressant, notamment pour m’aider à structurer mes plans et mes premiers jets. Jusqu’à présent je travaillais, comme beaucoup de monde, avec un traitement de texte classique (Libre Office)… et des cahiers ! Par contre, comme j’ai la hantise de la sauvegarde, tous mes textes sont enregistrés en local ET en ligne (dans le « cloud » comme on dit). Surtout, j’ai la sauvegarde automatique : c’est à dire que lorsque je modifie mon fichier sur mon ordinateur, hop, c’est mis à jour sur le cloud sans que j’aie rien d’autre à faire. C’est super pratique pour travailler de n’importe où.

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Avec Scribbook je peux écrire sur la terrasse 🙂

Car là est le gros défaut de Scrivener à mes yeux (et qui m’a fait renoncer à l’achat) : il n’existe pas de mode « online ». Donc si je voulais bosser sur mon roman, je devais m’installer à mon ordinateur fixe dans mon bureau. Or, je deviens de plus en plus nomade (merci à l’homme de ma vie de me prêter gracieusement sa tablette Surface ❤ ) et il était pour moi inconcevable d’être « condamnée » à n’écrire QUE dans mon bureau (j’aime écrire dans mon lit, sur la terrasse, dans le canapé, chez mes parents… bref n’importe où il y a du wifi d’accessible). Je me contentais donc de Libre Office avec la sauvegarde auto sur le cloud, mais l’utilisation dans le cadre de textes longs est limitée et fastidieuse, alors que sur des logiciels comme Scrivener, on peut manipuler chaque scène comme on veut (la déplacer, la mettre dans un coin, etc.).

Un jour, au gré d’une discussion dans le groupe du Mooc de Draftquest (vous savez, celui qui vous apprend à écrire des romans !), un auteur en herbe comme moi m’apprend qu’il a la même réticence à propos de Scrivener. Mais comme Jonathan est informaticien et qu’il aime autant bidouiller le code qu’écrire, il décide de bâtir SON Scrivener-mais-en-ligne. La version accessible depuis n’importe où (sous réserve d’accès internet évidemment). Il lance la version Alpha de la bête et propose à quelques draftquesteurs de venir tester. Ce que je m’empresse de faire.

Et là, le coup de foudre (pour l’application hein, pas pour Jonathan !). C’était exactement ce qu’il me fallait. Depuis, je ne la quitte plus : j’ai fait ma réécriture de Petite Mouette dessus, je suis en train de travailler le #ProjetBrocéliande dessus et je compte aussi m’en servir pour la suite du Vent des Lumières

Scribbook, c’est quoi ?

C’est une application web pour écrire. Elle s’utilise en ligne, mais avec des fonctionnalités supplémentaires, qui sont justement inspirées de Scrivener. Depuis la nouvelle mouture, il existe aussi un mode « offline », qui permet aussi de travailler sans être connecté.

Concrètement, l’application permet d’écrire chaque scène (ou chapitre, comme on veut) dans un fichier dépendant d’une même racine. On peut ranger les scènes dans autant de sous-dossiers qu’on veut (par chapitre, par partie…). Pas très différent de l’arborescence de windows, me direz-vous ? En effet, sauf que là, en un clic je peux compiler l’ensemble de mes scènes, chapitres et parties en un seul fichier (au lieu de faire du copier-coller). Je peux aussi bouger mes scènes comme je veux, même si pour l’instant je suis assez linéaire (j’ai un chapitre par fichier, en fait).

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Au niveau de l’écriture en soi, c’est une interface de saisie toute bête, avec juste ce qu’il faut de mise en forme : normal, italique, gras, quelques titres et c’est tout. Pour la mise en page soignée, il faudra exporter son roman dans un traitement de texte dont c’est le job. Par contre il y a dans Scribbook des petites choses intéressantes : un mode défi (on fixe le nombre de mots à taper, ou le temps à écrire et hop c’est parti) et aussi un mode sans distraction (qui enlève toutes les fioritures – peu nombreuses – du site).

Pourquoi c’est si bien ?

Cela fait quelques mois que je l’utilise quasi quotidiennement et je suis convaincue par cette application : le côté online est exactement ce dont j’ai besoin pour pouvoir écrire de n’importe où et j’ai aussi la souplesse d’une gestion des fichiers.

Comme il s’agit d’une version alpha (c’est à dire en phase de construction), il faut être indulgent sur les bugs qui peuvent arriver mais Jonathan est hyper réactif. L’avantage, c’est aussi qu’il tient compte de ce qu’on aimerait trouver dans l’appli pour l’améliorer. Elle devient graduellement un outil complet, puissant et fiable (Jonathan vous explique tout ici).

Ce que je veux saluer à travers cet article, c’est surtout l’investissement bénévole de Jonathan, qui nous fait partager cet outil super pratique. L’intérêt d’utiliser cette appli se double de l’intérêt de participer à la construction d’un projet : Jonathan est à l’écoute, échange avec nous et surtout, comme il est lui-même auteur, il sait ce dont on a besoin.

Si vous voulez essayer Scribbook, rendez-vous sur le site ici : www.scribbook.com

Et vous, si vous écrivez, vous utilisez quels outils ? Dites-moi tout en commentaires !

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Projet #Broceliande : un extrait, ça vous dit ?

J’avance tranquillement mais sûrement dans la réécriture de mon quatrième roman, le Projet #Broceliande… D’ailleurs, je vais peut-être bientôt vous solliciter pour m’aider à choisir le titre et la couverture ! En attendant, je vous propose de découvrir un chapitre inédit.

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Chapitre 6 / Enchanté, Merlin

Les robinets crièrent lorsque Gabriel fit couler l’eau dans la baignoire de fonte de la salle de bains. Il se déshabilla complètement, content de quitter son costume – qu’il ne portait que rarement, en plus – comme si un rendez-vous avec un notaire nécessitait de se déguiser en homme d’affaires ! Nu, il entra dans l’eau chaude au milieu des volutes de vapeur parfumée et, debout dans la baignoire, se savonna vigoureusement comme il en avait l’habitude sous la douche. Puis il s’avisa soudain de sa bêtise : il était dans une baignoire, il pouvait s’allonger !

Il ferma les yeux, laissant la quiétude l’envahir, enivré par la chaleur de la vapeur d’eau. Cela faisait au moins des siècles qu’il n’avait pas pris de bain… d’ailleurs il n’avait même pas de baignoire dans son studio minuscule !

Quelque chose comme un déplacement d’air le sortit brusquement de sa léthargie et Gabriel ouvrit les yeux sans bouger. Juste auprès de lui, sur le rebord de la baignoire, un chat noir se tenait en équilibre en le toisant de ses grands yeux verts.

— Bonjour. Je suppose que tu es Merlin, murmura Gabriel, à peine étonné de cette intrusion.

Le chat, voyant qu’on lui parlait, ferma les yeux lentement et les rouvrit, comme pour acquiescer. Puis il posa son arrière-train sur le rebord de la baignoire, ses deux pattes avant jointes et la queue enroulée autour de lui. Enfin, ses paupières se baissèrent, ne laissant filtrer qu’un mince éclat vert. C’était un chat magnifique, en parfaite santé, avec un poil luisant et d’un noir de jais. Il regardait Gabriel à travers ses yeux mi-clos avec un air condescendant qui fit sourire le jeune homme. Ils restèrent ainsi un long moment, les yeux fermés tous deux, Gabriel dans l’eau, Merlin sur le bord de la baignoire, sans bouger d’un cil.

Je dois la vérité à mon lecteur : le fait que Gabriel ne s’effraie pas de la présence du chat a pesé positivement dans la suite des événements. C’était comme si le jeune homme adoptait sans conditions le domaine et ses habitants, humains ou animaux. D’ailleurs, les habitants du domaine, de leur côté, semblait adopter Gabriel tout aussi facilement. Je dois reconnaître qu’il donnait parfaitement l’impression d’être chez lui, comme s’il avait toujours vécu ici, alors que la dernière fois qu’il était venu, il n’avait pas deux ans…

Lorsqu’il entendit le chat sauter à terre, Gabriel émergea de son demi-sommeil et prit conscience qu’il serait peut-être de bon ton de ne pas bouder le dîner de Pauline. Il sortit de la baignoire dans une gerbe d’eau bruyante, s’enveloppa dans une serviette et se frictionna tout le corps pour se réchauffer, car l’atmosphère s’était singulièrement refroidie.

— L’isolation doit être à refaire, je suppose, dit Gabriel tout haut pour meubler le silence qui se faisait pesant par moment.

Dans la chambre bleue, rien n’avait bougé, mis à part le chat qui avait dû fourrer son museau dans son sac de voyage et dans l’armoire que Gabriel avait laissée ouverte. Le jeune homme sourit en secouant la tête et s’habilla, d’un jean et d’un polo avec un pull en coton cette fois, avant de sortir. Le chat avait disparu.

Lorsque Gabriel atteignit le couloir, Merlin le doubla, tête haute, queue en l’air, trottant fièrement à petite allure vers la porte de la cuisine qu’il poussa de la tête, libérant une bonne odeur de soupe. Gabriel éclata de rire et suivit le chat.

— Ah ! C’est tout juste prêt, dit-elle en le voyant. J’ai l’habitude de manger dans la cuisine, mais si vous préférez nous pouvons…

— Non, non, la cuisine me va très bien, coupa Gabriel. Je n’ai pas l’habitude de vivre dans cinquante pièces !

— Ce grand manoir vide doit vous paraître impressionnant, non ?

— Oui, un peu. Mais j’aime son air endormi qui le rend mystérieux… Je crois que je vais prendre le temps de le découvrir demain… Vous croyez que je peux caresser Merlin ?

Pauline jeta un oeil par dessus son épaule et vit le chat, posté au pied de la chaise de Gabriel.

— Essayez toujours, dit-elle avec un sourire. S’il ne veut pas, il ne vous laissera pas le toucher.

Gabriel fit la moue et avança sa main vers le chat, persuadé que celui-ci allait s’en aller. Merlin ouvrit tout grand ses yeux verts et leva la tête pour sentir la main qui flottait au-dessus de son crâne.

— Laissez-le vous renifler, commenta Pauline en observant la scène.

Le chat promena son nez le long des doigts de Gabriel puis, finalement, y frotta sa joue au bout de quelques secondes.

— C’est bon, vous pouvez le caresser, reprit Pauline d’un ton de victoire. Vous faites partie de la famille !

Gabriel sourit en passant sa main sur la fourrure soyeuse de l’animal qui ondulait sous la caresse en ronronnant. C’était stupide, mais cela lui faisait plaisir que le chat de sa grand-mère l’accepte ainsi, lui qu’il n’avait jamais vu. C’était comme si, à travers le chat, tout le domaine venait de l’accueillir à bras ouverts et de l’accepter comme nouveau propriétaire. Ce qui n’était d’ailleurs pas loin d’être la vérité.

Pauline avait servi le potage pendant ce temps et Gabriel se concentra sur son repas. Merlin, sagement assis sur son arrière-train, le museau en l’air, s’était de nouveau posté au pied de sa chaise. Son regard attentif suivait chaque mouvement de la main droite de Gabriel, au cas où un morceau de tomberait du ciel de façon impromptue. Seul, le bout de sa queue ondoyait sur le plancher méthodiquement, avec une régularité de métronome.

Le silence embarrassait Gabriel, mais il ne savait pas vraiment comment engager une conversation avec Pauline : sur quel sujet, avec quel prétexte ? Il n’y avait même pas de télé pour donner une occasion de lancer un thème. Gabriel se creusait la cervelle pour trouver une façon d’entamer le dialogue à bâtons rompus avec la vieille dame sans avoir l’air trop niais, jusqu’à ce que Pauline ouvre la bouche pour parler.

— Vous êtes du genre frileux ?

Gabriel la regarda d’un air étonné, pris de court par la question. Elle ne semblait même pas surprise par son silence.

— J’ai vu que vous aviez frissonné, ajouta-t-elle. J’en ai conclu que vous aviez froid. Je pense que votre logis à Paris est bien mieux isolé que cette grande maison froide…

— Oui, dit enfin Gabriel en constatant que Pauline avait vu juste : il avait froid. Je suppose que c’est une question d’habitude.

— Le froid tombe en même temps que la nuit, en général, c’est tout de suite plus humide en bordure de forêt, reprit la vieille dame en débarrassant les plats. Café ?

— Non, je vous remercie, je crois que je vais aller dormir, dit Gabriel en s’étirant. Cette journée pleine de découvertes m’a épuisé, à vrai dire !

— Je comprends… Bonne nuit, alors. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à venir me voir.

— C’est gentil, mais je pense que ça ira… Merci pour cet excellent repas, Mme Colin.

— Vous pouvez m’appeler Pauline, murmura la vieille dame en rosissant.

— Alors bonne nuit, Pauline.

Les mains dans les poches, Gabriel quitta la cuisine pour regagner sa chambre. Derechef, le chat le suivit jusqu’au pied du lit et, tandis que le jeune homme se brossait les dents, s’enroula sur le couvre-lit afin de commencer une toilette minutieuse. Gabriel, qui n’avait jamais eu l’occasion de partager l’intimité d’un animal, observait d’un oeil curieux les contorsions du chat pour lécher chaque centimètre carré de son pelage avec une application méthodique.

Le jeune homme déballa son ordinateur portable et le posa sur le chevet, mais renonça finalement à l’allumer : il était vraiment trop fatigué ce soir. Près de la lampe se trouvait un dépliant touristique sur la forêt de Brocéliande et il y trouva des noms étranges : Folle-Pensée, Néant-sur-Yvel, Le Perthuis Néanti… Il apprit que la forêt couvrait plus de sept mille hectares appartenant à des propriétaires privés et qu’on la présentait comme étant le berceau des légendes du cycle arthurien, contant les aventures du roi Arthur, des chevaliers de la Table Ronde et de la quête du Graal.

— Je savais bien que cette forêt me disait quelque chose ! mumura Gabriel en repliant le prospectus. Au moins, je ne vais pas m’ennuyer dans ce coin, il y a de quoi visiter…

Au bout du lit, le chat leva une oreille polie pour montrer qu’il avait entendu mais reprit son léchage sans en paraître affecté. Gabriel sourit, éteignit la lampe de chevet et s’endormit presque aussitôt. Son sommeil fut peuplé de chevaliers en armure, de fées évanescentes et d’enchanteurs légendaires, mais il passa une excellente nuit.

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Alors, qu’en pensez-vous ? Hâte de partir avec moi au pays des fées ? Dites-moi tout en commentaires ! Et pour ne pas rater la sortie de ce quatrième roman, n’oubliez pas de vous abonner ici